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  1. #22
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    Mardi 8 Avril 2008 -- Sans surprise, l’Algérie a répondu négativement à la dernière demande marocaine concernant la réouverture des frontières terrestres entre les deux pays. «La réouverture des frontières est envisageable dans le cadre des évolutions qui sont souhaitées par les deux parties et qui, le moment venu, révéleront que telle ou telle difficulté a pu être dépassée qui nous mette dans une meilleure position d'ouverture en général et d'ouverture des frontières en particulier », a déclaré le ministre des Affaires étrangères Mourad Medelci, dans une déclaration à la radio Chaîne III. Comprendre : l’Algérie refuse de rouvrir ses frontières avec le Maroc.

    C’est la première fois depuis la diffusion, jeudi 21 mars, d’un communiqué du ministère marocain des Affaires étrangères appelant l'Algérie à rouvrir sa frontière terrestre avec le royaume et à une normalisation des relations entre les deux pays, qu’un officiel algérien réagit à cette demande. Jusque là, l’Algérie s’est contentée de répondre à la demande marocaine via des déclarations de responsables politiques ou de députés de l’APN.

    La frontière terrestre entre les deux pays a été fermée en 1994, à l’initiative de l'Algérie pour répondre à la décision marocaine d'instaurer les visas pour les ressortissants algériens souhaitant se rendre au Maroc, à la suite d’un attentat terroriste contre un hôtel de la ville de Marrakech. Les Marocains avaient, à cette époque, accusé les services secrets algériens d’avoir commandité l’attentat. Depuis, les relations entre les deux pays traversent une période de froid. En dépit des tentatives de médiations menées régulièrement par des puissances occidentales, la normalisation semble difficile.

  2. #23
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    Ali Idir :


    Mardi 8 Avril 2008 -- C’est officiel depuis aujourd’hui : l'Algérie refuse d'ouvrir ses frontières terrestres avec le Maroc. Rabat en a fait la demande il y a quelques jours et Alger a dit non. En dépit des tensions politiques entre les deux pays, le Maroc insiste sur l'ouverture des frontières terrestres avec son grand voisin de l'ouest.

    La raison est d'ordre économique. En fait, le Maroc veut profiter de la manne pétrolière algérienne et de l'explosion de la facture d'importation de son voisin. L'ouverture des frontières terrestres ouvrirait en effet les portes du lucratif marché algérien aux produits du Royaume. Le Maroc peut exporter jusqu'à 2.5 milliards de dollars vers l'Algérie, selon des estimations officielles obtenues par toutsurlalgerie.com auprès de sources proches du gouvernement algérien.

    En échange, l'Algérie n'a que ses hydrocarbures pour équilibrer sa balance commerciale avec le Maroc. Toutefois, la Sonatrach n'a pas réellement besoin du marché marocain pour vendre le pétrole et le gaz à cause de la forte demande européenne et mondiale sur ces matières premières stratégiques. En dehors de l'extraction des hydrocarbures, l'économie nationale ne produit pas suffisamment et exporte très peu. Du coup, le gouvernement craint une déferlante des produits marocains sur son marché et l'exportation illégale vers ce pays de produits alimentaires et parapétroliers subventionnés grâce à la manne pétrolière.

    Pourtant, les patrons algériens sont favorables à une réouverture des frontières avec le voisin marocain. «Les autorités ne veulent pas entendre du marché maghrébin. Tous les responsables disent que l'Algérie n'est pas suffisamment préparée pour la création d'un marché maghrébin commun », confie le président d'une importante organisation patronale nationale.

    Pour montrer leur bonne volonté de nouer des relations bénéfiques pour tous les pays, les patrons maghrébins ont créé récemment l'Union maghrébine des employeurs. Une organisation patronale qui devrait réguler les flux commerciaux entre les pays du Maghreb. « Nous avons donné des assurances au gouvernement sur la capacité des patrons algériens à relever le défi de l'exportation des produits hors hydrocarbures et à faire jeu égal avec nos voisins marocains et tunisiens », ajoute le même patron. Mais le gouvernement semble peu convaincu.

    Sans chercher à s'immiscer dans les affaires politiques, les patrons algériens soutiennent la réouverture des frontières terrestres avec le Maroc et la création d'un marché maghrébin commun pour contrecarrer l'influence de l'Union européenne dans la région. L'ouverture des frontières terrestres entre le Maroc et l'Algérie (fermées depuis 1994) devraient se traduire par 2% de croissance supplémentaire pour les économies de la région.

