Vendredi 6 Novembre 2009 -- Comment protéger les jeunes des sites pornographiques sur le réseau internet ? Tel est le contenu d’une question orale posée hier par un député au ministre de la Poste et des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC), Hamid Bessalah, lors d’une séance plénière à l’APN. Avant de rappeler les dispositions juridiques mises en place dans ce sens, le ministre a indiqué que son département envisage de rendre opérationnel à partir de 2010 le centre national d’échange des données internet qui est actuellement en cours de réalisation. Il s’agit d’un portail national où transitent toutes les connexions internet. Cet organisme aidera à une meilleure utilisation du réseau internet, d’autant plus que toutes les informations de et vers l’Algérie via internet passeront par ce portail. Cependant, le ministre a tenu à préciser que cette nouvelle donne ne vise pas la restriction des libertés et ne porte pas atteinte aux libertés des individus, mais elle rentre seulement dans le cadre des mesures préventives. D’ores et déjà, le représentant du gouvernement a indiqué qu’un logiciel de contrôle parental a été installé pour surveiller et contrôler le portail intégré actuellement dans les modems qu’Algérie Télécom fournit aux abonnés. Ce centre sera financé par un fonds d’appropriation des usages et du développement des TIC. Sur le plan juridique, l’orateur n’a pas nié l’existence de par le passé d’un vide qui a été toutefois comblé dans le cadre de la campagne menée pour la lutte contre la cybercriminalité. Il y a eu dans ce sillage la promulgation d’une loi sur la protection pénale des systèmes informatiques ainsi que la loi initiée par le garde des Sceaux relative aux règles de prévention et de lutte contre les crimes en relation avec les TIC. Cette loi, a rappelé le ministre, rassemble toutes les mesures qui permettent de faire face aux éventuelles attaques ainsi qu’une intervention rapide pour identifier leur origine et leurs auteurs. Dans ce sillage, le ministre a mentionné la convention signée entre différents départements ministériels portant sur la promotion des droits des jeunes à s’informer à travers internet. Une commission a été installée suite à cette convention afin d’élaborer un texte sur la gestion de tous les cybercafés privés et publics. Par ailleurs, la ministre de la Culture, Khalida Toumi, a fait part d’un projet de création d’une entreprise publique de production ayant pour but de garantir les droits, les intérêts et la propriété de l’Etat lors de l’allocation de fonds à la production de films cinématographiques. Elle a précisé que son ministère s’attellera à la création de cette entreprise dans le cadre du projet de loi sur le cinéma qui sera soumis à l’examen de l’APN en 2010.
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6th November 2009 00:13 #1
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Nabila Amir :
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10th November 2009 00:06 #2
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Ghania Lassal :
Mardi 10 Novembre 2009 -- Va-t-on vers une restriction des libertés virtuelles, à l’instar de la Chine ou de la Tunisie ? Telle est l’inquiétante question qui taraude l’esprit de nombreux internautes algériens. La raison en est les annonces successives du gouvernement de mesures à mettre en place dans l’optique de protéger la Toile algérienne de tout contenu subversif, à caractère pornographique ou encore toute attaque « cybercriminelle ». En juin dernier déjà, l’Assemblée populaire nationale (APN) adoptait une loi portant règles particulières de prévention et de lutte contre les nouvelles formes de criminalité, dont la cybercriminalité. Projet qui avait alors fait grincer les dents de plusieurs bloggueurs, qui prévenaient de l’opportunité de contrôle et de répression offerte par ces nouvelles dispositions. Et c’est Hamid Bessalah, ministre de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication, qui est revenu à la charge, jeudi dernier, lors d’une séance plénière de l’APN. En réponse à la question d’un député quant à la protection des jeunes Algériens des sites pornographiques, le ministre a annoncé la création prochaine d’un centre national d’échange de données internet. Il expliquera que ce centre sera « une sorte de portail national par où transitent toutes les connexions à Internet, qui aidera à une utilisation optimale du réseau Internet, car toutes les informations de et vers l’Algérie via Internet transiteront par ce portail ».
