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  1. #281
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    Mercredi 8 Juillet 2009 -- La production de ciment du secteur public en Algérie a enregistré une croissance de 6 %, durant les cinq premiers mois de l’année 2009, selon la SGP GICA Industrie des ciments. «De janvier à mai, les cimenteries publiques ont produit 4,697 millions de tonnes, contre 4,439 millions de tonnes durant la même période de 2008», a-t-elle indiqué à l’APS. Pour une capacité totale de près de 16 millions de tonnes, la production effective du pays a atteint 11,478 millions de tonnes à la fin de l’exercice précédent, contre 15 millions de tonnes en 2007, 14,6 millions en 2006 et 12,7 millions en 2005. Près de 11,6 millions de tonnes sont produites par les 12 cimenteries publiques et le reste par les privées. Les cimenteries publiques ont également décidé d’investir ensemble 780 millions de dollars pour augmenter leur capacité de production de 6 millions de tonnes par an à l’horizon 2012. Des extensions de capacités de production avaient été entreprises au niveau des cimenteries de Chlef, d’Aïn Kebira (Sétif) et de Béni Saf (Aïn Témouchent) pour une production supplémentaire globale de 6 millions de tonnes. Avec ces extensions de capacités, la production de l’ensemble des cimenteries publiques dépasserait les 18 millions de tonnes à partir de 2012, selon des prévisions officielles. Par ailleurs, la croissance de la production du ciment en Algérie s’est traduite par une diminution des importations. Selon les statistiques douanières, l’Algérie a réduit énormément sa dépendance en ciment vis-à-vis de l’étranger durant ces dernières années. En 2008, ses importations en ce produit sont passées à 226 860 tonnes, contre 385 635 en 2007 et plus de 500 000 en 2006. Les baisses successives des quantités importées ont permis de réduire la facture du ciment d’une manière substantielle durant ces dernières années. Celle-ci est passée à 27,15 millions de dollars durant l’année écoulée, contre 44,892 millions de dollars en 2007 et 47,47 millions de dollars en 2006. Malgré cette tendance vers l’autosuffisance, le ministre de l’Industrie et de la Promotion des investissements, M. Hamid Temmar, avait annoncé au début de juin dernier l’importation d’un million de tonnes de ciment pour faire face «à la «grande spéculation» que connaît le marché national en la matière.

  2. #282
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    Mercredi 8 Juillet 2009 -- Alors que le prix du sac de ciment a atteint des «pics» inégalés frôlant dans certaines régions les 800 dinars, et au moment où des chantiers peinent à voir le jour à cause d'une crise persistante de cet agrégat de base pour tout projet, la SGP «Industrie des ciments» SGP-GICA, vient d'annoncer une hausse de production du secteur public de 6 % durant les cinq premier mois de l'année en cours. L'information rapportée par l'APS, qui cite des sources auprès de cette SGP, indique que les cimenteries publiques ont produit 4,697 millions de tonnes de janvier à mai 2009, contre 4,439 millions de tonnes pour la même période de 2008, soit une hausse de 6 %. Les mêmes sources ajoutent que la production de ciment du secteur public a atteint 11,478 millions de tonnes sur toute l'année écoulée. Par ailleurs, ajoutent les mêmes interlocuteurs, des extensions de capacités de production avaient été entreprises au niveau des cimenteries de Chlef, de Aïn Kebira et de Béni-Saf pour une production supplémentaire globale de 6 millions de tonnes. Avec ces extensions de capacités, la production de l'ensemble des cimenteries publiques dépasserait les 18 millions de tonnes à partir de 2012, selon des prévisions officielles.