  3. #24
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    Mercredi 9 Avril 2008 -- Emboîtant le pas au ministre d’État et ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Noureddine Yazid Zerhouni, le chef de la diplomatie algérienne, a indiqué hier que la réouverture de la frontière terrestre entre l’Algérie et le Maroc est loin de constituer une priorité dans les relations entre les deux pays. Rabat, qui refusait de considérer le niet du ministre algérien de l’Intérieur à sa demande de réouverture des frontières comme une réponse officielle, a eu donc droit hier à une réponse quasi similaire de la part du ministre des Affaires étrangères.

    Intervenant sur les ondes de la radio Chaîne III dans le cadre de l’émission “L’invité de la rédaction”, Mourad Medelci a réitéré la position ferme d’Alger à ce sujet. En effet, le chef de la diplomatie algérienne a affirmé que la question de “la réouverture de la frontière n’était pas envisagée dans l’immédiat”. Le ministre n’a cependant pas exclu cette possibilité à moyen terme si, bien sûr, une avancée est constatée dans le traitement des dossiers pendants entre les deux pays. Il a expliqué que l’Algérie tient à traiter cette question dans un cadre global et non comme un point isolé.

    C’est pratiquement ce qu’avait déclaré, le 22 mars dernier, le ministre d’État et ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales. “Il ne s’agit pas de construire un Maghreb où les uns gagnent et les autres perdent. Le Maghreb ne se limite pas seulement au Maroc et à l’Algérie. Il faut que tous les peuples qui se trouvent dans cet ensemble trouvent leur place”, avait notamment affirmé Noureddine Yazid Zerhouni, suite à l’appel lancé quelques jours auparavant par le gouvernement marocain pour la réouverture des frontières entre les deux pays. Il avait surtout mis l’accent sur le fait que “le problème de la circulation des biens et des personnes aux frontières ne peut être dissocié d’une approche globale de ce que nous voulons faire de notre Maghreb”.

    Cette sortie médiatique a été mal appréciée du côté marocain, où le cabinet d’Abbas El-Fassi n’avait pas tardé à renouveler son appel après une communication sur le sujet en conseil de gouvernement de son ministre des Affaires étrangères, Taïeb Fassi Fihri. Le chef de la diplomatie marocaine n’avait pas considéré les déclarations de Zerhouni comme “une réponse officielle” des autorités algériennes, la mettant sur le compte de “commentaires” de ministres algériens. Reste à savoir maintenant si cette réponse, qui émane du ministre algérien des Affaires étrangères, satisfera le Maroc.

  4. #25
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    April 9, 2008 -- Algeria's Foreign Minister Mourad Medelci told Algerian Radio's Channel III on Tuesday (April 8th) that reopening the Algerian-Moroccan border is not a priority in the two country's bilateral relations and it "is not forseen", Algerian and Moroccan press reported. Interior Minister Noureddine Yazid Zerhouni made a similar statement in March after Rabat called for the border to be reopened. Medelci said Algeria would like to address this issue in a comprehensive framework rather than as an isolated event.

    The border was closed in 1994 after Rabat accused Algerian security forces of involvement in a Marrakesh shooting and imposed visa requirements on Algerian nationals. Algiers has said before that the border will remain closed until the two countries agree upon a "package of deals", including a solution to the Western Sahara conflict.

  5. #26
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    Mohammad El-Ashab:


    April 11, 2008 -- Discussing the issue of reopening the borders with Morocco is not on the Algerian government's agenda, as stated by Algeria's Foreign Minister Mourad Medelci, linking the agenda to present circumstances. Those who live near the border area, and the rest of the Algerian and the Moroccan people, should probably prepare themselves for yet another phase of imposed rupture, as long as the two governments are unable to even institute normalized relations that would allow free movement across the border.

    This is Algeria's frank response to a previous statement by the Moroccan Foreign Ministry, calling for a return to normalizing relations and reopening the border. In essence, it means that there is no time now to discuss this issue. But since when does time press against the desires of the people? Even if we admit that there are deep-seated, core issues of dispute, is it the role of governments to submit to such a reality? Should they not work to overcome it, especially when it is an exception within the system of normalized relations between states?

    Time is time. If it does not work for the best, things will only worsen as disputes keep piling up. Ever since there have been relations between Algeria and Morocco, these relations have been stalling at a short distance from a détente, and in a deep abyss of disputes and crises. To the extent that an entire generation has failed to form constructive ideas over what agreement between the neighboring countries could achieve, whether on the bilateral level by moving towards economic complementarity and political coordination, or in the vast space of the hindered Arab Maghreb Union, or vis-à-vis the European Neighborhood Policy, not to mention the commitments to support joint Arab action.

