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  1. #1
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    Les hommes d’affaires algériens ne maîtrisent pas les langues étrangères


    Lundi 16 Février 2009 -- Les langues étrangères ont aujourd’hui une grande importance. Pourtant, même s’ils sont réputés être de «bons élèves» en langues, les Algériens se limitent aux expressions les plus courantes, qui ne permettent pas un dialogue. Relativement, hormis le français, le niveau des Algériens en langues étrangères, anglais, espagnol et italien notamment, est très faible. En effet, ceux exerçant dans le commercial, se retrouvent, mondialisation oblige, très en retard, en termes de maîtrise de langue, par rapport au reste du monde. Ces hommes d’affaires, ceux effectuant des transactions commerciales directes avec les étrangers, se trouvent avec un handicap des plus importants : la difficulté, voire l’impossibilité, de communiquer parfaitement lors des pourparlers. Ces graves lacunes, constatées, malheureusement, même lors des séminaires économiques et autres colloques internationaux organisés en Algérie, font perdre ainsi à nos «traders» du temps et, par ricochet, de l’argent. En effet, être polyglotte, permet de comprendre nos vis-à-vis, donc de négocier au mieux.

    Toutefois, les hommes d’affaires algériens, à l’heure où notre pays diversifie ses coopérations commerciales avec plusieurs partenaires étrangers, tentent, chacun à sa manière, de dépasser ce problème, en optant pour plusieurs formules, notamment en suivant des cours accélérés. Motif ? Certaines langues étrangères, l’anglais en tête, se sont magistralement imposées dans le monde actuel, scientifique, médical, commercial, ou littéraire soit-il, comme langue de référence. Interrogé à cet effet, certains investisseurs nous ont affirmé avoir eu recours à des cours intensifs dans des établissements privés, ou des centres culturels rattachés à des ambassades étrangères à Alger, tels le centre culturel italien, les Instituts Cervantès ou Goethe.

    L’autre méthode utilisée par nos opérateurs économiques est le recours à des interprètes traducteurs lors de leurs rencontres d’affaires ou durant les séminaires. Loin de sous-estimer le travail des interprètes traducteurs, cette méthode est cependant loin d’être idéale pour les hommes d’affaires. En sus des coûts de prise en charge de ces intermédiaires, ce qui équivaut à des dépenses supplémentaires, cette option est synonyme, pour certains, de livrer à des oreilles «indiscrètes» des secrets de transactions. Evidemment, ce motif n’est explicitement pas évoqué, et on se contente de paraphraser la fameuse expression italienne «traduttore : traditore» (traducteur : traître). Interrogé à ce sujet, le P-DG de Jus Rouiba, Slim Othmani, nous a fait savoir qu’il n’y a pas de quoi s’alarmer. Pour lui, les hommes d’affaires algériens ne maîtrisent pas les langues étrangères mais sont loin d’être nuls. Ils possèdent le minima pour faire passer le message, affirmera-t-il.

  2. #2
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    Lundi 16 Février 2009 -- Sans aucun doute, le secteur bancaire est le plus mondialisé. En effet, les institutions bancaires à travers le monde sont les mieux connectées entre elles, notamment à travers les réseaux sur lesquels des flux et, par ricochet, des payements, des transactions commerciales se font régler. De ce fait, les règlements et lois des banques doivent être aux mêmes normes. La question suivante revient tout bêtement à l’esprit : dans quelle langue se font ces opérations commerciales ? La réponse est aussi simple que l’interrogation : on utilise les langues les plus parlées au monde ou les langues internationales. Sur ce point, l’utilisation, puis la maîtrise des langues étrangères devient, dans ce secteur, aussi importante que les concepts et lois bancaires.

