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  1. #8
    Guest 123 is offline Registered User
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    Mercredi 13 Février 2008 -- Le groupe de réflexion, crée à l’issue du Salon de l’agriculture Filaha 2007, organisé récemment par la société Expovet et dénommé Filaha Innove, vient d’entamer ses activités. Le programme de 2008-2009 a été d’ores et déjà tracé et les thématiques définies.

    Regroupant tous les intervenants du domaine de l’agroalimentaire, ce groupe s’attelle à effectuer un véritable diagnostic du secteur agricole en Algérie. Les membres posent une vingtaine de questions traitant des différentes problématiques auxquelles fait face l’agriculture dans notre pays.

    À commencer par le poids de celle-ci dans l’économie nationale, les diverses productions, les politiques agricoles en cours ou en projet, organisation des producteurs, les innovations technologiques, la tendance de l’économie agroalimentaire, la propriété foncière, la stratégie industrielle dans le secteur, les accords de libre-échange, le développement des filières… Autant de thèmes qui peuvent faire l’objet de longues séances de débats et auxquels des recommandations seront les bienvenues.

    À travers ce cercle de réflexion, ces anciens cadres du secteur, ces consultants et autres spécialistes, œuvrent pour améliorer les revenus des agriculteurs et souhaitent contribuer à la sécurité alimentaire du pays. Ils proposent des solutions pour l’intégration du secteur agricole dans l’économie nationale et mondiale. Pour eux, rien ne doit se faire sans la protection des ressources naturelles. Le potentiel de production tel que l’eau et la terre doit être, selon eux, amélioré. Les unités de production auront également à améliorer leurs performances tout en bénéficiant du financement et de la technologie. Parmi les activités envisagées par le groupe de réflexion est la tenue prochainement des premières journées de Filaha Innove. Le thème principal choisi a trait au foncier agricole et le développement de l’agriculture.

    Lieu de rencontres et carrefour d’affaires des opérateurs économiques, le Salon Filaha n’est pas qu’un rendez-vous des professionnels du secteur du monde agricole, mais évolue ainsi en une association. Celle-ci se veut un véritable trait d'union entre les différents opérateurs économiques de l'amont et de l'aval du secteur agroalimentaire. Cette organisation a été créée en marge des activités de Filaha 2007. “L’objectif recherché dans cette réorientation dictée par les nouveaux enjeux économiques est de rendre Filaha plus dynamique et au service de ses adhérents”, explique le Dr Benssemane, président du Salon Filaha.

    À cet effet, cette association prendra en charge les recommandations et les activités générées durant ces rencontres. Elle les rendra sous forme d’un programme annuel échéancier avec un suivi permanent et une présentation d’un bilan à l’ouverture du prochain salon.

    Elle sera un véritable forum de concertation et un outil mobilisateur et fédérateur de ses adhérents, en vue de permettre le développement de leurs entreprises et de jouer pleinement leur rôle d’opérateurs économiques. Elle constituera, en outre, une force d'assistance vis-à-vis des adhérents, notamment dans les domaines de l'information, du conseil et de la formation.

  2. #9
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    Nous vous présentons ci-dessous une contribution de cadres du ministère de l’Agriculture défendant l’approche de développement du secteur initiée en 2000 et portée par le Plan national de développement agricole et rural :

    Dimanche 17 Février 2008 -- L’agriculture algérienne est aujourd’hui un sujet de prédilection pour les commentateurs de tous bords et les pourfendeurs professionnels qui, à l’occasion, découvrent qu’il existe une agriculture algérienne et qu’elle est de surcroît capable, si ce n’est de la “faute” des décideurs, de satisfaire l’ensemble des besoins alimentaires des Algériens.

