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  1. #8
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    Opération-pilote de production de pommes de terre à partir de semences canadiennes :

    Mardi 31 juillet 2007 -- La semence de pomme de terre importée du Canada, appelée Cheftain, a donné des résultats plus que satisfaisants au niveau des exploitations de l’est du pays choisies par la Chambre nationale de l’agriculture (CNA) pour mener l’opération pilote.

    Cette variété de semence s’adapte non seulement aux différents sols, mais elle a donné des rendements de l’ordre de 350 à 400 quintaux à l’hectare, avons-nous constaté avant-hier lors de la visite sur le terrain organisé par la CNA.

    L’importation pilote, confiée à une coopérative agricole, a permis en outre de ramener le prix de la semence à 60 DA le kg contre 150 pour d’autres importateurs. Le même procédé a d’autre part fait baisser le kg de pomme de terre de transformation de 80, voire 100 DA, à seulement 50 DA.

    La première opération pilote de production de pomme de terre de transformation, à partir de semence canadienne, qui a eu lieu dans différents sites de multiplication, a donné des résultats conformes aux normes internationales annoncés par le fournisseur canadien.

    Les producteurs multiplicateurs de l’Est que nous avons rencontrés fondent de grands espoirs sur cette variété, surtout que celle-ci est commercialisée à des prix largement à leur portée. Selon les estimations de l’établissement Laouar, producteur multiplicateur, la pomme de terre de transformation obtenue sera cédée aux agriculteurs à environ 50 DA le kilogramme.

    Pour le président de la chambre d’agriculture de Biskra et responsable d’une coopérative polyvalente, présent lors de notre visite, les agriculteurs pourront revenir à la production de pomme de terre avec des prix raisonnables. Hier, dans la commune de Teleghma, dans la wilaya de Mila, la délégation de responsables du secteur de l’agriculture, conduite par M. Ould Hocine, président de la Chambre nationale de l’agriculture, a pu constater de visu les résultats obtenus par la semence canadienne importée par la Coopérative agricole polyvalente de Biskra (CAPB) dirigée par M. Guemari.

    Ils sont 5 agriculteurs multiplicateurs à avoir tenté l’expérience en semant près de 400 quintaux sur une superficie de 14 hectares. Les résultats démontrent qu’une moyenne de 350 quintaux est obtenue à l’hectare, soit une production globale de 4 900 quintaux pour 14 hectares semés.

    La quantité de pomme de terre de transformation obtenue peut donner, sur la même superficie, une récolte de 68 900 quintaux de pomme de terre de consommation. Selon les explications des techniciens agricoles, la moyenne de production, pour les deux étapes, reste toujours la même.

    Selon le responsable des établissements Laouar, cette variété, qui n’est pas connue dans notre pays et qui vient d’être introduite pour la première fois, a prouvé sa capacité de résistance à notre climat. Grâce à ces premiers résultats, les établissements Laouar, spécialisés dans la multiplication, comptent élargir la superficie de production avec ce genre de semence.

    La délégation s’est également rendue à la ferme Benghi à Aïn M’lila où 16 hectares ont été semés avec 400 quintaux. Les mêmes résultats ont été obtenus dans cette région qui demeure une pépinière de multiplication des semences. Au niveau de la région de Lehouajbet, dans la wilaya de Tébessa, 420 quintaux ont été semés ayan donné des résultats variant entre 350 et plus de 400 quintaux à l’hectare.

    Au total, 2 400 tonnes de semences canadiennes ont été utilisées dans 16 wilayas du pays, y compris à l’Ouest, notamment à Tlemcen. Pour M. Guemari, c’est une totale réussite, puisque cette variété est déjà saine et n’a pas été touchée par la maladie du mildiou.

    Reste maintenant à espérer que la chaîne de production, du moins une partie, adopte rapidement la nouvelle variété et contribue à faire baisser le prix de la pomme de terre à un niveau qui gardera l’attractivité de sa culture sans pour autant pénaliser le consommateur.