    Sollicité à ce sujet, le délégué général de l’association des banques ABEF, M. Benkhelfa, nous a fait savoir d’emblée que l’utilisation des langues étrangères revêt une importance capitale. Mieux, leur maîtrise devient une nécessité absolue. Pour lui, la dimension linguistique est un élément de compétence dans ce milieu. Ce constat trouve son essence, selon la même source, par le fait que les réglementations bancaires appliquées en Algérie «sont maintenant harmonisées au niveau mondial». «Une partie de la réglementation du secteur bancaire possède une dimension internationale ou des questions de sécurité mondiale. Donc, nous sommes mondialisés sur les règlements et sur les concepts. En matière de commerce international, il y a ce qu’on appelle les incoterms qui sont des termes et des concepts utilisés partout à travers le monde et qui signifient la même chose et font même l’objet de ce qu’on appelle des règles universelles qui sont dans la Chambre internationale de commerce», explique-t-il. Et d’ajouter que l’Algérie ne peut pas déroger à cette règle, «même si elle transpose dans la réglementation nationale», d’autant que le dénominateur reste mondialement commun.

    Ainsi, pour M. Benkhelfa, toutes ces raisons font que l’usage des langues étrangères, synonyme d’une maîtrise par les personnels de chaque établissement bancaire ou financier, devient une nécessité. «L’usage des langues universellement utilisées, notamment l’anglais dans ce secteur, nous impose de prendre des cours au niveau de nos établissements», souligne-t-il. «Les cours de langues étrangères mais surtout l’anglais sont considérés aussi importants que les cours sur les techniques bancaires. Au sein des banques, nous avons des écoles et nous avons régulièrement des agents, des centaines de cadres qui perfectionnent leur anglais», ajoute-t-il. La même source fait savoir que la maîtrise d’une langue étrangère, en plus du français et de l’arabe, est un élément de développement des carrières, et elle fait partie des priorités en termes de formation, car «nous sommes les plus exposés». «Pour mener à bien sa carrière et aller loin dans sa vie professionnelle, il fait avoir au minimum un SNMG linguistique», soutient ce responsable, pour qui les cadres et les dirigeants de ces institutions financières et bancaires «sont évalués en termes de maîtrise technique mais aussi de capacité linguistique».

  3. #3
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    Lundi 16 Février 2009 -- Maîtriser une langue étrangère n’est pas seulement l’affaire des cours accélérés. C’est également son enseignement dans les différents paliers scolaires. Introduire ces langues dans le système éducatif, puis à l’université comme un support pédagogique et linguistique est le challenge que doit relever les responsables. Car, investir dans ce créneau permettra, à long terme, aux jeunes universitaires, les futurs managers, d’en tirer profit. En Algérie, les établissements universitaires enseignant plusieurs modules de langues dans certaines filières se comptent sur les doigts d’une seule main. L’Institut national du commerce (INC) s’est distingué à ce propos. En effet, cet établissement universitaire est pratiquement l’unique en Algérie où les étudiants disposent de cours en trois langues obligatoires (arabe, français et anglais) et d’une autre langue au choix parmi l’allemand, l’italien et l’espagnol.

    «Compte tenu de la mondialisation et les mutations que connaît notre pays, mais surtout de l’importance et de la place des sciences commerciales, nous avons jugé, et cela depuis 8 ans, d’introduire les langues étrangères. En plus des trois langues (arabe, français et l’anglais) qui sont enseignées obligatoirement à tous les étudiants, ces derniers doivent choisir une autre langue parmi l’allemand, l’espagnol et l’italien», nous a expliqué le Pr Abdesselam Saadi, directeur général de l’INC. L’Objectif visé par cet institut est d’avoir «un bain linguistique». «Le profil d’un manager doit être polyglotte, et avec l’ouverture des frontières, le commerce s’internationalise et le marché mondial est devenu une gigantesque entreprise. Dans cette ouverture des frontières, l’enseignement des langues étrangères est très important. Donc, pour nous, l’étudiant, en plus de sa formation, doit s’ouvrir», indique-t-il.

    Et de plaider pour revoir la politique linguistique de l’université algérienne, compte tenu de l’élargissement de la coopération internationale. Car, pour lui, il s’agit d’un «passage obligé pour s’ouvrir vers le monde et, pour ce faire, il faut voir au niveau du système éducatif et les introduire si on veut demain avoir de bons manager». Mieux, la même source, nous a indiqué que les étudiants de cet institut bénéficient de stages à Malte (pour la langue espagnole, à Boston, aux Etats-Unis pour l’anglais), ainsi qu’en Italie, ce qui leur permettra «de découvrir sur le terrain la langue et aussi la méthodologie d’apprentissage, car la maîtrise d’une langue il faut l’exercer, même pour nos enseignants qui seront davantage performants».

