+ Reply to Thread
Page 3 of 11 FirstFirst 1 2 3 4 5 ... LastLast
Results 15 to 21 of 75
  1. #15
    Guest 123 is offline Registered User
    Join Date
    Jan 2006
    Posts
    0

    Mercredi 3 Septembre 2008 -- Les arguments de la Banque d’Algérie relatifs au maintien de sa politique de change ne sauraient concorder avec la logique du Fonds monétaire international, selon l’économiste algérien Abderrahmane Mebtoul. Alors que la Banque d’Algérie continue de soutenir que «le taux de change effectif réel du dinar est proche de son niveau d’équilibre», le FMI estime que la valeur du dinar (cent dinars pour un euro) est loin de refléter l’aisance financière du pays. «Pour cette institution internationale, l’Algérie, à l’instar des pays pétroliers, devrait surévaluer sa monnaie eu égard aux sommes colossales générées par la rente pétrolière», a indiqué M. Mebtoul au Jeune Indépendant.

    De son côté, la Banque centrale a expliqué que la politique de change de l’Algérie a pour objectif, depuis la seconde moitié des années 1990, la stabilisation des taux de change effectif réel à long terme du dinar. Cela a pour but de stimuler les investissements nationaux et étrangers par la réduction des incertitudes en matière de prix et d’encourager les exportations par le confortement de la compétitivité externe. Des propos qui ne tiennent pas la route car, pour le FMI, cette politique n’a pas réussi à redynamiser les exportations hors hydrocarbures qui ne représentent que 2 % des ventes algériennes.

    De plus, l’Algérie a renoué avec l’inflation et le chômage qui ont atteint des taux respectifs de 12 et 20 %, selon son rapport. Des taux qui ne concordent pas avec les données officielles qui parlent d’un taux d’inflation de 5 % et d’un taux de chômage de 11 %. «Le blocage est d’ordre systémique car l’Algérie manque de visibilité politique et n’arrive pas à se décider, selon cette institution monétaire qui a toujours signifié à l’Algérie qu’elle n’est pas dans une économie de marché mais dans une interminable transition», a-t-il indiqué.

    Le FMI, quant à lui, estime que la réévaluation du dinar est susceptible de dynamiser l’investissement local et d’attirer les IDE. Une solution qui a toujours été écartée par l’Algérie justifiant que 98 % de sa production proviennent des ressources éphémères et la réévaluation du dinar mènera droit vers l’explosion des importations et un transfert massif des capitaux. En clair, le dinar ne se consolidera que s’il y a une production hors hydrocarbures.

    M. Mebtoul a mentionné, par ailleurs, que le patronat partage en partie la thèse du FMI en réclamant une réévaluation progressive du dinar car cela lui permettra d’importer les équipements nettement moins cher. Cet économiste a conclu que la réévaluation de la monnaie nationale n’est pas un acte technique mais une décision politique et c’est le prochain gouvernement qui tranchera la question.

    Pour sa part, l’Association des banques et des établissements financiers (ABEF) converge avec la Banque d’Algérie en soutenant que la valeur du dinar par rapport à la parité internationale est stable depuis 10 ans. Expliquant que la parité bouge en fonction de la valeur des monnaies de référence, notamment le dollar et l’euro, l’ABEF souligne que «revaloriser ou dévaloriser n’est pas un acte simple, cela a des conséquences néfastes sur les investissements et les gains de compétitivité». Pour l’ABEF, la gestion du dinar devrait être conforme à l’intérêt économique du pays. «Il faut avoir une politique de change qui soutient les investissements et décourage les importations inutiles», a-t-on conclu.

  2. #16
    Guest 123 is offline Registered User
    Join Date
    Jan 2006
    Posts
    0

    Dimanche 7 Septembre 2008 -- Le 11 février 2008, Le Conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) a conclu les consultations au titre de l'article IV avec l'Algérie.

