Mercredi 11 Février 2009 -- Fuir la morosité économique qui règne en Europe et en Amérique pour un climat d’affaires plus attrayant dans les pays émergents, dont le Maghreb, n’est pas une tentation exclusive des patrons. Les compétences natives de ces pays sont gagnées aussi par le désir de retourner au bercail, avec l’ambition de donner une nouvelle impulsion à leur carrière dans quelques grands groupes financiers ou industriels. “Nous recevons beaucoup de CV de cadres résidant en France, en Grande-Bretagne, au Canada…”, révèle Abdenour-Karim Khelifi, directeur de Interprofils, un cabinet algéro-britannique spécialisé dans le conseil en ressources humaines en Algérie. Plus clairement, Interprofils joue un rôle d’intermédiaire entre les recruteurs et les candidats à l’emploi. Ses clients sont surtout les sociétés étrangères établies dans notre pays. “Elles ont recours à nous pour les orienter sur des compétences qu’elles ont du mal à dénicher”, souligne M. Khelifi. Souvent, la quête cible des individus ayant des connaissances pointues dans des domaines particuliers.

Dans beaucoup de cas, la maîtrise de la langue de Shakespeare constitue un atout majeur. “Les entreprises chinoises de plus en plus présentes sur le marché algérien recherchent des personnes avec lesquelles il est facile de communiquer en anglais”, observe le patron d’Interprofils. Pour cette dernière raison, les diplômés des universités anglo-saxonnes sont très convoités. Depuis le début de ses activités en 2005, le cabinet a réussi à placer des dizaines de postulants. Sa méthode, chasser et cueillir les perles rares où qu’elles se trouvent.

En novembre 2007, Interprofils franchissait un nouveau pas en organisant à Londres le premier forum de l’emploi. La rencontre avait permis à des responsables des ressources humaines de certains groupes, comme British Petrolum, Cevital, Djezzy et la HSBC, d’entrer directement en contact avec des diplômés et des cadres algériens résidant au Royaume-Uni et de recueillir leur CV. M. Khelifi ne sait pas exactement combien de recrutements ont été réalisés à l’issue du forum. Il croit savoir qu’un des postulants a été séduit par une offre de Djezzy. “Pour les sociétés étrangères, il est plus intéressant d’employer des nationaux”, assure notre interlocuteur. Sans doute parce que les coûts sont moins chers.

Les domaines d’activité où les compétences établies à l’étranger sont demandées concernent les télécoms et les hautes technologies, la finance et l’industrie. Dans l’avenir, le tourisme et l’hôtellerie devraient également constituer des secteurs pourvoyeurs de carrières. Chez nos voisins, le Maroc et la Tunisie, où cette industrie est à son apogée, les opportunités, évidemment, sont plus considérables. Pour cette raison, Interprofils a décidé d’élargir la seconde édition de son forum à toute la région du Maghreb. Le salon, qui se tiendra les 26 et 27 juin à l’hôtel Marriott à Londres, devrait voir la participation d’Algériens, de Tunisiens, de Marocains et de Libyens. “La communauté maghrébine est de plus en plus importante au Royaume-Uni”, note M. Khelifi.

Comme l’année dernière, des compatriotes résidant en France devront également prendre part à l’événement. Des conférences seront animées à cette occasion. Les thèmes en débat tourneront entre autres autour de la mobilité internationale des cadres, des politiques de fidélisation du personnel et d’une étude comparative des législations de l’emploi en Afrique du Nord.