Dimanche 19 Décembre 2010 -- C’est une nouvelle statistique qui risque d’être contestée. Selon l’Office national des statistiques (ONS), le taux de chômage s’établit actuellement à 10% de la population active. Ce taux officiel est légèrement inférieur à celui de 2009 (10,2%) et en recul par rapport à 2008 (11,3 %). Officiellement, l’Algérie compte 1,07 million de chômeurs pour une population active de près de 11 millions de personnes, a indiqué dimanche 19 décembre l’ONS.

Les chiffres de l’ONS sur le chômage semblent contredire la situation économique et sociale que vit le pays depuis plusieurs années. Avec un taux de 10%, l’Algérie fait officiellement mieux que plusieurs pays de l’Union Européenne. Elle fait presque aussi bien que la France (9,5%), l’un des pays qui résistent le mieux avec l’Allemagne à la crise économique mondiale. Pourtant, tout le monde le sait, l’Algérie, malgré les derniers plans de relance, reste en proie à une crise durable qui affecte sérieusement le marché de l’emploi.

En novembre dernier, en visite à Alger, Dominique Strauss-Kahn, patron du FMI, avait délivré un satisfecit quasi-total au gouvernement. À l’exception d’un domaine : l’emploi. M. Strauss-Kahn avait évoqué un niveau élevé de chômage. Il n’a pas fourni de statistique précise, sans doute pour ne pas gêner le gouvernement. Mais une indication qui illustre l’ampleur du problème : «quand on regarde dans le détail, on constate qu'il est bien plus élevé, au-delà de 20% pour les jeunes», avait-il dit.

Enfin, les statistiques de l’ONS souffrent d’un problème de fiabilité. Le 19 octobre, l’organisme public de statistiques avait indiqué que l’Algérie comptait 4,1 millions de véhicules. «Faux», expliquait dix jours plus tard Abdallah Ghrieb, directeur général de l’Etablissement national de contrôle technique automobile (ENACTA). Selon lui l’Algérie compte 5,5 millions de véhicules. «Ces chiffres sont élaborés à partir du fichier national des cartes grises qui a été créé par la loi portant orientation de la circulation routière», avait-il précisé. L’écart avec les chiffres de l’ONS est de 1,4 million de véhicules. Soit une erreur de 34%.