    Ces bilans chiffrés, et les prévisions «plutôt optimistes» pour les mois à venir ne peuvent en aucun cacher la triste réalité d'un marché, perturbé par l'indisponibilité criarde du ciment et par une spéculation qui pousse, aujourd'hui, les promoteurs, entrepreneurs et autres investisseurs à payer un sac de ciment, presque au triple de son prix initial. De 450 da à 500 da le sac de ciment, il a atteint les 750 voire 800 da à une certaine période et dans certaines régions du pays. Des chantiers sont aujourd'hui à l'arrêt et d'autres piétinent, en attendant une régulation du marché. Devant cette situation, le ministre de l'Industrie et de la Promotion des investissements, M. Hamid Temmar, avait annoncé, juin dernier, l'importation d'un million de tonnes de ciment pour faire face à la « spéculation » que connaît le marché national. Le ministre avait également annoncé que le gouvernement allait prendre des mesures de plafonnement des prix du ciment et des marges des différents intervenants à la faveur d'un décret qui sera publié prochainement.

    Lundi, l'Association générale des entrepreneurs algériens (AGEA) avait exhorté les pouvoirs publics à procéder « en urgence » à une régulation du marché du ciment, pour remédier à son « déséquilibre » actuel où l'offre demeure insuffisante et déséquilibrée. Lors d'une conférence de presse, le président de l'AGEA, M. Mouloud Kheloufi, a indiqué que le déficit du marché s'élève à quelque 3 millions de tonnes auquel l'Etat peut faire face en procédant notamment à l'extension des capacités de production de ses cimenteries. La solution réside dans l'augmentation de la part de l'Etat dans la production nationale du ciment, a soutenu M. Kheloufi expliquant à cet effet que l'augmentation entraînerait un équilibre du marché et un alignement des prix entre producteurs publics et privés. M. Kheloufi a, en outre, estimé que l'importation de cet agrégat doit répondre au déficit pour rétablir l'équilibre du marché et éviter la spéculation mais ne constitue pas, selon lui, «la solution idoine» pour résoudre ce problème. Par ailleurs, il a jugé que les indices des prix des matériaux de construction, dont le ciment, ne reflètent pas les fluctuations enregistrées sur le marché, appelant dans ce sens à instaurer un système permettant de déterminer l'indice correct des augmentations qui doit assurer le bon déroulement des ouvrages confiés dans les meilleures conditions de prix et de qualité.

    Le 20 juin dernier, M. Nourredine Moussa avait affirmé que le programme de réalisation d'un million de logements sera achevé avant fin 2009 en dépit de la pénurie des matériaux de construction, notamment le ciment. Invité du Forum de la télévision, M. Moussa avait indiqué à propos de cette pénurie, que l'offre actuelle concernant ce matériau, estimée à près de 18 millions de tonnes « correspond à la demande nationale ». Il a en outre précisé que le secteur de l'habitat et de l'urbanisme consomme près de 80 % de la production du ciment, sachant que le secteur public (12 unités) contribue avec 11,5 millions de tonnes par an de la production nationale du ciment, alors que le secteur privé participe avec 5,6 millions de tonnes par an. Enfin, il y a lieu de souligner que les entreprises des ciments de l'Est, du Centre et de l'Ouest (ERC), relevant de la SGP-GICA « industries des ciments », ont lancé il y a une quinzaine de jours un avis d'appel d'offres international pour la fourniture d'un million de tonnes de ciment.

  3. #283
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    Vendredi 10 Juillet 2009 -- Fabricants, entrepreneurs, responsables… De leur aveu même, ils y seraient tous trempés jusqu’au cou. Derrière la pénurie et la spéculation, les barons mènent la danse. El Watan Vendredi s’est infiltré parmi eux, de Aïn Témouchent à Maghnia, pour comprendre comment s’articule un des trafics les plus juteux et les plus en vogue du moment : celui du ciment.

    « Je vous fais un prix : 670 DA le sac ! » Un camionneur garé près de la cimenterie de Beni Saf s’apprête à entrer dans l’usine pour récupérer son quota. Notre proposition de lui acheter directement des sacs ne lui fait pas peur. « Je vous propose 650 DA le sac si vous prenez une grande quantité », surenchérit un autre camionneur. Bienvenue dans le far-west algérien. Là où tout se vend et tout s’achète. Où petits commerçants et grands barons du ciment négocient à ciel ouvert quotas, prix des matériaux et routes. Alors que l’Association générale des entrepreneurs algériens (AGEA) a exhorté lundi dernier les pouvoirs publics à procéder « en urgence » à une régulation du marché du ciment pour remédier à son « déséquilibre » actuel, que l’Etat envisage d’en importer un million de tonnes pour mettre fin à la spéculation, nous nous sommes infiltrés dans les filières du trafic de ciment. Pour comprendre comment le marché en est arrivé à une telle tension et qui profite de ce marché juteux. Dans le village voisin, Sidi Safi, les habitants, volubiles quand il s’agit de nous orienter vers les plages, se referment à l’évocation du mot « ciment ».