    Par ailleurs, notre interlocuteur a fait savoir qu’à présent les critères de sélection au niveau des top ten des grandes universités au niveau mondial sont la présence internationale (partenariats signés avec les autres universités) ainsi que le bain linguistique. De ce fait, une question revient sur toutes les lèvres : combien d’étudiants algériens, nonobstant leurs capacités techniques, se voient privés d’être diplômés dans les grandes universités anglo-saxonnes, à l’instar de la fameuse Harvard, pour rejoindre ainsi les sommités mondiales, faute de maîtrise de la langue de Shakespeare, faisant seulement le bonheur des universités arabophones ou francophones, qui restent, il est utile de le souligner, loin derrière ? Des centaines, voire des milliers, selon un enseignant universitaire.

  4. #4
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    Lundi 16 Février 2009 -- Au moment où l’enseignement des langues dans les universités et dans le secteur de l’éducation fait défaut, un véritable rush est enregistré dans les établissements appartenant aux ambassades des pays étrangers ainsi que certaines écoles privées. Ainsi, combien de fois, un lecteur d’un quotidien rencontre ce genre d’annonces : «Ecole… propose des formations en langues : anglais, français, espagnol, allemand, cours intensifiés durant la journée et cours du soir. Institut de hautes études… vous propose des formations diplômantes en anglais avec possibilité de continuer à l’étranger» ? Des dizaines, voire des centaines. En effet, des étudiants, des diplômés, des professeurs d’université, mais surtout des commerçants et des hommes d’affaires, s’inscrivent ainsi dans ces établissements pour améliorer leur niveau ou apprendre carrément cette langue.

    À l’Institut Cervantès, on nous indique que des cours «spécifiques» sont dispensés à la catégorie des hommes d’affaires. «En plus des cours de l’enseignement général dédiés à tout le monde, des cours dits spécifiques sont organisés à la demande des commerciaux. On a même des contrats avec des grandes sociétés, telles que Sonatrach, ou les entreprises espagnoles activant ici en Algérie et ce, pour faire apprendre l’espagnol à leur personnel», nous a indiqué Luis Paniagua, directeur des études de cet établissement. Et d’avouer que même le personnel de la présidence algérienne ainsi que celui relevant du ministère de la Défense nationale viennent prendre des cours. Ce responsable nous a indiqué que le nombre des Algériens désirant apprendre la langue de Neruda ne cesse d’augmenter. «Ayant travaillé au Brésil, aux Etats-Unis, je peux vous assurer que les Algériens sont plus réceptifs et apprennent plus rapidement que les autres», ajoute-t-il. Même son de cloche chez Mario Paolini, directeur de l’Institut italien en Algérie. «Les statistiques montrent qu’il s’agit d’une courbe ascendante concernant le nombre d’Algériens voulant apprendre l’italien.»

    Du côté des entreprises, Sonatrach vient pratiquement en tête, avec les établissements bancaires dans le volet ayant trait à l’enseignement des langues étrangères au profit de leurs cadres. «On fait cycliquement des sessions de formation en langues étrangères pour nos fonctionnaires», nous a indiqué un cadre au niveau du département des ressources humaines à Sonatrach. Quant aux chancelleries des pays anglophones, elles n’ont pas lésiné sur les moyens. En effet, l’enseignement de l’anglais - «quand on voyage sans connaître l’anglais, selon le journaliste français Philippe Bouvard, on a l’impression d’être sourd-muet et idiot de naissance» - est largement répandu en Algérie à la faveur de la vingtaine de programmes sous forme de bourses d’échanges pour des enseignants de l’enseignement secondaire ou supérieur, ainsi que des programmes destinés aux jeunes. À titre indicatif, l’Oncle Sam, via son ambassade, a proposé le Programme d’enseignants d’anglais associés et le programme Fulbright, ainsi que celui dit «le FLTA». Mais le plus important de ces programmes est incontestablement le PSP. Il s’agit d’une politique visant à former quelque 7 300 personnes.

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