Dimanche 15 avril 2007 -- Un récent rapport sur la compétitivité dans le monde, élaboré par le Forum économique mondial (FEM), classe en effet notre pays en 29e position sur 40 nations dans le groupe 2, celui des économies moyennement compétitives. Elle fait donc mieux que les pays classés dans le groupe 1, qui compte les économies où la compétitivité est la plus faible comme le Maroc, mais moins bien que les pays à très forte compétitivité économique comme les Emirats arabes unis.

Dans son groupe, l’Algérie, avec un indice de 3,98, n’arrive que 5e au plan arabe, devancée par la Tunisie, la Jordanie, le sultanat d’Oman et la Libye. Toutefois, malgré son classement reculé, l’Algérie a amélioré son positionnement puisque le même rapport pour l’année 2006 la classait 32e sur une liste comptant 37 pays.

Selon les auteurs du document, ce sont principalement les faiblesses du système bancaire et le manque de réforme facilitant l’ouverture du pays à la concurrence internationale ainsi que la faible utilisation des technologies les plus avancées qui sont à l’origine de la performance assez mitigée de l’Algérie.

Ces carences n’empêchent pas le FEM de noter certains points positifs comme «l’amélioration significative de l’environnement macroéconomique du fait de la hausse des prix de l’énergie à l’international, le renforcement des institutions de l’Etat et l’amélioration de l’accès de la population aux services de santé et de l’éducation.

Dans ce groupe 2 dominé par la Malaisie et le Chili, le premier pays arabe est la Tunisie avec un indice de 4,72 qu’elle doit, selon les experts du FEM, au renforcement de son système éducatif jugé de «très bonne qualité» et qui atteint même des standards internationaux, notamment dans l’éducation primaire.

On évoque également pour ce pays «des institutions publiques stables et efficaces», ainsi qu’un niveau important dans le domaine de l’innovation et des affaires. Cependant, un déficit budgétaire et une dette publique élevés auxquels s’ajoutent les faiblesses en termes d’infrastructures et de développement du marché financier empêchent ce pays de tirer profit d’une économie plus compétitive».

S’agissant de l’autre voisin maghrébin de l’Algérie, à savoir le Maroc, il occupe, avec un indice de 4,02, la 7e position sur 48 pays classés dans le groupe 1, celui des économies les moins compétitives du monde, qui compte dans les trois premières places l’Inde, l’Indonésie et la Chine.

Le rapport relève parmi les quelques points forts de cette nation, «la bonne qualité des infrastructures et la relative solidité des institutions publiques». Néanmoins, plusieurs points négatifs sont également cités comme «le niveau assez bas du taux de pénétration des technologies les plus avancées».

Les auteurs du rapport estiment que «les efforts de diversification n’apporteront des fruits que si l’accès au financement est facilité et le capital humain mis en avant». Dans un cadre plus global, il ressort du rapport que l’économie des Emirats arabes unis est la plus compétitive dans le monde arabe ; elle est suivie par le Qatar, le Koweït et le Bahreïn.

Ces pays sont classés au niveau mondial 29e, 32e, 35e, 39e respectivement, dans le groupe 3, celui des économies les plus compétitives, dominé par la Suisse, la Finlande et la Suède. Notons que le rapport du FEM évalue chaque année la capacité des pays à faire progresser leur économie à moyen et long termes sur la base de trois principaux critères : l’environnement macroéconomique, la qualité des institutions publiques et le degré de maîtrise et d’assimilation de la technologie.

Chaque pays fait l’objet d’une analyse méticuleuse qui touche la situation politique, économique et financière du pays : institutions, taux de croissance, politique de change, taux d’intérêt, infrastructure, qualité de l’éducation et de l’enseignement, climat des affaires, maîtrise des nouvelles technologies de l’information et de la communication, technopoles.