    À Aïn Témouchent-ville, les langues se délient un peu. « Je ne trouve plus de ciment !, s’insurge Abderrahmane, fonctionnaire. Je suis en train de retaper ma maison, j’ai fait ma commande il y a de cela plus de trois mois, et aujourd’hui je me retrouve obligé d’arrêter les travaux », nous raconte-t-il. Des notables nous conseillent de « ne pas trop fouiner », d’autres assurent « ne pas être concernés », mais certains nous recommandent de retourner à Béni Saf, centre de gravité de la plaque tournante du trafic. La Mecque des barons du ciment. Entre les deux villes, la route sinue sur une quarantaine de kilomètres entre plaines et collines, jusqu’à ce qu’apparaisse au loin la mer et… le complexe géant de la cimenterie. Une file interminable de camions y sont stationnés, attendant chacun son tour, un bon à la main. Le bon en question est le document nécessaire afin de sortir son quota de ciment de l’usine. Suite à la dénonciation de responsables de la cimenterie de Beni Saf pour trafic et corruption dans la gestion des quotas, la direction a installé un système de télésurveillance et procédé à la nomination d’un nouveau directeur commercial, de nationalité pakistanaise. « Le problème, comme le souligne un employé, c’est que le trafic ne se fait pas à l’intérieur de l’usine, mais aux alentours de la cimenterie ou bien au niveau de l’administration locale, grâce à la complicité de quelques agents corruptibles de l’administration. »

    Nous avons tenté de prendre attache avec la direction du complexe. La réponse d’un responsable fut sans appel : « Il nous est interdit de communiquer, prenez contact avec la direction du groupe à Oran. » Nous réussissons à approcher un autre cadre de l’entreprise, qui, à force d’insistance de notre part, accepte de nous rencontrer en secret dans un café en plein centre de Béni Saf. L’ambiance est à la joie, la télé diffusant des images du défilé après la victoire de l’Algérie sur l’Egypte. Notre interlocuteur nous confie que de hauts gradés sont impliqués dans le trafic de bons correspondant à la quantité allouée à chaque entrepreneur. La priorité étant donnée à quelques entrepreneurs bénéficiaires des marchés publics de construction. « Ils alimentent la spéculation, bénéficient parfois de quotas supérieurs à leur demande puis écoulent le surplus sur le marché noir », assure-t-il. Pour nous, bien sûr, aucun moyen de vérifier. Nous laissons tomber cette piste.

  4. #284
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    continued.....

    Le souk du ciment

    Retour à l’usine. Là, nous rencontrons Mourad, Belkacem et Djilali, marchands de matériaux de construction, respectivement d’Adrar, El Bayadh et Relizane (autre plaque tournante du trafic de ciment). « Nous attendons notre tour pour récupérer notre quota et éventuellement prospecter sur place et trouver les meilleurs prix », expliquent-ils. « Ici, on achète et on vend sur place, tous ces camionneurs travaillent pour le compte de personnes connues dans la région, c’est leur business, personne n’osera les déranger, nous, nous ne sommes que des petits bricoleurs soumis à leur diktat. » D’après leurs témoignages, pour les grandes transactions, les barons se déplaceraient pour superviser les opérations. L’un d’entre eux serait là. Alors rapidement, on nous demande de quitter les lieux. Mais où partent ces sacs de ciment ? « Des quantités importantes sont transférées au Maroc », atteste un marchand de matériaux. Nous essayons de suivre cette piste. Le commerçant nous met en contact avec une entraîneuse de cabaret, la trentaine. Narimane nous donne rendez-vous dans un bar à El Maleh, jadis « la localité la plus riche de l’Algérie de l’époque coloniale », à 20 km de Aïn Témouchent. Nous nous faisons passer pour des clients fortunés, intéressés par l’achat de drogue et d’or.