  2. #9
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    Mercredi 1er août 2007 -- En présence de plusieurs responsables de secteur dont la DSA, la DCP, la Chambre d’agriculture et des représentants des services de sécurité, le wali de Aïn Defla a procédé, hier matin, au siège de la wilaya, à l’installation d’une commission spéciale chargée du suivi et du contrôle du circuit de la commercialisation de la pomme de terre, a indiqué une source proche de la wilaya. Les membres de cette commission seront chargés de l’application des dispositions émanant de la tutelle dans le but de réguler le marché de ce produit dont le prix a atteint 60 DA à Aïn Defla, berceau de la pomme de terre. Ainsi, a ajouté la même source, des contrôles seront opérés, notamment au niveau des chambres froides, pour faire barrage au stockage de ce produit et tenter de déjouer les comportements des spéculateurs à l’origine du dérèglement du marché depuis plusieurs mois.


  3. #10
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    Dimanche 5 août 2007 -- La crise que vit actuellement le marché de la pomme de terre ne s’explique pas seulement par le fait de l’apparition du mildiou qui dévaste les récoltes depuis le mois d’avril dernier, mais aussi à cause de la qualité de certains fongicides importés utilisés notamment pour les besoins de cette campagne antimildiou.

    Destinés, en effet, à détruire ce champignon, ces produits n’ayant pas la teneur en oxychlorure de cuivre homologuée, sont, de l’avis de Boukerroucha Boualem, PDG de l’entreprise publique Alphyt (l’Algérienne des phytosanitaires), « les premiers responsables de cette catastrophe ». Selon M. Boukerroucha, « ces fongicides importés par des distributeurs véreux n’ont aucun effet sur la prévention. Compte tenu du prix du cuivre (7900 dollars la tonne), aucun fongicide efficace avec des teneurs homologuées ne peut être vendu sur le marché aux prix actuels sauf si les pourcentages en cuivre dans le fongicide sont divisés par deux ou trois, et le résultat est alors connu ».

    Dans la gamme des produits phytosanitaires à usage agricole, Alphyt produit plusieurs fongicides comme le Sofral, le Toutia, l’Oxycure 50% et le Maxitam, mais ces derniers sont vraisemblablement « boudés » puisque les pouvoirs publics ont plutôt recours aux fongicides importés et utilisés actuellement dans la lutte contre le mildiou. D’après les affirmations du PDG d’Alphyt, personne n’a pris contact avec son entreprise. « C’est nous-mêmes qui avons pris l’initiative d’envoyer une équipe de spécialistes qui a rencontré le président de la Chambre agricole de la wilaya de Aïn Defla. »

    Même scénario concernant la lutte contre la leishmaniose, affection parasitaire en pleine recrudescence dans notre pays depuis ces toutes dernières années. A ce titre, l’on apprendra du PDG de l’entreprise Alphyt que « les autorités concernées préfèrent s’approvisionner auprès de distributeurs et importateurs sans procéder à un contrôle quelconque, alors qu’aucun produit proposé sur la marché national ne peut égaler la Deltamitrine WP 2,5, mise sur la marché par Alphyt en septembre 2006 qui possède une matière active de 99,2%, exempte d’impuretés ».

    A ce titre, M. Boukerroucha envisage de saisir les responsables du secteur de la santé afin d’attirer justement leur attention à ce sujet. Notre interlocuteur nous a, à ce propos, affirmé que des impuretés telles que le toluène, suspecté par certains scientifiques d’être une substance cancérigène, le benzène et le formaldéhyde sont présents dans les produits importés actuellement et destinés à la lutte antivectorielle, notamment la leishmaniose.

    La problématique des « poisons nécessaires »

    Qualifié de substance « dangereuse », le toluène n’est pas utilisé, selon M. Boukerroucha, dans les produits fabriqués par son entreprise et sa présence plausible, selon lui, dans les matières premières, est décelée et réglementée systématiquement par une analyse de spectrométrie de masse. Et en dépit de la présence de ces impuretés, les pouvoirs publics recourent aux produits importés qui peuvent s’avérer dangereux pour la santé publique, ignorant complètement ceux fabriqués en Algérie. Outre cela, le PDG de l’entreprise Alphyt tire également la sonnette d’alarme au sujet de ce qu’il qualifie de « poisons nécessaires » que sont les pesticides.