    Cette effervescence et cette fébrilité autour de l’agriculture auraient pu constituer une opportunité pour l’Algérie de voir se structurer, au-delà des contingences politiques et des intérêts mercantiles, un débat serein et constructif autour de la question cruciale de la sécurité alimentaire. Malheureusement, ce sont beaucoup plus les intérêts partisans et les ambitions contrariées qui s’expriment aujourd’hui pour “casser” la seule initiative qui, malgré quelques insuffisances, tente réellement de dynamiser et de moderniser l’agriculture algérienne. Si le Plan national de développement agricole et rural est d’abord l’expression d’une volonté politique, il est aussi l’aboutissement d’une réflexion collective de tous ceux, cadres, économistes, agriculteurs, techniciens, chercheurs…, qui ont à cœur d’améliorer au mieux la sécurité alimentaire de notre pays.

    Si nous nous permettons aujourd’hui de nous départir de la réserve que nous nous sommes imposée, c’est pour apporter la contradiction à tous ceux qui, après plus de 20 ans de silence coupable, tentent par des procédés relevant beaucoup plus du “procès d’intention” que de l’analyse objective, de jeter la suspicion sur une démarche en mesure de briser le carcan de la dépendance alimentaire.

    Il s’agit pour nous de saisir cette opportunité pour préciser davantage l’approche de développement du secteur initiée en 2000 et portée par le Plan national de développement agricole et rural.

    En effet, si nous sommes persuadés de l’existence d’une volonté délibérée de nuire aux intérêts de l’agriculture algérienne, nous sommes également convaincus des intentions louables de certains “commentateurs” de la politique agricole dont le seul désir est d’apporter leur contribution désintéressée sur un sujet d’importance nationale.

    Nous nous devons néanmoins, loin de toute polémique, d’apporter aux uns et aux autres des précisions sur certaines de leurs affirmations qui ne puisent pas leur fondement dans des données objectives, mais s’appuient plutôt sur des lectures empiriques, et le plus souvent erronées, de la réalité.

    Tout d’abord, nous voudrions rappeler le diagnostic qui, établi en 1999, a servi de base à l’élaboration de la nouvelle politique du secteur.

    En effet, la situation d’avant le PNDAR se caractérisait par :

    1 - des systèmes de production inadaptés à nos conditions pédoclimatiques ;

    2 - une stagnation, voire un recul, de la production et une situation inquiétante de la sécurité alimentaire du pays ;

    3 - un désinvestissement amplifié par un financement bancaire inexistant ;

    4 - un désintérêt croissant des opérateurs économiques pour les activités agricoles, avec pour corollaire l’abandon des exploitations agricoles ;

    5 - une dévitalisation des territoires ruraux et une précarisation des conditions de vie des populations rurales aggravées par la détérioration de la situation sécuritaire ;

    6 - une rupture marquée des équilibres écologiques, avec pour principale conséquence la désertification de près de 7 millions d’hectares en milieu steppique ;

    7 - des structures agraires très complexes et inadaptées à une agriculture moderne.

    Près de 70% des exploitations agricoles algériennes ont moins de 10 hectares, 51% de ces exploitations ne sont pas titrées et 50% d’entre elles sont dans l’indivision.

    Face à cette situation, que fallait-il faire ?

    Fallait-il continuer à ignorer cette réalité, avec toutes les conséquences que cela suppose et laisser les importations de denrées alimentaires qui, à l’époque, ne semblaient gêner personne, atteindre des proportions astronomiques ?

    Ou, a contrario, s’engager résolument dans une politique novatrice, en totale rupture avec les hésitations passées, les convictions arrêtées et les fausses alternatives ?
    Last edited by Guest 123; 24th April 2008 at 06:17.

  3. #10
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    continued.....

    Le Plan national de développement agricole et rural (PNDAR) est une réponse sans équivoque à cette interrogation. Il est venu consacrer dans les faits une volonté de changement exprimée par l’ensemble des partenaires et décidée par les pouvoirs publics.

