+ Reply to Thread
Page 11 of 21 FirstFirst ... 9 10 11 12 13 ... LastLast
Results 71 to 77 of 146
  1. #71
    Guest 123 is offline Registered User
    Join Date
    Jan 2006
    Posts
    0

    Jeudi 25 Juin 2009 -- La mise en oeuvre «effective» de l'accord d'association entre l'Union européenne et l'Algérie semble constituer depuis quelques mois l'une des priorités des autorités algériennes pour rétablir la balance hors hydrocarbures qui profite jusqu'ici essentiellement aux pays de l'UE. A cet effet, une délégation algérienne a pris part les 11 et 12 juin derniers à un séminaire à Bruxelles qui est en fait un regroupement annuel des points de contacts nationaux des instruments «jumelage et TAIX» et des directeurs des unités de gestion des programmes d'appui à la mise en oeuvre de l'accord d'association avec l'Union européenne. Au cours d'une rencontre organisée hier à Alger, le directeur du programme P3A (Programme d'appui à la mise en oeuvre de l'accord d'association avec l'UE), M. Zelmat Aïssa, a fait savoir que ce «déséquilibre» incombe plutôt à notre pays dont les exportateurs et l'administration ne se seraient pas encore habitués à des règles strictes contenues dans l'accord signé le 22 avril 2005 et entré en vigueur depuis septembre de la même année. C'est ainsi que pour y remédier le P3A a été mis en place, un programme dont bénéficient, faut-il le souligner, le Maroc et la Tunisie notamment depuis plusieurs années déjà. Le programme indicatif national 2005-2006, qui est doté d'une enveloppe de 10 millions d'euros, a été conçu pour appuyer l'administration algérienne dans le but de renforcer la coopération bilatérale et permettre de mieux déterminer le calendrier, les modalités et les priorités de sa mise en oeuvre en apportant l'expertise, l'assistance technique et les outils de travail nécessaires à la réalisation des objectifs de l'accord.

  2. #72
    Guest 123 is offline Registered User
    Join Date
    Jan 2006
    Posts
    0

    Samedi 27 Juin 2009 -- L'Accord d'association entre l'Algérie et l'Union européenne n'a pas bonne presse en Algérie, où l'on fait un bilan critique : peu d'exportations hors hydrocarbures et peu d'investissements directs productifs contre un gonflement vertigineux des importations. Les mesures d'encadrement de l'investissement étranger prises par le gouvernement algérien ainsi que la décision d'imposer aux sociétés commerciales étrangères d'ouvrir leur capital d'au moins 30% aux Algériens n'ont pas bonne presse parmi les Européens. Les critiques des opérateurs européens sont restées «off the record» et ont été rarement exprimées de manière publique. Désormais, l'Union européenne en a fait officiellement son affaire. Catherine Ashton, commissaire européenne au Commerce extérieur, a officiellement saisi par lettre le ministre algérien du Commerce extérieur, El-Hachemi Djaâboub, pour exprimer son «inquiétude» au sujet des mesures prises sur les investissements étrangers et les sociétés commerciales étrangères. La lettre, datée du 12 juin dernier, soit quatre jours avant la tenue du Conseil d'association entre l'UE et l'Algérie, énumère les mesures prises par l'Algérie qu'elle considère contestables. Il s'agit de l'imposition d'un actionnariat algérien majoritaire dans tous les projets d'investissements étrangers, du fait que la mobilisation du capital doit se faire sur le marché financier local, de l'obligation de dégager une balance en devises excédentaire au profit de l'Algérie durant toute la vie du projet et enfin des 30% de participation algérienne obligatoire dans le capital de toute société étrangère d'importation. En clair, ce qui est contesté, ce sont les circulaires d'Ahmed Ouyahia destinées à mettre en application le «nouveau cours» de la politique économique algérienne après le discours critique du président de la République en juillet 2008.

