Mercredi 1er Aout 2007 -- La version la plus récente de la stratégie de réforme préparée par le ministre délégué à la réforme financière et adoptée par le gouvernement fin 2004 est «globale, adaptée et cohérente», jugeait la mission des systèmes monétaires et financiers du Fonds monétaire international (FMI), dans un rapport élaboré à l’issue d’une visite effectuée en Algérie.

Cette mission d’experts du Fonds monétaire explique que la stratégie dont il est question traduit «une appropriation progressive», suite à un «examen vigilant» des conclusions et recommandations du programme d’évaluation du secteur financier (PESF) de 2003. Elle ajoute que cette vision stratégique implique une «réforme des banques publiques, la privatisation comprise, et un ensemble de réformes comportant en particulier une restructuration financière et opérationnelle». Une amélioration du système bancaire est également mise en exergue par la mission du FMI. Celle-ci souligne, entre autres, «la modernisation des systèmes de paiement, le renforcement de la supervision bancaire […]». Elle note aussi que d’autres réformes destinées à développer davantage des services financiers «non bancaires» comme les assurances, le marché financier, «compléteront cette stratégie globale et y apporteront cohérence».

L’ouverture du capital de Crédit populaire d’Algérie (CPA) en projet actuellement a été également évoquée par la mission du Fonds monétaire. Celle-ci considère ainsi que l’approche choisie par l’Algérie est «la bonne et présente de solides chances de succès», les chargés de la privatisation ayant sollicité une banque d’affaires réputée, sélectionnée par avis d’appel d’offres international. Cette opération va-t-elle réussir pour autant ? La privatisation d’une banque aussi importante que le CPA n’aura de sens que lorsque cette opération se traduira par des gains.

Des gains dont doivent s’assurer les autorités financières dans le processus de privatisation en question. Ils se résument essentiellement en la contribution de la banque-acquéreur dans l’accroissement de l’efficience du secteur bancaire local, l’amélioration de la confiance non seulement des clients mais aussi des investisseurs étrangers et le développement du système des paiements.

L’appréciation que se fait la mission du FMI de la réforme financière en Algérie est confortée par certaines banques connues à l’échelle internationale, à l’exemple de Deutsch Bank dont le vice-président Caio Koch-Wester a souligné récemment dans les colonnes de Jeune Afrique l’Intelligent les transformations «contrôlées et dynamiques» de l’économie algérienne au cours des dernières années en particulier «la vaste réforme du secteur financier qui a té menée avec succès». De passage à Alger, Caio Koch-Wester a par ailleurs déclaré que notre présence en Algérie témoigne de «la confiance […] de Deutsch dans la transformation de l’économie algérienne».

Lachemi Siagh, ancien cadre au ministère des Finances, fondateur de Stratégica a, de son côté, affirmé à l’Intelligent que les finances en Algérie ont été «assainies», la dette extérieure «remboursée», la croissance économique dépasse «les cinq pour cent», le taux de chômage réduit «de moitié», de «nouveaux investissement sont arrivés», dans la téléphonie, la sidérurgie, le gaz et la distribution, la demande de levée de fonds est allée et va aller en «croissant». Est-ce suffisant ? Au-delà de ce qui a été déjà fait, les banques publiques en particulier sont interpellées pour mettre en place les meilleures pratiques en matière de modernisation, de promotion de nouveaux produits, de gestion des risques de crédits et de contrôle interne.

L’administration financière le reconnaît, le risque opérationnel des banques reste élevé malgré le fait que le système de paiement ait été mis au point, il y a toujours des insuffisances en matière de gestion des risques bancaires notamment en termes de forte concentration des crédits. Autre chose, les banques publiques entretiennent des rapports pas toujours clairs avec les entreprises.

Aussi, certains estiment qu’il est impérieux aujourd’hui d’assainir les relations financières entre les banques et les entreprises publiques, qu’il faut plus d’engagements de la part du secteur privé dans la croissance économique et dans le secteur bancaire.