    Après sept années de mise en œuvre, les résultats sont là et les impacts avérés. Chacun peut légitimement et librement en apprécier la substance et la portée, à condition de ne pas ignorer les acquis de cette politique qui restent cependant à conforter. Les affirmations développées ici et là et “les vérités” fallacieuses itérées et assénées par certains appellent de notre part les présentes observations :

    1 - Effectivement, l’une des priorités de la politique consacrée par le PNDAR concerne la reconversion ou l’adaptation des systèmes de cultures à nos conditions pédoclimatiques. Il s’agit de mettre un terme à un système de culture céréalière qui non seulement ne contribuait pas à améliorer la production mais, bien au contraire, aggravait la détérioration des terres et le phénomène de la désertification. Près de 500 000 ha ont été soustraits, avec la libre adhésion des agriculteurs, à la céréaliculture marginale. Cette superficie a fait l’objet d’un traitement différencié (mise en défens, plantations arboricoles, plantations pastorales…) selon la nature des écosystèmes existants.

    De ce fait, la sole céréalière, qui était en moyenne de 3,7 millions d’hectares, a été stabilisée à 3,2 millions d’hectares avec une production moyenne annuelle qui est passée de 21 millions de quintaux (1980-1999) à 31 millions de quintaux (2000-2006).

    Comme on le voit, les programmes de reconversion et d’intensification ont non seulement permis l’augmentation de la production céréalière et des rendements, mais aussi et surtout, ils ont permis la préservation et la valorisation de près de 500 000 ha de terres fragiles vouées à la désertification.

    L’agronomie est une science à part entière qui ne peut s’accommoder d’affirmation péremptoire d’où qu’elle vienne. Cette conviction profonde a conduit le secteur de l’agriculture à engager, dès 2001, une opération de classement général de nos terres agricoles pour en évaluer le potentiel et la valeur agronomique afin d’identifier les cultures qui peuvent idéalement leur convenir.

    2 – S’agissant de la mise en valeur, certains s’évertuent à ignorer que pour le seul programme de mise en valeur des terres par la concession, la surface agricole utile (SAU) a été augmentée de 500 000 hectares entre 1999 et 2007. Ce programme a permis la création de 45 000 exploitations et généré 151 000 emplois. Tout cela, sans compter les résultats des autres programmes de mise en valeur mis en œuvre dans le cadre du PNDAR (APFA, amodiation, mise en valeur d’entreprise, etc.).

    Pour que tous soient à même de mesurer la portée, l’ampleur et les impacts de ces programmes, nous les invitons à visiter les périmètres de mise en valeur situés, entre autres, à Aïn Oussara, Grara, Hassi El-Fehel, El-Ghrouss, El-Maader, Oued El-Touil… Nous nous ferons un plaisir de leur servir de guide dans un monde rural que peu d’esprits critiques semblent connaître.

    3 - Pour ce qui est maintenant de la facture alimentaire, beaucoup préfèrent verser dans la facilité en reprenant à leur compte des opinions profanes au lieu de recourir à un examen approfondi de l’ensemble des indicateurs y afférents. Effectivement, les importations alimentaires se sont élevées à la fin de l’année 2007 à 3,6 milliards de dollars.

    Pourquoi une telle augmentation ? Deux constats s’imposent.

    Premier constat : depuis 2002-2003, les statistiques des douanes faisant foi, l’Algérie n’importe plus de produits maraîchers. La production nationale a augmenté de manière progressive et permet aujourd’hui de satisfaire la demande nationale. Ceci est également vrai pour les viandes blanches, les œufs et les viandes rouges (malgré les importations ponctuelles de viande bovine pour les besoins de la régulation, en particulier durant le Ramadhan). Nous devons néanmoins reconnaître qu’en raison de conditions particulières en grande partie liées au contexte mondial, l’État algérien a été normalement, et exceptionnellement, amené à autoriser et à faciliter l’importation de 100 000 tonnes de pommes de terre en 2007.

    Deuxième constat : si l’on excepte le café, le thé et certains autres produits exotiques, impossibles à produire localement, quatre produits forment la structure de l’essentiel des importations alimentaires de l’Algérie. Il s’agit des blés, des huiles autres que l’huile d’olive, du lait et du sucre. Ainsi, pour les huiles et le sucre l’Algérie reste, pour l’instant, totalement et structurellement dépendante des importations. Pour le lait et les blés, et contrairement à ce qui est tenu pour acquis, en volume nos importations ont soit stagné, soit diminué depuis 2000. Ceci est particulièrement vrai pour les importations des blés durs, qui ont diminué, et pour les importations des blés tendres qui se sont stabilisées.

