Samedi 25 Juillet 2009 -- De source proche du complexe Tonic Emballage de Bou Ismaïl, on apprend qu’une enquête judiciaire portant sur la gestion du séquestre judiciaire mis en place à la fin de l’année 2007, pour mettre l’entreprise en situation de dégager les excédents nécessaires au remboursement de la dette détenue par la BADR, vient d’être ouverte, suite à des constats avérés de malversations graves signalées par un collectif de travailleurs, ayant adressé une requête détaillée aux plus hautes instances dirigeantes de l’Etat. De ce fait, nous pensons que l’enquête judiciaire, qui vient d’être ouverte avec l’audition d’un certain nombre d’opérateurs, a été ordonnée à un haut niveau de la hiérarchie gouvernementale.
Selon des informations qui restent à confirmer, plusieurs dizaines de milliards de centimes auraient été retirées directement de la caisse de la société et dépensées en espèces, contrairement à la réglementation en vigueur, pour effectuer des dépenses douteuses et pour le moins, contestables. On a, par ailleurs, signalé que de gros engins de levage en activité dans la zone industrielle de Skikda auraient fait l’objet de douteuses opérations de location se chiffrant à plusieurs milliards de centimes, ayant considérablement nui à la santé financière déjà précaire de l’entreprise objet d’un séquestre judiciaire qui devait pourtant la prémunir contre ce genre de prédation. La pratique de factures de complaisance relative à des activités de rénovation d’engins et de matériels roulant fait également partie des griefs soulevés par ce collectif des travailleurs, nonobstant, les vols de pièces détachées et la mise hors d’état de fonctionner de plusieurs dizaines de véhicules lourds, engins et équipements de production laissés sans surveillance.
Pour rappel le complexe Tonic Emballage, placé en septembre 2005 sous le régime du séquestre judiciaire, a fait l’objet d’une mise en faillite pour cessation de paiement, prononcée le 14 juin dernier, par le tribunal commercial de Blida. Lorsque toutes les voies légales de recours seront épuisées, il sera officiellement mis fin au régime de séquestre judiciaire, la poursuite de l’activité complexe étant confiée, en application des articles 235 et 240 du code de commerce, à un juge-commissaire assisté de deux contrôleurs. Il n’est évidemment pas exclu, qu’au terme de la récupération des créances dues à la BADR, la société Tonic Emballage connaisse une certaine reconfiguration de son régime de propriété avec, à la clé, l’entrée de nouveaux actionnaires publics et privés dans son capital social. Le Premier ministre, qui avait, on s’en souvient, promis au collectif des travailleurs qui l’avait interpellé à l’occasion de la campagne présidentielle, pourrait ainsi trouver issue au problème.
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25th July 2009 00:14 #29
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10th August 2009 00:29 #30
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Lundi 10 Août 2009 -- Acquise en juin 2005 par Tonic Emballage après autorisation du ministre des Ressources en eau, une station de dessalement de l’eau de mer de 5000 m3/jour, estimée à 100 milliards de centimes, est en état de total abandon sur le site du complexe de Bou Ismaïl, apprend-on d’une source parfaitement bien documentée. Alors que les consignes du constructeur General Electric recommandaient de la stocker, en attendant son montage, dans des conditions d’humidité, celle-ci a été entreposée de manière anarchique dans un des bâtiments du complexe dans les mêmes conditions que les équipements de traitement des eaux usées qui connaissent déjà une très forte détérioration. L’absence d’humidité dans le lieu de stockage et les fréquents transbordements des éléments de la station ont en effet entraîné la détérioration des plus nobles organes de la station. Pour information, il était prévu que les stations de dessalement d’eau de mer ainsi que celles de traitement des eaux usées soient montées, entre 2005 et 2006, pour être opérationnelles immédiatement après. La mise sous séquestre du complexe Tonic en 2005 mettra fin à cet objectif, en dépit d’une tentative d’installation (construction du génie civil et une partie de l’amenée d’eau de mer) qui tournera court malgré l’engagement du séquestre de pallier ce problème. Faute de station de dessalement d’eau de mer, le complexe de Bou Ismaïl est aujourd’hui contraint à être alimenté en eau potable à partir des forages de terres agricoles environnantes. L’opération est confiée pratiquement à un seul sous-traitant, au prix fort de 3000 DA la rotation de chaque camion-citerne, prix de l’eau non compris. Sachant que le complexe a un besoin journalier de 150 à 250 citernes, soit entre 4500 et 6000 rotations par mois, la facture d’alimentation en eau se chiffrerait à plusieurs milliards de centimes par an. Une eau qui ne peut même pas être récupérée faute de station d’épuration qui n’est, rappelons- le, pas encore montée à ce jour au grand dam de la ville de Bou Ismaïl qui souffre d’un grave problème de pollution. Ironie du sort, le plus grand complexe papetier d’Afrique se trouve ainsi alimenté de la plus archaïque manière. Qu’attendent les pouvoirs publics concernés pour mettre fin à cette situation qui semble parfaitement convenir à une faune de prédateurs qui sévissent à la périphérie du complexe.
