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  1. #78
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    Mercredi 5 Mars 2008 -- L'entrée de la cimenterie de Zahana, dans la wilaya de Mascara, a été bloquée, hier, par un groupe de jeunes âgés entre 25 et 35 ans. Derrière cette énergique protesta qui a débuté tôt la matinée, la revendication de ces jeunes d'être intégrés au sein de l'unité qui vient de sceller depuis janvier 2008 un partenariat avec des Egyptiens qui ont pris une participation dans le capital de la société. Le directeur de la cimenterie nouvellement installé, un Egyptien répondant au nom de Amr Housny, a pris langue avec les contestataires.

    Les manifestants, qui n'ont pas été convaincus, sont restés sur les lieux, à l'entrée de l'usine, pour faire aboutir leur message, déclarant que le dernier recrutement opéré au sein de l'usine est entaché d'»irrégularités». Alertés, les services de la gendarmerie se sont rendus sur les lieux pour tenter de calmer les manifestants. De son côté, l'inspecteur de travail a été dépêché sur le site pour écouter les doléances des manifestants. Par ailleurs, une enquête administrative a été décidée pour vérifier le bien-fondé des accusations des protestataires sur «les irrégularités» dans le récent recrutement. Aux alentours de 14h30, le calme est revenu et les manifestants se sont dispersés.

  2. #79
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    Jeudi 6 Mars 2008 -- À peine un mois que Buzzi-Unicem, l’un des leaders mondiaux en matière de production de ciment, est en charge de la gestion de la cimenterie de Hadjar-Essoud, dans la wilaya de Skikda, que des enquêteurs ont été dépêchés, il y a deux jours déjà, au service commercial. D’ailleurs, de l’avis de beaucoup de cadres de l’entreprise, la spéculation du produit en question se faisait au grand jour, au vu et au su de tout le monde, par les clients de la cimenterie eux-mêmes et aux portes de la société.

  3. #80
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    Samedi 8 mars 2008 -- La montée vertigineuse des prix des matériaux de construction fait craindre le pire aux entrepreneurs et promoteurs immobiliers. Le rond à béton des 8 mm a franchi la barre des 10.000 DA le quintal plutôt que prévu, ce qui a chamboulé tous les calculs dans le secteur du bâtiment. Cette hausse en flèche de l'acier, des agrégats, du bois et du cuivre, couronnée par la rareté du ciment, risque d'entraver sérieusement tous les programmes de logements qui sont actuellement en chantier. Les bénéficiaires de ces logements ne sont pas à l'abri de cette crise qui frappe le secteur, le parc immobilier va connaître, prédisent déjà les promoteurs immobiliers, une révision vers la hausse du prix de l'unité.

    Les promoteurs mettent en garde contre cette nouvelle donne sur le marché de l'immobilier et appellent les pouvoirs publics à prendre des mesures pour maintenir l'équilibre et éviter à certaines entreprises de mettre la clé sous le paillasson et aussi respecter leurs engagements vis-à-vis des acquéreurs qui avaient déposé leurs demandes de logements sur la base d'un prix plafonné ne dépassant pas les 250 millions de centimes. «Nous allons droit vers une situation de blocage», ont affirmé certains entrepreneurs rencontrés, jeudi, à la journée d'information sur la mise à niveau des entreprises, organisée par l'Union générale des entrepreneurs algériens (UGEA) à l'hôtel «Royal».

    Cette crise, les professionnels l'incombe à la flambée des prix des matériaux de construction sur le marché international. «Le prix du bois a augmenté de 60% pour le rouge et 40% pour le blanc. Le ciment est vendu sur le marché parallèle à 470 DA le sac de 50 kg alors qu'à l'usine, il est fixé entre 280 et 315 DA le sac. Le sable est à 800 DA le m3, enregistrant une augmentation de 40% . Le prix du gravier est passé de 7.000 à 8.000 DA la tonne. Quant au prix du cuivre, il reste instable atteignant les 1.500 DA la barre de 6m», a expliqué le président de l'union, section d'Oran.

    Actuellement, les quotas de ciment livrés par les usines à chaque entrepreneur, restent insuffisants, estiment les professionnels pour répondre à leur besoins. Entre le marché international et la réalité du terrain, l'équation est difficile à résoudre pour les promoteurs immobiliers. L'acquéreur, quant à lui, risque de devenir le dindon de la farce de cette crise qui n'est qu'à son début, expliquent les professionnels puisque «on s'attend à une autre flambée des prix dans les prochains jours», a souligné un promoteur immobilier.

