Mardi 10 avril 2007 -- La Chambre française de commerce et d’industrie en Algérie (CFCIA) a dépassé les prérogatives pour lesquelles elle a été créée, a dénoncé hier le président de la CACI, M. Brahim Bendjaber, à la Chaîne II de la radio nationale. Installée depuis 1975, après la visite du président français Valéry-Giscard d’Estaing à Alger, cette instance avait pour vocation initiale la promotion des entreprises françaises et du produit français en Algérie.

«Mais, malheureusement, la CFCIA a commencé a faire des opérations qui ne sont pas prévues dans son statut», selon M. Bendjaber. Parmi les dépassements retenus contre la CFCIA, le président de la CACI a cité la formation payante dispensée aux Algériens par des formateurs étrangers et l’ouverture d’un bureau de cette chambre à l’étranger dont elle perçoit des revenus.

«Des opérations contraires à la loi 90 relative aux associations», a-t-il expliqué. Il semble que la CFCIA ait poussé le bouchon plus loin dernièrement, car elle s’est mise, selon M. Bendjaber, «à organiser des missions commerciales pour les entreprises algériennes avec des pays autres que la France».

«Cela explique le refus de l’Algérie de coopérer avec la CFCIA. Toutefois, nous sommes très favorables à l’instauration d’une chambre mixte algéro-française pour renforcer notre partenariat économique et commercial avec ce pays», a-t-il assuré.

Le président de la CACI, qui a été invité à la radio, à l’occasion de l’ouverture des travaux de la 12e session de la coopération algéro-libyenne, a déclaré que le marché libyen présente une grande opportunité pour l’Algérie. «Bien que sa population ne dépasse pas 8 millions d’habitants, la Libye est un pays consommateur qui a un grand pouvoir d’achat», a-t-il dit.

Il a assuré que «les exportations algériennes vers ce pays qui avoisinent les 14 millions de dollars ces dernières années, dont plus de 10 millions de produits de consommation, sont appelées à augmenter». Le président de la CACI a toutefois estimé que les entreprises algériennes ne sont pas agressives sur le marché libyen, expliquant cela par les coût des études de prospections qui leur reviennent très chers.

Les potentialités que les économies des deux pays recèlent sont à même de hisser les échanges commerciaux à près de 800 millions de dollars, selon M. Bendjaber. S’agissant de l’investissement arabe en Algérie, l’invité de la radio a affirmé que le pays offre des atouts considérables que beaucoup d’opérateurs étrangers ignorent encore.

Pour capter ces investisseurs potentiels, M. Bendjaber recommande de vendre l’image de l’Algérie et de faire connaître sa législation en matière d’investissements. «Certains pays du Golfe, tels le Koweït, les Emirats arabes unis et le Bahreïn, disposent d’un excédent monétaire important et cherchent à l’investir, il faut savoir les capter», a-t-il dit.