    Par ailleurs, il convient de noter que ces premiers résultats prennent tout leur sens lorsque l’on sait que la population algérienne a augmenté de près de 3 millions d’âmes entre 2000 et 2006 (statistiques ONS) et lorsque l’on sait également qu’une partie des blés importés a permis à l’Algérie de se constituer aujourd’hui un stock stratégique confortable qui nous permet d’être relativement sereins quant à l’approvisionnement régulier de notre marché.

    Néanmoins, force est de reconnaître que si les importations en volume de ces produits se sont globalement stabilisées depuis 2000, en valeur elles ont connu un accroissement significatif. En effet, et pour illustrer notre propos, les prix moyens des blés durs sont passés de 230 dollars la tonne en 2003 à 790 dollars en 2007, alors que ceux des blés tendres sont passés, pour la même période, de 175 dollars la tonne à 362 dollars. Quant au prix moyen de la tonne de lait, il est passé de 1750 dollars en 2003 à 5 000 dollars en 2007. Il est à noter que de janvier à juillet 2007, le prix de la tonne de lait a augmenté de 2 000 dollars.

    4 - Nous ne pouvons enfin passer sous silence cette propension à considérer allègrement que des sommes “faramineuses” ont été consacrées au PNDAR.

    En effet, entre 2000 et 2006, les montants destinés au soutien à l’investissement s’élèvent à 284 milliards de DA (près de 4 milliards de dollars), soit une moyenne annuelle de 40,5 milliards de DA. Le budget global de l’agriculture durant cette période n’a représenté en moyenne que 3% du budget de la nation.

    S’il est vrai que l’État a consenti des moyens importants pour relancer l’agriculture algérienne et assurer la sécurité alimentaire de nos concitoyens, nous ne pouvons nous résoudre à accepter que, par la magie du langage, on en vienne à qualifier ces moyens de “colossaux” juste pour signifier sournoisement qu’ils ont été gaspillés. Comme on le sait, les pays de l’OCDE, dont la population rurale n’excède pas 4% de la population totale, consacrent chaque année près de 300 milliards de dollars en divers soutiens à leur agriculture. Les soutiens internes que ces pays accordent à cette dernière varient de 19% (USA) à 71% (Suisse). Quant à l’Algérie, où la population rurale représente environ 40% de la population globale, le soutien interne est de l’ordre de 7%, l’État algérien ayant consenti, en l’espace de sept ans, près de 4 milliards de dollars, soit environ 570 millions de dollars par an.

    Dans son évaluation annuelle, la FAO a constaté, en 2006, que les États qui ont nettement amélioré leur sécurité alimentaire sont ceux qui ont consenti le plus d’efforts en matière d’investissement. Il s’agit des États qui ont consacré 4 000 dollars d’investissement par actif agricole et par an. Notre pays, quant à lui, a enregistré un niveau d’investissement annuel de 300 dollars par actif, et ce, pour une population agricole active de 1 852 000 âmes.

    Par ailleurs, il convient de souligner que la valeur de la production agricole algérienne représente en 2006, 9,2 milliards de dollars et que notre agriculture contribue à hauteur de 9%, en moyenne annuelle 2000-2006, à la production intérieure brute et totalise la création de plus de 1 million d’emplois. En outre, nous devons rappeler que le PNDAR ne se résume pas au seul soutien à l’exploitation agricole. Il englobe, en effet, d’autres dimensions tout aussi importantes, que d’aucuns s’évertuent à occulter.

    Ce programme contribue à améliorer les conditions de vie dans le monde rural, lutte contre la désertification, boise et reboise nos montagnes, redonne vie à la steppe, traite les bassins versants pour protéger nos barrages, développe l’irrigation et économise l’eau (près de 60% des soutiens accordés ont été affectés à l’économie de l’eau), assure l’innocuité sanitaire de nos aliments (aucune crise sanitaire n’a été enregistrée depuis 2000), etc.

