+ Reply to Thread
Page 3 of 56 FirstFirst 1 2 3 4 5 13 53 ... LastLast
Results 15 to 21 of 387
  1. #15
    Guest 123 is offline Registered User
    Join Date
    Jan 2006
    Posts
    0
    Mardi 3 Avril 2007 -- Les 70 opérateurs de la Confédération des industriels et producteurs algériens (CIPA), répartis à travers 24 wilayas, produisant du lait pasteurisé, sont à l’arrêt depuis le 1er avril.

    C’est ce qu’a indiqué, hier, le président de la filière agroalimentaire de la CIPA, Abdelwahab Ziani, lors du forum d’ El Moudjahid. Intervenant lors de la conférence-débat portant sur le devenir de cette filière en Algérie, Abdelwahab Ziani dira : «Les opérateurs privés qui alimentent à 70% le marché en lait pasteurisé, sont à l’arrêt, soit une capacité de trois millions de litres de lait par jour, correspondant à 330 tonnes de poudre de lait» Et d’ajouter : «Seules deux ou trois unités continuent à en produire pour une durée très limitée, le temps d’épuiser le petit stock mis de côté.» Pour lui, la sonnette d’alarme a été tirée il y a déjà plusieurs mois. «Les opérateurs ont pu compenser les pertes par les produits dérivés. Actuellement, il n’est plus possible d’entreprendre cette démarche», a-t-il expliqué. Se défendant d’être des «pseudos producteurs», les opérateurs tour à tour, affirment : «Les pouvoirs publics n’ont rien fait pour nous aider alors qu’ils ont été interpellés depuis 2003.» «Nous n’avons jamais été convoqués pour une session de travail avec le gouvernement. Toutes les mesures qui ont été prises nous en avons pris connaissance par le bais de la presse. Et elles sont opaques», a affirmé le président de la CIPA, Abdelaziz Mehenni. La création de l’Office national du lait et la subvention accordée à Giplait de 10 milliards de dinars ne sont «pour eux» pas comprises. «Nous aussi, avons le droit à la subvention car nous contribuons au Trésor public à hauteur de 17 milliards de dinars», a soutenu Abdelawab Ziani. Les opérateurs souhaitent, au vu du manque à gagner subi depuis 18 mois, que cette subvention soit généreusement octroyée avec effet rétroactif sur au moins les douze derniers mois.

    En outre, dans un communiqué de presse, il est noté que dans l’hypothèse du maintien du prix et afin de compenser les pertes subies par les entreprises, ils proposent les suppressions de la taxe sur l’activité professionnelle de 2% sur les chiffres d’affaires en lait et dérivés pasteurisés en sachets, de la taxe sur la valeur ajoutée de 17% sur le leben et le raïb conditionnés en sachets et toute autre défiscalisation ou bonification des taux d’intérêt sur les crédits d’investissement et d’exploitation. «Le prix réel du sachet de lait est estimé à 42 DA alors si l’Etat veut faire du social, il n’a qu’à payer la différence », soutiendra un autre opérateur dans la salle. Dans le même document, le calcul de la subvention monétaire par litre de lait reconstitué se fera par simple déduction du prix de vente sortie usine administré à 23,35 DA du prix de vente sortie usine réel et actuel à 41,97 DA. «Cette subvention s’élèverait alors à 18,62 DA par litre. Elle sera, bien entendu, ajustée périodiquement en fonction de l’évolution des coûts réels sur le marché. On pourrait aussi programmer à terme sa diminution jusqu’à extinction au fur et à mesure de l’ajustement du prix administré ou de sa libération. Pour une consommation moyenne de 110 litres par habitant, cette subvention équivaudrait à une redistribution de 5 DA par habitant et par jour ou de 25 DA par famille et par jour», est-il noté. La CIPA suggère de libérer le prix et que l’Etat intervient au niveau d’un réajustement du SNMG et des pensions de retraite, des allocations familiales et de l’allocation chômage. Le président du Forum des chefs d’entreprises (FCE), Réda Hamiani, a déclaré «ne pas comprendre qu’il n’y ait pas de passerelle ou de pont entre le gouvernement et les opérateurs privés pour trouver une solution à cette crise».


