Jeudi 15 Juillet 2010 -- Les cabinets de conseil et d’audit affluent vers l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient où le marché atteint 2,2 milliards d’euros par an, selon la dernière édition de Jeune Afrique. Intitulé «Le nouvel eldorado des consultants», l’article en question note que ces bureaux présents dans des métiers de l’audit (certification des comptes, modernisation des systèmes comptables, intégration de systèmes d’information…) ont tous identifié le Maghreb, et plus largement l’Afrique du Nord, comme une cible prometteuse. À Alger, Tunis et Casablanca, on retrouve des cabinets de renom à l’image de Deloitte, KPMG, McKinsey, Ernst and Young… et les Maghrébins sont de moins de moins réticents à l’idée d’investir dans des prestations immatérielles.

Parmi les pays du Maghreb, c’est l’Algérie qui attise le plus les convoitises. «Le pays a le plus fort potentiel de croissance et il a entamé un fort mouvement de rattrapage», selon Philippe Ausseur, associé d’Ernst & Young. Tous les cabinets sont en place. Après l’arrivée de KPMG en 2002, une déferlante a envahi le pays à partir de 2007 : Deloitte, Bernard Krief Consultants, Ernst & Young, PricewaterhouseCoopers officient à Alger. Ils ont en point de mire le chantier des privatisations. Cette concurrence exacerbée étouffe l’essor des cabinets locaux, qui interviennent souvent en appui, mais elle n’altère pas les ambitions des majors. «Notre objectif est de continuer notre croissance à deux chiffres sur les trois pays. C’est une zone stratégique «, explique Philippe Ausseur. Même appétit pour le numéro un mondial, l’américain PricewaterhouseCoopers. «Le potentiel de croissance du marché maghrébin sera supérieur à 20 % dans les années à venir «, assure Nicolas Granier, responsable des activités juridiques et fiscales du cabinet.

En revanche, les cabinets restent très discrets sur leurs résultats. Peut-être parce que l’activité est très lucrative. Les cabinets de conseil en stratégie internationaux facturent la journée d’un consultant autour de 5.000 euros, contre 100 à 400 euros pour des cabinets locaux. Dans l’audit, les tarifs varient de 1.000 à 1.500 euros par jour et vont de 1.500 à 2.000 euros dans le conseil en management et les interventions de consultants sectoriels (télécoms par exemple). Néanmoins, ces bureaux de conseil sont considérés comme une épée à double tranchant. Les auteurs de l’article citent l’exemple de Strategica associé avec la Deutsche Bank, qui détient 51 % du capital de ce bureau algérien. Créé en 2002, ce bureau d’ingénierie financière, suspecté par les autorités de vendre des informations pour servir des intérêts économiques étrangers, n’est plus autorisé depuis juin dernier à traiter avec les entités nationales, rappelle-t-on.