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20th January 2010 00:29 #31
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Mercredi 20 Janvier 2010 -- « Les Italiens évaluent toutes les possibilités d’investissement en Algérie. Nous sommes intéressés par l’industrie papetière locale. Pour le cas de Tonic, cela dépend de la réponse que va nous réserver l’administrateur du groupe », a révélé Samuel Porsia, directeur de l’Institut italien pour le commerce (ICE), joint hier par téléphone. Une délégation d’opérateurs italiens, maghrébins et français s’est rendue hier sur le site de l’entreprise, sis à Bou Ismaïl dans la wilaya de Tipaza. Officiellement, cette visite s’inscrit dans le cadre du projet Paper Med, cofinancé par le programme européen Invest In Med, dont l’objectif est de développer la coopération entre les industriels du secteur aux plans maghrébin et méditerranéen. Considéré comme un « mastodonte » de l’industrie papetière algérienne, le groupe Tonic, composé de 11 sociétés à responsabilité limitée, s’est retrouvé après quelques années d’activité englué dans des problèmes de surendettement et d’incapacité de remboursement. Les Italiens, en tant que fournisseurs des équipements de production, souhaitent y mettre un pied. « Tonic emballage est sous séquestre administratif. Cette entreprise a réalisé un investissement important à partir des équipements de production de marque italienne. C’est sur recommandation de l’association qui a fourni ces équipements que nous avons décidé de voir cet opérateur afin d’établir un état des lieux », ajoutera-t-il, en estimant que les Italiens accordent un intérêt particulier au transfert des technologies.
Partie prenante du projet Paper Med, Habib Yousfi, président de la Confédération générale des entreprises algériennes (CGEA), a estimé que les hommes d’affaires italiens ont l’intention d’investir en Algérie dans un secteur « longtemps délaissé ». Toutefois, il infirmera l’idée selon laquelle la visite du site du groupe Tonic a pour vocation de prospecter des possibilités « d’acheter » le groupe. Il s’agit plutôt, selon lui, de répondre aux besoins locaux en matière de transfert du savoir-faire et de la technologie, et ce, dans le cadre d’un partenariat « gagnant-gagnant ». Depuis la chute de Tonic Emballage, un géant aux pieds d’argile, les appétits se sont aiguisés. En 2008, la presse a cité le groupe Cevital et le fonds d’investissement américain Carlyle, comme d’éventuels acheteurs. Rien n’a filtré depuis. Quelque temps après, Ahmed Ouyahia et Karim Djoudi, respectivement, Premier ministre et ministre des Finances, ont évoqué clairement la volonté des pouvoirs publics de secourir ledit groupe. Dernier en date, le Forum des chefs d’entreprise de Réda Hamiani a exprimé dans une lettre adressée à Ahmed Ouyahia, fin avril 2009, sa vive inquiétude concernant la situation de pourrissement dans laquelle se trouve le groupe en question. La solution proposée par le FCE consiste à « sauvegarder l’important outil de production Tonic Emballage à travers un partenariat avec d’autres investisseurs privés algériens à construire sur la base de l’élargissement de l’actionnariat du groupe Tonic, la fusion de toutes les sociétés qui le constituent et la création d’une société par actions unique, qui reprendra et poursuivra les activités du groupe ».
Pour rappel, les besoins du marché algérien en papier et carton s’élevaient à 500 000 t en 2006, satisfaits à raison de 55% par l’importation, selon les statistiques officielles. Les exportations italiennes en papier à destination de l’Algérie représentent un montant de plus de 30 millions d’euros en 2008, d’après les explications de M. Porsia. Pour les besoins de son industrie papetière, l’Algérie a également importé d’Italie des équipements destinés à la production papetière d’une valeur de 923 millions d’euros en 2008 contre 587 millions d’euros en 2007, soit une augmentation de 55%.
