Samedi 18 Avril 2009 -- En dépit du climat économique mondial qui prévaut, l’Algérie peut continuer à être une destination de choix pour les entreprises étrangères désireuses de réaliser des investissements durables, a estimé le cabinet londonien Oxford Business Group (OBG) dans sa dernière publication relative au pays. OBG considère que malgré les critiques qui ont déploré la lenteur des réformes de l’investissement au cours des deux premiers mandats du président Bouteflika, «peu d’investisseurs doutent que l’Algérie soit aujourd’hui un lieu d’investissement nettement plus sûr qu’avant, en partie grâce à la politique constante de libéralisation du gouvernement». Ainsi, au «milieu de la tourmente économique mondiale et face à la baisse des prix du pétrole, les autorités algériennes ont tout de même tiré profit de leur position relativement à l’abri afin d’accélérer les réformes économiques», observe le cabinet londonien. Ce dernier note que l’entrée reportée de l’Algérie dans l’économie mondiale a permis au système financier de «rester relativement protégé contre les pires excès de la récession mondiale».
D’ailleurs, le rapport du FMI sur l’économie algérienne publié récemment montre que l’économie du pays est à l’abri d’une contagion financière directe «ce qui limite l’impact de la crise financière mondiale». Parmi les autres facteurs qui plaident en faveur de l’Algérie, OBG cite la politique budgétaire et monétaire du gouvernement qui a «déjà limité l’exposition de l’économie à des facteurs externes, à l’exception des prix mondiaux de l’énergie, la résorption de la dette extérieure, une croissance du PIB global à 3 % et un secteur bancaire très liquide dont 90 % appartiennent à l’Etat». Par ailleurs, ajoutent les experts du cabinet, le FMI a estimé que la Banque d’Algérie «a géré avec prudence les réserves de devises, une grande partie de ces recettes ayant été investie dans des titres à revenu fixe». De plus, «l’inflation reste parmi les plus faibles de la région, reflétant la stabilité des prix intérieurs de l’énergie, du fort contenu en importations de la demande intérieure, et des subventions dont bénéficient le blé et le lait».
Des ambiguïtés à lever
Toutefois, pour le cabinet britannique, «la performance stable de l’Algérie face à la crise mondiale ne devrait pas signifier que la restructuration économique n’est pas nécessaire». Et pour cause, avec 98 % du total des exportations et 75 à 80 % des recettes du budget provenant des hydrocarbures, le PIB du pays est fortement tributaire de la volatilité des prix de l’énergie. De plus, des fluctuations de la demande européenne en énergie feront resurgir la nécessité de développer les secteurs hors-hydrocarbures. Le gouver-nement algérien sera aussi «appelé à poursuivre sa politique d’augmentation des dépenses», notamment à travers la mise en place d’un Fonds national d’investissement doté d’un capital de 113,6 milliards d’euros. M. Kamel Mansouri, P-DG de Sofinance, cité par OBG, affirme que «les autorités peuvent grandement contribuer à la diversification de l’économie en investissant le fonds dans des secteurs stratégiques innovateurs et diminuer la dépendance des importations».
Néanmoins les experts d’OBG estiment parmi les priorités du gouvernement algérien, durant les mois à venir, «la clarification du cadre juridique qui régit la propriété étrangère». Dans ce sens, une série de directives fixant l’intervention des entreprises étrangères ont été dévoilées, «mais des ambiguïtés dans le texte ont conduit de nombreux investisseurs à adopter une attitude attentiste avant de procéder à de nouveaux projets», souligne OBG. Ce dernier relève cependant que «les autorités ont commencé à fournir des indications supplémentaires, en annonçant que les entreprises d’Etat ont désormais une participation majoritaire dans tous les nouveaux partenariats avec des sociétés étrangères» et le ministère du Commerce a récemment demandé que les actionnaires locaux détiennent au moins une participation de 30 % dans les entreprises étrangères importatrices. Pour OBG, «l’Algérie est en mesure de fournir un abri aux entreprises ayant un appétit pour les investissements à long terme».
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18th April 2009 00:35 #1
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