    «En désaccord avec l'Accord d'association»

    Pour la commissaire européenne au Commerce extérieur, «ces mesures annoncées semblent être en désaccord avec l'Accord d'association et l'Union européenne». Elle cite notamment «l'article 37.1 qui contient une «clause de stabilité», l'article 32.1(b) qui engage l'Algérie à accorder le traitement national aux prestataires de services de l'UE et l'article 39 qui impose la libre circulation des capitaux entre les deux parties». La commissaire européenne estime sur un plan plus général que ces meures contribuent à «l'incertitude» et se «mettent contre l'objectif de facilitation d'un climat favorable pour l'investissement comme les parties s'y engagent dans l'article 54». Mme Catherine Ashton estime «particulièrement inquiétant» que les mesures concernant les sociétés étrangères d'importation s'appliquent non seulement aux «futures sociétés mais aussi à celles qui existent déjà». Cette «obligation rétroactive sape la certitude juridique», estime la commissaire européenne, en appelant le gouvernement algérien «à reconsidérer les mesures annoncées et à explorer la possibilité de suspendre leur application». Après la tenue du Conseil d'association, le 16 juin dernier au Luxembourg, le ministre algérien des Affaires étrangères, Mourad Medelci, a loué «l'esprit positif» dans lequel s'est tenue la réunion.

    Côté algérien, le bilan est globalement négatif

    Les questions soulevées dans la lettre de Mme Ashton n'ont pas été évoquées directement dans sa déclaration. Il est cependant improbable que le sujet n'ait pas été abordé au cours de cette rencontre. M. Medelci avait évoqué des «préoccupations» algériennes qui semblent liées à ce qu'il faut bien désormais considérer comme un différend : la faiblesse de l'investissement européen et le gonflement des importations algériennes, alors que les exportations hors hydrocarbures restent négligeables. Le ministre algérien avait annoncé qu'un «forum des investisseurs européens» serait organisé en Algérie. Cela peut constituer un élément de réponse. Pour l'instant, il est improbable de voir le gouvernement algérien revenir sur les décisions prises, y compris celle concernant la «rétroactivité» des mesures concernant les sociétés commerciales. Le bilan, plutôt négatif, de l'application de l'Accord d'association, qui a été dressé par des officiels algériens, n'y incite guère. Même ceux qui ne sont pas forcément d'accord avec les politiques du gouvernement ne peuvent que constater que l'objectif principal d'attirer les investissements directs attendu par l'Algérie est très loin d'être atteint. Ce contentieux pourrait être l'occasion d'une remise à plat des relations économiques entre les deux parties...

  3. #73
    Guest 123 is offline Registered User
    Join Date
    Jan 2006
    Posts
    0

    Samedi 11 Juillet 2009 -- L’accord d’association entre l’Algérie et l’Union européenne a-t-il vécu ? Possible, si on analyse la portée des décisions prises récemment par le gouvernement en matière de conditions d’exercice des activités commerciales des entreprises étrangères et les réactions qu’elles ont suscitées de la part de l’UE. Après la confirmation officielle de ces mesures, le 20 mai dernier, par un décret exécutif, la question a pris le caractère d’une mini-crise entre les autorités algériennes et Bruxelles. La première réaction en provenance de Bruxelles s’est faite sous la forme d’une correspondance adressée le 12 juin dernier par la commissaire européenne au Commerce extérieur, Mme Catherine Ashton, au ministre algérien du Commerce, El Hachemi Djaâboub. Dans cette lettre, la commissaire considère que « les mesures annoncées semblent être en désaccord avec l’accord d’association entre l’Algérie et l’Union européenne, notamment l’article 37.1 qui contient une clause de stabilité, l’article 32.1 (b) qui engage l’Algérie à accorder le traitement national aux prestataires de services de l’UE et l’article 39 qui impose la libre circulation des capitaux entre les deux parties ». Mme Catherine Ashton déclare en outre : « J’encourage votre gouvernement à reconsidérer les mesures annoncées et à explorer la possibilité de suspendre leur application. » C’est à partir de Constantine, le 27 juin dernier, que le ministre du Commerce a répondu à la lettre en déclarant : «L’Algérie prend ses décisions en toute souveraineté et nul ne peut s’arroger le droit de lui dicter ce qu’elle doit faire.» Pour M. Djaâboub, «l’Algérie, qui constitue un grand marché de 51 milliards de dollars, se doit de prendre les mesures d’encadrement de l’investissement à même de sauvegarder ses intérêts». « Les décisions prises, entre autres l’imposition aux sociétés commerciales étrangères d’ouvrir obligatoirement leur capital à une participation algérienne de 30% au moins, seront strictement respectées et appliquées car il s’agit de mesures qui engagent la souveraineté nationale, quelle que soit la réaction de ces sociétés », a-t-il ajouté. Du côté de Bruxelles, on accuse le coup après qu’« un membre du gouvernement eut expliqué à un commissaire européen le caractère conjoncturel de la décision vu les risques que fait peser l’augmentation de la facture des importations sur la balance des paiements. »

