Mercredi 17 Septembre 2008 -- Régulièrement, les entreprises occidentales cotées en Bourse lancent des opérations de distribution d’actions gratuites en faveur de leurs salariés. Cette pratique managériale, venue des Etats-Unis, s’est généralisée en Europe ces dernières années. Elle constitue un élément de rémunération supplémentaire qui vient s’ajouter aux autres outils : salaire, participation, intéressement, part variable…Son but : associer les salariés aux succès de leur entreprise et leur permettre de profiter d’une éventuelle hausse du cours de l’action en Bourse. La distribution d’actions gratuites figure parmi les outils de rémunération les plus appréciés des salariés des entreprises dans plusieurs pays.

Généralement, la distribution concerne les salariés de la maison mère et ceux des filiales implantées à l’étranger, en fonction de la législation de chaque pays. Or, selon nos informations, les salariés algériens de plusieurs filiales de groupes étrangers ont été systématiquement privés de cet outil de rémunération. Ces derniers mois, le gouvernement algérien s’était en effet à plusieurs reprises opposé à des demandes émanant de sociétés étrangères implantées en Algérie, notamment françaises, qui avaient émis le souhait d’attribuer à leurs salariés algériens des actions gratuites.

La cause ? La législation algérienne ne permet pas de telles opérations, répondent invariablement les autorités monétaires. Un argument peu convaincant, voire incompréhensible, pour plusieurs groupes étrangers concernés. «Nous réalisons ce type d’opérations en Tunisie et au Maroc sans aucune difficulté. Les actions gratuites sont souvent placées dans un compte géré par la maison mère. Il n’y donc aucun risque pour l’Algérie. On ne comprend pas cette mesure qui n’a que des avantages pour le salarié algérien car il ne dépense pas un seul centime pour acquérir ces actions», souligne le directeur d’une filiale algérienne d’un groupe européen, qui a requis l’anonymat. De même que l’Etat algérien ne prend aucun risque dans ces opérations totalement transparentes car soumises aux contrôles des autorités de marchés.

Ce n’est pas la première fois que le gouvernement s’oppose au développement de l’actionnariat salarié dans le pays. Dans les autres pays, les salariés d’entreprises publiques privatisées ont eu la possibilité de souscrire des actions à des prix préférentielles. En Algérie, les salariés des sociétés privatisés ont été systématiquement mis à l’écart, les privant ainsi d’une possibilité de profiter pleinement du développement de leur entreprise.