    Informations générales

    Les réformes économiques axées sur le marché mises en œuvre ces dernières années par l'Algérie ont commencé à porter leurs fruits : accélération de la croissance, faiblesse de l'inflation et renforcement des positions budgétaire et extérieure. La croissance du PIB réel a culminé à 4,6 % en 2007, contre 2 % en 2006, grâce au dynamisme du secteur hors hydrocarbures (6 %), lui-même soutenu par l'activité des services, du bâtiment et des travaux publics. L'inflation est restée modérée en dépit de la hausse des prix des produits alimentaires. Le chômage a continué de baisser en 2007, mais reste élevé, surtout chez les jeunes.

    La position extérieure de l'Algérie a continué de s'améliorer. Sous l'effet de la hausse des cours mondiaux du pétrole, les réserves de change dépassent désormais le seuil des 100 milliards de dollars et le solde du compte extérieur courant est resté supérieur à 20 % du PIB en 2007.

    L'orientation de la politique budgétaire est restée expansionniste. Le déficit hors hydrocarbures est passé de 36 % du PIB en 2006,à environ 37,5 % en 2007, en raison de la mise en œuvre du programme d'investissements publics et de l'augmentation de la masse salariale. Néanmoins, la hausse des recettes des hydrocarbures a porté l'excédent budgétaire global à 12 % du PIB en 2007, ce qui a accru les ressources du Fonds de régulation des recettes (FRR).

    Les réformes structurelles visant à renforcer l'intermédiation financière et à améliorer le climat des affaires, afin de stimuler l'investissement privé et la croissance économique à moyen terme, ont continué de progresser.

    Évaluation par le Conseil d'administration

    Les Administrateurs ont marqué leur accord sur l'essentiel de l'évaluation des services du Fonds Monétaire International. Ils ont accueilli favorablement les performances économiques encourageantes de l'Algérie au cours des dernières années, reflétant des réformes orientées vers le marché et des politiques macroéconomiques prudentes dans un environnement externe favorable. La croissance hors hydrocarbures s'est accélérée, l'emploi s'est accru et les pressions inflationnistes sont sous contrôle. Les situations budgétaire et extérieure demeurent fortes et l'ambitieux programme d'investissements des autorités a commencé à améliorer l'infrastructure et les conditions de vie.

    Les Administrateurs conviennent que les principaux défis auxquels l'Algérie fait face consistent à assurer une productivité et une croissance hors hydrocarbures fortes et durables et à réduire davantage le chômage qui demeure élevé. Ils ont accueilli favorablement l'engagement des autorités à maintenir la stabilité macroéconomique et à approfondir les réformes de marché, comme base pour faire face à ces défis, et ont souligné, en particulier, l'importance de l'amélioration de l'intermédiation financière.

    Les Administrateurs ont considéré que le resserrement de la politique monétaire a permis d'absorber l'excès de liquidité dans le système bancaire et aidé à maintenir l'inflation sous contrôle, malgré la hausse des prix des produits alimentaires. Ils ont souligné que, dans la mesure où l'impulsion budgétaire accroîtra la liquidité et la demande intérieure, la vigilance continue de la Banque d'Algérie est de rigueur. Ils ont également encouragé l'approfondissement de la réflexion sur des mesures à même d'absorber l'excès de liquidité de manière permanente. Dans ce contexte, ils ont accueilli favorablement la récente augmentation du taux des réserves obligatoires.

    Les Administrateurs ont considéré que la politique de taux de change est en phase avec la stabilité externe. Ils ont pris note de l'évaluation indiquant que le taux de change effectif réel demeure proche de son niveau d'équilibre, tout en prenant en compte les difficultés d'estimation dans le cas des pays exportateurs de pétrole. Les Administrateurs ont encouragé les autorités à continuer à gérer le taux de change de manière flexible, tout en mettant en œuvre des politiques visant à accroître la productivité et la diversification économique.