    Pour revenir à la journée d'information sur la mise à niveau des entreprises, les entrepreneurs ont, certes, exprimé la nécessité d'adhérer au programme mis en place par l'Agence nationale de développement des PME (ANDPME) pour lequel un fonds national de 1 milliard de dinars est dégagé chaque année, mais se sont interrogés sur les raisons et les avantages à tirer d'une telle opération. Le souci majeur pour la corporation demeure les banques et les entraves bureaucratiques en plus du problème de la certification qui se pose avec acuité. «Est-ce que la mise à niveau va nous faciliter le travail et nous résoudre tous ces problèmes?», s'interrogent les entrepreneurs.

    Ces derniers ont voulu plus de clarification sur cette opération et notamment le travail des experts pour l'établissement d'un diagnostic. Le représentant de l'ANDPME ainsi que le directeur de la PME d'Oran et le responsable de la cellule de transfert et de pérennisation des PME ont tenu à rassurer l'assistance que «l'expert n'est pas un enquêteur qui va demander des comptes sur la gestion de l'entreprise. Son travail consiste à faire un diagnostic pour repérer les dysfonctionnements au niveau de l'entreprise et présenter, ensuite, les solutions pour redresser la situation».

  4. #81
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    Dimanche 9 mars 2008 -- L'explication selon laquelle la fermeture momentanée de l'usine de production de Hadjar Soud, dans la wilaya de Skikda, est à l'origine de la rareté du ciment et par conséquent de la flambée de son prix, qui dépasse aujourd'hui les 400 dinars chez certains revendeurs de matériaux de construction, n'est pas la bonne, selon M. Bendib, directeur général de l'ERCE, qui a affirmé hier, au cours de la conférence de presse organisée au siège de cette entreprise, qu'il faut chercher ailleurs l'explication de ce phénomène. «Si la production s'est effectivement arrêtée au niveau de l'usine précitée, pour une remise à niveau, les usines de Tébessa, Aïn Touta dans la wilaya de Batna et de Hamma Bouziane n'ont pas cessé de tourner à plein régime».

    A ce titre, le premier responsable des cimenteries de l'Est pense que la production de 4 millions 712.000 tonnes de l'année 2007 devrait être largement dépassée au cours de cet exercice 2008. De toutes les manières et quelles que soient les quantités produites, la demande sera toujours la plus forte. L'Algérie, qui est devenue un chantier à ciel ouvert, construit sans relâche lycées, autoroutes, écoles, hôpitaux et des centaines milliers de logements. Pas moins de 87% de la production de ciment de l'ERCE est réservée à ce chapitre alors que les 13% restants vont à l'auto-construction.

    L'ERCE qui «couvre» pas moins de 20 wilayate, toujours selon M. Bendib, est en phase avec les réalités du marché aujourd'hui. C'est ainsi que les usines de Hamma Bouziane, Aïn Touta et Tébessa devraient être touchées par le processus de l'ouverture du capital à raison de 35%. Pour en revenir aux arrêts obligés des unités de production, le DG de l'ERCE précise qu'à ce titre les normes mondiales sont 340 jours de travail pour toute unité qui a besoin de s'arrêter pour des contrôles nécessaires.

    Après la hausse du prix du sac de ciment décidée le 2 janvier 2007, la direction de l'ERCE s'en tient toujours à ce réajustement qui fixe le prix du ciment ordinaire à 228,15 dinars environ et du ciment résistant aux sulfates à 338,10 dinars. Ce tarif, comme le souligne M. Bendib, n'a pas été augmenté en dépit d'une demande sans cesse croissante. Evoquant l'arrêt de la production d'amiante à Aïn Touta, le premier responsable de l'ERCE souligne qu'elle sera remplacée par Granu-Est pour une production d'agrégats qui devrait commencer vers la fin du mois de juin prochain.

  5. #82
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    Samira Hamadi :


    Dimanche 9 mars 2008 -- En plus de l’effet de la spéculation, le marché des matériaux de construction a connu de nombreuses perturbations ces derniers temps. Des facteurs qui ont poussé les prix à la hausse. Celle-ci a d’ailleurs touché pratiquement tous les matériaux de construction, du rond à béton jusqu’au ciment. Pour le cas du ciment, cette pénurie reste inexplicable. Pourtant, l’Algérie dispose de plus de 30 cimenteries sur tout le territoire national, autrement dit, la production nationale est suffisante et bien placée pour couvrir les besoins exprimés par la demande locale. Chose qui ne semble pas se refléter sur les marchés. Cette question a suscité l’inquiétude notamment de ceux qui travaillent dans le milieu de la commercialisation du produit. Dans ce contexte, et afin d’éclaircir quelques points, M. Messaoud Bounabi, commerçant dans la filière des matériaux de construction, et membre chargé de l’administration et le financement des propriétaires des dépôts de vente de matériaux de construction auprès de l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA), nous explique dans cet entretien que la pénurie du ciment est due aux arrêts successifs de certaines cimenteries.

