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  1. #29
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    Mercredi 10 Juin 2009 -- La société AEC (Algerian Energy Company), dans une correspondance datée du 2 juin, avait mis en cause les révélations de tsa-algerie.com sur la menace que fait peser la station de dessalement qu'elle gère sur le jardin d'essai d'El Hamma.

    « La désinformation que suscite votre article, ne sert certainement pas l'intérêt général, il ignore délibérément le soulagement et le bien être social qu'engendre le dessalement d'eau de mer », écrivait AEC dans sa mise au point publiée intégralement par notre journal. Notre article évoquant ces menaces a été publié le 2 mai dernier.

    Quelques jours après ce « démenti » de la société qui gère la station d'El Hamma, voilà qu'une étude détaillée du RCD- avec des chiffres et des avis d'experts- confirme que ces stations constituent un véritable danger pour l'environnement, confirmant ainsi nos informations. Mardi 9 juin, tsa-algerie.com a écrit à AEC pour demander un commentaire sur cette étude. Mais la société AEC s'est refusée à tout commentaire.

  2. #30
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    Lounes Guemache :


    Jeudi 11 Juin 2009 -- Professeur à l'université d'Izmir en Turquie, l'Algérien Abdelouahab Chouikhi est également Directeur exécutif de l'INOC (Centre d'excellence des pays islamiques en Sciences et Technologie de l'océanographie).

    Dès 2003, vous avez attiré l'attention des responsables algériens sur le choix du site de la station d'El Hamma avant le démarrage du projet. Sur quoi portaient ces mises en garde et quelle a été la réaction des autorités ?

    Comme je suis un lecteur assidu de toute la presse algérienne et particulièrement du journal El Watan, j'avais été stupéfié d'apprendre en 2003 par ce quotidien le lancement d' un appel d'offres pour un projet de construction d'une centrale de dessalement de l'eau de mer avec la technologie d'Osmose inverse dans la region d' El Hamma, à Alger. Comme j'avais dirigé une équipe de chercheurs en pollution marine au niveau du centre de recherche d'océanographie et des pêches d'Alger (CROP de 1980-83) et de l'ISMAL (de 1983 a 1992) et connaissant la qualité de l'eau de la baie d'Alger :

    1. J'avais immédiatement réagi en envoyant un mail au site de la présidence pour attirer leur attention sur l'incompatibilité du choix du site. Je n'ai eu aucune suite.

    2. Je me suis déplacé au journal El Watan en 2004 ou j'ai eu un entretien avec un responsable. J'avais attiré son attention sur le choix du site et je lui ai demandé de faire paraitre un article dans le journal. Aucune suite.

    3. Lors de la première visite de notre président Bouteflika a Istanbul (2004), le consulat d'Algérie à Istanbul m'avait invité a la réception et j'avais profité de l'occasion pour voir directement Mr le ministre Chakib Khelil en personne et l'informer des conséquences du choix du site. Je lui ai remis une copie de l'acte du workshop international sur "l'impact des unités de dessalement sur le milieu marin » que j'avais organise à Dubaï en décembre 2003. Ce dernier avait mal réagi a mon égard en sous-estimant mes propos et en se référant aux spécialistes du grand constructeur de la centrale américain "Waters" et en me répondant que les services de son département étudieront la question. Après, probablement en 2005, un conseiller du ministre de l'environnement m'avait contacté par mail et par téléphone, je lui ai transmis toutes les informations nécessaires sur les critères du choix des sites et des documents sur toutes les réunions scientifiques que j'avais organisé dans les pays islamiques.

    4. Pour la grande station de Mekta, près de Marsa El-Hadjadj à Arzew de capacité de 500 000 m3/jour dans la construction vient de démarrer, j'avais souligné lors de mes interventions ( Oran 2007 et Alger 2008 ) en s'appuyant sur des donnés scientifiques des expériences d'autres pays sur les conséquences des effets néfastes et les problèmes techniques que celle-ci va engendrer.

