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  1. #1
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    La stratégie des effets d’annonce des groupes du Golfe en Algérie


    Mercredi 13 Février 2008 -- Depuis quelques mois, les investisseurs du Golfe multiplient les annonces sur des projets d’investissements en Algérie à coups de dizaines de milliards de dollars. Dernière en date : l’homme d’affaires saoudien Tarek Ben Laden a indiqué qu’il projetait un investissement de 50 milliards de dollars pour la construction d'une ville touristique intégrée sur la côte algérienne. « J'ai donné au Chef du gouvernement une idée sur mon projet et j'attends sa réponse », a-t-il indiqué au quotidien arabophone Ennahar. Comment ? Comme toutes les précédentes annonces faites par les groupes du Golfe, aucune indication n’a été fournie par Tarek Ben Laden sur son projet qui vient s’ajouter aux nombreuses annonces faites par les autres groupes du Golfe : Al-Qudra, Emaar… Au total, ces groupes envisageraient d’investir près de 100 milliards de dollars – presque l’équivalent du PIB de l’Algérie en 2007 - uniquement dans le tourisme et l’immobilier de luxe.

    En réalité, les milieux financiers et les experts, aussi bien en Algérie qu’à l’étranger, ne prennent pas au sérieux ces annonces. « Un investissement n’a d’intérêt que s’il est précisé dans le temps et détaillé. Combien ça va coûter ? Qui va financer ? Qui va faire quoi ? Quel rôle joueront les banques algériennes ? », souligne un banquier d’affaires interrogé par toutsurlalgerie.com. Autant de questions auxquelles les groupes du Golfe évitent soigneusement de répondre avec précision.

    Comment en effet, un groupe comme Emmar qui n’a réalisé qu’un chiffre d’affaires de 3,8 milliards de dollars en 2006 peut-il avoir les capacités financières de lancer un projet de 30 milliards sur le seul marché algérien ? « Les groupes du Golfe sont habitués aux effets d’annonce dans les pays arabes. Une fois qu’ils ont obtenu le foncier de la part des Etats, ils revoient très fortement à la baisse leurs projets », souligne encore le banquier.

    Par ailleurs en Algérie, ces effets d’annonce ont soulevé l’indignation du patronat local. « Tout le monde peut faire ce que propose Emaar : obtenir des terrains, aller chercher des financements, construire, puis vendre au prix fort à des personnes riches », souligne un industriel algérien. Alors des effets d’annonce qui se résumeraient à de simple stratégies économiques ?

  2. #2
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    Said Kaced :


    Vendredi 15 Février 2008 -- Les investisseurs du Golfe rivalisent d’ingéniosité pour «balancer» à l’opinion les chiffres surréalistes – par dizaines de milliards de dollars - de leurs futurs, mais hypothétiques projets en Algérie. Au milieu de tous ses personnages des Mille et Une nuits, au cœur de ce monde de félicité sortie de leur imagination enfiévrée, quelques gouvernants «avisés» nous chantent l’épopée d’une sorte de tribu de négociants en dehors des normes et des coutumes ; troupe de saltimbanques, dépareillée et délirante, en représentation permanente là où les chapiteaux sont gracieusement, et précipitamment, mis à leur disposition.

    Les promesses de ces conteurs sont souvent d’une beauté effrayante, l’émanation d’un éden perdu que ses fortunés ( ?) pensionnaires s’évertuent à faire survivre ; une chimère qui témoigne d’une autre façon de vivre, de commercer, dans une époque, un environnement international, où tout doit être conforme. Cette vision d’un Orient - éternelle corne d’abondance pour les poètes et les rêveurs impénitents, qui va à sa perte transforme cette foule de prestidigitateurs en espèce de vigie passionnée régnant en ses terres comme un roi sans couronne.

    Ces montreurs d’ours – guère apeurés par l’énormité de leurs annonces – ont ce don magique de tout voir, de tout prévoir, de tout dire, toute honte bue, à un public conquis : ces partenaires algériens sous le charme, y compris des membres du gouvernement se muant en VRP de ces investisseurs de fantasia, qui croient avoir trouvé, enfin, la miraculeuse panacée aux maux de notre économie.

    Là, en nos contrées où le bon peuple a encore besoin de héros et de mythes pour tempérer l’infortune, avec cette communauté étrange d’hommes d’affaires qui n’appréhende pas le ridicule, prompte à lâcher les chiffres astronomiques en cascade, les décideurs économiques croient détenir ainsi la solution à leur quête de toujours. Fi des détenteurs de capitaux occidentaux qui traînent la patte et multiplient les obstacles à leur improbable installation en Algérie, les pharaoniques bas de laine du Golfe se videront tantôt et redonneront de la sève à nos grands chantiers ! Mais quels sont ces draps qui s’élèvent au vent et prennent la forme de fantômes ? Rien que des mirages… l’oasis est bien lointaine !