    Narimane nous fixe un second rendez-vous le lendemain sur une plage à 40 km au nord-est du chef-lieu de wilaya afin de rencontrer un grand baron dénommé El Maroki. « N’en concluez pas pour autant qu’il soit Marocain, nous précise-t-on. Ici, beaucoup de personnes se font passer pour des Marocains sans l’être. » Le baron en question est un homme d’une cinquantaine d’années, avenant et charmant. Comme on se l’imagine après avoir vu les trafiquants dans les soaps égyptiens. Serein et confiant, il nous lance : « Je suis intouchable ; ici, vous êtes en sécurité. » Des heures durant, notre baron nous raconte sa vie, ses liens supposés avec l’administration et son influence dans tout l’Ouest du pays, interrompu de temps en temps par des appels téléphoniques, à l’occasion desquels, tel un trader en Bourse, il intime des « Oui ! Livrez, c’est bon ! » El Maroki sourit et nous lance, blagueur : « Vous voyez, je dirige tout de là où je suis, tahia etelephoune ! » Puis nous entamons les négociations pour l’achat de drogue et d’or, sous le regard bienveillant de Narimane. Nous devons lui inspirer confiance, il nous propose brutalement de le suivre pour voir la marchandise.

    Nous embarquons dans une berline appartenant à un taxi clandestin, destination une ferme accessible par une piste accidentée. Sur place, nous trouvons des milliers de sacs de ciment entassés à côté de kemia (drogue), de bijoux en or et de faux billets. Intrigués, nous posons la question à El Maroki : « Qu’est-ce que vous faites avec autant de ciment ? » « Je l’envoie au Maroc, où je vends le sac l’équivalent de 1000 dinars algériens. » Au cours de la discussion, il nous révèle jusqu’au procédé. « J’achète la route pour acheminer la drogue, puis j’achète la route inverse, comme je fais pour la drogue, confie-t-il. Le ciment et le sable sont la cocaïne des Marocains… », ironise-t-il. Smaïl, un gendarme, connaît bien les subterfuges des barons. « Les localités sont séparées d’une quarantaine de kilomètres. Ces régions sont très difficiles à contrôler. Les trafiquants prennent des détours sur des pistes accidentées et agissent surtout la nuit. C’est la même route empruntée pour l’acheminement de la drogue, on n’y peut rien, des agents acceptent la tchipa, impossible de les dénoncer, car ils sont protégés… » Notre périple s’arrêtera à Maghnia, surnommée la « ville du parpaing ». Une appellation plus élogieuse pour cette place forte plus connue pour ses trafics en tous genres.

    À peine attablé à un café, un jeune homme nous aborde en nous proposant ses services : « Vous voulez acheter de la kemia (drogue) ? J’ai de tout, bakaya (pleureuse), mouata (mortelle)… Pour les harga, 80 000 DA, départ dans trois jours de Ghazaouet. » Au loin, quelques camions commencent leur route vers le Maroc. Jibril, un Nigérien qui travaille au noir dans une des fabriques de parpaing de la ville, explique : « La nuit tombée, l’activité commence… Le passage à la frontière, de 100 000 DA pour les camions, est de 2000 DA pour les particuliers. » Jibril devra travailler quelques jours et quelques nuits dans la fabrique pour se payer la traversée. Car le ciment n’alimente pas seulement le marché de la construction. Il fait aussi vivre les filières des harraga. La nuit venue, en attendant son tour, Jibril regarde le ciment partir de l’autre côté de la frontière. Oujda est à moins de 30 kilomètres.