    Le Maghreb : Le wali d’Alger a émis tout récemment un arrêté interdisant l’ouverture de dépôts de vente de matériaux de construction jouxtant les autoroutes, les routes nationales et les voies urbaines, ainsi que les zones agricoles. Quel est votre commentaire concernant cette décision ?

    M. Messaoud Bounabi : Personnellement, je pense que cette décision entre dans le cadre des prérogatives du wali en tant que premier responsable de la wilaya, afin d’organiser l’activité commerciale d’une manière générale au niveau d’Alger ainsi que la protection et la préservation de l’environnement, la santé et le bien-être des citoyens évidemment. Mais, par contre, d’autant plus que la mise en application de cet arrêté a créé, dans un premier temps, un problème pour les commerçants sachant que le nombre de commerçants activant dans cette filière est actuellement de 6700 au niveau d’Alger. Or, cette décision a été prise sans consulter les concernés. Cependant, un accord avait été trouvé pour la création de deux commissions mixtes comportant les représentants de l’UGCAA et les services de la wilaya. La première chargée du recensement des commerçants concernés et qui sont au nombre de 1200 commerçants, et dont l’opération est à 70% d’avancement. Pour la seconde celle-ci est chargée de l’indemnisation et de l’aménagement de nouveaux espaces afin de transférer ces commerces. En effet, après cinq réunions, il a été décidé de transférer les commerçants dans des zones industrielles qui seront un pôle pour la vente des matériaux de construction, et le dossier sera définitivement clos avant le 15 du mois en cours.

    Est-ce qu’il y a déjà une assiette foncière qui peut regrouper tout ce nombre de commerçants ?

    Il y a eu des négociations à ce propos, et des accords au niveau des deux parties, au cours desquels, il a été décidé de transférer ces commerçants dans différentes zones industrielles et pas une seule.

    D’autre part, le marché a vu ces derniers mois une flambée vertigineuse des prix de matériaux de construction, en particulier le ciment qui a atteint les 1000 de DA le quintal, soit une augmentation qui dépasse les 100%. Comment expliquez-vous cette augmentation incroyable des prix sachant bien que l’Algérie est actuellement un chantier et la pénurie de ce produit provoque une inquiétude pouvant causer le retard dans la réalisation des projets lancés, bien que là production locale peut couvrir les besoins au niveau de tout le territoire. Comment expliquez-vous ainsi cette contradiction ?

    C’est vrai qu’il y a une augmentation des prix, notamment du ciment. La raison de cette flambée est, en premier lieu, la spéculation, ainsi que l’arrêt de plusieurs cimenteries à travers le territoire national, ce qui a réduit la production et a donc provoqué la pénurie du produit, vu que la demande est sans cesse croissante. Nous nous interrogeons sur la raison de l’arrêt des cimenteries à chaque fois.

    Que voulez-vous dire et vous faites allusion à quoi exactement ?

    Le marché du ciment souffre actuellement d’une véritable anarchie, notamment dans l’approvisionnement de ce produit, puisque le coût du ciment au niveau de l’usine varie entre 520 et 600 DA. Cependant, le prix du produit quand il arrive au consommateur est plus cher (1000 DA le quintal). En effet, le problème qui se pose pour les commerçants, quand ils déposent leur dossier auprès de l’usine pour l’achat du ciment, ils leurs disent qu’on ne vend qu’aux entreprises consommatrices et aux entrepreneurs, et nous en tant que commerçants nous qui avons des dépôts de vente de matériaux de construction, on n’a pas le droit d’acheter directement de l’usine. Une fois l’entrepreneur ou bien le revendeur obtient les bons (arrivant de 7000 à 10.000 dinars le bon), ils les vendent deux fois plus cher. Le commerçant achète auprès du revendeur et automatiquement, le ciment est à un prix cher au consommateur final. J’insiste sur les intermédiaires qui détiennent le monopole du marché et absorbent toutes les quantités mises sur le marché afin d’augmenter les prix à leur guise une fois l’offre déséquilibrée. D’autant plus que les cinq cimenteries à savoir celles de Chlef, Sour El Ghozlane, Meftah, et d’autres sont à l’arrêt actuellement, alors que la cimenterie d’ACC de M’sila est la seule qui produit actuellement.

