Jeudi 31 Mars 2011 -- L’audit financier sera basé sur de nouvelles normes. L’analyse des coûts et la traçabilité des comptes seront donc intégrées dans la nouvelle configuration comptable. Les opérations d’audit financier seront ainsi généralisées et occuperont le dessus dans le cadre de la réforme financière et bancaire. Selon des sources bien informées, ces opérations viseraient à apporter les correctifs nécessaires aux dysfonctionnements qui ont affecté les grosses entreprises et les banques publiques. L’appel aux cabinets internationaux vient à point nommé, vu les scandales financiers et autres incohérences qui ont ébranlé tout le système financier algérien. Certaines voix alarmistes ont conclu à la faillite directe et inexorable des institutions financières alors que les plus modérées ont vraisemblablement insisté sur le caractère urgent de la vérification des comptes et leur certification en tablant sur les normes comptables de la régulation et du contrôle. Des normes qui remettent en cause les anciennes pratiques et en fondant les nouvelles directives de l’automatisation et de la sécurité de l’information financière. Tout cela joue en faveur de la nouveauté en management financier et des capacités de rationaliser davantage la pratique financière au sein des banques et des grandes entreprises.

Seulement, on s’interroge sur le nombre de ces entreprises et les banques qui sont concernées par l’audit de leur système financier. Des instructions fermes du gouvernement font état d’aller plus dans ce genre d’opérations puisque toutes les entreprises sont désormais concernées. Pourtant, la mise à niveau de ces entreprises reste le dossier qui concerne directement l’avenir des travailleurs et des cadres qui militent pour plus de transparence des bilans de leurs entreprises. Un point qui focalise déjà le débat d’aujourd’hui au sein des milieux financiers. De plus, la jeune élite de managers, formée aux grandes écoles internationales, souhaite qu’il y ait rupture avec les pratiques de gestion du passé où le poids administratif des décisions prenait le dessus. Leur vision est plus proche de la direction par objectifs et la rationalité du management et un mode opératoire financier qui tient compte des nouveaux bouleversements de l’architecture financière mondiale.

D’un autre côté, l’Algérie qui a pris beaucoup de retard dans la mise en place d’une nouvelle nomenclature financière, souhaite se rattraper en se conformant aux nouveaux standards internationaux. D’un côté, il y a des managers, des chefs d’entreprise et des experts économistes qui appellent à plus de rationalité dans la conduite des affaires publiques, et de l’autre ceux qui, par léthargie ou réflexe bureaucratique, veulent maintenir un statu quo à contre-courant de «l’intelligence économique». La rigueur du management des grandes entreprises publiques et une gestion draconienne des deniers publics au niveau des institutions publiques sont les deux mots d’ordre de la nouvelle nomenclature financière. Une vision dépoussiérée des séquelles de l’ancien système comptable qui est dépassé. Le choix basculera forcément pour le cercle des modernistes du management et de ceux qui souhaitent que la réussite de l’entreprise et de la banque dépendent de la rationalité économique, de la qualité financière produite et aboutisse à des résultats probants.