    Les Administrateurs ont convenu que le rythme budgétaire actuel demeure compatible avec la viabilité budgétaire à long- terme. Ils ont noté cependant que si les pressions inflationnistes s'intensifient, le poids ne doit pas être supporté uniquement par la politique monétaire et l'atténuation de l'impulsion budgétaire envisagée pour 2008 pourrait s'avérer nécessaire. Dans ce contexte, les Administrateurs ont noté qu'une prioritisation prudente des projets inclus dans le programme d'investissement publics, en conformité avec les capacités d'absorption, pourrait réduire les pressions sur la demande. Ils ont accueilli favorablement la mise en place de la Caisse Nationale pour l'investissement et le Développement et souligné l'importance de son rôle dans la préservation de la qualité de la dépense dans le cadre du programme d'investissements publics. Les Administrateurs ont également félicité les autorités pour les améliorations substantielles dans la gestion des finances publiques et dans la transparence budgétaire.

    Les Administrateurs ont noté que l'importante augmentation dans l'enveloppe salariale envisagée pour 2008 vise à améliorer l'efficacité de l'administration publique. Ils ont encouragé les autorités à maintenir les hausses des salaires réels dans le secteur public en phase avec les gains de productivité dans le secteur hors hydrocarbures, tel qu'envisagé conformément aux principes contenus dans le Pacte National Économique et Social et ce, afin de préserver la compétitivité et la viabilité budgétaire à long-terme.

    Les Administrateurs ont été encouragés par les progrès en matière de renforcement de l'administration fiscale et de simplification du système fiscal. Ils ont considéré que l'élimination progressive des exemptions, l'amélioration de la conception de la TVA et l'élimination de la taxe sur le chiffre d'affaires pourraient contribuer de manière importante à l'amélioration du climat des affaires.

    Les Administrateurs ont souligné l'importance d'une mise en œuvre soutenue des réformes du secteur financier pour l'amélioration du climat des affaires et le renforcement de la croissance tirée par le secteur privé. Ils ont encouragé les autorités à mettre en œuvre les recommandations de la mise à jour du Programme d'Évaluation du Secteur Financier (PESF) de 2007, y compris le renforcement du rôle des banques privées. Au vu du fort accroissement du crédit au secteur privé, les Administrateurs accordent une grande priorité à l'amélioration de la gouvernance des banques et de leurs capacités de gestion des risques. Ils ont également souligné que les schémas de garantie des crédits aux petites et moyennes entreprises ne doit pas distraire les banques de l'évaluation prudente du risque de crédit.

    Les Administrateurs ont accueilli favorablement la décision des autorités de lister les titres obligataires des grandes entreprises et les titres du Trésor à la Bourse d'Alger, et ont recommandé la finalisation rapide du cadre règlementaire régissant le marché des billets de trésorerie. Développer davantage les marchés des titres obligataires des entreprises pourrait contribuer à la stabilité financière et à la croissance.

    Les Administrateurs ont accueilli favorablement les progrès accomplis en matière de libéralisation du commerce bilatéral et régional. Ils sont dans l'attente de l'accession de l'Algérie à l'OMC, ce qui constituera un pas important pour assurer l'accès aux marchés internationaux.

    Les Administrateurs ont encouragé l'Algérie à poursuivre leurs efforts pour participer à l'initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE).

    Il est prévu que les prochaines consultations au titre de l'Article IV auront lieu conformément au cycle de 12 mois.

    (source : FMI)

  3. #17
    Guest 123 is offline Registered User
    Join Date
    Jan 2006
    Posts
    0

    Sonia Lyes :


    Dimanche 7 Septembre 2008 -- «Il n’y aujourd’hui aucune raison valable de ne pas réévaluer le dinar, sauf peut-être une seule : le peu de confiance du gouvernement dans sa politique de relance économique ». Ce commentaire d’un économiste algérien interrogé par toutsurlalgerie.com illustre les incohérences de la politique monétaire du gouvernement. Explication : la valeur actuelle du dinar est loin de refléter la réalité économique du pays. Ces dernières années, grâce à la flambée des prix du baril, l’Algérie a enregistré de nombreux progrès et une croissance économique soutenue, que le discours officiel n’hésite pas à mettre en avant. Mais, la valeur de la monnaie n’a pas suivi.

