Une étude place Israël et les Etats-Unis en tête de l’espionnage informatique:

Les Algériens sont parmi les internautes les plus espionnés dans le monde selon une enquête indépendante américaine qui indique que les pays à la source de cette gigantesque agression sur la Toile sont les Etats-Unis et Israël. L’Algérie est classée dans le trio de tête des pays qui subissent le plus grand nombre de cas d’espionnage et de piratage des ordinateurs dans le monde.

Un constat alarmant révélé dans un rapport publié récemment par Webroot Software, compagnie basée aux Etats-Unis spécialisée dans les solutions de sécurité sur le net. Selon le document, l’Algérie occupe la seconde position dans le classement mondial derrière Porto Rico, mais elle est talonnée par Bahreïn et la République dominicaine, deux autres pays dont les ordinateurs subissent un fort taux d’intrusions de ce qui a été baptisé spywares.

Le terme formé à partir des mots anglais spy (espion) et ware (logiciel) (ware), il s’agit là d’un logiciel qui s’incruste dans l’ordinateur de l’internaute en vue de récupérer des données confidentielles à son insu pour les transmettre à de tierces personnes.

Tout le contenu de l’ordinateur est ainsi épié puis détourné vers une autre destination souvent par des gens ayant les moyens informatiques pour exécuter ces actes de piraterie. Ce type de piratage est aussi connu sous le nom de « phishing ».

Le spyware, indétectable pour le commun des internautes, s’introduit dans l’ordinateur par plusieurs stratagèmes, principalement la publicité et les logiciels de téléchargement ou par le biais d’un courrier électronique (courriel).

Selon Webroot Software, l’analyse des infections par les spywares sur un total de 95 pays durant le deuxième trimestre 2006 a montré que Porto Rico a été le premier pays par le nombre de moyens d’espions détectés avec un taux de 42,6 % par PC analysé.

L’Algérie pointe à la seconde place avec 38,4 % du total des attaques des spywares dans le monde, distançant Bahreïn (35,7 %) et la République dominicaine (35,1 %). Ces attaques visent aussi bien les ordinateurs grand public que les mobiles brassant au hasard le simple utilisateur anonyme ainsi que les institutions et organismes officiels dont les systèmes de protection de leurs réseaux sont vulnérables.

Selon le rapport, les sources de logiciels espions ciblent une population d’internautes de plus en plus croissante en tant que nouveau marché. En Europe, le Royaume-Uni, l’Irlande et la Lituanie arrivent en tête des pays ciblés par les logiciels espions.

En Asie-Pacifique, c’est à Singapour que les PC grand public ont le plus grand nombre d’espions, avec 31,5 %. L’Australie vient en deuxième place avec 25,6 % d’espions par PC, suivie par la Nouvelle-Zélande (25,3 %). Parmi les types de logiciels utilisés dans les opérations d’espionnage, on dénombre une catégorie dangereuse baptisée «Trojan» (cheval de Troie).

Selon le rapport, ceux-ci peuvent noter les frappes du clavier (keylogger) en combinaison avec les sites visités. Les Trojans peuvent tirer des photos d’écran et les retransmettre et voient ainsi tout ce que l’utilisateur du PC voit.

Ils menacent la vie privée, suivent vos faits et gestes Il existe aussi d’autres spywares conçus de façon à modifier la page de démarrage et la page de recherche de votre navigateur préféré, en les redirigeant sur des sites. Outre les vols de mots de passe et la collection des contacts émail, de tels logiciels fouinent aussi les historiques des visites et recensent les habitudes en ligne de l’internaute.

Ces attaques passent également à la fois avec l’inoculation dans le système d’un virus informatique et une simple intrusion non autorisée. Durant le deuxième trimestre 2006, les taux d’infection par chevaux de Troie ont atteint 31 % du nombre total des logiciels lancés dans les opérations d’espionnage, en augmentation par rapport aux 29 % du premier trimestre, indique le document.

Selon les données d’analyse antiespions de Webroot, plus d’1 million de signes de présence de ce cheval de Troie ont été dénombrés sur les ordinateurs grand public durant le deuxième trimestre 2006 avec un plus grand taux de présence à Porto Rico et en Algérie.

Des études de la société américaine Riptech, spécialisée dans la sécurité des réseaux, avaient révélé, sur un total de 428 000 attaques répertoriées de décembre à juillet sur 35 pays, qu’Israël et les Etats-Unis arrivaient en tête avec 25 % et 23,6 % des pays d’où sont envoyés ces spywares.

Durant l’agression israélienne du Liban, entre juillet et août derniers, les Spam (publicité indésirable) contenant des spywares en provenance d’Israël ont quintuplé sur la Toile. La Corée du Sud (8,8 %), la Chine (6,8 %), l’Allemagne (5,9 %), la France (4,4 %), le Canada (3,9 %), Taïwan (2,6 %), l’Italie (2,5 %), la Grande-Bretagne (2,5 %) et le Japon (2 %).

Mais l’étude de Webroot précise que 67 % des spywares exploités dans le monde sont confectionnés aux Etats-Unis. Souvent, les distributeurs américains fournissent des chevaux de Troie capables d’installer des outils de surveillance, grâce à un système sophistiqué, pour capter des informations personnelles, les pomper et les détourner y compris les numéros de compte bancaire ou de carte de crédit.

Pour faire face aux logiciels espions qui ne cessent pas de harceler les utilisateurs, chez eux comme au travail, durant le deuxième trimestre 2006, les spécialistes ne cessent de rappeler aux internautes de prendre toutes les précautions nécessaires à travers une sécurisation de leur environnement informatique en faisant appel aux chasseurs d’espions dont les logiciels Ad-aware et Spybot.

Ils recommandent aux internautes de se méfier de l’apparition inopinée d’écrans instantanés (pop-up), de l’augmentation du nombre de courriels indésirables (spam), des cas de ralentissement de l’ordinateur, de télécharger prudemment notamment les logiciels des applications via Internet.

Les Internautes algériens les plus espionnés dans le monde