  3. #3
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  4. #4
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    Mardi 25 Mars 2008 -- On entend ici et là de grandes déclarations sur des investissements astronomiques, en milliards de dollars, de fonds d’investissement sur des projets principalement immobiliers. Alors que la nature même d’un fonds est d’investir dans des projets pendant une durée de cinq années au plus et de sortir avec un bénéfice cumulé de plus de 50% sur cette durée, on se demande comment dans les projets choisis ce bénéfice sera réalisé.

    La stratégie des fonds arabes : acquisition du foncier

    Emaar et EIIC, deux fonds arabes détenus par des cheikhs rentiers du pétrole, ont longtemps “dragué” les autorités afin d’obtenir des concessions de terrain aux alentours d’Alger dans le but de promouvoir des ensembles immobiliers allant de sites hospitaliers, hôtels de luxe au centre de séminaires. C’est en tout cas ce que le “cahier des charges” liant les autorités à ces fonds prévoit. Mais comment dans une période de cinq années les soi-disant 10 milliards de dollars, investis dans ces projets, deviendront 15 milliards de dollars au bout de ces cinq années ? La prise en possession (location sur 99 années) des terres en est la première étape (les terres n’appartenant pas toujours à l’État, les personnes expropriées sont dédommagées par l’État).

    Attraction des véritables investisseurs-développeurs

    Un fonds d’investissement n’a, par définition, aucune expertise dans la mise en œuvre, la gestion et l’exploitation d’un quelconque projet. Le fonds investit sous forme d’acquisition de parts sociales puis revend ces parts cinq années plus tard à un prix plus élevé que son investissement initial et va voir ailleurs pour refaire la même chose. Or, en Algérie, ce n’est pas le cas. Une fois la terre à l’actif des fonds, ils vont pouvoir attirer des professionnels de chaque secteur pour réaliser et exploiter les hôpitaux, les hôtels, les centres de séminaires et les ensembles immobiliers. Des sociétés spécifiques à chaque entité seront créées. Ces sociétés seront détenues par ces fonds arabes et les investisseurs-développeurs et peut-être ouvertes à d’autres investisseurs. À la maturité de chaque projet, les fonds arabes revendront leurs parts au plus offrant en espérant avoir fait un bénéfice conséquent. Cette plus-value n’étant bien entendu pas taxée.

    Mais comment ces hôpitaux, ces hôtels, ces centres de séminaires et les appartements vont bien pouvoir rapporter à ces investisseurs ? Et combien d’hôpitaux, d’hôtels, de centres de séminaires et d’appartements faudra-t-il construire pour dépenser ces dix milliards de dollars ?

    Les chiffres

    On n’invente rien en disant que le prix de la construction grimpe de manière vertigineuse et que le prix de référence aux alentours d’Alger se situe vers les 2 000 dollars/m2 pour les constructions privées, soit 50 000 nouveaux appartements de 100 m2 pour dix milliards d’investissement (le programme de quelques années du ministère de l’Habitat). Afin d’honorer un niveau de retour sur investissement minimum, le mètre carré construit se vendra au moins 3 000 dollars/m2 et ce, sans compter l’inflation, la hausse des prix des matériaux, etc. De plus, en ce qui concerne la réalisation d’hôpitaux et centres de séminaires, ces derniers ne seront pas érigés pour soigner la masse. Ce seront des centres hospitaliers à la tunisienne pour remplacer des cheveux ou refaire des lèvres gercées. Sérieusement, qui va gérer ces hôpitaux ? Auront-ils l’agrément des autorités pour faire ce qu’ils veulent ? Combien de lits ? Qui est l’investisseur-développeur professionnel assez insensé pour investir dans un hôpital, le gérer, embaucher du personnel localement, facturer les prestations de soins à des prix que l’on ne s’imagine même pas ?

    Les choix stratégiques des autorités

    Quelle est la valeur ajoutée pour l’État de tels investissements ? On a entendu dire qu’il y aura 75 000 créations d’emplois : pour quatre hôtels, des centres de loisirs, des vaches laitières ? L’autouroute Est-Ouest coûte autant et emploie quinze fois moins de personnes. Des rentrées fiscales ? Au titre de l’Andi, ces projets en seront certainement exemptés… de la création de valeurs ? Ce ne sont pas des industries. Il ne manquerait plus que ces projets accaparent le peu de liquidités qui restera dans les banques publiques après financement des grands projets d’infrastructure pour que la saignée soit parfaite.

