Dimanche 28 Mars 2010 -- L’institut Management Business International (MBI) et l’Association des auditeurs consultants internes algériens (AACIA) ont organisé les deuxièmes journées de l’audit sous le thème : «L’audit interne : outil de prévention et de détection des fraudes.» Cette rencontre, qui s’est déroulée à l’auditorium de l’Institut de formation professionnelle de Sétif, intervient à point nommé surtout dans le nouveau contexte économique national et international qui, pourtant renforcé par d’importants efforts de réglementation depuis plus de 10 ans, enregistre de plus en plus de nouveaux scandales financiers. Dans son allocution inaugurale et à travers la «présentation des principaux schémas de fraude», M. Mohamed Yahiaoui, DG de MBI, affirme qu’en abordant la question de la fraude longtemps restée taboue, cette journée ne se contente pas de sensibiliser à ce risque ou de réaliser un inventaire des responsabilités qui pèsent sur les entreprises, mais de chercher les outils à mettre en place pour éradiquer ce fléau.

Le président de l’AACIA, Mohamed Meziane, déclare, de son coté, que son organisme s’attelle, depuis sa création en juillet 1993, à faire prendre conscience au plus grand nombre de responsables d’organisations de la nécessité managériale de se doter de structures d’audit interne, de tirer avantage de leur mission d’assurance et de conseil et de prendre acte de la réalité du risque des fraudes internes (détournement de fonds, falsification des états financiers…). L’orateur pense aussi que la professionnalisation des fonctions d’audit interne algérienne bénéficiera notamment des leviers suivants : la mise en œuvre des outils informatiques d’audit et de manuels d’audit, le suivi de la mise en œuvre des recommandations par les opérationnels et la normalisation de la fonction d’audit interne vers l’alignement avec les normes internationales.

Pour sa part, M. Smaïl Seghir, un consultant freelance de renom, a fait remarquer à travers sa communication intitulée : «Mise en place d’une structure d’audit interne au sein de l’entreprise algérienne : les prérequis» que l’audit interne devient aujourd’hui une nécessité dans la plupart des entreprises soucieuses d’asseoir une gouvernance efficace. Mais pour la plupart d’entre elles, le métier d’auditeur interne n’est pas suffisamment connu et son déploiement au sein de l’entreprise pose de réelles difficultés liées en particulier à sa mauvaise compréhension. L’intervenant a précisé plus loin qu’en Algérie, la situation est encore plus difficile du fait que souvent les mécanismes de gouvernance sont absents dans les entreprises, d’une part, et d’autre part, il existe encore de graves confusions entre les rôles respectifs des différents contrôles dans l’entreprise : inspection générale, contrôle interne et audit interne.

Une autre communication intitulée «Le commissaire aux comptes face aux fraudes par la mise en œuvre de la norme ISA 240» a été présentée par l’expert-comptable, Mohamed El-Bachir Benmansour. Celui-ci a dit, en substance, que lors de la planification et de la réalisation de son audit, le commissaire aux comptes identifie et évalue le risque d’anomalies significatives dans les comptes et conçoit les procédures d’audit à mettre en œuvre en réponse à cette évaluation. Ces anomalies peuvent résulter d’erreurs mais aussi de fraudes. Il fera comprendre cependant que la norme ISA 240 a pour objet de définir les procédures d’audit spécifique relatives entre autre à l’identification et à l’évaluation du risque d’anomalies significatives résultant de fraudes, à l’adaptation de l’approche générale et à la conception des procédures d’audit en réponse à cette évaluation.