    Selon le même économiste, une réévaluation du dinar présente de nombreux avantages. A commencer par celui de redonner du pouvoir d’achat aux citoyens et mettre fin au « paradoxe algérien » : un peuple pauvre dans un pays riche. Certes, une hausse du pouvoir d’achat comporte aussi un risque, celui de voir l’inflation bondir. « Mais ce risque est en réalité faible. Car la hausse des prix en interne sera compensée par leur baisse à l’achat. Un dinar fort va permettre de réduire mécaniquement la facture d’importation», explique le même économiste.

    Autre avantage d’une réévaluation du dinar : favoriser les investissements, notamment dans l’industrie. Avec une monnaie plus forte, les investisseurs algériens pourront acquérir des biens d’équipements à des prix compétitifs à l’étranger. Construire une unité de production deviendrait moins cher qu’aujourd’hui. Ce qui pousserait beaucoup d’investisseurs à choisir la voie de l’industrie au lieu d’exercer des activités de simples importateurs, sans apport réel pour l’économie nationale.

    Un dinar fort réduirait également la part du marché parallèle dans l’économie, estimée actuellement à 40%. Un dinar partiellement convertible réduirait en effet la différence entre sa valeur en banque et son taux sur le marché parallèle. Aujourd’hui, les sommes en devises circulant illégalement dans le pays sont estimées à plusieurs dizaines de milliards d’euros. Elles échappent au contrôle de l’État.

    Dans ce contexte, le refus de la Banque d’Algérie de réévaluer le dinar peut s’expliquer par deux choses : une pression importante exercée par les lobbys proches du marché parallèle ou un manque de confiance de la part du gouvernement dans ses propres réformes. Dans les deux cas, le constat est inquiétant.

  4. #18
    Guest 123 is offline Registered User
    Join Date
    Jan 2006
    Posts
    0

    Sonia Lyes :


    Dimanche 7 Septembre 2008 -- «Une semaine après les révélations de TSA (toutsurlalgerie.com) sur la demande émise par le FMI concernant une réévaluation du dinar (lire notre article), la Banque d’Algérie peine à justifier sa politique monétaire, notamment en matière de change. En dépit des démentis, TSA maintient ses informations : le FMI a bien demandé aux autorités algériennes de réévaluer le dinar et de lever partiellement le contrôle des changes. Nous maintenons également que les deux dévaluations de 1994 (50% en avril puis 15% en septembre) ont été décidées sans l’accord du FMI qui était même opposé à une telle décision.

    Contrairement aux affirmations de la Banque d’Algérie et aux informations rapportées, samedi 6 septembre, par l’agence APS, le FMI n’a jamais estimé que la valeur du dinar algérien était proche de son niveau d’équilibre. Dans son dernier rapport, daté du 19 février 2008 , le Fonds explique : «les Administrateurs ont considéré que la politique de taux de change est en phase avec la stabilité externe. Ils ont pris note de l'évaluation indiquant que le taux de change effectif réel demeure proche de son niveau d'équilibre, tout en prenant en compte les difficultés d'estimation dans le cas des pays exportateurs de pétrole. Les Administrateurs ont encouragé les autorités à continuer à gérer le taux de change de manière flexible, tout en mettant en œuvre des politiques visant à accroître la productivité et la diversification économique ». Comprendre : le FMI a seulement pris note des indications fournies par les autorités algériennes concernant leur politique en matière de change et évoque des « difficultés d'estimation ». Ce passage du rapport du conseil d’administration du FMI confirme l’existence de discussions entre les deux parties concernant la politique monétaire et la valeur du dinar. Mais le FMI indique seulement avoir pris note de l’évaluation fournie par les Algériens concernant le taux de change et évoque des difficultés d’appréciation «dans le cas des pays exportateurs de pétrole».

    Les affirmations de la Banque d’Algérie comporte une incohérence de taille : comment est-il possible d’affirmer que la valeur du dinar en 2008 est presque la même qu’en 1994, année de la dernière dévaluation, sans prendre le risque de reconnaître implicitement que l’Algérie n’a réalisé aucun progrès économique en 14 ans, alors que le discours officiel ne cesse de vanter les progrès enregistrés ? De nombreux économistes ne comprennent pas comment le dinar n’a pas suivi la croissance économique de ces dernières années. A moins que les dépenses publiques aient connu de tels dérapages durant ces dernières années que le dinar est resté au même niveau de valorisation. Mais cette dernière hypothèse parait peu probable dans la mesure où le FMI semble satisfait des progrès de l’Algérie sur ce point. Enfin, la Banque d’Algérie affirme vouloir encourager les exportations en maintenant le dinar à un niveau très bas. Quand on sait que les exportations hors hydrocarbures ont atteint péniblement le milliard de dollars, on ne peut que douter du sérieux d’une telle affirmation.