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6th July 2010 00:24 #32
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Salim Rabia :
Mardi 6 Juillet 2010 -- Personne ne semble s'intéresser sous le ciel de la République algérienne de l'avenir du paquebot Tonic Emballage dont le naufrage, long et lent, fait penser à la liquidation en pure perte du groupe Khalifa. Ni reprise par les privés algériens, ni nationalisation, l'outil de production périclite en silence. « Il vaut mieux aller voir la Badr (Banque algérienne du développement rural) qui n'a pas l'air de s'inquiéter de n'avoir plus aucune nouvelle du paquebot Tonic Emballage où elle a mis beaucoup d'argent». C'est la réponse, lasse et encore un peu étonnée, d'un patron algérien à une question sur l'apparemment renoncement du FCE (Forum des chefs d'entreprises) à peser en faveur d'une sauvegarde du complexe Tonic Emballage. Le fait que la Badr - qui a engagé en faisant le grand écart en matière de règles prudentielles, 65 milliards de dinars de crédit dans le projet – ne semble pas s'inquiéter du sort du complexe de Bou Ismaïl paraît déroutant. De fait, les dernières nouvelles du grand paquebot industriel en naufrage remontent à la fin décembre 2009 où le tribunal de Blida a confirmé une décision du tribunal de commerce datée du mois de juin 2009 sur la mise en faillite de dix des onze sociétés qui forment le groupe Tonic Emballage. Les avocats du groupe ont bien annoncé un pourvoi en cassation mais le jugement était exécutoire. Les options étaient soit une reprise par l'Etat, par la Banque (la Badr) en tant que principal créancier ou une cession à un privé… A condition de pouvoir les reprendre et les assainir… Des onze entités du groupe, sur le navire amiral, la société Elite Impression était considérée comme rentable et n'a pas fait l'objet d'une décision de mise en faillite. Mais aucun signe n'est venu depuis qu'une quelconque action est menée quelque part sous le ciel de l'Algérie pour éviter que le groupe Tonic Emballage ne connaisse le sort du groupe Khalifa.
La proposition du FCE
Début janvier 2010, une visite d'opérateurs italiens et français sur le site de l'entreprise à Bou Ismaïl, a donné lieu à des spéculations sur une reprise qui sont vite retombées. Il ne s'agit que d'une vague visite organisée dans le cadre d'un programme «Paper Med» destiné à encourager du transfert du savoir-faire et de la technologie. Depuis les nouvelles du complexe ne relèvent que du passé où de la pure rumeur. En avril 2009, le FCE a adressé une lettre à Ahmed Ouyahia pour mettre en garde contre «l'enlisement» du groupe Tonic Emballage qui «renvoie un message plutôt négatif en direction des investisseurs qui prennent des risques pour investir dans un contexte que tout le monde sait difficile». Le FCE a suggéré une sauvegarde de «l'important outil de production Tonic Emballage, à travers un partenariat avec d'autres investisseurs privés algériens, à construire sur la base de l'élargissement de l'actionnariat du groupe Tonic, la fusion de toutes les sociétés qui le constituent et la création d'une société par actions unique, qui reprendra et poursuivra les activités du groupe». Belle idée qui ne semble pas avoir obtenu les faveurs du gouvernement en raison du volume de la dette du groupe qui atteindrait la bagatelle faramineuse de 87 milliards DA !
