Mercredi 2 mai 2007 -- La monnaie unique européenne continue de s’apprécier sur le marché international des changes entraînant, dans la foulée, une hausse des cours sur le marché algérien des devises, qu’il soit officiel ou officieux. Alors qu’il y a à peine quelques mois le taux de changes officiel de l’euro était plus haut que celui pratiqué sur le marché parallèle, les cours sont actuellement plutôt presque au même niveau, avec un très léger avantage pour l’officiel.

En effet, une semaine après avoir atteint la barre symbolique de 100 dinars à la vente sur le marché parallèle, l’euro a de nouveau réalisé cette performance mais, cette fois, sur les cotations officielles de la Banque d’Algérie. La dernière cotation datée de dimanche 29 avril 2007 établissait le cours de la devise européenne à 100,19 dinars à la vente et 94,40 à l’achat.

C’est la première fois depuis plusieurs mois que le cours officiel franchit la barre de 100 dinars pour un euro. Une progression qui s’est faite doucement mais sûrement puisque les cours sont passés de 99,16 dinars à la vente mercredi dernier à 99,96 dinars en début de cette semaine pour se fixer à 100,19 dinars dimanche, soit une augmentation de 1,03 % en l’espace d’une semaine.

Les cours à l’achat n’ont, quant à eux, progressé que de 0,97 % durant cette même période qui a vu le marché parallèle se déprécier de près de 5 %, puisqu’un euro s’échangeait hier chez les cambistes officieux à 100 dinars à la vente, contre 105 il y a une semaine.

A l’achat, les cours parallèles ont également connu une légère baisse de 1 % sur le marché parallèle avec 1 euro pour 99 dinars hier, contre 1 euro pour 100 la semaine écoulée. La tendance au resserrement de l’écart entre le cours officiel et officieux de la devise européenne se poursuit après avoir été amorcée il y a déjà plusieurs mois.

Aujourd’hui, l’écart est de moins de 0,2 %, alors que la cotation officielle de la Banque d’Algérie était, l’été dernier, d’un niveau supérieur jusqu’à 4,5 % à celui des cambistes du marché parallèle. Une situation qui n’est pas pour déplaire aux responsables du secteur des finances qui comptaient justement sur cette tendance pour encourager l’ouverture de bureaux de change du moment que le marché parallèle n’offre plus de marges aussi importantes par rapport au marché officiel.

Cette envolée de la devise européenne en Algérie a été impulsée par son évolution sur le marché international où elle a atteint, hier, le niveau historique de 1,3680 dollar après avoir franchi la veille 1,3616 dollar pour la première fois depuis la fin du mois de décembre 2004.

Les choses pourraient même aller plus loin puisque les analystes estiment qu’il pourrait atteindre 1,38 dollar d’ici à trois mois, ce qui ne manquera pas de se répercuter sur l’Algérie. Une hausse des cours bénéficierait aux cambistes officieux même s’ils souffrent depuis quelques semaines d’une faiblesse de l’offre par rapport à la demande.

Cependant, cette situation risque de porter préjudice aux entreprises algériennes qui effectuent la plus grande partie de leurs importations dans la zone euro. C’est d’ailleurs face aux craintes de ces fluctuations internationales que les opérateurs économiques nationaux n’ont cessé de réclamer la mise en place d’un marché des changes à terme où les devises s´échangeront pour un montant et à un cours déterminé pour une livraison à une date future et prédéterminée.

Ce marché permettrait aux entreprises importatrices, de matières premières notamment, de connaître d´avance le coût de leur approvisionnement et parer, ainsi, aux aléas des marchés internationaux.