Même si ce dernier affirme qu’il ne s’agit en aucun cas de viser la restriction ou de porter atteinte aux libertés des individus, nombre de professionnels en informatique ou simples « surfeurs » assidus affirment toutefois qu’il y a péril en la demeure. « Ils veulent ouvrir un portail pour fermer les fenêtres (Windows en anglais, ndlr) aux Algériens ! », ironise El Mouhtarem, animateur d’un blog politique d’opposition, algérie-politique (ffs1963.unblog.fr). Peu amène envers l’Etat, l’internaute, qui se cache sous ce pseudonyme, poursuit : «Connaissant la nature du régime algérien et ses velléités hégémoniques, cette loi me fait vraiment peur et je peux affirmer qu’elle vise à verrouiller l’accès à Internet et à le mettre sous étroite surveillance.» Selon lui, cette fermeture annoncée de la Toile, seul espace d’expression libre, est une suite logique du verrouillage des champs politique et médiatique. « J’appréhendais ce type de mesures depuis quelque temps déjà », commente quant à lui un expert en TIC, ingénieur en informatique de son état, officiant au sein d’une multinationale téléphonique. Ce dernier a senti les prémices de ces contrôles du fait du durcissement du gouvernement envers les fournisseurs d’accès à Internet privés. « L’on se doutait bien que l’Etat cherchait à avoir une mainmise sur le Net. Ce que confirme maintenant cette ambition d’avoir droit de regard quant aux sites consultés par les internautes algériens », estime-t-il.
D’autant plus que, enchaîne-t-il, les arguments avancés pour justifier ces contrôles sont pour le moins « saugrenus ». « Ils veulent filtrer les contenus directement à la source, au niveau des points d’accès, d’entrée des données, puis de sortie. Cette centralisation, grâce à un logiciel, fait que, d’accord, plusieurs sites pornographiques, puisque c’est de cela dont ils parlent, seront inaccessibles », explique-t-il. «Seulement, ce système pourrait être trop laxiste et laisserait échapper une quantité de pages non identifiées qui peuvent être à caractère pornographique ou être des sites malveillants», poursuit-il. «Ou encore, il sera trop répressif, si l’on compte élargir les cibles à filtrer. Dans ce cas-là, il y aura une perte d’efficacité du réseau et cela aura un impact désastreux sur le trafic et sa qualité. De même l’actualisation des sites se fera en retard, et l’Algérie sera toujours à la traîne en termes d’informations par exemple», prédit l’expert.
L’on aura donc compris que ce contrôle laissera tout le loisir aux « censeurs », si telle est leur intention, d’empêcher les gens d’entrer ou de visualiser tout ce qui dérange. Blogs, Facebook ou encore sites politiques, et de pister les commentateurs par exemple. Cependant, les autorités escomptent aussi, à travers ce moyen, lutter contre la cybercriminalité. « Quelle cybercriminalité ? Notre pays est l’un des moins exposés à ce type d’attaques. Tout d’abord en raison du taux de pénétration d’Internet dérisoire dans les foyers, mais aussi et surtout dans les administrations ou autres institutions. De plus, tout simplement parce que la cybercriminalité suppose des transactions monétaires, bancaires ou lors d’achats en ligne par exemple, à détourner. Ou encore des sites de grandes institutions, contenant des informations confidentielles, à pirater. Ce qui n’existe pas en Algérie ! », affirme l’informaticien.