Une «nationalisation» qui ne vient pas
Trop élevé pour les privés algériens, selon le gouvernement algérien. Un mois avant la proposition du FCE, Ahmed Ouyahia, en campagne pour la réélection d'Abdelaziz Bouteflika, a promis au cours d'un meeting à Bou Ismaïl aux travailleurs du complexe industriel de Tonic Emballage : «Cette usine de papier ne s'arrêtera jamais. L'Etat a perdu 70 milliards de dinars dans cet investissement et nous attendons le verdict de la justice.». L'option d'une reprise par le privé algérien étant exclue, celle d'un investissement étranger rendue improbable par les nouvelles conditions édictées par la LFC 2009, il ne restait que cette bonne vieille nationalisation… Dans les faits, en tant que principal créancier, la Banque publique Badr, «hérite» de fait du complexe Tonic Emballage a en effet contracté le plus gros crédit accordé à une PME dans l'histoire du pays, plus de 80 milliards de dinars (1,1 milliard de dollars) dont 65 milliards engagés par la seule Badr Bank. Le projet était grandiose : une filière intégrée de production de papier, de dérivés, de papier tissu et d'emballage de synthèse. Deux plates-formes industrielles ont été construites et équipées, la seconde sur 25 hectares inaugurée en pleine crise de la dette en 2007. Problème, Tonic Emballage n'arrive pas à respecter le calendrier des remboursements. Depuis les promesses de campagne d'Ouyahia on a évoqué une nationalisation des actifs et leur affectation au groupe public GIPEC (Groupe Industriel du Papier et de la Cellulose). Le problème est que Gipec n'est pas au mieux de sa forme et l'idée est restée à l'état de rumeur.
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31st October 2010 18:16 #33
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Dimanche 31 Octobre 2010 -- Le gouvernement entend mettre Tonic Emballage sous la coupe du Fonds national de l’investissement (FNI), mis sur pied l’année dernière afin de gérer le financement de certains projets d’investissements publics relevant du secteur productif et accompagner notamment «la détermination des pouvoirs publics à restructurer le secteur économique». Selon certaines indiscrétions proches du FNI, la procédure est enclenchée pour que Tonic Emballage puisse sortir de l’ornière dans laquelle l’entreprise s’était embourbée des années durant. Il semblerait que le gouvernement ne veuille pas faire de remue-ménage. Une réflexion a été engagée «en catimini» sur l’avenir de Tonic Emballage, un investissement de plusieurs milliards de dollars dont l’avenir a été sérieusement lézardé par un scandale dans lequel étaient impliqués des responsables du groupe ainsi que des banquiers de la Banque de l’agriculture et du développement rural (BADR). Si la question du déclin de l’industrie algérienne se pose avec acuité pour l’équipe Ouyahia – 18,5% est la part de l’industrie dans le PIB en 2003 contre 5,3% en 2010 – l’avenir de Tonic Emballage était suspendu depuis plusieurs années à une option susceptible d’épargner à ce complexe d’autres crises qui lui seront éventuellement fatales. «Trois options étaient à l’étude au gouvernement : le rachat du complexe par des opérateurs privés algériens, libérer l’entreprise au profit d’un investisseur étranger, ou bien la nationaliser, mais en accordant la gestion des actifs et du patrimoine à une entité, autre que la BADR», dira notre source. Le choix a été arrêté sur la troisième option. Et c’est le FNI qui devrait racheter, voire gérer les actifs de Tonic Emballage, d’après les mêmes sources. Ce n’est pas la première entreprise publique à être mise sous l’autorité du Fonds national de l’investissement, lequel dispose d’un capital de 150 milliards de dinars appelé à être alimenté par d’autres ressources à l’avenir. L’autre entreprise publique devenue propriété du FNI est le groupe Cosider, qui a vu récemment le changement de son actionnariat au profit de cette structure. Pour le cas de Cosider, c’est la Banque extérieure d’Algérie qui a transformé les créances et les dettes de l’entreprise en prise de participations dans son capital social. Le gouvernement semble ainsi vouloir réussir la même opération avec Tonic Emballage, dont la BADR est le créancier principal. L’objectif premier étant de «restructurer le groupe et permettre de faire tourner à nouveau les machines grâce à un investissement public», dira notre source. Car il semblerait que la BADR, qui a déjà injecté dans le groupe Tonic environ 65 milliards de dinars (près d’un milliard de dollars) sous forme de prêts bancaires, n’est plus en mesure de financer le «redémarrage» de son activité.