    On the contrary, caution, mistrust and the ongoing political, economic and cultural rupture is shaping the vision of new generations in both countries. This may have a negative impact on the principles of solidarity and shared ties. However, a faint light has appeared at the end of the tunnel, as efforts to hold a conference of Maghrebine political parties have been initiated, coinciding with the 50th anniversary of the Tangiers Conference in April 1958. At the time, Morocco's Independence Party, Algeria's National Liberation Front and Tunisia's Destour Party were paving the way for the Maghrebine construction, which has proved unlucky at every stage.

    The Tangiers Conference reflected the highest degree of solidarity, agreement and coordination between the various Maghrebine liberation movements in confronting French Colonialism. It represents a forgotten page from a book whose reading has been subjected to multiple interpretations, on multiple bases and for multiple goals. Far from simply commemorating such an occasion, the conference, if it were to take place as a means to make the decision-makers feel the weight of the massive responsibility they bear towards ensuring the future of new generations, it may achieve a major goal: to steer the people of the Maghreb away from governmental disputes. No matter how divergent their stands are on any issue, this does not justify reinforcing rupture among the peoples themselves.

    Relations between Morocco and Algeria have never known the kinds of clashes and rancor that relations between Germany and France, for instance, have endured. Nevertheless, the two European countries have managed within a short span of time to unite their wills in a common effort to bring the European project into existence. It began with the shared importation of coal and steel, taking shape in a trend that soon attracted other European countries, becoming the European Economic Community, and ultimately unifying to produce the European Union. The European Union, which by expanding has become a leading political and economic force. Have relations between France and Germany ever reached the point of sealing the border?!

    What is certain is that the concept of borders is no longer suitable according to the modern view of international relations, which transcends geographical boundaries to reach the interaction of ideas, economy and invention, to benefit from the technological revolution produced by the revolution of ideas and creativity. How can these same borders become obstacles to the movement of persons and goods?

    The influence of disputes between Algeria and Morocco has affected many issues. Diverging stands on the issue of the Western Sahara, the complications of rebuilding trust, and the insistence on keeping the Arab Maghreb Union suspended between life and death, are not the least of those. If the political will is present, then there is no reason why an honest dialogue about these issues cannot be initiated. And if it is out of the question to tackle some or all of these issues for political considerations, then at least the demands of the people must be answered, and its pulse, whose echo rivals that of its disappointment, must be heard. At least the new generations must be given the hope of some day reviving the commitments of the Tangiers Conference, made over forty years ago.

  6. #27
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    Mohammad El-Ashab:


    April 19, 2008 -- As if they have grown comfortable with conscience-clearing dialogue via the media, Algeria and Morocco insist on exchanging statements of intentions. Although the ambassadors of both countries in Rabat and Algiers are conducting their diplomatic duties, more statements were issued this week that agree on the difficulties that prevent reopening the closed borders between the two countries to an extent leading to the belief that dialogue is impossible today or in the foreseeable future.

    The issue is no longer about the expected and possible outcomes of a dialogue held at senior official levels between the two neighboring countries. Rather, it questions the principle of dialogue in itself. Such attitudes cannot contribute to resolving issues because dialogue by definition is intended to bring opponents and even enemies together. Moreover, whatever the causes and mechanisms of dialogue may be, this does not eliminate the possibility of agreement over a few or most of pending issues.

    However, for dialogue to become a problem in its own right, this would only widen the gap between the two neighbors, leading to negative complications on a number of levels, the least of which is the collapse of all hopes to establish a Maghreb Union that is both effective and influential in its regional environment. After all, those who cannot hold bilateral talks are unlikely to hold talks on a wider basis. Given that the Maghreb Union in its current version has exhausted its potentials and lacks the capacity to survive and grow, the least that can be done is to develop it and modernize its procedures, charter, and approaches.

    The lack of dialogue between Algeria and Morocco will leave negative implications that extend to other parties, especially with respect to the demands of partnership with the European Union, the challenges of the Union for the Mediterranean project, the future of the Mediterranean 5+5 system, cooperation with NATO, the focus on the war on terror, confronting illegal immigration, and the potentials of development. All these are issues that are exposed to the nature of Algerian-Moroccan relations, not to mention the significant psychological and political barriers that already exist on the bilateral level.

    While both Algerians and Moroccans equally acknowledge that closing their borders has nothing to with the developments in the Sahara conflict, the big challenge lies in returning their relationship to its pre-summer 1994 status. Back then, the two countries had different and overlapping approaches, ranging between the possibility of allowing their bilateral détente to extend to the efforts to resolve the Sahara issue, and the possibility of turning it into a positive element in supporting UN efforts. IN all cases, that détente proved to have a positive impact and nothing prevents agreement over any possible approaches to help achieve progress toward reconciliation.