    Les explications de la Banque d’Algérie concernant la valeur du dinar restent, dans ce contexte, peu convaincantes.

  5. #19
    Guest 123 is offline Registered User
    Join Date
    Jan 2006
    Posts
    0

    Rafik Tayeb :


    Dimanche 7 Septembre 2008 -- Une main d’œuvre bon marché et des prix des produits et des services aussi élevés que ceux pratiqués dans les pays européens : pour les entreprises étrangères, l’Algérie est un véritable eldorado. Grâce au dinar faible (100 dinars pour un euro), les centaines d’entreprises étrangères implantées dans le pays ont accès à l’une des mains d’œuvres les moins chères du monde. Un ingénieur payé 500 euros charges comprises contre plus 5000 euros eu Europe, un ouvrier qui touche moins de 200 euros contre près de 2000 euros de l’autre côté de la Méditerranée...les entreprises étrangères réalisent d’importantes économies sur leurs masses salariales. Dans le même temps, ces groupes n’hésitent pas à vendre leurs produits à des prix identiques à ceux pratiqués dans les pays riches.

    Ainsi dans la téléphonie mobile par exemple, le prix de la minute de communication est presque identique à celui pratiqué en France. De même que les véhicules financés par les formules de crédit des banques étrangères sont vendus au même prix qu’en Europe. Cette situation permet à ces entreprises de réaliser des taux de marges exceptionnellement confortables. A titre d’exemple, l’opérateur Djezzy réalise une marge de 66% sur ses services en Algérie contre une moyenne de…7% pour un opérateur mobile en France, en Grande-Bretagne ou en Espagne par exemple. Les banques étrangères affichent une rentabilité record de 28% (lire notre article), l’un des plus élevés au monde.

    En revanche, un dinar faible continue de pénaliser fortement les salariés algériens qui voient leur pouvoir d’achat atteindre des niveaux très bas dans un pays pourtant riche de 150 milliards de dollars de réserves de change. Entre 1991 et 1994, l’Algérie, qui se trouvait dans une situation de quasi-cessation de paiement a été contrainte de dévaluer fortement sa monnaie. L’objectif recherché à l’époque était de réduire mécaniquement la dépense publique en baissant fortement la valeur des salaires des fonctionnaires et autres salariés des entreprises publiques, payés par l’Etat. Cette mesure est intervenue après des licenciements massifs et des fermetures de plusieurs dizaines d’entreprises publiques.

    Mais, aujourd’hui, cette mesure n’est plus justifiée économiquement. L’État, grâce à la flambée des prix du baril, est capable d’assurer des salaires convenables à ses fonctionnaires. Et de nombreux Algériens travaillent au sein d’entreprises privées, à capitaux algériens ou étrangers, rentable et capables de proposer des salaires plus décents en équivalent monnaie étrangère. Réévaluer le dinar permettrait une meilleure redistribution des richesses issues du pétrole et réduirait la part des capitaux transférés par les groupes étrangers…

  6. #20
    Guest 123 is offline Registered User
    Join Date
    Jan 2006
    Posts
    0

    Sonia Lyes :


    Dimanche 21 septembre 2008 -- Quel est le seuil au-dessous duquel une baisse des prix du baril de pétrole constituerait un danger pour l’Algérie ? Depuis quelques jours, le débat est lancé. Le 8 septembre, se basant sur des projections non-officielles obtenues de source gouvernementale, TSA (toutsurlalgerie.com) révélait que l'économie nationale et la paix sociale seraient menacées par la perspective d'un baril à moins de 80 dollars. Si le baril de pétrole franchissait à la baisse ce seuil, le gouvernement se trouverait dans l'incapacité de poursuivre le financement des projets d'infrastructures lancés ces dernières années et estimés à plus de 200 milliards de dollars. Il serait surtout contraint de remettre en cause sa politique de subvention des prix des produits de première nécessité, avec le risque d'un dérapage incontrôlé des prix et ses conséquences sociales désastreuses. Le lendemain, deux analystes financiers cités par l’AFP affirmaient que l'Algérie ne pouvait pas se permettre d'avoir «des prix du pétrole sous 100 dollars pour des raisons budgétaires et de politique intérieure».