  2. #16
    Guest 123 is offline Registered User
    Join Date
    Jan 2006
    Posts
    0

    Mardi 3 Avril 2007 -- Faute de moyens financiers pour s’approvisionner en poudre de lait et produire du lait pasteurisé, l’ensemble des laiteries privées au nombre de 70, est à l’arrêt. Un arrêt qui risque d’engendrer une perte de 6 000 emplois directs et 18 000 autres indirects. «Les lignes de mise en sachet du lait sont à l’arrêt dans les unités privées. Il n’y a que deux ou trois laiteries qui fonctionnement en produisant du lait fermenté et des yaourts», a déclaré hier le président de la CIPA (Confédération des industriels et producteurs algériens), M. Mehenni Abdelaziz, lors de la conférence-débat consacrée à la filière lait au centre de presse d'El Moudjahid. «Je le répète. Nous ne sommes pas en grève. Les unités sont à l’arrêt. Nous avons tiré la sonnette d’alarme à maintes reprises sans trouver de répondant», a-t-il tenu à préciser. Durant cette rencontre qui intervient au lendemain de l’assemblée générale organisée par les producteurs privés de lait, la majorité des intervenants ont plaidé pour la libéralisation du prix du lait pasteurisé, donc pour l’augmentation.. «C’est le seul moyen de reprendre l’activité. Car, il est impossible de continuer à produire du lait à 42 dinars le litre et de le vendre à 25 dinars», a noté M. Ziani, président de la Fédération des producteurs privés du lait, qui est longuement revenu sur la crise de la filière et sur les solutions proposées par le gouvernement. Et ce, à travers une synthèse des travaux de l’AG du 1er avril. «L’Etat est souverain et sa décision est exécutoire, mais un jour, il sera bien contraint d’appliquer la vérité des prix, accords de l’OMC et de l’UE obligent», a estimé M. Ziani avant d’enchaîner : «Pour anticiper, nous suggérons de libérer le prix, sachant qu’en compensation l’Etat interviendra au niveau d’un réajustement du SNMG, des pensions de retraite, des allocations familiales et de l’allocation chômage.»

    Pour M. Ziani, la participation du privé dans la couverture du marché est à hauteur de 70% contrairement «à ce que disent les autres», pour reprendre son expression. «Nous ne sommes pas des producteurs pseudonymes. Nous n’avons jamais été contactés pour une réunion de travail autour de la crise. Nous sommes marginalisés. Et dire que les unités privées sont présentes dans 24 wilayas. Rien qu’à Alger, deux unités produisent une moyenne de 60 000 litres/jour.» Au sujet de la création de l’Office interprofessionnel du lait dont la mission se traduira à travers l’apprivoisement physique ou par une subvention monétaire, la fédération, par le biais de son responsable, propose une évaluation de ces deux instruments. Primo, en terme d’efficacité et secundo en matière de faisabilité et de coûts. Pour M. Ziani, les modes de régulation suggérés par le gouvernement tout en ayant des avantages présentent des risques importants (spéculation…).

    En somme, c’est une manière de rejeter les solutions de l’exécutif. Des solutions dont l’application écarte les transformateurs privés de l’avis même de leurs représentants. «Qu’on nous traite de la même manière que Giplait ! Pourquoi débloquer six milliards de dinars au profit des filiales de ce groupe et nous priver en parallèle de cette aide», s’est d’ailleurs interrogé un producteur de lait venu activant au Sud. Même interrogation chez les autres opérateurs de la filière lait qui ont tous parlé de pertes «astronomiques» en raison de l’envolée du prix de la poudre de lait (qui dépasse actuellement les 3 200 dollars la tonne à l’échelle internationale. «Et pourtant la loi interdit de travailler à perte», a rappelé le représentant de la laiterie Betouche implantée à Alger. Sur un autre volet, les participants au débat d’hier ont à l’unanimité relevé la faiblesse du volume du lait collecté dans le cadre des mécanismes du Plan national de développement agricole (PNDA). «Les autorités avancent des chiffres qui ne concordent pas avec la réalité. S’il y avait réellement une bonne collecte de lait cru, pourquoi alors opter pour la poudre importée ?» se demandent les producteurs qui regrettent le non-établissement d’un recensement général des éleveurs. A titre indicatif, les chiffres disponibles parlent d’un volume collecté de 1,2 million de litres et de 900 000 vaches laitières alors que pour les perspectives, on avance le chiffre de 50 000 vaches à importer.