    L’on apprendra, à cet effet, que « les résidus des pesticides dans les produits alimentaires constituent un problème, car par suite de l’application de méthodes modernes, ils sont présents par quantités infimes dans presque toutes les cultures ». En sus de cela, le phénomène de la résistance de l’insecte aggrave encore plus celui des résidus, car les premiers stades de la résistance, nous confie-t-il, peuvent être surmontés par l’emploi d’une dose accrue de pesticides.

    Partant, une surutilisation de produits chimiques toxiques à l’échelle nationale risque de polluer les sols, les nappes d’eau et menacer également la santé de la population. Selon M. Boukerroucha, la teneur de la matière active toxique est très faible dans les pesticides produits par Alphyt (allant jusqu’à 0,008% pour les raticides) qui représentent donc moins de danger pour la santé publique et l’environnement.

    Cela dit, ces produits doivent nécessairement être utilisés de manière adéquate, pour l’agriculture, avec précaution et en faisant attention aux surdosages. Le PDG d’Alphyt préconise également, toujours dans le cadre de l’utilisation sécuritaire de ces produits toxiques, notamment lors des opérations de démoustication en milieu urbain, de prendre un minimum de précautions (application nocturne, absence de vent et température inférieure à 25 degrés). Des précautions souvent non prises en considération par les responsables concernés, encore moins par les manipulateurs. Que de fois nos cités ont été « démoustiquées » à coups de fumigations... diurnes et avec un mercure affichant les 35°C, voire 40°C !

    Eu égard à cette anarchie prévalant à tous les niveaux, notre interlocuteur estime qu’il est urgent d’introduire au plus haut niveau de la décision une réflexion autour d’un plan national de contrôle des produits phytosanitaires, d’autant qu’il n’existe pas, à ses dires, de laboratoire phytosanitaire en Algérie. A ce titre, il s’agit selon lui, de renforcer les contrôles de l’importation, de la commercialisation et de l’utilisation des produits phytosanitaires et d’introduire une réglementation concernant les teneurs minimales de la concentration des pesticides dans le lait, l’eau potable et dans certains aliments de base comme la pomme de terre.


  4. #11
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    Lundi 6 août 2007 -- Une rencontre entre les professionnels de la pomme de terre est prévue, aujourd’hui, à l’hôtel Sheraton. Organisée par une société mostaganémoise importatrice de semence, cette manifestation importante au cours de laquelle le problème de ce tubercule, dont l’envolée des prix préoccupe l’ensemble de la population, sera débattu, permettra sans doute de lever les équivoques et de sortir avec des recommandations utiles.

    Le regroupement concerne autant la CAGEX (caisse de garantie des exportations hors hydrocarbures) que les intervenants que sont les producteurs ou les multiplicateurs (80). Toutes les zones agronomiques du pays, dont Mascara, Aïn Defla et Mostaganem, seront représentées, en plus d’un professionnel breton (France), l’un des plus importants fournisseurs qui, en sa qualité de producteur et non de négociant, garantit la traçabilité des produits. Habituellement organisée fin juillet- début août, cette rencontre permet également l’établissement d’un bilan de la saison.


  5. #12
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    Mardi 6 août 2007 -- La direction du Commerce et des Prix (DCP) de la wilaya de Mascara vient de procéder à l’ouverture d’une enquête sur les causes qui font flamber les prix de la pomme de terre, a-t-on appris de source de cette direction.

    Le prix de la pomme de terre qui demeure depuis plus de 5 mois très onéreux pour les consommateurs, du fait qu’ils soit fixé entre 60 et 70 DA le kilogramme, a fait bouger les services de la DCP de la wilaya. Ces derniers œuvrent à chercher sur le terrain les causes qui empêchent la baisse des prix de la pomme de terre sur le marché. Selon notre source, des dizaines de chambres froides ainsi que des magasins de stockage à travers les différentes localités de la wilaya ont reçu des visites inopinées par les services concernés de la DCP. « Des quantités de pomme de terre ont été retrouvées stockées par les négociants », nous dira notre source. Pour celle-ci, une baisse du prix de la pomme de terre n’est pas prévisible : « il ne reste qu’une trentaine de jours du mois sacré de Ramadhan, le moment où tous les commerçants, qu’ils soient grossistes ou détaillants, profitent ».