    Une solution qui « sauverait la face »

    Le caractère rétroactif de la décision est un autre élément d’inquiétude pour Bruxelles. Selon un fonctionnaire, on réfléchit à une solution qui « sauverait la face » puisque la Commission est harcelée par les sociétés concernées. Ces dernières disposent de moyens puissants de lobbying à Bruxelles, où l’activité est légale et les représentants des sociétés sont accréditées et disposent de bureaux officiels. Même la délégation de la Commission européenne à Alger subit ce harcèlement à travers les diplomates en poste et les attachés commerciaux des ambassades. Le gouvernement algérien aurait pu utiliser la clause de sauvegarde prévue par l’accord d’association, selon un fonctionnaire qui a requis l’anonymat. Surtout que la cause est connue, avec la crise économique et les risques qui pèsent sur la balance des paiements. Même si on a noté la volonté de l’Algérie de considérer l’UE comme l’un des axes principaux de la politique étrangère de l’Algérie et le caractère stratégique des relations de l’Algérie avec l’UE, de sérieuses questions se posent sur les dernières mesures, même si l’Algérie déclare toujours être attachée au respect scrupuleux des dispositions de l’accord d’association. Si à la Commission, on comprend le principe de souveraineté avancé par l’Algérie, on note néanmoins que l’Algérie est le seul pays qui adopte une législation contre l’accord d’association. Du côté algérien, les causes de ces nouvelles mesures ont été expliquées par la nécessité d’encadrer le commerce extérieur avec une augmentation régulière des importations qui ne s’accompagne pas d’un investissement productif et qui menace les équilibres et la balance des paiements, surtout avec la baisse drastique des prix du pétrole, principale source de financement des importations. D’autres causes sont avancées, pour lesquelles il a été difficile d’avoir des informations complètes. Ainsi, pour la taxe sur les engrais de Fertial décidée par l’UE en 2007, elle aurait été provoquée par une compagnie européenne concurrente de Fertial sous le prétexte de dumping dû à la double tarification du prix du gaz. Sur ce plan, il a été constaté que l’UE participe à sa manière au blocage de l’adhésion de l’Algérie à l’OMC à travers cette taxe. Les blocages qu’a rencontrés Sonatrach pour s’implanter dans certains pays européens sont un autre facteur de discorde. Même si elle a finalement obtenu, dans certains cas, l’autorisation de commercialiser de petites quantités de gaz, la compagnie algérienne reste soumise à des tracasseries et y compris à une fiscalité discriminatoire. Comme on le voit, cette mini-crise n’est pas aussi simple qu’on le croit et elle pourrait aboutir à une demande algérienne de renégocier des termes de l’Accord d’association d’ici la fin de l’année.

  4. #74
    Guest 123 is offline Registered User
    Join Date
    Jan 2006
    Posts
    0

    Ghania Oukazi :


    Dimanche 12 Juillet 2009 -- «La clause de sauvegarde ne peut être évoquée parce qu'elle n'a rien à voir avec les nouvelles mesures sur l'investissement étranger décrétées par le gouvernement Ouyahia.» «Il faut que l'Algérie nous sauve la face, elle peut évoquer la clause de sauvegarde. On se sent injurié par ce manque de respect à l'accord d'association.» Ce sentiment d'avoir été floué par les Algériens est exprimé avec insistance par des responsables en poste à la Commission européenne dès qu'il est question de commenter les dernières mesures décrétées par le gouvernement Ouyahia relatives à l'investissement étranger. La mesure qui leur est restée à travers la gorge, c'est en évidence celle obligeant les sociétés étrangères d'importation à ouvrir leur capital à un partenaire algérien à hauteur de 30%. Et ce qui fait le plus mal c'est la rétroactivité de la mesure que doivent subir les sociétés étrangères déjà présentes sur le marché algérien. «Dans le fond, la mesure ne pose pas problème mais sa rétroactivité si ! Les entreprises étrangères d'importation risquent de quitter le pays», nous dit-on.