Pour le bloggueur El Mouhtarem, « tout se fait et se justifie au nom de la lutte antiterroriste. Mais le pouvoir a plutôt peur des révélations sur les scandales financiers qui l’éclaboussent ou encore des mouvements de contestation citoyens qui s’organisent sur les forums ». De même, l’internationalisation des échanges communautaires n’est pas faite pour rassurer l’Etat quant à ce qui pourrait être perçu « à l’étranger ». « J’ai peur que notre pays concurrence la Tunisie ou la Chine en matière de répression de l’expression libre. D’ailleurs, l’Algérie a acheté un logiciel de la Chine qu’elle mettra en œuvre au moment voulu pour ‘’lutter’’ contre la cybercriminalité », d’après El Mouhtarem. Et d’ajouter : « Quand on sait que ce pays a la réputation d’être un pays qui excelle dans les techniques du verrouillage de l’accès à Internet, cela a de quoi inquiéter… »
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18th March 2010 23:46 #3
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Jeudi 18 Mars 2010 -- C'est l'histoire du censuré devenu censeur. Mercredi, on apprenait par le porte-parole du quai d'Orsay que l'opérateur de satellites Eutelsat avait saisi l'Union internationale des télécommunications pour protester contre une censure dont sont victimes certaines chaînes qu'il diffuse en Iran. Ce jeudi, Eutelsat coupait la diffusion de la radio Kalima, une double antenne d'opposition en Algérie et en Tunisie. La journaliste tunisienne Sihem Bensedrine, responsable de Kalima Tunisie en exil à Barcelone, raconte : « Notre fournisseur chypriote d'accès satellite nous a expliqué que la société Eutelsat lui avait annoncé la fin de la diffusion de notre radio sur le satellite Hotbird. La diffusion a cessé jeudi. » Jusque là, les programmes algérien et tunisien se partageaient ce même signal.
« Des pressions gouvernementales sur Eutelsat »
Avec son son confrère algérien Yahia Bounouar, à la tête de Kalima Algérie et installé à Marseille, elle suspecte « des pressions des gouvernements algérien et tunisien sur Eutelsat ». Principal argument : la veille, leurs deux sites Web (un tunisien, un algérien) ont cessé d'être accessibles depuis les deux pays. En début de semaine, plusieurs ministres de l'Intérieur de pays arabes étaient réunis à Tunis pour une rencontre sur la lutte antiterroriste. Selon Sihem Bensedrine (qui est aussi présidente du conseil national pour les libertés de Tunisie), les ministres algérien et tunisien ont eu à cette occasion « un aparté ».
En Algérie, l'audiovisuel est régi par un monopole d'Etat depuis l'indépendance, en 1962. Le 25 janvier, la radio Kalima est venue bouleverser cette situation, depuis l'étranger, grâce au satellite Hotbird. Deux jours auparavant, le site Internet était mis en ligne. Selon Yahia Bounouar, « entre 15 000 et 20 000 connexions quotidiennes » parvenaient sur le site, « avec des pics à 50 000 ». Notamment quand la radio et le site ont couvert l'assassinat du directeur général de la sûreté algérienne, Ali Tounsi, fin février. Yahia Bounouar raconte : « Au début, les autorités ont parlé d'une crise de démence en pleine réunion. Puis nous avons révélé qu'il avait été assassiné, et nos informations ont été reprises sans nous citer par plusieurs journaux algériens, dont El Watan [principal quotidien francophone en Algérie, ndlr]. Ensuite, même la famille de Tounsi a contesté la version officielle. Aujourd'hui, les autorités reconnaissent qu'il a été assassiné. »
À Tunis, les locaux de Kalima sont sous scellés depuis un an
Côté tunisien, Kalima existe depuis 2008. « Depuis janvier 2009, nos locaux de Tunis ont été encerclés et placés sous scellés », raconte Sihem Bensedrine. Technique, fabrication et serveurs sont depuis hébergés en Autriche, en France, en Allemagne et en Espagne. Les deux journalistes attendent une explication d'Eutelsat. D'après ce que leur a dit leur fournisseur chypriote, la société de droit français leur reproche de ne pas avoir de licence. Ce qui laisse Bensedrine et Bounouar sceptiques : « Mais depuis quand faut-il une licence pour être diffusé sur un satellite ? Et quel type de licence ? » Yahia Bounouar dit vouloir «trouver très vite une solution» : « Je considère que ce n'est pas à ces régimes de décider de ce qu'on doit dire. » Eutelsat, que Reporters sans frontières a accusé à plusieurs reprises de censure (en Chine, en Géorgie, en Arabie saoudite), n'a pas encore répondu à notre appel.
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19th March 2010 19:11 #4
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Does blocking of independent radio station’s website herald start of Internet censorship by Algeria?