    Le Jardin d'essai d'El Hamma est-il menacé par la station de dessalement ?

    C'est probable, il faudrait effectuer une étude courantologique complète de la baie d'Alger sur plusieurs années, chose qui n'a jamais été faite. Il est possible que la saumure infiltre la terre du jardin d'essai.

    Le dessalement est-il le moyen le mieux approprié pour résoudre les problèmes d'eau en Algérie ?

    Le dessalement de l'eau de mer coute excessivement cher. Le mètre cube revient entre 0,6- 0,8 dollar actuellement. C'est une nécessité pour les pays touristiques comme l'Espagne pour faire face a la demande d'eau excessive en été. Quand le pétrole était à 100 dollars ou plus, l'Algérie pouvait faire face mais si une crise survient ou si le pétrole chute, je ne pense pas que le gouvernement pourra continuer a le subventionner. L'investissement dans les barrages et de moyens simples de captage d'eau sont plus bénéfiques et beaucoup moins couteux.

  3. #31
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    AEC, Dimanche 14 Juin 2009 :


    Suite à votre article concernant l'interview de Mr Chouikhi intitulé « un spécialiste évoque les négligences des autorités », nous vous apportons les éléments de réponse suivants:

    Mr Chouikhi parle d'incompatibilité du choix du site en ce qui concerne El Hamma sans apporter aucune explication ni justification scientifique.

    Le choix du site du Hamma répond à différentes considérations techniques et autres qui semblent échapper totalement au point de vue de Mr Choukhi. Ce dernier, dans ses réponses, semble alarmer l'opinion publique sur les données scientifiques des expériences des autres pays. Il aurait été utile que Mr Chouikhi précise sa réponse avec ces données scientifiques sur lesquelles il semble s'appuyer.

    En ce qui concerne le jardin d'essai du Hamma, là encore Mr Chouikhi inquiète l'opinion publique en signalant que la saumure pourrait infiltrer la terre du jardin tout en reconnaissant qu'il n'y a pas eu d'étude courantologique pour le dire. Cette réponse est peu scientifique et enlève toute crédibilité aux propos de Mr Chouikhi qui fait dans l'état d'âme.

    Mr Chouikhi doit savoir qu'il est rejeté à la mer la même quantité de sel qui est prélevée dans le processus. À moins que Mr Chouikhi pense le contraire. Ce qui serait étonnant pour un spécialiste.

    En ce qui concerne les aspects de coût du mètre cube d'eau dessalé, Mr Chouikhi semble là encore ignorer que le coût économique de l'eau dessalée est en moyenne équivalent au mètre cube d'eau produit par les moyens conventionnels, soit autour de 55 DA au niveau national. Ce que ne signale pas également Mr Chouikhi c'est que la durée de construction d'un barrage est en moyenne de 10 ans pour le rendre opérationnel et que la durée de construction d'une usine de dessalement d'eau de mer de 200.000m3 cube est au maximum de trois années.

    Mr Chouikhi semble ignorer que notre pays est un pays aride et qu'il y avait une urgence à apporter de l'eau aux populations. Heureusement que KAHRAMA depuis 2006 apporte sa contribution à la ville d'Oran ainsi qu'à la zone industrielle d'Arzew. Dans le cas contraire, il aurait fallu importer de l'eau en 2007 notamment et arrêter le fonctionnement de la zone industrielle.

    Mr Chouikhi n'imagine pas de telles conséquences pour le pays, d'ou l'inconsistance de ses propos que nous réfutons surtout quand ils sont proclamés de manière irresponsable.

  4. #32
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    Professeur A. Chouikhi, Lundi 15 Juin 2009 :


    À la direction de l'AEC,

    Je pense que le mal est déjà fait, il est trop tard pour polémiquer plus. Mon intervention n'avait pour but que d'amener des clarifications à l'article de Mr Ali Idir intitulé Stations de dessalement : le RCD évoque un désastre écologique et financier » où mon nom fut cité sans m'avoir consulté.

