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  1. #1
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    Des lobbies proaméricains et profrançais bloquent l'investissement en Algérie


    Mardi 22 mai 2007 -- Ce chiffre livré hier par le consultant Malek Sarraï, à l’occasion d’une conférence débat sur le thème de l’investissement, explique l’abstention lors des récentes élections législatives, a-t-il indiqué, lors de cette rencontre organisée par le quotidien El Moudjahid.

    Cette situation est, notamment, due au fait que «des agréments pour des projets d’investissements sont délivrés aux jeunes par l’ANDI, l’ANSEJ ou la CNAC sans que ces organismes sachent le devenir de ces autorisations», a expliqué le conférencier.

    Selon cet expert, les entraves qui bloquent l’investissement en Algérie vont bien au-delà des problèmes classiques qui sont déjà connus et exposés à chaque débat sur l’investissement, comme la bureaucratie, la corruption, le foncier ou encore l’accès au financement bancaire.

    M. Serraï est allé jusqu’à parler de véritables «lobbys proaméricain et profrançais» qui bloquent les projets d’investissements en Algérie. Il a cité, dans ce cadre, le cas d’un investisseur arabe qui a présenté un dossier d’investissement au niveau de l’administration concernée en Algérie, à savoir l’ANDI, avant d’être contacté, à sa grande surprise, par des intermédiaires en France qui ont eu accès à son dossier et tenté de le convaincre d’investir son argent ailleurs, par exemple en France.

    Des affirmations qui sont venues balayer d’un revers de main l’état des lieux flamboyant dressé par le directeur général de l’ANDI et qui a tenté, chiffres à l’appui, de démontrer que le climat de l’investissement en Algérie s’est nettement amélioré à la faveur d’un nouveau code de l’investissement.

    Ainsi, selon lui, à la fin de l’année dernière, 7 500 projets d’investissements étaient en cours de réalisation, représentant un montant de 132 milliards de dinars et générant 213 000 emplois. M. Baghdadli a aussi soutenu qu’en 2006, les investissements déclarés au niveau de l’ANDI étaient de 6 975 projets, d’un montant de 708 milliards de dinars et devant générer 124 000 emplois.

    Ce responsable a toutefois éludé la question de savoir quel est le taux des projets qui sont véritablement concrétisés et combien d’entre eux ne voient jamais le jour. Pour l’année 2007, le représentant de l’agence s’est montré très optimiste, en affirmant que 16 grands projets ont été identifiés, représentant des intentions d’investissement de l’ordre de 12 milliards de dollars dans les secteurs de l’immobilier, du tourisme, du dessalement et de la pétrochimie notamment.

    Toutefois, ces chiffres ne reflètent en rien la réalité vécue par les investisseurs nationaux sur le terrain, a rétorqué le président de la CIPA (Confédération des industriels et des producteurs algériens), M. M’henni, qui a crié haut et fort que «les entreprises algériennes sont en train de mourir», appelant à l’intervention du président de la République, auprès duquel il a sollicité une audience.

    Le chef de cette organisation patronale a soutenu qu’entre le programme du président de la République et son exécution, il n’y pas de «relais» et c’est ce qui porte préjudice aux entreprises et à l’investissement. Encore une fois, ce sont les banques publiques qui ont été accusées de tous les maux, principalement en raison de leurs règles prudentielles qui freinent l’accès aux crédits d’investissement.

    Cependant, certains participants ont affirmé que les banques algériennes qui existent sur la place sont exclusivement commerciales et n’ont pas vocation à financer des investissements. C’est notamment le cas du président du Forum des chefs d’entreprise, M. Réda Hamiani, qui a appelé à la mise en place d’une banque spécialisée pour le financement des PME et des micro-entreprises, comme cela se fait ailleurs dans le monde.

    Certes, l’environnement des investissements s’est relativement amélioré en Algérie, mais de l’avis de tous, beaucoup reste encore à faire et les dispositifs d’aide mis en place dans ce domaine sont indéniablement à parfaire. Une réflexion a déjà été engagée puisque le DG de l’ANDI a parlé d’une cartographie de toutes les procédures d’investissement qui sera réalisée d’ici le troisième trimestre 2007 en coopération avec la SFI.

    Cette cartographie devrait aboutir, a-t-il dit, à la mise en place d’un énième dispositif de facilitation de l’investissement. Car s’il existe 320 000 PME en Algérie, on estime qu’au vu du potentiel de l’économie algérienne, il devrait y avoir au moins 800 000 à 1 million de PME actuellement.