  3. #17
    Guest 123 is offline Registered User
    Join Date
    Jan 2006
    Posts
    0
    Mercredi 4 Avril 2007 -- L’élan de solidarité à l’égard des transformateurs privés de matières laitières commence à se constituer. Au lendemain de la conférence-débat organisée au centre de presse El Moudjahid sur la crise que traverse cette filière, la Confédération générale des entreprises algériennes (CGEA) affiche son soutien aux industriels de la filière lait affiliés à la Confédération des industriels et producteurs algériens (CIPA). Par la même occasion, la CGEA, dans un communiqué adressé à notre rédaction, reconnaît la légitimité des revendications des producteurs privés de lait. Elle estime également qu’il n’y a pas lieu de dissocier le secteur public du secteur privé. «La solution au problème de la filière lait doit être apportée à l’ensemble de la filière dans le cadre d’une concertation avec les pouvoirs publics», note la CGEA dans son communiqué avant de conclure : «La CGEA ne peut qu’être solidaire de l’un des partenaires sociaux engagé pour un pacte économique et social approuvé par l’ensemble de la représentation des acteurs.» Pour rappel, les industriels de la filière lait affiliés à la CIPA sont en arrêt d’activité, faute de matière première. Ils revendiquent une prise une charge équitable du problème par rapport au secteur public (Giplait) par les pouvoirs publics. Ils insistent aussi sur la nécessité d’aller vers la libéralisation du prix du lait pasteurisé.


  4. #18
    Guest 123 is offline Registered User
    Join Date
    Jan 2006
    Posts
    0
    Samedi 7 Avril 2007 -- Trois jours après l’appel lancé par les transformateurs de lait privés pour la libéralisation du prix de ce produit et pour l’élargissement des subventions à leur profit, dans une rencontre-débat organisée à El Moudjahid, le ministre des Finances, Mourad Medelci, utilise cette même tribune pour rendre publiques les solutions du gouvernement. Et poser par la même occasion les conditions fixées pour l’obtention des subventions par le privé. Le maintien du prix du lait pasteurisé à 25 dinars le litre est la condition principale que devront respecter les producteurs privés pour avoir l’aide financière de l’Etat. La poudre de lait qu’aura à distribuer aux transformateurs privés Milk Trade, une filiale du groupe industriel du lait (Giplait) devra aussi être destinée à la fabrication du lait et non aux produits
    dérivés (yaourt et lait fermenté, entre autres).

    «La poudre de lait ne sera cédée aux transformateurs à un prix subventionné qu’à la condition qu’elle soit destinée exclusivement à la fabrication du lait et non aux produits dérivés, et que le sachet de lait soit vendu au prix public de 25 DA», a clairement déclaré le ministre au forum d'El Moudjahid.

    En posant ces conditions, le gouvernement répond ainsi par la négative à la demande de libéralisation du prix du lait en rassurant toutefois sur le soutien de l’Etat aux producteurs privés. Un soutien qui se fera par le biais de Giplait en attendant le démarrage officiel de l’Office interprofessionnel du lait (ONIL) qui regroupera les opérateurs publics et privés pour assurer la régulation du marché du lait comme c’est le cas pour les céréales. Le ministre a indiqué que cette subvention fera l’objet d’un montage financier entre Giplait et les transformateurs. Cependant, a-t-il averti, cette opération exige «la transparence entre l’Etat et les transformateurs privés». Pour l’importation des matières premières laitières, l’Etat a déjà dégagé dans un premier temps une enveloppe financière de 6 milliards de dinars avant de décider de consacrer un autre montant de 10,6 milliards de dinars à partir de juillet dans le cadre de la loi de finances complémentaire pour 2007. Un montant à attribuer à l’ONIL.

    Dans l’immédiat, en comptant sur le premier montant, c’est-à-dire les 6 milliards de dinars, Milk Trade a lancé un appel d’offres national et international le 29 mars dernier à cet effet. Le groupe compte d’ailleurs pour faire face à cette pénurie, une fois la poudre achetée (en ce début avril) augmenter ses capacités de production pour atteindre 1,8 million de litre/jour contre 1,2 million avant l’avènement de la crise. La décision de subventionner les producteurs privés permettra aussi le redémarrage de leurs unités (au nombre de 78) qui sont à l’arrêt, faut d’approvisionnement en poudre.

    L’argentier du pays a, par ailleurs, annoncé une prochaine rencontre entre les transformateurs de lait pour la mise en œuvre de ce dispositif. A ce sujet, il y a lieu de rappeler que la Confédération des industriels et producteurs algériens (CIPA) a, selon son responsable, sollicité à maintes reprises les pouvoirs publics pour une rencontre autour de la crise sans qu’il y ait eu de réponse.

    Depuis le début de l’année, les prémices de la crise se faisaient sentir avec l’envolée des cours de la poudre à l’échelle mondiale.

    Les opérateurs du secteur, qu’ils soient publics ou privés ont tiré la sonnette d’alarme en rappelant à chaque fois que le prix de revient dépassait largement le prix de vente. Il a fallu attendre la pénurie pour que les décisions commencent à tomber.