    Notons que la pomme de terre importée n’est pas encore arrivée dans les différents marchés de la wilaya. « Une autre cause qui empêche toute baisse du prix de la reine des tables algériennes. » Le service de contrôle de la qualité et de la répression de la fraude a procédé, durant le mois de juillet dernier, à quelque 966 interventions et a relevé 84 infractions permettant l’élaboration de 68 procès verbaux (PV) ainsi que le prélèvement de 19 échantillons aux fins des analyses physicochimiques et microbiologiques, la fermeture administrative de 9 locaux commerciaux pour défaut de registre de commerce et activités commerciales non conformes à la réglementation en vigueur et le retrait du marché d’importantes quantités de produits alimentaires. Le service des pratiques commerciales a procédé, quand à lui, à 513 interventions parmi lesquelles 81 infractions ont été enregistrées, permettant l’élaboration de 81 PV contre les contrevenants et la fermeture administrative de 21 locaux commerciaux pour défaut de registre de commerce. 90 autres PV ont été également élaborés pour des poursuites judiciaires contre d’autres contrevenants. Un chiffre d’affaires dissimulé de plus de 22 millions de dinars a été découvert au cours de ces interventions, a-t-on appris de la DCP.


  6. #13
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    Mercredi 8 Août 2007 -- Quels que soient les arguments développés par les uns et les autres pour rejeter la responsabilité quant au niveau atteint par les prix de ce tubercule, cet échange d’amabilités entre les deux ministères démontre, on ne peut mieux, la situation d’expectative dans laquelle se trouve le gouvernement face à ce problème.

    Alors que le ministère de l’Agriculture et du développement rural tient une réunion de réflexion pour analyser les causes de la crise qui secoue la filière de la pomme de terre, celui du Commerce promet d’intensifier les contrôles sur le terrain afin de débusquer les spéculateurs. La polémique entre les deux départements ministériels sur le sujet de la flambée du prix de la pomme de terre n’est pas près de s’estomper, même si les responsables de ces deux institutions tentent, ces dernières semaines, de calmer le jeu en optant pour un discours plus réaliste, et ce, dans le but de désamorcer la crise qui ne fait que perdurer. Mais, il faut le dire, quels que soient les arguments développés par les uns et les autres pour rejeter la responsabilité quant au niveau atteint par les prix de ce tubercule, cet échange d’amabilités entre les deux ministères démontre, on ne peut mieux, la situation d’expectative dans laquelle se trouve le gouvernement face à ce problème.

    L’Agriculture et le Commerce se rejettent la balle

    D’un côté, le département de Saïd Barkat qui pointe un doigt accusateur vers les spéculateurs et autres propriétaires des chambres froides, et qui avance donc le problème de la spéculation comme étant à l’origine de la crise et, de l’autre, le département de Hachemi Djaâboub qui martèle que cette hausse des prix incombe avant tout à l’insuffisance de la production. Et dans cette guerre des arguments, le débat n’avance pas et les solutions à appliquer à la crise ne sont même pas à l’ordre du jour. Pendant ce temps, le citoyen n’a d’autre choix que de revoir à la baisse son niveau de consommation de ce tubercule, ou bien se rabattre sur d’autres légumes, mais qui s’avèrent tous aussi chers.

    Les spécialistes et acteurs de la filière s’accordent à dire que les prix de la pomme de terre ne connaîtront pas de baisse avant la prochaine récolte prévue en novembre. Si aucune solution d’urgence n’est apportée au problème, le citoyen continuera à payer au prix fort ce produit de très large consommation durant les trois mois à venir. Dans ce contexte, le ministre a estimé que la solution résidait dans l'importation de pas moins de 400 000 tonnes de ce produit afin d'inonder le marché et d’assurer un approvisionnement régulier pour les trois prochains mois. Mais, par quel artifice les pouvoirs publics vont-ils importer cette quantité de pomme de terre, puisque le marché est ouvert et l’État n’y joue que le rôle de contrôleur et de régulateur ?

    Importer 400 000 tonnes afin d’assurer un approvisionnement régulier

    Dans la situation actuelle, l’État ne dispose pas d’un organisme ou d’un office du type ex-OFLA, ayant les prérogatives d’intervenir en temps voulu pour influer sur le marché. C’est aux opérateurs du secteur qu’incombe, donc, la responsabilité d’importer les quantités requises. Pour le moment, les chiffres officiels parlent d’un arrivage de 25 000 tonnes au niveau des différents ports du pays. Ce qui, au demeurant, est très loin du volume d’importation envisagé. Qui arrivera, en effet, à convaincre ces opérateurs d’investir ce créneau dans un contexte d’instabilité comme celui que connaît la filière de la pomme de terre ? Et, ensuite, qui ne dit pas que le produit importé n’ira pas encore une fois directement dans les chambres froides pour alimenter la spéculation ?