  2. #2
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    L’expert économique et président du bureau algérien des consultations internationales, Malek Serrai, a accusé des lobbies dans les arcanes du pouvoir et de l’administration de détourner des projets proposés à l’Algérie par des investisseurs arabes, vers d’autres pays, assurant par ailleurs que 560 000 dossiers sont toujours bloqués dans les banques, malgré l’obtention de tous les agréments.

    Selon M. Serraï, un opérateur du Golf a présenté à l’Algérie un dossier d’investissement avant d’être surpris, à l’hôtel, par un appel téléphonique de Paris, afin qu’il transfère cet investissement vers la France, au lieu de le réaliser en Algérie.

    Lors de la conférence qu’il a organisée le quotidien El Moudjahid hier sur l’investissement national, Serraï a accusé des lobbies français et américains à l’intérieur de l’administration chargée de l’investissement, d’être derrière ces opérations qui visent à ébranler l’économie et freiner l’investissement en Algérie.

    De son côte, M. Bensassi, président du conseil consultatif des petites et moyennes entreprises, a considéré que le problème de l’investissement en Algérie est le refus du changement par certains acteurs économiques, notamment les banques qui refusent d’octroyer des crédits.

    Cependant, M. Abdelmadjid Baghdadli, directeur général de l’agence nationale de la promotion de l’investissement, a tenté de défendre ce qu’a entrepris le gouvernement afin d’augmenter la valeur des investissements, et il est prévu de lancer 16 grands projets en 2007 qui sont en cours d’études, avec une valeur de 12 milliards de dollars.


  3. #3
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    Il existe des lobbies qui bloquent ou détournent des projets d’investissement étranger. C’est le consultant international Serai qui l’a révélé hier. «Certaines personnes arrivent à détourner des dossiers d’investisseurs potentiels pour en faire profiter la France ou d’autres pays». L’homme affirme détenir des preuves sur ces pratiques courantes au niveau des banques algériennes:

    Mardi 22 mai 2007 -- Ce n’est pas l’unique grief que Seraï retient contre les banques. Ces dernières croulent sous les demandes des jeunes promoteurs, demandent trop de garanties et n’apprécient pas bien le risque. Conséquence directe de cette situation, pas moins de 560 000 dossiers agréés par l’Andi, l’Ansej ou la Cnac sont en attente de financement. Un constat que partage le président du Forum des chefs d’entreprises (FCE) qui a préconisé la création d’une banque devant s’occuper uniquement des jeunes promoteurs afin que les autres puissent se consacrer aux grands investisseurs. Un échange d’idées qui a eu lieu à l’occasion d’un débat sur l’investissement en Algérie au Forum d’El Moudjahid et qui a réuni plusieurs spécialistes.

    Ils ont une fois de plus dressé un bilan des plus mitigés. C’est notamment le cas du représentant de la Cipa, venu lancer un véritable SOS en direction des pouvoirs publics M. Zaïm Bensaci, le président du Conseil national consultatif pour la promotion de la petite et moyenne entreprise, pour qui l’investissement est otage des résistances au changement. «Je suis assez tenté de dire que la résistance au changement est l'un des facteurs essentiels qui explique, à mon avis, le faible taux d’investissement dans notre pays. Ces résistances au changement montrent finalement que les pratiques «anti-économiques» reflètent surtout l’état des mentalités du citoyen de base et des conditions morales, matérielles, psychologiques et institutionnelles dans lesquelles se développe l’investissement, d’une manière générale». Pour lui, les contraintes sont clairement identifiées. «Il y a manque de lisibilité de la politique nationale d’investissement, faiblesse des performances du système financier, retard en matière d’infrastructures, lenteurs des procédures ainsi qu’une profusion et un enchevêtrement des textes».

    Le seul discours plutôt positif a été développé par M. Beghdadi, directeur de l’Andi qui a tenu à rappeler que l’investissement était «une bataille de tous les jours». A coup de chiffres, il dira que 85% de la valeur ajoutée est aujourd’hui, l’œuvre du secteur privé, mais que les exportations hors hydrocarbures restaient toujours dérisoires. Elles ne dépassent pas en effet les 2% et la majorité des produits concernés sont des dérivés des hydrocarbures. Pour prouver que l’investissement n’est pas à son plus bas niveau, il dira qu’en 2006, les guichets uniques de l’Andi ont reçu la visite de 48 000 personnes pour une valeur de 10 milliards de dollars. Pour l’année en cours, 16 grands projets sont en négociation. Des promoteurs comptent investir 12 milliards de dollars dans de grands projets.


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