    Pour conclure notre propos, nous rappellerons tout simplement à toutes les consciences “bien intentionnées”, une sentence que tous les enseignants s’évertuent à répéter sans cesse : “Les faits sont têtus.” On aura donc beau répété que le PNDAR a échoué, la réalité est là, tangible et incontournable. Nous aurions aimé que, en dehors de toute considération politique, le débat reste chez nous, à l’instar de ce qui se passe sous d’autres cieux, objectif, serein et constructif. Nos énergies doivent être canalisées pour aider notre pays à disposer d’un appareil productif agricole performant, à même d’assurer durablement notre sécurité alimentaire. C’est la seule ambition qui nous anime.

  4. #11
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    Jeudi 21 février 2008 -- Une fois de plus, le ministre de l’Agriculture, M. Saïd Barkat, a défendu avec des arguments chiffrés les accusations portées contre son secteur et selon lesquelles le ministère de l’Agriculture a gaspillé l’argent accordé par l’Etat au PNDAR. «L’agriculture ne bénéficie que de 2 % du budget de l’Etat. Nous sommes classés au 13e rang, bien après les ministères de l’Education, de la Solidarité… et même les banques nous boudent. Alors, de quel argent parle-t-on ?» a-t-il rétorqué. Chiffres à l’appui, le ministre a affirmé que l’argent consacré à l’agriculture n’excède pas les 500 milliards de dinars par an.

    «Ce budget, qui englobe la gestion, l’équipement et le financement, n’a pratiquement pas changé depuis 2000 puisque le montant cumulé jusqu’à 2007 ne dépasse pas 360 milliards de dinars», a-t-il argué. Il a ajouté que malgré ces entraves financières, l’agriculture arrive tout de même à se classer après le secteur des hydrocarbures puisqu’elle représente 10 % du PIB. Vantant les résultats du plan national du développement agricole mis en œuvre depuis 2000, le ministre a souligné que l’application du PNDA a permis une croissance substantielle du secteur.

    Il a donné l’exemple des céréales dont la production a grimpé de 21 millions de quintaux à 36 millions de quintaux, voire plus de 40 millions durant ces trois dernières années pour un besoin national de 70 millions de quintaux. De même que la filière lait dont la production a atteint 1,4 milliard de litres pour un besoin national de 3 milliards de litres pas an. «L’application de ce programme nous a permis de faire face aux fluctuations des prix sur le marché mondial de certains produits de première nécessité», a-t-il affirmé.

    Concernant la hausse de la facture alimentaire par rapport aux années précédentes, le ministre a admis que les dépenses de l’Etat en biens alimentaires ont nettement augmenté par rapport aux années précédentes, mais cela n’est sûrement pas à cause de la hausse des quantités importées. Cela est dû essentiellement à la flambée des prix conjuguée à la faiblesse du dollar par rapport à l’euro, monnaie avec laquelle est effectuée la plupart de nos achats.

    Le ministre a enfin évoqué le développement de la production du lait dans les wilayas du Sud en invitant les représentants de ces wilayas présents dans la salle à la création de laiteries dans toutes les localités du Sud.

  5. #12
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    ALGIERS, February 28, 2008 (Reuters) - OPEC member Algeria, one of Africa's top food importers, said on Thursday it aimed to boost its long neglected agricutural sector and increase a level of food self-sufficiency in decline for almost half a century.

    A Mediterranean breadbasket in French colonial times, Algeria's food production today covers only about 20 percent of its needs. Farming lost its status as the country's economic backbone to the oil and gas sector in the 1970s.

    A cabinet meeting chaired by President Abdelaziz Bouteflika on Wednesday evening declared that long-term policy should be to devote more land to food output including cereals, a statement published by government newspaper El Moudjahid said.