    Concernant la station d'El Hamma, je vous informe que je n'ai jamais mis en relief le problème de pollution car la baie d'Alger était bien polluée avant l'installation de votre unité de dessalement et c'est là votre malheur. Vous avez plusieurs sources de pollution : le trafic du port d'Alger, les bateaux qui sont stationnés en rade, la centrale thermique, les rejets telluriques.etc....

    Le problème crucial est plutôt le choix de la technologie de votre unité de dessalement, OSMOSE INVERSE, qui pose problème pour le site. J'ai le pressentiment que vos connaissances sont limitées dans le domaine où vous activez et je vous donne la conclusion de tous les spécialistes sur le dessalement ou bien vous pourriez poser la question à de simples chimistes concernant la filtration par membrane d'osmose, ils vous répondront:

    1. S'il y a une pollution de l'eau de mer due aux huiles et/ou aux industries chimiques, l'exécution des processus de membrane du dessalement sera compromise;

    2. Si l'eau de mer a un TDS très élevé et/ou est polluée, le processus thermique devra être favorisé.


    Je pense même qu'il n'y a aucun doute que vous subissez souvent des arrêts techniques de l'usine dus à ces problèmes de contamination de la baie d'Alger . Vous devez aussi renouveler plus fréquemment vos membranes et utiliser plus de produits chimiques pour traiter votre eaux qui sont achetés à l'étranger au prix fort.

    Par conséquent votre mètre cube d'eau traitée reviendra beaucoup plus cher que si vous avez choisi un site propre pour votre unité. Si ce surcoût n'était que de 0,2 Dollars US / m3, je vous informe que le surcoût sur une année s'élèverait à 14,6 Million de dollars, somme jetée par la fenêtre en raison de votre mauvais choix de site et c'est le contribuable algérien qui payera la facture.

    Je vous informe aussi que je n'ai a aucun moment dénoncer l'option dessalement de l'eau de mer car je connais bien la problématique de l'eau en Algérie, mais je suis contre les dérives du dessalement tous azimuts et les capacités des stations de dessalement supérieure à 50 000m3 pour des raisons bien simples : la question de maitrise de leur gestion et de l'impact du volume des saumures et des produits chimiques dérivés que l'unité de dessalement rejettera dans la zone marine.

    Vous ne devriez pas aussi ignorer que la zone côtière est la plus productive et qu'il faudra le plus la préserver. C'est la raison pour laquelle j'avais parlé dans mon article de l'unité de dessalement de Grand projet à Mekta, près de Marsa El-Hadjadj à Arzew de 500 000 m3/jour et dont j'ai lu dans la presse que vous en étiez fier d'avoir la plus grande usine au monde. Je vous conseille de retarder ce projet afin d'effectuer une étude d'impact sérieuse et de prendre en considération le secteur de la pêche, du tourisme et de l'hydraulique de la région de Mostaganem.

    Je ne suis qu'un spécialiste en écotoxicologie et la pollution marine et je vous conseille de relire attentivement ma remarque à propos du Jardin d'essai. Ne me faites pas dire ce que je n'ai jamais dit.

    Professeur A. Chouikhi

    Docteur d'etat -es- Sciences specialité ecotoxicologie à Paris XI.1980

    Chercheur à l'INSERM de Chatenay- Malabry et à l'Institut de Recherche de la Chimie appliquée de Vert -le Petit, Paris Sud, 1976-1980

    Directeur du centre de recherche d'océanographie et des pêches du CNRS à Alger de 1980 à 1983

    Premier directeur de l'institut national des sciences de la mer et de l'amenagement du lıttoral de 1983 à 1992.

    Professeur et Directeur de recherche à l'ISMAL et à l'université d'Izmir.

    Directeur Executif du centre d'excellence des sciences et technologie de l'oceanographie des pays islamiques, Elu en 1994.

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