Dimanche 10 Octobre 2010 -- Avant d’avoir confié ses télécoms aux Russes, Orascom a pris le soin de protéger ses autres investissements en Algérie d’éventuelles représailles du gouvernement. Selon nos informations, les parts détenues par Orascom Construction Industries (OCI) dans Sorfert Algérie, le projet de fertilisants (urée et ammoniac) réalisé avec Sonatrach, ont été transférées dans la joint-venture créée début 2010 entre OCI et la banque américaine Morgan Stanley. Cette joint-venture est détenue à égalité entre OCI et Morgan Stanley. Sorfert Algérie est la seule entité encore détenue directement par OCI en Algérie. Tous les autres projets du groupe égyptien sont constitués de contrats publics obtenus auprès du gouvernement algérien dans le cadre d’appels d’offres internationaux. Le gouvernement algérien a tenté de réagir à ce transfert, via la loi de finances complémentaire (LFC) 2010. Il a élargi le droit de préemption, déjà applicable en Algérie, aux cessions d’actions à l’étranger sur des activités en Algérie. Mais le dossier risque de s’avérer aussi compliqué que celui de Djezzy surtout que Morgan Stanley est l’une des plus grandes banques mondiales avec laquelle l’Algérie a intérêt d'éviter toute confrontation directe. L’usine est détenue à 51% par OCI et à 49% par Sonatrach. Le projet, lancé en 2008 avant la fameuse loi dite des 51/49, a été financé par cinq banques publiques : la Banque extérieure d’Algérie (BEA), la Cnep, la BNA, la BDL et la CPA. Les banques concernées ont débloqué 1,52 milliard d’euros en faveur de Sorfert Algérie. Le projet devrait entrer en production en 2011, selon les prévisions de ses initiateurs. Le financement du projet est assuré à 70% par les banques publiques, dont 29% par la BEA, et les 30% restant par Sonatrach et Orascom.