Mercredi 12 novembre 2008 -- L'Algérie peine à lancer ses grands chantiers d'infrastructures dans les délais. Plusieurs mois s'écoulent en effet entre l'attribution provisoire des projets et le lancement des travaux. La raison ? La commission nationale des marchés publics (CNMP) prend beaucoup de temps pour examiner et donner son feu vert aux projets financés par l'Etat.

Au moins, 140 marchés publics attendent actuellement le visa de la CNMP, selon un proche de cette commission. « L'examen des marchés publics par la CNMP accuse souvent un énorme retard, ce qui se répercute négativement sur le lancement effectif des projets », affirme à toutsurlalgerie (tsa-algerie.com), une source proche de la CNMP. Une situation qui pénalise l'économie nationale et retarde la réalisation et la modernisation des infrastructures de base. Les derniers amendements au code des marchés publics publiés au Journal officiel du 9 novembre n'ont pas apporté de modifications au dispositif en vigueur en matière de traitement des marchés publics.

Les exemples nombreux touchent presque tous les secteurs : travaux publics, bâtiment, chemins de fer, hydraulique. Le démarrage des travaux de modernisation de plusieurs lignes ferroviaires attend par exemple le visa de la Commission. Les chefs d'entreprises et les administrations se plaignent souvent des retards pris par la CNMP pour délivrer les autorisations nécessaires au lancement des projets. En fait, la Commission débordée par le nombre important de marchés, n'arrive plus à répondre rapidement aux différentes demandes, faute de moyens et de compétences disponibles.

La centralisation du traitement des marchés publics est également évoquée par les patrons pour expliquer les retards dans la délivrance des visas par la CNMP. « Il serait plus judicieux de décentraliser une partie des prérogatives de la CNMP », estime le patron d'une société étrangère installée en Algérie.