    Pourquoi les autorités n’ont pas dirigé ces investissements vers des secteurs de production et de services : centrales électriques, projets de transformation industrielle, plus de cimenteries (la capacité de production actuelle ne pourra plus bientôt répondre à la demande) ?

    On espère que les autorités veilleront à se montrer vigilantes à ce type de fonds très amateurs dans l’exploration et la production de pétrole et de gaz ; il existe largement assez d’autres partenaires plus spécialisés dans le secteur et qui sont, eux, véritablement souverains.

    Nous n’avons pas le même cycle économique et industriel que ces pays arabes qui ont fait de l’immobilier leur nouveau moteur de croissance pour une population qui peut se le permettre. On n’est pas encore à ce stade, loin de là !

    Les risques pris par ces fonds en se lançant dans de tels projets en Algérie ne peuvent pas avoir été pris à la légère… ou bien c’est qu’il existe vraiment trop d’argent chez ces cheikhs arabes et ils viennent le dépenser chez nous. Non, on ne peut le croire car ces fonds sont trop bien conseillés et gérés localement pour ne pas savoir où ils vont.

  5. #5
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    Vendredi 21 novembre 2008 -- La Commission d'organisation et de surveillance des opérations de Bourse (COSOB) vient de donner son feu vert à Arcofina pour le lancement d'un emprunt obligataire de 8,3 milliards de dinars, soit près de 100 millions d'euros. Le groupe privé algérien va faire appel à l'épargne nationale, dans des conditions de transparence totale - contrairement aux financements bancaires, souvent octroyés selon des critères peu transparents - pour financer une partie de son projet « Alger Médina », à l'est de la capitale. Ce projet, dont la réalisation a été confiée au Groupement portugais de construction d'Algérie (GPCA), comprend dans une première phase trois tours de bureaux (100.000 m2), deux hôtel-appartements, un centre commercial, une marina et un aquaparc, selon Arcofina. L'ensemble doit être livré en 2011 et représente un investissement total de 400 millions d'euros. Les travaux de construction de ces tours vont démarrer début 2009 et s'achever fin 2010.

    Avant Arcofina, un autre groupe privé, Cevital avait lancé, début novembre, la construction d'une usine de production en Algérie d'une capacité de 1,5 million d'articles par an pour un investissement de 100 millions de dollars. Il s'agit de la première usine du géant sud-coréen Samsung en Europe et en Afrique. L'Algérie était en compétition pour ce projet avec trois autre pays : la France, le Maroc et la Tunisie. Samsung est ainsi le premier grand groupe international à s'implanter directement en Algérie pour y fabriquer ses produits. Un tel projet est doublement bénéfique pour le pays. Sur le plan économique, il est créateur d'emplois et de richesses. Et ce projet est un atout pour l'image de l'Algérie : demain, des ménages à travers le monde, vont avoir chez eux des téléviseurs et des ordinateurs Samsung « made in Algeria ».

    Dans un autre domaine, celui des travaux publics, le groupe privé Haddad multiplie lui aussi les projets. Il s'est associé par exemple avec des géants mondiaux comme Alstom dans le consortium chargé de réaliser le futur tramway d'Alger. Dans le domaine des technologies et de l'Internet, la société Eepad montre un certain dynamisme et multiplie les innovations en introduisant pour la première fois le triple play (Internet, Télévision et téléphonie illimitée) en Algérie. Quotidiennement, beaucoup d'autres entreprises algériennes privées font preuve de dynamisme, chacune dans son domaine. Quand on sait que l'économie sud-coréenne a été bâtie grâce à une dizaine de groupes familiaux, le dynamisme de nos entreprises privées est un bon motif d'espoir pour nous.

    Mais pendant que nos entreprises se battent difficilement contre les blocages institutionnels et bureaucratiques pour faire avancer leurs projets et les concrétiser, les investisseurs arabes du Golfe continuent d'exiger des terrains à moindre coûts dans les meilleurs endroits de l'ouest de la capitale et des financements publics pour lancer leurs projets, souvent dans l'immobilier et l'hôtellerie de luxe. Le contraste est plus que saisissant. Et il est peut-être temps que le gouvernement comprenne enfin qui est en Algérie pour bâtir le pays de demain et qui est présent seulement pour des raisons spéculatives.

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