Mercredi 5 Août 2009 -- Après les hydrocarbures, faut-il instaurer une taxe sur les superprofits réalisés par des groupes étrangers dans d'autres domaines ? En Algérie, au moins trois secteurs sont connus pour leur rentabilité exceptionnelle : la téléphonie mobile, la Banque privée et l'automobile. Ces trois secteurs ont un point commun : leurs principaux acteurs sont des filiales de groupes étrangers. Ils transfèrent leurs bénéfices et, à quelques rares exceptions, leurs investissements en Algérie sont faibles.

Illustration de cette rentabilité élevée : la téléphonie mobile. Depuis plusieurs années, le taux de marge de l'opérateur mobile Djezzy, filiale d'Orascom, se situe au-dessus de 60%. Un chiffre exceptionnellement élevé qui fait pâlir d'envie ses concurrents en Méditerranée. A titre de comparaison, la marge de Maroc Télécom a été de 45% au premier semestre 2009. Pour France Télécom, ce taux se situe autour de 6%. Comprendre : quand un client de Djezzy dépense 10 euros (1000 dinars), l'opérateur gagne 6 euros alors que celui de France Télécom devra débourser 100 euros pour offrir à son opérateur la même marge.

Autres marges quasi-indécentes : celles réalisées par les filiales des banques étrangères. Selon le dernier rapport de la Banque d'Algérie, le taux de rentabilité de ces établissements dépasse 28%. En moyenne, dans les pays de la Méditerranée, ce taux si situe aux alentours de 10%. Et c'était avant la crise. Les banques privées en Algérie atteignent ces taux de rentabilité grâce aux activités de crédit à la consommation et l'import. Elles ne participent que très peu au financement de l'économie. « Les entreprises se tournent vers les banques publiques pour se financer. Les banques étrangères ne s'intéressent qu'aux activités très rentables », regrette un responsable de la Direction générale des Impôts.

Enfin, l'Algérie constitue un véritable eldorado pour les concessionnaires automobiles. Tous les mois, les principaux constructeurs annoncent des ventes records. La rentabilité de ces sociétés reste un sujet tabou. Mais au regard des prix pratiqués surtout depuis la dernière envolée de l'euro face au diner et de la qualité du service après-vente - donc des investissements réalisés - il est facile de deviner que leurs marges sont très élevés.