    The Algerians blame their neighbors for acting unilaterally. They have cancelled the visa system without prior agreement, proposed the autonomy plan without discussing it with the Algerians, and released statements of intentions after that. On the other hand, the Moroccans blame their eastern neighbor for failing to appreciate the meaning of canceling the visa system a decade after closing the borders. They also blame Algeria for refusing to receive a Moroccan delegation that was sent to explain the content of the autonomy plan. The exchange of blame, however, remains surmountable if the channels of communication stay open, and it is acceptable to put all this behind since both sides are betting on building the future, especially that neither Algeria can step forward in this direction without Morocco, nor can the latter cross to the future without reconciling with Algeria.

    [These issues could] have still been overcome had the channels of dialogue been open, and it would have been alright to put all this behind since the wager is concerned with building the future. Indeed, neither Algeria can advance one step in that direction without Morocco, nor can Morocco provide the crossing points of the future without an agreement with Algeria.

    Any win-lose evaluations of the step of reopening the borders are meaningless if they fail to take into consideration the positive impact of interaction resulting from the movement of individuals and goods away from the mindset of maintaining borders that isolate nations. Such political bets rooted in the mentality of long-gone Cold War will not help lead to an honorable settlement of the Sahara cause if no investment is made in areas that create stability, development and neighborly partnership.

    All these are facts well-known to all. There are those who prefer the continuity of differences to achieve short-term objectives; others are making investments to keep the raging fire in the region to secure a comfortable seat among spectators. Hopefully, the notion that dialogue between the two countries is nonexistent will be replaced by the understanding that dialogue is needed today rather than tomorrow. The rest, on the other hand, is nothing but details.

  7. #28
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    Mardi 22 Avril 2008 -- La perspective de l’ouverture de la frontière terrestre entre l’Algérie et le Maroc continue d’alimenter et de produire, de part et d’autre, des polémiques et des questionnements chez les dirigeants politiques des deux pays. Aux appels directs et incessants des responsables marocains de lever cet obstacle majeur, Alger répond que le problème ne se situe pas seulement au niveau de la simple réouverture des frontières, mais il s’agit d’une question qui mérite vraiment un tour d’horizon à la faveur des dernières évolutions survenues dans la région, plus particulièrement au Sahel où le terrorisme international tente de s’implanter avec tout son lot de «désagréments sécuritaires».

    En outre, la dernière déclaration du porte-parole du FLN, Saïd Bouhadja, vient de surprendre plus d’un observateur en affirmant, à un journal arabophone, que son parti «est favorable à la réouverture de la frontière terrestre entre l’Algérie et le Maroc». Il a, bien entendu, tenté de défendre le point de vue de son parti en expliquant qu’en tant que parti politique, «nous souhaitons la réouverture des frontières car il ne devrait pas y avoir de frontières entres les Etats maghrébins et nous aspirons à l’union des peuples maghrébins».

    Selon ce responsable, «il revient aux dirigeants des pays maghrébins d’œuvrer en faveur du règlement des questions en suspens en vue de répondre aux aspirations des partis maghrébins pour la concrétisation du Maghreb, dont l’édification est basée sur l’union des peuples». Il a également annoncé que le FLN a reçu une invitation de la part du parti l’Istiqlal pour participer à une conférence et qu’il y sera représenté par une délégation de haut rang. «Cette rencontre qui regroupera des partis maghrébins sera une occasion pour la réactivation du projet du Maghreb», a-t-il ajouté, précisant que ces «formations politiques ont toujours été animées de l’esprit de l’Union du Maghreb».

    Si la fermeture de la frontière terrestre entre l’Algérie et le Maroc a été décidée par Alger, celle-ci est toutefois venue en réponse à l’instauration d’une façon unilatérale de la part du Maroc d’un visa d’entrée aux Algériens. L’escalade a pris de l’ampleur quand le gouvernement marocain a accusé des Algériens de se livrer à des actes de violences sur son territoire lors de l’assassinat de deux touristes espagnols dans le casse d’un hôtel à Marakech. Le Maroc a aussitôt fait porter toute la responsabilité à l’Algérie et annoncé l’obligation immédiate de visa pour les Algériens.

