Mercredi 20 Avril 2011 -- Alors que beaucoup d’experts en Algérie s’attendent à une dégringolade prochaine du dinar, surtout après la récente envolée de l’euro sur le marché parallèle des devises (un euro s’échange à plus de 142 dinars), les dernières prévisions de l'Economist Intelligence Unit (EIU) dévoilées ce mercredi 20 avril viennent relativiser ces craintes. Selon cet organisme économique britannique, le dinar va s’affaiblir en 2011. Mais les importantes réserves de change et un excédent du compte courant va permettre de limiter les pressions à la baisse sur le dinar. En 2011, la monnaie nationale va perdre 5,5% par rapport à l’euro et 2,8% face au dollar américain. En 2012, la situation devrait s’inverser. Le dinar va rebondir pour s’apprécier fortement par rapport à l’euro et au dollar. L’année prochaine, le dinar gagnera 12,3% par rapport à la monnaie européenne et 6,5% par rapport au dollar américain. Cette hausse va se poursuivre jusqu’en 2014, selon EIU. En 2014, l’euro s’échangera à 87,6 dinars et le dollar à 70,4 contre respectivement 104,4 et 76,5 en 2011. Mais cette appréciation attendue du dinar algérien n’est pas liée aux performances de l’économie nationale. L’économie algérienne devrait rester dépendante des hydrocarbures dans les trois prochaines années. L’appréciation attendue du dinar résultera de la faiblesse de l’euro : durant les trois prochaines années, la zone euro va continuer à souffrir de déséquilibres budgétaires et monétaires. Paradoxalement, cette hausse du dinar par rapport à l’euro n’est pas forcément une bonne nouvelle pour l’Algérie. Elle posera un nouveau défi au gouvernement. Cette hausse pourrait en effet favoriser une nouvelle hausse des importations, ce que les autorités tentent d’éviter depuis maintenant quelques années. Selon l’EIU, la Banque d’Algérie pourrait être amenée à intervenir pour affaiblir le dinar par rapport à l’euro et réduire ainsi le coût des importations. L’organisme monétaire algérien dispose de réserves de change suffisantes qui lui permettront d’agir sur la valeur du dinar, précise l’EIU.