    En tant que commerçant et membre de l’UGCAA, quelles sont les mesures qu’il faut prendre pour baisser les prix des matériaux de construction, et du ciment en particulier ?

    Il faut qu’il y ait d’abord une organisation, voire mettre de l’ordre au niveau de la distribution et l’approvisionnement du ciment à travers le territoire national. Autrement dit, ces gens qui vendent le produit de l’usine, qu’ils s’adressent en premier lieu aux commerçants propriétaires de dépôt de vente de matériaux de construction. Cela dit, la solution est de mettre fin une fois pour toutes au phénomène de l’intermédiation dans la vente du ciment.

    Si cela arrive, le prix du ciment baissera à quel taux ?

    Le prix du ciment coûtera à peu près 600 dinars le quintal, soit une baisse de plus de 40%.

    Il y a aussi l’autre phénomène, celui de la vente du sable de mer. Comment voyez-vous ce genre de commerce illégal qui a pris de l’ampleur ces derniers temps ?

    Il est clair que ces gens mettent la vie des citoyens en danger, ainsi que les consommateurs d’une manière générale, vu leur travail illégal. Cependant la Gendarmerie nationale fait son travail, et nous, en tant que commerçants, on ne s’approvisionnent pas chez ce genre de personnes, puisqu’on travaille d’une manière légale, et on déplore bien ces actes et cette activité.

    Le prix du rond à béton est lui aussi appelé à augmenter dans les prochains mois. Comment l’expliquez-vous ?

    Cela est lié à la flambée des prix au niveau du marché mondial.

    Un dernier mot ?

    J’insiste sur la nécessité de mettre de l’ordre et de réorganiser l’activité commerciale qui connaît une grande anarchie, et que ce problème soit définitivement réglé, notamment en ce qui concerne le marché du ciment. Par ailleurs, on espère que le wali tiendra ses promesses pour ce qui est de réinstaller les commerçants dans des zones industrielles où ils peuvent exercer tranquillement leurs activités. Il faut aussi relancer l’importation pour pouvoir rééquilibrer le marché et les prix bien évidemment.

  6. #83
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  7. #84
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    Mardi 11 Mars 2008 -- Le premier équipement spécifique à la grande exploitation minière vient d’être introduit en Algérie par le groupe Ferphos. Il s’agit du surface miner, un matériel qui remplacera à la fois la sondeuse, l’explosif et la chargeuse dans l’exploration et l’exploitation des produits miniers.

    Son acquisition d’Allemagne a nécessité une enveloppe de 3 millions d’euros. Ce surface miner, destiné à la nouvelle mine de phosphate Bled El Hedba à Bir El Ater dans la wilaya de Tébessa, est déjà opérationnel. Il sera d’un apport certain, estime M. Mebarki, PDG de Ferphos Group, dans la production à partir de 2010 de deux millions de tonnes/an de phosphate. « Les surface miners de moindre dimension sont déjà utilisés par les cimentiers de l’ERCE. Le nôtre est spécifique à la grande exploitation minière. En une seule passe, ce surface miner taille, concasse et charge le produit », explique le responsable.

    Ce dernier a, par ailleurs, indiqué qu’un grand contrat vient d’être signé avec les cimenteries du groupe ERCE. Ce contrat d’une durée de deux ans porte sur la livraison par voie ferrée d’un million de tonnes de pouzzolane par la Société de pouzzolane et matériaux de construction (SPMC), une filiale de Ferphos Group. Ainsi, explique M. Mebarki, malgré la contrainte de leur éloignement de la source de production de Beni Saf, les cimenteries de l’Est pourront se mettre au diapason du plus important client de la SPMC, en l’occurrence la cimenterie Orascom de M’sila, récemment passée sous le contrôle du géant français des matériaux de construction Lafarge.

    Avec l’ouverture à l’exploitation des deux gisements découverts dans la région de Chetaïbi (Annaba), les besoins des ERCE pourront être partiellement satisfaits puisque des réserves assez importantes y avaient été expertisées. « L’engouement des cimentiers pour cet adjuvant entrant dans le process de fabrication du ciment s’explique par son caractère concurrentiel en termes de coûts et de qualité du ciment produit. Et les besoins en la matière se font de plus en plus sentir vu les grands projets structurants inscrits pour la période 2005-2009 », ajoute le PDG.

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