    Ces indications ont été confirmées en partie par le Premier ministre. «L'Algérie fonctionne à un baril de 67 dollars. A 70 dollars nous serions donc en danger, à 60 ça irait mal, à 50 ça irait très mal», a estimé M. Ouyahia à l'issue du conseil national du RND. Ahmed Ouyahia n’a pas détaillé les raisons de son inquiétude. Mais, quand on sait que la loi de finances 2009 est basée sur un baril à 37 dollars, la différence de 30 dollars peut s’expliquer par trois éléments : un déficit budgétaire important attendu en 2009, une hausse des subventions des produits de première nécessité et les surcoûts éventuels des projets d’infrastructures lancés dans le cadre du programme de relance économique.

    Les chiffres d’Ahmed Ouyahia viennent d’être confirmés par le Fonds monétaire international (FMI). Selon un haut fonctionnaire de cette institution financière cité par l’agence d’information américaine Dow Jones, l’Algérie pourrait équilibrer son budget avec un prix du baril au-dessus de 56 dollars. De tous les pays musulmans exportateurs, l’Algérie arrive en troisième position en terme d’exposition à une chute des prix, après l’Irak et l’Iran. Ces deux pays ont besoin respectivement d’un baril à 110 et 90 dollars pour équilibrer leurs budgets. Les pays du Golfe sont nettement moins exposés : le Qatar se contenterait d’un baril à 24 dollars, le Koweït à 33 et même l’Arabie saoudite a besoin d’un baril à 49 dollars pour éviter un déficit budgétaire.

    Ces projections confirment que l’économie nationale demeure dangereusement exposée à une baisse des prix du baril. Elles confirment que les politiques menées par les gouvernements successifs n’ont pas réussi à réduire la dépendance du pays à l’égard du pétrole. Dans le cas d’une chute brutale des prix, l’Algérie pourrait revenir à une situation comparable à celle du début des années 1990 quand le pays était au bord de la cessation de paiement.

  7. #21
    Guest 123 is offline Registered User
    Join Date
    Jan 2006
    Posts
    0

    Jeudi 9 octobre 2008 -- Le taux de croissance de l’Algérie devra s’établir à 4,9% pour l’année 2008 et à 4,5% pour l’année 2009 contre 4,6% pour 2007. C’est mentionné dans le dernier rapport du Fonds monétaire international (FMI) rendu public hier sur son site Internet.
    L’institution de Bretton Woods remonte le temps et rappelle que le taux de croissance du PIB algérien était dans une moyenne de 1,5% entre 1990 et 1999, pour se situer autour de 2,2% en 2000, de 2,7% en 2001, de 4,7% en 2002, de 6,9% en 2003, de 5,2% en 2004 et de 5,1% en 2005. Les données qu’elle a fournies ne s’arrêtent pas là : pour la balance des paiements, l’institution note que celle-ci devrait atteindre un excédent de 28,1 milliards de dollars en 2008 contre 22,8 milliards en 2007 et 24,8 milliards en 2006. Quant au taux d’inflation, elle souligne qu’il devrait s’établir à 4,3% en 2008, à 4% en 2009 contre 3,6% en 2007. Le Fonds monétaire avance également que le taux d’inflation de l’Algérie devrait connaître une nette baisse dans les prochaines années pour s’aligner à 2,9% en 2013. Concernant la dette, il observe que, grâce à sa politique de désendettement à travers le remboursement par anticipation de la dette, l’Algérie est classée parmi les rares pays créanciers nets sur le continent africain en particulier et des pays en développement en général. Ces performances ne s’éloignent pas en fait des perspectives annoncées par le ministère des Finances.