    750 DA le sac sur le marché informel

    L’Algérie produit actuellement quelque 20 millions de tonnes de ciment par an, dont 13 millions de tonnes sont produites par des cimenteries publiques, le reste étant assuré par des entreprises privées. L’écart des prix entre le ciment produit par les entreprises publiques et privées reste important, puisqu’un sac de ciment de 50 kilos se vendrait entre 230 et 290 DA sortie usine publique alors que le prix de ce même sac atteindrait presque le double à 450 DA sortie usine privée. Ces prix frôlent actuellement les 750 DA le sac sur le marché informel en raison de la spéculation sur ce produit, dont la demande augmente en été, période propice au lancement de nombreux chantiers de construction.

    Territoires : Le deal des barons

    La région de l’Ouest, de Chlef à Maghnia, est découpée en zones d’influence entre barons. Ainsi, le réseau dit El Maghrabi s’étendrait de Maghnia jusqu’à Relizane. À partir de Relizane, d’autres barons contrôleraient le trafic et tiendraient la production de la cimenterie de Chlef, une des plus importantes en Algérie. D’après un gendarme, pour qu’ils puissent acheminer leur ciment jusqu’au Maroc, « ils doivent s’allier aux barons de Aïn Témouchent, la zone intermédiaire entre la leur et la frontière, explique-t-il. Mais en retour, les barons de Aïn Témouchent doivent aussi rester en bons termes avec eux s’ils veulent acheminer leur drogue par exemple jusqu’à Alger. »

    * Tous les prénoms ont été changés pour protéger l’identité de nos interlocuteurs.

  5. #285
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    Mardi 14 Juillet 2009 -- La cimenterie de Chlef fait encore parler d’elle. Cette fois-ci il s’agit d’une affaire d’acquisition illégale de ciment qui met en cause directement le premier responsable de l’entreprise, installé en juillet 2008, ainsi que son fils âgé de 22 ans. Tous les deux sont passés hier devant le procureur de la République puis le magistrat instructeur près le tribunal de Boukadir, à l’ouest de Chlef. Ce dernier a ordonné leur incarcération à l’issue de l’audition qui a duré toute la matinée. L’enquête a été menée en avril dernier, pendant un mois, par le chef de la compagnie territoriale de la Gendarmerie nationale de Boukadir, avec l’aide des chefs de brigade de Oued Sly, de Boukadir et de Sobha. Cette enquête a révélé que le fils du PDG, étudiant boursier, bénéficiait de quotas de ciment en violation du nouveau cahier des charges de la SGP de l’industrie du ciment qui oblige tous les dépositaires à avoir chacun une surface couverte de 460 m2. Or, celui-ci ne possédait qu’un local de 140 m2 pour lequel, dit-on, il a fait délivrer un faux contrat de location. Le PDG, qui s’occupait également à l’époque du service commercial, a, selon les mêmes investigations, couvert cet acte et aidé son fils à acquérir des quantités mensuelles de ciment dans des conditions contraires à la réglementation d’achat en vigueur. Cela s’est poursuivi jusqu’au mois d’octobre 2008, où, suite à un article de presse dénonçant cet état de fait, le responsable en question a dû stopper l’approvisionnement de son fils. La gendarmerie de Boukadir s’est saisie de l’affaire et a mené des investigations sur le terrain qui ont abouti à l’implication du premier responsable de la cimenterie. On croit savoir que depuis l’arrivée de ce dirigeant, trois autres affaires ont éclaté et sont en cours d’instruction. Il s’agit du rattachement d’une filiale de distribution du ciment hors wilaya pour 70 milliards de centimes, de l’acquisition de 950 téléviseurs pour les travailleurs, selon un avis restreint de sélection du fournisseur, et d’une autre affaire de faux concernant 66 locaux de supposés dépositaires. Des scandales qui risquent d’éclabousser davantage cette cimenterie dont le produit est devenu la convoitise de tous les spéculateurs.