    C'est qu'en face de l'indéniable carte de la souveraineté que brandissent les autorités algériennes à chaque fois qu'il leur est demandé de l'extérieur des explications sur les lois qu'elles érigent en contradiction soient-elles avec l'arsenal juridique du pays, les Européens sont plus émotifs. «Nous ne discutons pas le bien-fondé de ces circulaires, vous êtes un pays souverain qui fait ce qu'il veut. Mais ce qui a été écrit à propos de la lettre de la commissaire européenne des Transports adressée au ministre algérien du Commerce est insultant pour nous. Si vous ne respectez pas les accords internationaux que vous avez signés, vous perdez aussi la face !», se plaignent les responsables européens qui signalent que «c'est le ministre Djaâboub qui a voulu distiller le contenu de cette lettre au sein des médias, nous, nous ne voulions pas parce qu'on a voulu trouver un arrangement sans faire de bruit.»

    Ce que veut la CE aujourd'hui, c'est que l'Algérie déclare officiellement et publiquement les raisons qui l'ont poussée à prendre ces mesures. C'est ce qu'elle appelle «nous sauver la face». Au-delà de la clause de sauvegarde qu'ils veulent mettre dans la bouche des Algériens, les Européens avancent une raison, celle-là officielle puisque, disent-ils, elle a été donnée par le ministre des Affaires étrangères lors du Conseil d'association tenu le 16 juin dernier au Luxembourg. Mourad Medelci a, selon eux, justifié les mesures du gouvernement en les qualifiant en premier de «conjoncturelles» imposées surtout «par un grave problème dans la balance nationale des paiements résultant des effets de la crise financière mondiale». Une affirmation qui, au passage, a étonné les responsables du ministère des Finances et beaucoup d'autres responsables.

    «La clause de sauvegarde n'a rien à voir avec les mesures»

    Les Européens insistent: «Les Algériens doivent nous le dire par écrit et nous sauver la face devant les Etats membres et les autres pays étrangers.» Interrogés sur ces déclarations européennes, des responsables algériens soutiennent d'entrée de jeu que la clause de sauvegarde que la CE veut faire «avouer» à l'Algérie est mal à propos. En effet, il est souligné que «la clause de sauvegarde ne peut être évoquée parce qu'elle n'a rien à voir avec les nouvelles mesures sur l'investissement étranger décrétées par le gouvernement Ouyahia. Elle ne peut l'être pour quoi que ce soit que sous un certain nombre de conditions qui ne sont pas réunies dans le cas de ces mesures.» Les responsables algériens affirment que «la rétroactivité de la mesure est confirmée dans la loi de finances complémentaire».

    Les Européens persistent et pensent que ce contentieux peut être réglé par les termes juridiques contenus dans l'accord d'association. Ils insistent énormément sur une solution juridique qui éviterait ainsi le recours par la CE à l'arbitrage. D'ailleurs, les Européens évitent d'en parler parce que, avancent-ils, «on n'est pas encore à l'arbitrage». Les responsables algériens ont bien une autre explication à cette réponse qu'ils qualifient «d'évasive». Les raisons, disent-ils, «les Européens savent qu'ils nous ont bloqués à l'OMC et l'arbitrage n'est possible que si on est membre de cette organisation. Dans le cas des mesures relatives à l'investissement étranger, l'arbitrage est donc nul. Le règlement d'un tel différend, dans le cas de l'Algérie, ne peut se faire qu'entre elle et la CE.»

    «C'est comme ça et puis c'est tout !»

    Les Algériens reconnaissent que «dans ce cas, c'est le bras de fer !». Mieux encore, «c'est comme ça et puis c'est tout», lancent-ils convaincus de la légalité de leur démarche. Nos interlocuteurs européens pensent cependant qu'«il faut discuter avant de décider de faire quoi que ce soit». Bien qu'ils reconnaissent que ces mesures ne sont pas conformes à quatre articles contenus dans l'accord d'association, les Algériens rappellent cependant à propos de leur unilatéralité que «les Européens ont eux aussi violé le principe de la consultation contenu lui aussi dans l'accord d'association».