    Alger a répondu, dans un premier temps, par la réciprocité. Mais, très vite, les choses se sont aggravées compte tenu de l’attitude des autorités marocaines. L’ambassade d’Algérie à Rabat a signalé les cas de dizaines d’Algériens mis à la porte des hôtels et priés de regagner immédiatement leur pays, tandis que des centaines d’autres affirmaient avoir été brutalisés par les policiers. Une centaines de ressortissants algériens qui devaient regagner la France en transitant par le Maroc et l’Espagne étaient également bloqués à la frontière du Maroc.

    A Alger, le chargé d’affaires de l’ambassade du Maroc a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères qui lui a fait part «des préoccupations de l’Etat algérien à l’égard des agissements des agents de l’ordre marocains vis-à-vis des citoyens Algériens résidents au Maroc». Depuis, les Marocains ont révisé leur position en supprimant définitivement le visa d’entrée, espérant par là que les Algériens fassent preuve de réalisme en pratiquant le principe de la réciprocité.

    Des dizaines de milliers d’Algériens se rendaient annuellement au Maroc pour des séjours touristiques, depuis 1988, date de la réouverture de la frontière algéro-marocaine, après une dizaine d’années de fermeture en raison de la tension provoquée dans les relations entre Alger et Rabat par le conflit du Sahara occidental. Depuis quelques années, le régime alaouite exerce une pression terrible afin d’amener Alger à rouvrir sa frontière terrestre.

    «La vraie raison est purement mercantile»

    Depuis quand les Marocains ont-ils commencé à lorgner Alger ? Depuis quand ces voisins de l’Ouest se font-ils de plus en plus insistants pour l’ouverture de la frontière terrestre ? S’interroge une de nos source qui ajoute que «la vraie raison de cette sollicitation est purement mercantile» parce que, depuis 1994, ce pays n’a jamais cherché à normaliser ses relations avec l’Algérie ou, du moins, à atténuer ses critiques acerbes émises à longueur d’années par les médias de Sa Majesté. En réalité, les Marocains ont commencé à «manifester leur intérêt» pour l’Algérie depuis peu : c’est-à-dire depuis que le prix du baril du pétrole a commencé à grimper au début des années 2000, a tenu à ajouter notre source.

    En effet, et avec le prix du baril qui a connu plusieurs hausses successives, l’Algérie a réussi à engranger des recettes supplémentaires qui font aujourd’hui saliver les hommes d’affaires marocains et les politiques de ce pays. Cette énorme manne financière (plus de 150 milliards de dollars) ne laisse pas «indifférents» les Marocains qui veulent partager eux aussi ce gâteau. En espérant une réponse positive du côté algérien, les Marocains sont sûrs aujourd’hui de pouvoir «capter» les millions d’Algériens qui partent chaque année passer leurs vacances en Tunisie. Tout a été fait du côté marocain, en effet, pour accueillir ces milliers de touristes algériens et rien n’a été laissé au hasard, selon un observateur qui ajoute que le Maroc est prêt à déployer le tapis rouge pour le touriste algérien. De grandes infrastructures touristiques ont été même construites en bordure de la frontière terrestre.

    C’est dire que cet intérêt soudain pour la réouverture des frontières n’obéit pas uniquement à ce sacro-saint principe de stabilité et d’unité du Maghreb, comme tentent de le faire croire les officiels marocains. Le Maroc continue de croire pourtant à une possible réouverture des frontières. En réponse au non ferme et précis du ministre de l’Intérieur, Yazid Zerhouni, le ministre marocain, Fassi Fihri, a affirmé que le royaume «attend qu’Alger fasse preuve de bonne foi et de volonté politique». Il a rappelé que le Maroc avait déjà pris des initiatives similaires dans ce sens, citant notamment la décision du Maroc d’annuler le visa d’entrée pour les Algériens. Le ministre a exprimé son «regret» que l’Algérie campe toujours sur ses positions et «refuse de s’engager» dans un dialogue direct et franc pour la normalisation des relations bilatérales, la construction du Maghreb et le règlement de la question du Sahara occidental.

    Il a ajouté que l’Algérie «n’a pas répondu aux nombreux appels» du Maroc dans ce sens, sans toutefois fournir de justification pour cette position. A l’inverse, Yazid Zerhouni avait rappelé aux dirigeants de ce pays que le problème de la circulation (des biens et des personnes) aux frontières (entre l’Algérie et le Maroc) «ne peut être dissocié d’une approche globale de ce que nous voulons faire de notre Maghreb». Si le Maroc y voit dans cette fermeture de la frontière «un fait singulier et exceptionnel dans le monde», il refuse catégoriquement de présenter ses excuses officielles, partant du principe que la décision prise en 1994 par Driss Basri, décédé il y a un an, était une «erreur stratégique».

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