Samedi 26 mai 2007 -- La situation macroéconomique dans les pays du Maghreb est «satisfaisante», les perspectives à court terme y sont «favorables» et les conditions financières sont désormais réunies pour booster la croissance, l’investissement et l’emploi.

Toutefois, les efforts individuels de développement dans cette région resteront vains sans une véritable intégration économique. C’est du moins ce qu’a laissé entendre le Fond monétaire international (FMI) qui vient de présenter à Tunis son rapport sur les perspectives économiques dans la région Afrique du Nord-Moyen-Orient-Asie centrale pour 2007.

Un document dans lequel l’institution financière a distribué quelques bons points aux trois pays du Maghreb que sont l’Algérie, la Tunisie et le Maroc, tout en relevant quelques points négatifs. Le plus important d’entre eux étant celui relatif à l’intégration régionale.

Le directeur adjoint du département Moyen-Orient et Asie centrale au FMI, M. Amor Tahari, a ainsi affirmé que l’intégration de l’économie maghrébine n’est plus un choix mais une nécessité, en particulier à l’heure de la mondialisation et des groupements régionaux.

Bien que souhaitée par les trois pays qui reconnaissent les avantages à en tirer, l’intégration économique n’a jamais semblé pouvoir se concrétiser réellement en raison des clivages politiques qui freinent les velléités économiques exprimées par le monde des entreprises.

Pour le FMI, «tous les pays de la région tireraient profit de la poursuite du développement des institutions financières, de l’approfondissement des marchés et d’une intégration plus poussée avec les pays voisins. La nécessité d’utiliser efficacement les importantes ressources d’épargne de la région donne à cette question une importance particulière».

Le fonds a donc réitéré son soutien à cette intégration, notamment en participant à l’organisation de trois colloques à Alger, à Rabat et à Tunis sur les investissements dans l’espace maghrébin. Le rapport du FMI, présenté pour la première fois dans un pays maghrébin, a porté sur 30 pays dont 14 exportateurs de pétrole comme l’Algérie, 6 considérés comme émergents, dont le Maroc et la Tunisie, et 10 autres classés parmi les pays à faible revenu.

Le FMI s’est déclaré satisfait de la tendance des pays pétroliers et émergents à réduire leur endettement public. Les premiers, en utilisant les excédents générés par les recettes pétrolières, comme l’Algérie, et les seconds en affectant une partie des recettes des privatisations au paiement de leurs dettes, comme la Tunisie et le Maroc.

S’agissant plus particulièrement de l’Algérie et des pays pétroliers, le FMI estime que les recettes pétrolières baisseront en 2007 par rapport à leurs niveaux records, mais seront suffisamment élevées pour financer les plans d’investissement.

Il relève par ailleurs que les excédents diminueront en grande partie à cause de l’accroissement des importations et que l’épargne résultant des recettes pétrolières augmentera, tandis que l’excédent des comptes courants progressera plus vite que les réserves officielles.

Evaluant la situation économique dans l’ensemble de la région concernée par le rapport, le FMI note une croissance soutenue (6 %) supérieure à la croissance mondiale (4,5 %). Pour le Maghreb, en revanche, cette croissance a été moins élevée, depuis 2004, avec une moyenne de 5 %, ce qui a fait dire à M. Amor Tahari que «la région peut mieux faire».

Le FMI a également constaté une augmentation rapide et continue des réserves de change au Maghreb, une amélioration des soldes budgétaires, une baisse du ratio de la dette et un fléchissement de la croissance du crédit au secteur privé.

En dépit des éléments de satisfaction, le FMI a fait un certain nombre de recommandations plaidant en faveur de la poursuite des efforts pour le maintien de la stabilité macroéconomique et financière à travers une croissance durable et une maîtrise de l’inflation notamment.

Il prône également la mise en œuvre des réformes structurelles et institutionnelles, la création d’emplois, l’amélioration de la productivité et la compétitivité et le développement des marchés financiers.