    Les faits, selon les responsables algériens, remontent à il y a deux ans lorsque la CE a mis en branle une procédure d'antidumping à l'encontre d'une entreprise algérienne à qui il a été conséquemment interdit l'entrée au marché européen. «Ça a été fait sans consultation au préalable et l'affaire n'est toujours pas réglée !», renchérissent les Algériens en lâchant «à la limite, on a appris la leçon !». À la CE, on reconnaît que la directive sur les émissions de gaz qui risque de pénaliser la compagnie Air Algérie a été prise d'une façon unilatérale. Mais, relève-t-on à Bruxelles, «cette directive était en discussion depuis un an et demi mais on n'a jamais entendu un mot des Algériens, ça ne les a pas fait réagir !». L'on précise qu'Air Algérie «est dans de meilleures conditions que certaines compagnies européennes. Elle peut faire voler en Europe la nouvelle flotte qu'elle va acquérir et elle peut garder les avions qu'elle fait déjà voler pour d'autres destinations». Ils avancent d'autres arguments pour convaincre: «La mesure est plus coûteuse qu'une taxe. En plus, elle ne sera applicable pour l'Algérie qu'en 2012, on a donc deux ans et demi pour aboutir à une solution mondiale (et non bilatérale).» Pour les Européens en tout cas, «il ne s'agit pas d'une mesure discriminatoire, par contre les mesures du gouvernement algérien le sont !».

    Aux Européens qui affirment qu'«à terme cette instabilité juridique de la sphère économique algérienne aura des incidences sur les investissements directs étrangers (IDE)», les Algériens interrogent «mais avant que ces mesures ne soient prises, pourquoi les IDE ne sont-ils pas venus alors que les conditions étaient des plus favorables ?». À propos des véhicules de moins de trois ans, les Européens qui avaient assisté au Conseil d'association tenu au Luxembourg, font savoir que «l'Algérie est prête à faire des concessions». Ce qui n'est pas de l'avis de nos interlocuteurs algériens qui affirment n'en avoir jamais parlé avec les Européens, «à aucun moment, nous l'avions jamais évoqué, ni eux l'ont fait!».

  5. #75
    Guest 123 is offline Registered User
    Join Date
    Jan 2006
    Posts
    0

    Ghania Oukazi :


    Dimanche 12 Juillet 2009 -- Contrairement au souhait de la Commission européenne, l'Algérie refuse de faire une nouvelle offre tarifaire en matière de services en prévision de son adhésion à l'Organisation mondiale du commerce (OMC). «On ne peut pas dire aujourd'hui que l'Union européenne est en train d'entraver le processus des négociations algériennes pour l'adhésion à l'OMC, mais si l'Algérie ne répond pas aux questions, on ne peut pas avancer !», relèvent les responsables européens. Ils vont d'ailleurs jusqu'à s'interroger sur les raisons qui laissent l'Algérie faire dans «ces pratiques dilatoires». Pour aller droit au but et affirmer «nous doutons de la volonté de l'Algérie à vouloir vraiment adhérer à l'OMC.» Dans ce cas, disent-ils, «ne rangez pas la balle dans notre camp, ce n'est pas nous qui bloquons vos négociations parce que quand un pays veut adhérer à l'OMC, il travaille beaucoup, ce qui n'est pas le cas de l'Algérie, elle ne répond même pas aux questions !».

    On arrive à avouer, côté européen, que «c'est pour cela qu'on a laissé un peu de côté le dossier algérien ». Non sans répéter que «nous Européens, sommes prêts à lui faire des concessions sur les services». Une précision qui fait réagir les Algériens plus que toutes les autres. «On ne répond pas parce qu'on n'est pas pressé !». Mais ce n'est pas tant que l'Algérie ne réponde pas aux questions, qui gêne l'Union européenne, c'est surtout le fait que la Commission européenne lui ait demandé de faire une nouvelle offre sur les services et qu'elle ait refusé. «Pour nous, c'est une énième offre qu'on nous demande de faire sur les services, mais nous ne sommes pas prêts à l'accepter ! Nous refusons de faire de nouvelles concessions sur les services. On en a suffisamment fait !», affirment-ils sans ambages. Non sans rappeler que «les Européens ont été tellement gourmands qu'ils n'ont rien fait pour nous aider dans les négociations alors qu'on pouvait les conclure il y a 4 ans !».

    La CE estime que conformément à la clause de rendez-vous contenue dans l'accord d'association, il serait possible aux deux parties de revoir ce qui a été conclu en matière d'agriculture et de services. «La liste des produits agricoles transformés et de la pêche pourrait être révisée et nous pourrions faire des concessions à l'Algérie en matière de services», promet-on, en signalant que «nous n'avons pas fait de telles concessions à aucun autre pays. Il ne faut pas donc insulter l'adversaire pour lui demander après des concessions. On verra ce que fera l'Algérie à ce rendez-vous». Prévu l'année prochaine, le rendez-vous en question n'a, selon nos sources algériennes, pas été abordé lors du Conseil d'association.