    Là encore, ces décisions ne sont que conjoncturelles. Car l’Algérie, l’un des premiers importateurs de poudre de lait au Maghreb, souffre de l’absence d’une politique de l’industrie laitière. Globalement, l’Algérie importe annuellement en moyenne pour 600 millions de dollars de lait en poudre, pour combler le déficit de sa production en lait frais, estimé à environ 1 milliard de litres par an.


  5. #19
    Guest 123 is offline Registered User
    Join Date
    Jan 2006
    Posts
    0
    Dimanche 8 Avril 2007 -- Les producteurs laitiers privés membres de la Confédération des industriels et producteurs algériens (Cipa), ont décidé samedi de reprendre la production du sachet de lait mettant ainsi fin à la crise que connaît la filière depuis deux mois, a annoncé la Cipa dans un communiqué. Cette décision a été prise à la suite des dernières assurances du ministre des Finances, M. Mourad Medelci, qui avait indiqué jeudi que le lait pasteurisé en sachet continuera à être subventionné par l'Etat en vue de maintenir le prix public à 25 DA le litre, a souligné la même source, qui dit avoir "pris acte" des déclarations du ministre.

    M. Medelci avait ajouté que le groupe public Giplait se chargera dorénavant de vendre la poudre de lait aux transformateurs privés à un prix subventionné mais à condition qu'elle soit destinée exclusivement à la fabrication du lait et non pas des produits dérivés. "Face à cette nouvelle situation, les industriels laitiers privés, adhérents à la Cipa ont décidé, ce jour 7 avril, la reprise de la production du sachet de lait afin de mettre un terme à la crise actuelle et cela, malgré toutes les pertes financières qui en découlent", déclare le communiqué. Par ailleurs, "ces industriels attendent dans les meilleurs délais que les pouvoirs publics fixent des échéances pour ouvrir le dialogue et la concertation avec le ministère du Commerce en vue d'arrêter un mode de gestion collégiale de la filière lait", suggère la CIPA. Il faudrait également, souhaite cette organisation, "mettre en place les mécanismes de sortie de crise, de fixer les modalités d'application de la distribution et de la répartition des subventions et de s'engager quant à la prise en charge des pertes subies à ce jour dans le cadre de la fabrication de ce produit". Les producteurs de lait de base affirmaient ces derniers temps vendre à perte à cause de la flambée des cours de la poudre de lait sur le marché international et le maintien du prix public à 25 DA par litre. L'Algérie importe annuellement en moyenne pour 600 millions de dollars de lait en poudre pour combler le déficit de sa production en lait frais, estimé à environ 1 milliard de litres par an. Sur les marchés mondiaux, le prix du lait en poudre a enregistré depuis quelques mois une hausse considérable provoquée par une forte demande de la part de la Chine et de l'Inde.


  6. #20
    Guest 123 is offline Registered User
    Join Date
    Jan 2006
    Posts
    0
    Dimanche 8 Avril 2007 -- Devant la rareté du lait sur les étals des points de vente, engendrant du coup une forte tension, le Groupe industriel des productions laitières Giplait/SPA a décidé de consacrer son activité à la seule production de lait pasteurisé conditionné (LPC). Une résolution qui, selon les cadres de cette SPA, serait en mesure de réduire la tension sur ce produit blanc de grande consommation.

    Le ministre de l’Industrie, M. Khoudri Mohamed, qui a visité hier dans la matinée l’unité Colaital de Birkhadem (Alger), a pu constater de visu que les chaînes de production de dérivés de lait étaient à l’arrêt. Seul l’espace réservé à la production de LPC «fonctionne 24h sur 24», a expliqué au ministre le président de la SGP Tagral dont dépend le groupe Giplait, présent sur les lieux.

    Ce responsable a rappelé au ministre que son groupe vient de lancer un avis d’appel d’offres international pour un approvisionnement rapide en poudre de lait des 18 unités que compte le groupe. Un achat rendu possible par décision d’un conseil interministériel qui s’est tenu dernièrement, allouant ainsi à la filière assurant les importations de poudre de lait, Milk Trade, la somme de 10,5 milliards DA. «Un montant qui va servir à importer au moins 20 000 tonnes de poudre de lait», a précisé le président de la SGP Tagral. Toujours selon ce dernier, ce volume de matière première laitière sera destiné totalement à la production de LPC. Notons par ailleurs, et comme l’a reconnu le premier responsable du groupe devant le ministre, que «cette nouvelle orientation pèsera lourdement sur la valeur ajoutée des unités de production que compte Giplait SPA».