  6. #286
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    Mardi 14 Juillet 2009 -- Fermée pour cause de mise en place de filtres d'épuration, la cimenterie de Hamma Bouziane a repris du service dimanche dernier, après une interruption forcée de production de près de deux mois. Cette fermeture de quarante jours a été suivie d'une période de réglage des filtres épurateurs que la population de Hamma Bouziane, Didouche Mourad et de toute la vallée attendent depuis le premier jour de la mise en service de cette usine, en raison notamment des nuisances et ses retombées néfastes sur l'agriculture. Mais face à la situation inquiétante qui prévaut actuellement dans le monde de la construction et face au prix exorbitant atteint par le sac de ciment (600 dinars et plus), de nombreux observateurs se sont, tout au long de cet arrêt, interrogés si cette période de fermeture était réellement propice au moment même où la crise du ciment avait atteint son paroxysme et que la spéculation battait son plein. Interrogé sur le sujet, M. Bendib Adelhamid, le Président-directeur général du groupe ERCE, parle de «contraintes contractuelles qui lient depuis une année et demie son groupe au constructeur étranger chargé de la mise en place de ces filtres. Il fallait bien que l'usine s'arrête un jour ou l'autre pour la mise en place de ces fameux filtres, dira M. Bendib ! «En service, l'usine était décriée pour raisons de pollution, à l'arrêt, ce sont de nouvelles critiques qui nous sont adressées pour cause de non production». Mais, à vrai dire, souligne M. Bendib, nous avons produit pour le dernier semestre de cette année 1.970.000 tonnes, autrement dit, nous avons atteint les 100,6 % de nos prévisions. Cela, insiste notre interlocuteur, démontre concrètement que la fermeture de l'usine de Hamma Bouziane n'a nullement influé sur le rendement global de l'ERCE. Pour ce qui concerne la hausse des prix, les responsables de l'ERCE avouent ne pas pouvoir réguler le marché toujours aux mains de spéculateurs de tous bords. Sur le plan des disponibilités du produit et en plus de la production de 1.970.000 tonnes, le groupe a mis sur le marché au cours de ce dernier semestre 2.000.000 de tonnes de ciment en faisant l'appoint avec un stock de 2008. Avec la reprise de Hamma Bouziane et ses 100.000 tonnes par mois, le groupe envisage d'atteindre les 5 millions de tonnes cette année. Ce sera un record jamais égalé qui, en plus du million de tonnes importé, devrait, conclut notre interlocuteur, bientôt influer positivement sur le coût du sac de ciment et réguler sensiblement le marché, en dépit de toutes les velléités et autres stratagèmes spéculatifs».

  7. #287
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    Mercredi 15 Juillet 2009 -- Décidément, le calvaire des citoyens aspirant à la construction d’une maison, ou du moins à des réparations diverses, n’en finit plus. En effet, de multiples problèmes entravent l’acquisition du ciment, un produit vital qui est devenu ces derniers temps inaccessible aux petites bourses, notamment avec les innombrables contraintes bureaucratiques entourant la vente de ce produit. Et pour être dans l’air du temps, le bureau de vente au niveau de la ville d’El Eulma a été fermé pour des raisons inconnues. Pour remédier à cette lacune, un point de vente a été ouvert à Aïn Arnat. Nous nous sommes, à cet effet, rapprochés de certains citoyens de la daïra d’El Eulma, lesquels nous ont fait part de leur détresse face à cette situation. A titre d’exemple, pour s’approvisionner en ciment, un citoyen d’El Eulma doit se rendre à Aïn Arnat pour se faire enregistrer et ensuite attendre au moins, selon nos interlocuteurs, plus de 60 jours pour pouvoir prétendre à quelques sacs de ciment à partir de Aïn Kebira. Les gens ne comprennent pas les raisons du transfert du bureau d’El Eulma à Aïn Arnat. Au niveau cette localité, le point de vente n’est en fait qu’une simple cabine saharienne, exposée sur un terrain sans relief apparent. Le préposé enregistre les demandes, délivre ensuite un bout de papier au client sans indication aucune. Interrogé à ce sujet, le vendeur s’est abstenu de tout commentaire. « C’est la croix et la bannière pour les citoyens qui ont besoin d’un sac de ciment », dira un enseignant, excédé par cette lenteur bureaucratique. Cette situation n’est pas une réminiscence du passé ni une simple vue de l’esprit. C’est la réalité de chaque instant.

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