    Le Memorandum of Understanding sur l'énergie, actuellement en discussions entre l'Algérie et l'UE, pose aussi problème. À la disponibilité des Européens à faire aux Algériens « des concessions en matière de services», l'Algérie insiste sur le fait que ses entreprises puissent accéder librement au marché européen. En réalité, rectifient les responsables algériens, «les Européens ne nous ont jamais parlé de concessions. En plus, il n'y a pas de donnant-donnant de ce genre à propos de ce mémorandum. L'Algérie n'en veut pas tant qu'elle n'aura pas adhéré à l'OMC».A la CE, on rappelle qu'à la fin du Conseil d'association de juin dernier, l'Algérie a déclaré qu'elle abriterait un forum des investissements européens. Forum qui sera, nous dit-on, financé par un budget de l'UE. « Débloquer 100.000 euros, ça s'appelle budget ?», interrogent surpris les Algériens. Prévu pour la fin de l'année, ce forum peinera, selon nos sources algériennes, à drainer des investisseurs européens parce que, disent-ils, «avec 100.000 euros, ils auront des difficultés à mener un travail de marketing».

    La CE a, selon nous sources, salué le fait que l'Algérie ait accepté de discuter sécurité : «Ça nous intéresse parce qu'elle a une expérience en matière de lutte antiterroriste». C'est en fait retenu, indiquent les Européens, après qu'elle eut fait une contre-proposition relative au sous-comité des droits de l'Homme, auquel elle a ajouté « sécurité». Les responsables algériens rectifient : «Il y a 4 ans, l'Algérie avait fait une contreproposition au sous-comité des droits de l'Homme en demandant à la CE de lui ajouter le dialogue politique et la sécurité conformément au titre I de l'accord d'association. Mais les Etats membres de l'UE nous l'ont refusé, estimant que nous devions nous aligner sur tout le monde».

    Il est noté qu'au sous-comité sur les droits de l'Homme, tous les pays signataires de l'accord d'association avec l'UE y ont adhéré, à l'exception d'Israël « naturellement». D'ailleurs, aucun Etat membre n'a trouvé à y redire. L'Algérie a refusé de le faire parce que, nous dit-on, «nous refusons qu'il nous soit instauré une sorte de tribunal qui nous demande des explications à chaque fois que ça lui plaît». Le dossier a été rouvert lors du dernier Conseil d'association. «Ils sont revenus sur la question, on y est revenu avec la même contreproposition, c'est-à-dire avec des compétences élargies au sous-comité, avec en plus des droits de l'Homme, le dialogue politique et la sécurité. On attend la décision des Etats membres parce que ce n'est pas à la CE de dire oui ou non», affirment les Algériens.

  6. #76
    Guest 123 is offline Registered User
    Join Date
    Jan 2006
    Posts
    0

    Mardi 14 Juillet 2009 -- L’Union européenne semble prendre très au sérieux les protestations d’Alger dans le dossier de l’accord d’association entre l’Algérie et l’UE. En effet, une délégation d’experts de la Commission européenne séjourne actuellement en Algérie, chargée par l’institution européenne d’évaluer l’accord en question et ses retombées sur l’économie locale. Pour ce faire, les envoyés spéciaux de la Commission européenne devraient rencontrer tous les acteurs économiques et les représentants des institutions concernées directement par la négociation de l’accord en vue de parvenir, en principe, à un rééquilibrage de ses dispositions.

  7. #77
    Guest 123 is offline Registered User
    Join Date
    Jan 2006
    Posts
    0

    Mardi 11 Août 2009 -- D’aucuns estiment que l’accord d’association entre l’Algérie et l’Union européenne ne profite pas à l’économie nationale. Pis, il risque même de détériorer à long terme son tissu des PME en activité si ses dispositions ne sont pas revues. Quatre ans après son entrée en vigueur, force est de constater que les exportations algériennes vers les pays de l’UE ne progressent pas. Hormis les hydrocarbures et dérivés, les autres produits algériens n’arrivent pas à se frayer un chemin et à trouver une place sur les marchés de l’Europe. Depuis que notre pays a ouvert son marché à travers la levée progressive des barrières douanières, conformément aux dispositions de cet accord, plus de 60% de nos importations proviennent de la zone UE. Les investissements européens, en revanche, ne se bousculent pas au portillon. Pourtant, les pays membres de l’UE devraient en principe encourager leurs investisseurs à choisir la destination Algérie. Mais ce n’est pas le cas. Avec le démantèlement tarifaire, on s’attendait à ce que les échanges commerciaux entre les deux parties augmentent, mais ils ont, au contraire, connu une diminution de l’ordre de 10% au profit des Asiatiques et au détriment de la qualité. Les opérateurs économiques algériens se sont rendu compte finalement qu’ils étaient pénalisés. Primo, ils ont du mal à écouler leurs marchandises sur les marchés européens. Secundo, l’UE n’a pas pris en charge suffisamment la mise à niveau des PME algériennes pour qu’elles deviennent compétitives. Devant une telle situation défavorable, les autorités algériennes ont demandé une révision de l’accord en question.