Éviter un remake à la Khalifa Bank
L’option de choisir le FNI permettrait d’éviter un remake d’une situation «à la Khalifa Bank» en autorisant la BADR à s’emparer de l’actionnariat de Tonic Emballage et créer une filiale ayant un statut d’ EPE. Il est vrai que l’article 104 de la loi de finances complémentaire 2009 est venu lever l’interdiction faite aux banques d’entrer dans le capital des entreprises dans lesquelles elles détiennent des participations, mais les banques ne sont autorisées à les financer désormais qu’à la limite de 25%. Le sauvetage, par l’Etat, du fameux complexe Tonic Emballage ne peut être que salutaire. L’entreprise a connu une situation désastreuse ces dernières années sous l’autorité du liquidateur désigné pour administrer le groupe. Son chiffre d’affaires a connu une chute vertigineuse, passant de 12 milliards de dinars en 2004 à 2 milliards de dinars fin 2008. S’il est vrai que le FNI est appelé à racheter et gérer les créances de Tonic Emballage, estimées à plus de 80 milliards de dinars, la procédure risque d’être lourde. Faut-il appliquer d’abord la faillite prononcée le 22 décembre 2009 pour dix filiales sur les onze composant le groupe Tonic Emballage ? L’Etat s’est montré jusqu’ici réticent sur l’application de la faillite. Environ 820 entreprises publiques en état de faillite sont depuis plusieurs mois suspendues à la décision de l’Etat de mettre en marche la procédure de faillite. Pour Tonic Emballage, le rachat de ses actifs par le FNI pourrait constituer un nouveau départ. Celle-ci nécessite un véritable plan d’investissement pour faire tourner à nouveau ses machines. Une décision qui n’est ni du ressort de l’administrateur judiciaire, encore moins de la BADR qui subissait péniblement la lourdeur des créances.
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3rd November 2010 01:35 #34
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Mercredi 3 Novembre 2010 -- La société de papeterie et d’emballage, Tonic Emballage, fait l’objet d’une enquête approfondie menée par une structure sécuritaire qui risque de révéler plusieurs anomalies liées à la gestion et au fonctionnement de l’entreprise depuis son lancement. Selon une source proche de l’entreprise, «cette enquête qui se poursuit devrait rendre ses conclusions dans les prochains jours». Selon notre source, «l’on s’attend à un véritable scandale financier, avec une dilapidation de biens et d’équipements se chiffrant à des milliards de dinars». L’on peut comprendre à travers les propos de notre interlocuteur que «certains éléments de cette enquête révèleraient que la société Tonic, par sa mauvaise gestion notamment industrielle, enregistrerait environ 900 milliards de centimes de pertes», et ce en plus «de pertes et de la dilapidation quotidienne de tonnes de papiers produits, ainsi que de l’existence d’équipements ne fonctionnant pas et qui engendreraient des pertes économiques pour le pays». Dans ses conclusions, dont «certains éléments auraient été déjà remis au procureur territorialement compétent, l’enquête révèlerait, en partie, certaines anomalies liées à la gestion du séquestre judicaire», mais néanmoins sans grande importance par rapport à la mauvaise gestion des premiers responsables de l’entreprise. Globalement, la situation dans laquelle se trouve actuellement l’entreprise sur le plan social interpelle les pouvoirs publics quant à redynamiser l’activité. Il est à souligner que plus de 3 000 travailleurs vivent de cette société et qu’actuellement, seuls quelques postes d’emploi sont en service, alors que la majeure partie de l’entreprise est paralysée. Cette enquête approfondie devrait permettre de conforter les pouvoirs publics quant à la reprise de toutes les actions de la société Tonic. À ce propos, et selon l’enquête, «la BADR aurait contribué à hauteur de 60 % dans le montage de cette entreprise». Faut-il rappeler qu’au regard d’une gestion douteuse et suite à la plainte de la BADR en 2005, le doyen des juges d’instruction près le tribunal de Sidi M’hamed de la cour d’Alger avait interdit l’accès aux unités de Tonic aux 13 dirigeants et associés de l’entreprise. Une décision qui avait donné lieu à la prise en charge de la gestion des dépenses et recettes de l’entreprise par un administrateur judiciaire dûment désigné. Pour rappel, tout a commencé avec la plainte déposée par la BADR en 2005 contre le principal associé, Abdelghani Djerrar, pour avoir bénéficié d’importants crédits sans garantie de remboursement. Des fonds qui auraient servi à l’acquisition d’assiettes de terrain pour les usines et d’équipements de production, ainsi que pour la construction des usines, mais aussi pour l’achat d’au moins 64 biens personnels, dont 56 ont été saisis par la BADR et 9 hypothéqués en sa faveur, ainsi que d’autres biens à usage d’habitation personnelle et de véhicules de haut de gamme pour les associés.







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