    More land should be irrigated and greater effort made to protect "immense territories threatened" by desertification. The policy should also encourage oasis-based agricultural production in 360,000 hectares in the Sahara, it said.

    "Our farming should be reinvented," the statement quoted Bouteflika as saying, adding that Algeria had to ensure food security and provide a decent income for farmers.

    "It is a question of reinforcing the country's food security by giving more priority to basic food products like cereals, milk, vegetable oil, potatoes, pulses, red and white meats," the statement said.

    The nation of 33 million people annually buys 5 million tonnes of cereals worth around $1 billion to help feed a population that has more than tripled since independence.

    Its exports from agriculture, mainly dates and wine, are marginal at under $50 million in 2006, in comparison with over $54 billion of hydrocarbon exports during the same period.

    For centuries farming dominated the economy and at independence accounted for 63 percent of export revenues.

    But the departure of the French in 1962 set off a decline, with the loss of foreign managers and skilled labour compounded by the introduction of a rigid command economy that for years featured fixed salaries for farmers and effective state ownership of farms.

    Farming suffered further damage in the 1990s when political violence triggered an exodus to the cities by rural families fleeing fighting between the army and Islamist armed groups.

    The state has budgeted $4.2 billion for farming in a 2005-2009 national economic recovery plan, aiming to improve soil quality, grant concessions of land to agricultural investors, carry out reaforestation and promote farm busineses.

    The government statement mentioned most of these issues but did not directly address access to bank loans, a big problem for many farmers. Economists say farmers often lack the title deeds that would qualify as collateral, so are unable to borrow.

    Bouteflika said the question of agricultural land was complex but should not be an obstacle to farming modernisation. The state should provide farmers with a legal status that would ensure their "rights", he said without elaborating.

  6. #13
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    Samedi 1 Mars 2008 -- Le Conseil des ministres de mercredi dernier a été consacré en grande partie au secteur de l’agriculture, lequel a fait l’objet d’un rapport d’évaluation sur la politique en place et présentant notamment les défis qui se posent au secteur. Dossier établi sur la base d’un état des lieux mettant en exergue les atouts et les faiblesses du secteur. L’analyse des bilans des dernières années d’application du Plan national de développement agricole et rural (PNDAR) trace les perspectives de développement à moyen et long terme à prendre en considération. Celles-ci reposent sur des axes stratégiques. Ainsi, dans le rapport, il est mis l’accent sur la nécessité de renforcer la sécurité alimentaire du pays en donnant la priorité aux produits alimentaires de base que sont les blés, le lait, les huiles, la pomme de terre, les légumes secs, les viandes rouges et blanches et les œufs. Cependant, cette orientation ne doit en aucun cas s’accompagner d’une marginalisation des fruits et légumes, dont les niveaux actuels de production permettent de disposer d’une ration alimentaire plus équilibrée et de qualité, en adéquation avec les recommandations de l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) en la matière, et de contribuer aux exportations hors hydrocarbures. D’autres axes, comme celui de consolider l’adaptation des systèmes de production aux conditions agro-climatiques, sont cités.

    En d’autres termes : poursuivre le programme d’adaptation des systèmes de production aux conditions agro-climatiques, dont la reconversion de la céréaliculture marginale en fourrages, l’arboriculture rustique et la viticulture, de développer davantage les systèmes économiseurs d’eau et d’étendre les surfaces irriguées dans les limites autorisées par une exploitation durable de la ressource. Il est aussi préconisé, dans le rapport, de mettre en culture une partie des jachères et les terres inexploitées pour élargir la base productive, en complément à la mise en valeur des terres, de poursuivre la lutte contre la désertification pour sauvegarder les immenses territoires menacés. A propos de la lutte contre la désertification, les rédacteurs du rapport proposent de consolider la mise en défense, d’intensifier la production fourragère en zone d’épandage de crues, de réaliser des points d’eau pour l’abreuvement du cheptel et, enfin, de viser une régénération de l’écosystème par l’implication des éleveurs.

