Jeudi 19 avril 2007 -- Les prix des viandes rouges ont tellement augmenté que pour une bonne partie des Algériens, il est extrêmement difficile d’acheter ce produit devenu un «luxe». Cela s’explique, entre autres, par les prix «imposés» par les bouchers qui prélèvent une marge bénéficiaire d’au moins 150 DA sur le kilogramme.
En l’absence d’un organisme régulateur pour le marché des viandes rouges, la disparité entre les prix des abattoirs et ceux affichés par les boucheries est de plus en plus persistante. Les prix de gros de la viande ovine oscillent entre 500 et 540 dinars le kg aux abattoirs, alors que dans les boucheries ils atteignent 680 dinars le kg.
Quant à la viande bovine, cédée à 600 dinars le kg dans les abattoirs, elle avoisine 750 dinars chez les bouchers. Les prix sont carrément astronomiques lorsqu’il s’agit des escalopes de veau (1 000 dinars), du filet de bœuf (1 400 dinars) ou encore du foie de mouton (1 600 dinars, contre 1 000 dinars dans les abattoirs).
«Les gens en achètent en petites quantités sans même chercher à savoir combien ça coûte, tellement les prix sont exorbitants», reconnaît un boucher du marché Stanbouli de Bab El-Oued. «Ils prennent généralement des morceaux de 200 à 350 dinars, histoire de donner du goût à leur plat», poursuit-il.
Une réalité confirmée par aâmi Mohamed, père de six enfants. «S’il m’arrive d’acheter de la viande, mes dépenses devraient être très rationnelles. Les prix sont tellement inaccessibles que je ne dois pas dépasser 600 ou 700 grammes», regrette-t-il.
«Certes, cette quantité ne permet pas à chacun de nous d’avoir un bon morceau de viande, mais cela donne au moins du goût à la marmite», a-t-il ironisé. Ainsi, la viande rouge demeure un produit de luxe pour les Algériens, notamment avec la dégradation du pouvoir d’achat constaté depuis de longues années déjà.
Selon les données officielles, un Algérien consomme annuellement en moyenne 10 à 11 kilogrammes de viande rouge par an pour une production annuelle de 300 000 tonnes fournies par 78 abattoirs répartis sur l’ensemble du territoire national.
Cette ration est jugée très insuffisante par rapport à celle de nos voisins tunisiens et marocains qui atteint 19,5 kg/an et 25,5 kg/an, et très loin de la consommation européenne qui est de 110 kg/an et par personne. Pour parer un tant soit peu à leur carence en ce protéine, les Algériens se rabattent généralement sur la viande de poulet et ses abats, ou, dans les pires des cas, ils se tournent vers la viande congelée dont le prix atteint 330 dinars le kg pour le bovin et 400 kg pour l’ovin.
Néanmoins, la plupart des Algériens préfèrent s’en abstenir car ils sont sceptiques quant à la consommation de la viande congelée, surtout qu’elle provient généralement des pays lointains tels que l’Amérique latine comme le Brésil et l’Equateur ou encore de l’Amérique du Sud comme l’Uruguay, méconnus par les consommateurs.
Cela explique, d’ailleurs, la baisse des importations nationales en viande congelée. En 2006, le montant des importations avait atteint 153,34 millions de dollars, contre 220,99 millions de dollars en 2005.
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20th April 2007 11:20 #1
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Saignant les Algériens :







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