    Karim Djoudi est, depuis hier, à Washington pour assister aux assemblées générales du FMI et de la Banque mondiale dont les travaux débuteront aujourd’hui. Il va certainement en parler. A l’échelle planétaire, la situation économique reste tributaire de l’évolution de la crise financière. Le Fonds monétaire prévoit une année 2009 bien sombre pour l’économie mondiale. Il a ainsi revu à la baisse sa prévision de la croissance mondiale, à 3,0%, celle des pays développés ne devant pas dépasser 0,5%. Son rapport sur les «perspectives économiques mondiales», cité plus haut, indique que «l’économie mondiale entre dans un tournant majeur», faisant face au «choc financier» le plus dangereux sur les marchés financiers développés depuis les années 1930. Selon nos prévisions, la croissance mondiale devrait ralentir significativement en 2008, et une reprise modeste ne commencerait que plus tard, en 2009, y est-il écrit. En juillet dernier, le FMI prévoyait 3,9% de croissance en 2009 et 1,4% dans les pays développés. Cette estimation a été revue à la baisse par rapport à ce qu’elle était alors dans tous les pays et toutes les régions du monde, au vu de l’aggravation de la crise financière. La crise est entrée, y est-il noté, dans une nouvelle phase tumultueuse en septembre 2008, qui a pesé négativement sur la confiance dans les institutions financières et sur les marchés mondiaux.

    Le Fonds prédit la récession aux Etats-Unis, dont le PIB devrait croître de 1,6% cette année mais de seulement 0,1% en 2009, avec probablement deux trimestres de croissance négative fin 2008/début 2009. La zone euro ne devrait guère mieux faire, avec 1,3% cette année et 0,2% l’année prochaine. Dans le panorama établi par l’institution que dirige aujourd’hui l’ancien ministre français des Finances, 2009 sera une année de croissance quasi nulle (France), nulle (Allemagne) ou négative (Espagne, Grande-Bretagne, Italie) pour les grandes économies européennes. Les indicateurs de confiance des chefs d’entreprise et des consommateurs pour les Etats-Unis sont désormais proches des plus bas connus lors de la récession de 2001-2002, relève le Fonds. Il prévient par ailleurs que la situation est exceptionnellement incertaine et considérablement susceptible d’entraîner des révisions à la baisse. Les tensions financières pourraient rester très élevées et les pressions exercées sur le crédit par la réduction du recours à l’endettement pourraient être plus profondes et plus longues qu’envisagées, poursuit-il. Les pays en développement tireraient donc à eux seuls la croissance mondiale, la Chine en tête (9,3%), même si «la crise financière est en train d’affecter de manière croissante les marchés émergents également». Pour les pays en développement, la prévision de croissance en 2009 a été ajustée à 6,1% contre 6,7% prévus il y a trois mois.

    Le ralentissement mondial aura des répercussions sur l’inflation qui devrait se modérer, même si elle reste élevée. Dans les pays développés, elle descendrait de 3,6% en 2008 à 2,0% en 2009, et dans les pays en développement de 9,4% cette année à 7,8% l’année prochaine. Dans ce contexte, le défi politique immédiat est de stabiliser les conditions financières, tout en soignant les économies tout au long d’une période d’activité lente et en gardant l’inflation sous contrôle, estime l’institution multilatérale. Les responsables politiques sont confrontés à l’énorme tâche de gérer les menaces immédiates sur la stabilité financière, tout en ouvrant la voie à la reconstruction d’une base solide à l’intermédiation financière. Les politiques macroéconomiques à elles seules ne peuvent avoir qu’un impact limité tant que les marchés financiers seront soumis à des tensions extrêmes, ajoute le FMI qui prône des mesures pour soutenir les économies, lors ou près de la récession, visant à briser le cercle vicieux des interactions négatives entre les conditions réelles et financières.

Posting Permissions

  • You may not post new threads
  • You may not post replies
  • You may not post attachments
  • You may not edit your posts