Dimanche 14 Juin 2009 -- Nouveau tour de vis dans la dépense publique. Le président Abdelaziz Bouteflika a décidé de soumettre toutes les révisions de projets supérieures à 15% du coût initial à l'accord du Conseil des ministres. La décision a été annoncée dimanche 14 juin à la presse par le ministre des Ressources en eaux, Abdelmalek Sellal, en marge du regroupement des 48 directeurs de l'hydraulique des wilayate du pays.
« Toute réévaluation supérieure à 15% du coût initial du projet sera soumise à une approbation du Conseil des ministres. Cette décision a été prise par le Chef de l'Etat et s'applique à tous les secteurs », a dit M. Sellal. Le ministre des Ressources en eaux s'est inquiété des révisions successives des coûts des projets de son secteur, faute d'études suffisantes et d'une maîtrise des coûts de réalisation.
Comme pour la grande majorité des projets d'infrastructures, les autorités n'accordent pas beaucoup d'importance aux études, souvent utilisées pour obtenir des financements. Les entreprises de réalisation appliquent rarement les recommandations des études sur le terrain. Elles effectuent souvent des modifications importantes, obligeant les autorités à accepter des révisions de coûts à la hausse.
La décision de soumettre toutes les révisions à l'accord du Conseil des ministres reflète l'incapacité des autorités à maîtriser les coûts de construction des grands projets. Elle pourrait également s'expliquer par des soupçons de corruption qui pèsent sur certaines administrations chargées de gérer les investissements publics.
Car la mesure ne fait pas l'unanimité parmi les techniciens. « Cette décision va allonger les délais de réalisation et affecter la bonne finition des projets », avertit le directeur d'un bureau d'études privé qui a requis l'anonymat. « Le conseil des ministres n'est pas bien outillé pour comprendre la complexité des projets d'infrastructures et les raisons de la révision des coûts. Il va prendre du temps pour donner son accord pour ces révisions de coûts. Pour éviter de soumettre la révision au Conseil des ministres, certaines administrations vont se contenter de livrer les projets sans les finitions nécessaires », estime t-il.
Au lieu de soumettre les réévaluations de coûts au Conseil des ministres, le président Abdelaziz Bouteflika aurait mieux fait de chercher les raisons exactes des révisions successives des prix des projets d'infrastructures. « Une telle étude permettra aux autorités de comprendre pourquoi en Algérie les coûts des projets sont souvent révisés à la hausse », poursuit le même directeur.
« Ce n'est pas une décision administrative qui va régler le problème, au contraire, elle va le compliquer », estime un cadre algérien travaillant dans un bureau d'études étranger.
Les raisons des révisions régulières des coûts des projets en Algérie sont en effet multiples. Certaines sont liées à la nature difficile du projet. D'autres au manque de compétence des administrations en charge de la gestion des financements ou la mauvaise qualité des études.
« L'administration, parfois, ne sait pas ce qu'elle veut et ne dispose pas de toutes les informations nécessaires à la réalisation d'une étude complète comme les archives des projets déjà réalisés, les cartes géologiques et géotechniques et les cartes hydrauliques », explique le même cadre.
Souvent, en effet, les administrations, comme les directions de travaux publics, les directions de l'hydraulique de wilaya ne disposent pas d'archives de projets déjà réalisés comme les ouvrages d'arts et les tunnels. « L'archivage a quasiment disparu. Les plans sont jetés juste après la réception du projet. Or, ces plans sont nécessaires et doivent être archivés pour une utilisation future pour les besoins d'un autre projet », explique le cadre.
Plusieurs bureaux d'études algériens et étrangers sont en effet confrontés au manque d'informations et à l'incompétence de l'administration dont le personnel n'a pas subi de stages de formation depuis des décennies. L'Algérie a décidé de dépenser des dizaines de milliards de dollars pour se moderniser ses infrastructures, mais le gouvernement n'a pas fourni de grands efforts dans la formation du personnel chargé de dépenser l'argent et du suivi des projets.
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14th June 2009 21:08 #1
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Ali Idir :







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