    Cinquième axe : dynamiser le développement forestier et renforcer la protection des forêts par la mise en œuvre d’un programme d’action sectoriel portant sur la réalisation de plantations forestières, de traitements de bassins versants, d’ouverture de pistes, de creusement de tranchées pare-feu, de points d’eau et de travaux sylvicoles.

    L’agriculture saharienne est aussi concernée par la nouvelle stratégie. Son développement portera sur la mise en valeur de 180 000 ha dans le sud-ouest et le Tassili, soit 50 000 dans la région du Touat-Gourara et 130 000 dans les zones de Debdeb Illizi et Djanet. Le dernier axe cité dans le rapport consiste à achever la recapitalisation de l’agriculture par la mise à niveau des exploitations agricoles restantes.

    Intervenant à l’issue de la présentation de ce dossier, et après avoir mis en exergue les efforts consentis par l’Etat au profit du secteur à travers, notamment, le Plan national de développement agricole et rural (PNDAR), dont il est prématuré de faire le bilan, car, en agriculture, les résultats ne sont pas à inscrire dans le court terme, le président de la République a instruit le gouvernement à l’effet d’inscrire son action par de nouvelles orientations. Le premier responsable du pays a dit que notre agriculture est à réinventer. Et de souligner que la politique agricole doit se traduire par une exploitation optimale de tous les facteurs de production (terres, eau, ressources humaines). La priorité sera donnée aux zones à fort potentiel, de manière à rentabiliser au mieux les investissements engagés et accroître quantitativement et qualitativement les productions. Le président de la République s’est aussi intéressé à la question foncière quand il dira : «Sa complexité n’échappe à personne, mais ne doit pas constituer un obstacle à la modernisation et au développement de l’agriculture».

    En ce sens, il appartient au gouvernement, nonobstant le statut juridique des terres, de se pencher, d’abord, sur le statut de l’exploitation agricole dont il devra définir les contours pour en assurer l’intégrité et la viabilité, et consacrer le statut de l’exploitant agricole pour en fixer les droits, mais aussi les obligations vis-à-vis de la collectivité nationale. Le secteur agricole se doit de relever le défi de la modernisation à travers le remembrement des terres agricoles pour créer des exploitations viables, la mécanisation des exploitations et la fertilisation du sol, la maîtrise des itinéraires techniques de production et des actions de formation et de recherche pour améliorer les rendements. Les aides et concours de l’Etat doivent être orientés vers ces finalités en ciblant particulièrement les projets structurants capables d’imprimer une dynamique au développement du secteur et un effet d’entraînement pour les autres secteurs d’activité.

  7. #14
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    Dimanche 2 Mars 2008 -- La hausse vertigineuse des produits alimentaires dans le marché mondial repose cruellement la question de la sécurité alimentaire: l’Algérie est-elle en mesure d’y faire face? La question paraît invraisemblable, mais la réalité est tout autre pour un pays qui ne peut même pas s’autosuffire en pomme de terre. De ce point de vue, cette question brûlante est tout à fait logique et légitime. Avec un matelas financier qui a atteint 110 milliards de dollars, l’Algérie peut s’assurer deux années d’importations. Un constat purement mathématique qui a, cependant, besoin d’être réajusté. En effet, le marché mondial des matières premières nécessaires à la fabrication des produits de large consommation (blé, poudre de lait, graines de tournesol...) connaît actuellement de sérieuses perturbations. Il est marqué par une flambée des prix jamais égalée.

    En fin de semaine écoulée, le cours du contrat de blé pour livraison en mai a atteint les 13 dollars le boisseau. Du jamais-vu. Le soja a franchi pour la première fois de son histoire la barre des 15 dollars. Les cours du maïs se sont, quant à eux, confortablement installés au-dessus des 5 dollars sur le marché à terme de Chicago. Tandis que l’envolée des prix de l’or noir stimulait fortement la demande en biocarburants, qui constituent, selon certains, l’alternative aux énergies fossiles telles que le pétrole en l’occurrence. Ceux-ci sont produits à partir du soja pour le biodiesel et du maïs pour l’éthanol. Il est cependant à retenir que parmi ces trois produits (blé, maïs, soja), c’est surtout le marché du blé qui s’est montré le plus volatile alors que les investisseurs montrent des signes de désintérêt pour la récolte 2007. Et pour tout arranger, le billet vert poursuit sa glissade face à la monnaie unique européenne. 1,52 dollar pour un euro. Ce qui tend à favoriser la hausse des prix agricoles. «Si le pétrole continue de monter et le dollar de s’affaiblir, cela devrait pousser les cours des produits agricoles», a pronostiqué Joe Victor, analyste d’Allen Dale.

