Samedi 19 mai 2007 -- Les difficultés d’accès aux crédits bancaires sont depuis longtemps citées par les opérateurs économiques nationaux comme l’une des contraintes majeures à l’investissement. Une évidence qui vient d’être illustrée par les chiffres de la Société financière internationale (SFI), filiale de la Banque mondiale, qui a réalisé au cours de l’été 2006 une enquête auprès de 500 micro et petites entreprises (MPE) représentatives du tissu algérien d’entreprises et reparties dans les régions d’Alger, Tizi Ouzou, Béjaïa et Oran.
Il ressort de cette enquête que plus de 80 % des MPE considèrent qu’il est difficile, voire impossible, d’obtenir un prêt bancaire. 30 % d’entre elles imputent cela au fait qu’elles ne sont pas en mesure de satisfaire les demandes de garantie des banques, et 27 % l’expliquent par des procédures et des contraintes administratives contraignantes.
En raison de ces obstacles, 30 % des MPE avouent ne pas avoir demandé de crédits bancaires. Sur les 70 % qui restent, 30 % disent qu’elles n’ont jamais fait de demande de financement parce qu’elles n’en éprouvent pas le besoin. Quant aux 40 % qui ont effectué des démarches en vue d’obtenir un financement bancaire, l’enquête de la Banque mondiale démontre que seule la moitié l’ont obtenu, ce qui représente à peine 100 MPE sur 500.
Le montant moyen des prêts accordés par les institutions bancaires est de 4 millions de dinars, précise la SFI. Par ailleurs, l’enquête fait ressortir que 50 % des MPE interrogées ont obtenu des prêts de sources informelles, à travers la famille ou des amis.
Des crédits qui ont l’avantage d’être sans intérêt mais qui ont le désavantage d’être des montants assez faibles puisqu’ils ne dépassent pas dans la majorité des cas 500 000 dinars. Ils sont par ailleurs généralement remboursés sur environ 6 mois.
En dépit des différentes contraintes, les responsables des MPE restent tout de même optimistes pour l’avenir puisque les trois quarts d’entre eux ont déclaré être intéressés par un accès accru aux financements, ce qui représente un potentiel de demandes important si l’on considère qu’il y a environ 342 000 MPE officiellement enregistrées en Algérie.
En se référant aux résultats de cette étude publiée dans le dernier numéro de la publication de la Banque mondiale, Nawafid, M. Gregory Rung, spécialiste du secteur financier à la SFI, a porté un regard très critique sur le secteur bancaire algérien, jugeant que «l’offre de financement est insuffisante», même si les MPE algériennes bénéficient d’un accès, «relativement bon aux services bancaires de base puisque plus des deux tiers ont un compte courant et un chéquier», fait-il remarquer.
Toutefois, «l’essentiel des crédits octroyés par les banques se concentre sur les grandes entreprises et l’achat de voitures par les particuliers». Pour le représentant de la Banque mondiale, «même si plusieurs programmes publics (ANSEJ, ANGEM et CNAC) ciblent les jeunes et la création d’entreprises et bien qu’il y ait quelques associations de micro-finance, cela ne suffit pas à satisfaire la demande, tant du point de vue quantitatif que qualitatif».
Selon lui, il existe une opportunité pour les banques algériennes de fournir des services financiers aux MPE et de faire comme d’autres pays émergents où des banques se sont engagées dans cette voie, mais «à condition d’utiliser les bonnes méthodologies, pour développer une activité profitable en même temps qu’utile pour l’économie locale».
M. Rung estime, par ailleurs, qu’il existe également une opportunité de développer des institutions de micro-finance qui s’adresseraient aux plus petits entrepreneurs, comme cela peut être le cas dans de nombreux pays. En tout état de cause, l’accès des entrepreneurs aux services financiers est «une problématique fondamentale» à laquelle il importe de trouver des solutions rapides pour développer le tissu des petites et moyennes entreprises en Algérie, estime-t-on à la BM.
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19th May 2007 11:34 #1
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L’offre de financement reste insuffisante en Algérie, selon la Banque mondiale :







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