    En effet, le gros du bénéfice de ces unités provient de la production des dérivés du lait, alors que le coût de revient à la production du litre de LPC serait de 23,35 DA et vendu à la sortie d’usine à 24 DA. «Suite à la dernière augmentation de cette même matière première au premier trimestre 2007, nos unités se sont retrouvées à travailler à perte –un écart négatif de 1,20 DA- et nonobstant le fait de la diminution sensible des stocks non réapprovisionnés par pure stratégie commerciale, c’est-à-dire en attendant une diminution des cours mondiaux», nous a signifié un responsable commercial du groupe Giplait rencontré à l’unité Colaital de Birkhadem.

    Rappelons aussi que dans la perspective de lever la tension existante sur le lait, une série de mesures ont été prises par le gouvernement et les détails ont été publiés dans notre édition d’hier. Non sans souligner que l’Exécutif a exclu toute idée de revoir à la hausse le prix du lait pasteurisé et conditionné.

    D’un autre côté, les producteurs privés de lait, regroupés sous la bannière de la Cipa, ont décidé «la reprise de la production du sachet de lait afin de mettre un terme à la crise actuelle et cela, malgré toutes les pertes financières qui en découlent». Les producteurs privés attendent par ailleurs une réunion avec le ministre du Commerce en vue d’arrêter «un mode de gestion collégial de la filière lait» dans des délais qu’ils espèrent les meilleurs.


  7. #21
    Guest 123 is offline Registered User
    Join Date
    Jan 2006
    Posts
    0
    Dimanche 8 Avril 2007 -- «Le lait ? Introuvable même pour médication.» C’est l’une des images métaphoriques que les commerçants utilisent pour dire à leurs clients l’inanité de leur quête éperdue. Trouver un sachet de lait est devenu un miracle. La raison de cette pénurie ? L’envolée des cours de la poudre de lait sur le marché mondial a obligé les transformateurs à épuiser leurs maigres stocks, et pour les reconstituer afin que le sachet de lait se maintienne à 25 DA -alors qu’il est déjà vendu à 40 DA et plus-, ils demandent que l’Etat leur accorde des subventions ou qu’il libéralise le prix. Le gouvernement a répondu par la voix de son ministre des Finances, Mourad Medelci, en assujettissant l’octroi de subventions au privé à deux conditions : le maintien du prix du sachet de lait pasteurisé à 25 DA et l’utilisation de la poudre à la fabrication exclusive de lait et non de produits dérivés. La demande de libéralisation du prix du lait est donc, de fait, rejetée et un appel d’offres national et international est déjà lancé pour l’achat de la poudre de lait qui permettra de résorber la pénurie.

    Mais ces décisions ne sont que des parades adaptées à une crise conjoncturelle, et il s’agit d’en tirer les enseignements et de proposer des solutions définitives pour s’assurer de la disponibilité de tous ces produis de consommation stratégiques dont la fabrication dépend entièrement ou en grande partie d’intrants importés, donc du marché mondial. Car le lait n’est pas le seul produit dépendant des fluctuations de l’offre mondiale. Le pain est aussi concerné. L’Algérie importe du blé tendre pour combler le déficit de production nationale en farine panifiable. Qui peut jurer que demain le marché des céréales ne connaîtra pas une envolée des prix comme celle enregistrée par celui de la poudre de lait ? L’hypothèse est d’autant plus possible que l’agriculture, pomme de discorde dans les négociations du cycle de Doha, est l’objet de tensions et pressions visant à l’annulation ou pour le moins à la diminution des subventions accordées aux agriculteurs.

    L’Etat algérien a bien accordé toutes les facilitations possibles et mis en place des mesures incitatives pour encourager l’investissement dans l’élevage de bovins et la collecte du lait, cet autre maillon faible que posent de nombreux éleveurs. Mais il y a peu de répondant. Les opérateurs préfèrent investir dans la transformation en privilégiant la fabrication des produits laitiers dérivés qui leur permet d’engranger de plus gros bénéfices que le lait. Les boulangers en font de même avec la farine panifiable qu’ils utilisent pour la pâtisserie, plus rentable que le pain. Les mesures envisagées n’ont finalement apporté que des solutions partielles. Dès lors, il ne s’agira plus de proposer des palliatifs conjoncturels mais d’adopter une politique en vue d’acquérir une relative indépendance alimentaire. Cette politique doit prendre en charge tous les segments de la chaîne de production. Il s’agira de s’émanciper de la dépendance du marché des semences et des intrants, des armes alimentaires qui peuvent à tout moment faire basculer le pays dans une crise comme celle que nous vivons.


Posting Permissions

  • You may not post new threads
  • You may not post replies
  • You may not post attachments
  • You may not edit your posts