    98% des recettes en devises engrangées par l’Algérie sont dues à ses exportations en hydrocarbures. Ses importations sont libellées en majeure partie en monnaie américaine, le dollar. Son économie est en plein dans cet engrenage. Les prévisions du Fonds monétaire international pour l’Algérie ne sont guère rassurantes. Selon cet organisme, l’importation des produits de consommation durant les quatre prochaines années en Algérie devrait connaître une hausse spectaculaire. De 32 milliards en 2008, elle doit passer à 47 milliards de dollars en 2012. Les importations algériennes ont fait un bond remarquable. Elles sont passées de 21,45 milliards de dollars en 2006 à 27,44 milliards de dollars en 2007. Ce qui représente une hausse de 27,8%, selon les chiffres fournis par le ministère du Commerce.

    Pour ce qui est des céréales, semoule et farine, la facture était de 1,39 milliard de dollars en 2006. Elle a atteint 1,89 milliard de dollars en 2007. Tandis que pour la poudre de lait les importations pour l’année 2007 ont fait ressortir un chiffre de 1,06 milliard de dollars alors qu’il était de 709,13 millions de dollars en 2006. Une augmentation de 50%. Les crises récurrentes auxquelles fait face la société algérienne (blé, poudre de lait, fruits et légumes et plus récemment l’augmentation vertigineuse de l’huile de table) constituent des indicateurs qui ne trompent pas. Le malaise est plus profond que ce que l’on tente de nous expliquer. La famine guette l’ensemble de la planète. La sonnette d’alarme a été tirée par la directrice générale du PAM, le programme alimentaire mondial.

    Les prix du blé ont augmenté de 200% depuis le début de ce siècle. Les prix des aliments, libellés en dollars, ont connu une hausse de 75%. Elle représente des hausses que supportent très mal des millions de personnes à travers le monde. L’offre serait-elle insuffisante? Don Mitchell, économiste en chef de la Banque mondiale, constate que «la hausse du prix des céréales n’est pas causée par des problèmes d’offres à court terme, comme cela est normalement le cas, et plusieurs années sont probablement nécessaires avant que l’offre n’augmente suffisamment pour renflouer les stocks et faire baisser les prix». On peut imaginer une famille algérienne aux revenus modestes qui payait le bidon de 5 litres d’huile 100DA il y a une dizaine d’années et qui le paie 950DA aujourd’hui, on alors 10DA le kilo de pomme de terre pour la même époque et 60DA à l’heure actuelle. Des hausses qui peuvent s’avérer «meurtrières». Au Yémen par exemple, le prix du blé qui a doublé pourrait augmenter la pauvreté de 6% dans ce pays, selon un rapport de la Banque mondiale. Parmi les 36 pays qui connaissent une crise relative à la sécurité alimentaire, 21 d’entre eux se situent en Afrique. Le Leshoto et le Swaziland ont connu des sécheresses qui ont nui à leur production. En Sierra Léone, les salaires sont tellement faibles qu’ils ne permettent même pas l’accès aux produits locaux.

    En Algérie, la flambée des prix des produits de consommation a modifié sensiblement les habitudes alimentaires des citoyens. La confortable aisance financière dont elle dispose n’a pu juguler cette crise. Les quelques mécanismes mis en place ainsi que les subventions allouées risquent de s’avérer inefficaces. Une question s’impose: l’Algérie était-elle assez préparée pour intégrer l’économie de marché?

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