Mardi 9 Septembre 2008 -- Le projet est dans les cartons du gouvernement depuis maintenant plusieurs années. Mais sa concrétisation tarde à venir. Dimanche, lors de l'audition du ministre des Finances par le président de la République, la création d'une Caisse des dépôts et consignations n'a même pas été évoquée. Abdelaziz Bouteflika s'est contenté de rejeter l'idée d'un fonds souverain, un dossier pourtant nettement moins stratégique que celui d'une caisse des dépôts.

En réalité, selon nos informations, le dossier est gelé. «Nous avons entamé en 2004 des discussions avec la Caisse française des dépôts et consignations pour nous aider à nous doter d'un organisme similaire, mais le projet est actuellement gelé», explique une source proche du dossier. Cette décision a notamment déçu les notaires. La création d'une caisse des dépôts et consignations permettrait aux notaires de faire fructifier les sommes colossales issues des différentes transactions dont la consignation est actuellement assurée par le Trésor public sans aucune rémunération.

«Aujourd'hui, l'argent des transactions immobilières et commerciales réalisées par les notaires, est déposé auprès du Trésor public sans aucune rémunération. L'existence d'une caisse des dépôts et consignations permettrait de faire fructifier cet argent et de distribuer les intérêts aux notaires et à l'État. Tout le monde serait gagnant», explique un notaire. En plus de la gestion des sommes issues des transactions commerciales et immobilières, la Caisse des dépôts pourrait également gérer et rentabiliser les fonds d'épargne, les retraites...Des milliards de dollars qui dorment dans les caisses du Trésor public.

Autre intérêt à la création d'une telle caisse : doter l'État d'un bras armé, capable de gérer et valoriser ses participations dans les entreprises publiques et les différents projets. Elle pourrait aussi faire des placements sécurisés dans des projets dont la rentabilité est garantie. En France, la Caisse des dépôts détient des participations dans la majorité des grandes entreprises cotées en Bourse : Alcatel-Lucent, EADS, Peugeot, Danone, Société Générale, Suez, Michelin...A plusieurs reprises, elle est intervenue au nom de l'Etat pour sauver des entreprises publiques en difficulté, en prenant des participations.

Dans un contexte où le gouvernement affirme vouloir être le partenaire majoritaire de toutes les opérations d'investissements étrangers en Algérie, l'absence d'une telle structure pourrait s'avérer handicapant pour ses projets, voire en contradiction avec les ambitions affichées. Comment en effet le gouvernement compte t-il gérer ses futures participations dans les différents projets? Hormis Sonatrach, dans les hydrocarbures, rares sont les entreprises publiques capables de s'associer efficacement avec des partenaires étrangers. A moins que le discours du gouvernement sur les investissements ne soit qu'une diversion...