    Le ministre du Commerce s’est contenté tout récemment d’annoncer que son département présentera incessamment devant le Conseil du gouvernement une communication sur les moyens de prise en charge de ce problème. Pour sa part, le département de l’agriculture finit par admettre qu’au-delà du phénomène spéculatif, il existe un vrai problème dans la production. Il était donc temps que l’on passe à l’action pour remédier à la situation au lieu de verser dans la polémique. Mais, qu’est-ce qui a fait que la filière de la pomme de terre, qui a connu il y a trois ans un développement incroyable, au point où des quantités ont été exportées grâce à une surabondance du produit, sans parler des prix devenus accessibles pour les petites bourses, se retrouve aujourd’hui au bas de l’échelle ?

    L’Algérie a réalisé en 2005 un excédent de production de 500 000 tonnes

    Elles sont apparemment très loin aujourd’hui les paroles du ministre de l’Agriculture Saïd Barkat qui se vantait de la présence d’un excédent de production de pomme de terre de quelque 500 000 tonnes, lors de la campagne de récolte. En effet, la production de pomme de terre a presque doublé en l’espace de cinq ans, passant de 12 760 000 tonnes en 2000 à 21 765 000 tonnes en 2005. Cependant, l’euphorie ne dura que l’espace d’une saison agricole. Drôle de situation ; après avoir enregistré un surplus de production de 500 000 tonnes, l’Algérie est contrainte d’importer 400 000 tonnes pour faire face à la crise. Logique et prévisible retour de manivelle, les agriculteurs, échaudés par l’effondrement du prix de ce produit provoqué par une offre immense, fuient, l’année suivante, la filière pour se consacrer à d’autres cultures plus rentables. Ce facteur conjugué au problème d’approvisionnement en semences sur les marchés internationaux a largement contribué à la diminution des superficies ensemencées.

    De 50 000 hectares en moyenne, la surface plantée est passée, cette année, à seulement 35 000 ha. Le déficit est donc évalué à environ 15 000 ha. L’arrivée tardive de l’été et les pluies enregistrées aux mois de mai et juin ont, elles aussi, contribué à l’amplification de la crise puisqu’elles ont induit au taux d’humidité inhabituel qui a provoqué l’apparition du mildiou, la maladie qui est venue à bout de près d’un tiers des superficies travaillées. Tout cela démontre au moins une chose : la filière fonctionne dans une anarchie quasi totale et devient incontrôlable. Le gouvernement ne maîtrise pas encore les mécanismes de la production, ni ceux de la régulation du marché de la pomme de terre afin d’assurer une certaine stabilité dans son fonctionnement. Une telle situation arrange, bien évidemment, les nombreux spéculateurs qui font aujourd’hui la pluie et le beau temps dans ce domaine et bien d’autres.

    L’État a financé la construction de 1 million de m3 de froid

    Le plus grave encore, c’est le fait que ces mêmes spéculateurs ont bénéficié à un moment ou à un autre de l’argent de l’État pour s’adonner aujourd’hui à des agissements qui nuisent à la population. Le Plan national de développement agricole et rural (PNDAR) a permis, en effet, la réalisation de l’équivalent de 1 million de m3 en infrastructures de froid à même de stocker jusqu’à 350 000 tonnes de pomme de terre. Ces infrastructures financées en grande partie par les pouvoirs publics sont maintenant utilisées comme une arme pour engranger les milliards et attenter même à l’équilibre de la société. Le gouvernement est donc appelé à intervenir pour mettre fin à ce jeu spéculatif, quitte à recourir à la force publique, car il y va de l’intérêt du citoyen. Sur un autre plan, des efforts doivent être fournis pour stabiliser, une bonne fois pour toutes, la filière de la pomme de terre en mettant en place une organisation de la profession pour permettre une meilleure lisibilité dans le marché.

  7. #14
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