    Suite à une visite du secrétaire d’État européen chargé du Commerce, M. Peter Mandelson, faut-il le rappeler, la partie européenne s’est engagée à accepter les demandes de l’Algérie concernant la révision d’un certain nombre d’articles et d’aspects. “Il faudrait que l’UE apporte son assistance de manière conséquente pour la mise à niveau de l’économie nationale en ce qui concerne, notamment les secteurs de l’agriculture et l’industrie”, relève M. Salah Mouhoubi, docteur en sciences économiques et politiques. Une chose est certaine, il faut qu’il y ait une contrepartie à l’ouverture du marché algérien. Cela figure même parmi les mesures prises dans cet accord. Or, sur le terrain, rien n’y fit : la question de la mise à niveau qui a défrayé la chronique et rempli les manchettes de tous les journaux, des mois voire des années durant, n’a, selon les observateurs très au fait du dossier, pas été concrétisée. Ce que demande en toute légitimité l’Algérie dans le cadre de cet accord, c’est une souplesse des conditions d’accès des produits algériens vers les marchés européens. Car, il ne faut pas oublier que notre pays reste un partenaire stratégique de l’UE puisqu’il assure la couverture de plus de 20% de ses besoins en gaz annuellement. Un partage équitable des intérêts entre les deux parties s’avère donc une nécessité. S’il n’y a pas de contrepartie au profit de l’Algérie, quelle serait l’utilité d’un tel accord d’association ? Salah Mouhoubi, qui maîtrise toutes ces questions, estime qu’il est urgent que les négociations s’ouvrent afin de revoir la copie de cet accord et redistribuer les cartes de nouveau. Cette fois-ci, les négociateurs algériens doivent faire preuve de beaucoup de pugnacité dans les discussions avec leurs homologues de l’Union. Quand il s’agit de l’avenir du pays, ils doivent ôter la casquette de l’ingénuité et mettre celle de la fermeté et de l’audace. En termes plus clairs, il faut pousser l’UE à prendre des décisions fermes, voire chiffrées pour assister l’Algérie dans le processus de mise à niveau de son économie.

    Cependant, notre pays doit, lui aussi, consentir des efforts pour améliorer le climat des affaires et offrir toutes les conditions indispensables pour les investissements directs étrangers en provenance de l’Europe. Que les initiateurs de ces IDE ne rencontrent pas de contraintes les bloquant dans la concrétisation de leurs projets. L’une des priorités auxquelles doivent s’intéresser sérieusement les pouvoirs publics est le secteur agricole qui offre des possibilités d’exportation avérées. Selon un des experts, l’expérience a montré que la libéralisation des échanges commerciaux internationaux apporte des bénéfices à l’ensemble des partenaires. Mais l’expérience a également montré que l’ouverture des marchés entraîne des ajustements qui, affirme-t-il, engendrent des coûts économiques et sociaux. Or, ces coûts sont le prix à payer pour avoir les bénéfices qui, à terme, sont beaucoup plus importants. Afin de réduire les coûts, la Commission européenne devrait offrir un vaste programme de coopération à ses partenaires. Ce qui leur permet d’augmenter la compétitivité de leurs structures productives, notamment des PME. C’est loin d’être le cas en Algérie, par contre. “Il faut qu’il y ait une révision de l’accord, mais l’Algérie doit intégrer celui-ci (l’accord) dans sa stratégie de développement à long terme”, indique l’économiste qui estime que l’État doit prendre en compte les doléances des opérateurs économiques.

+ Reply to Thread
Page 11 of 21 FirstFirst ... 9 10 11 12 13 ... LastLast

Posting Permissions

  • You may not post new threads
  • You may not post replies
  • You may not post attachments
  • You may not edit your posts