March 19, 2010 -- Reporters Without Borders is disturbed to learn that access to the website of the independent news radio station, Radio Kalima-Algérie (www.kalimadz.com), has been completely blocked for the past two days. At the same time, Eutelsat has stopped carrying the station’s broadcasts on its Hotbird satellite. “We fear that this act of censorship heralds the start of government control of the Internet in Algeria,” Reporters Without Borders said. “We urge the authorities to explain this blocking, which has been carried out in an arbitrary manner, and to order the website’s immediate unblocking. Algeria must not be added to the list of countries that censor the Internet, because the freedom of expression of Algerians would suffer.” The press freedom organisation added: “This case stems in part from the fact that the government has a monopoly of broadcasting in Algeria. We urge the authorities to open up broadcasting for the sake of news diversity.”
Radio Kalima-Algérie’s website began to gradually become inaccessible in various parts of Algeria on 16 March before becoming totally blocked on 17 March. Broadcasting of its programmes via Eutelsat’s Hotbird satellite stopped yesterday. Reporters Without Borders has written to the Paris-based European satellite company to ask why. Launched on 15 January 2010 by a group of independent journalists, Radio Kalima-Algérie is the only privately-owned Algerian radio station as the government has controlled all broadcast media since Algeria’s independence in 1962. Broadcasting programmes in Arabic, French and Amazigh on issues relating to culture, human rights and civil liberties, it reaches 15,000 to 20,000 listeners a day. Radio Kalima-Algérie has already covered sensitive stories. It reported the murder of the head of the police criminal investigation department, contradicting the official version. It has also reported cases of alleged corruption in which government officials are implicated. Its reports have been picked up by the Algerian media, to the government’s evident annoyance.
Referring to the measures taken against the station, Radio Kalima-Algérie representative Yahia Bounouar said: “The Algerian authorities cannot accept that the media should be at the service of citizens instead of their propaganda. It is a call to order, a message to all the others (...) We are going to press on. We are making proxy servers available to Internet users so that they can circumvent the censorship and access our website.” The website of sister station Radio Kalima-Tunisie is also blocked in neighbouring Tunisia, as is the online independent newspaper Kalima, which is edited by Tunisian journalist Sihem Bensédrine. Tunisia is on the updated list of “Enemies of the Internet” which Reporters Without Borders issued on 12 March to mark World Day Against Cyber-Censorship.
A cyber-crime law adopted in Algeria in July 2009 gives the authorities the legal means to block websites. Article 12 says: “Internet Service Providers are required to intervene without delay to withdraw content to which they allow access in the event of a breach of the law, to isolate it or render it inaccessible as soon as they become aware of it directly or indirectly (...) They are required to install technical provisions for restricting accessibility to distributors of content that is contrary to the public order or decency, and to inform subscribers about it.” The opposition website Rachad.org (Mouvement RACHAD) has also been blocked since the start of January.
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19th March 2010 21:59 #5
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Sonia Lyes :
Vendredi 19 Mars 2010 -- Lancée le 25 janvier dernier, Radio Kalima est une radio algérienne indépendante qui émet depuis la France via internet et sur le satellite. Mais depuis quelques jours, elle ferait l’objet de fortes pressions de la part des autorités algériennes, selon les responsables de cette radio qui dénoncent un acte de censure. Depuis mardi dernier, le site internet radio est difficilement accessible sur internet en Algérie. Et depuis jeudi, elle n’émet plus sur satellite en Algérie. Dans un communiqué, les responsables de Radio Kalima ont indiqué que l’opérateur satellitaire Eutelsat les a informés de sa décision de cesser de diffuser les programmes de la radio. Selon eux, c’est à la demande des autorités algériennes que la décision a été prise. Eutelsat aurait pris la même mesure concernant Radio Kalima Tunisie.
« La société Eutelsat, propriétaire du satellite Hotbird vient de nous informer qu'elle a cessé de diffuser les programmes de Radio Kalima à la demande des autorités algériennes. Après avoir bloqué notre site internet, il n'est plus accessible à partir de l'Algérie, le pouvoir vient de bloquer la diffusion des programmes par satellite », explique le communiqué. « Que craignent ils donc? Que nous ne dévoilions leurs pratiques de rapines? Que les Algériens se rendent comptent que ceux qui les gouvernent n'ont pas pour principale préoccupation les intérêts de l'Algérie mais le pillage de ses richesses? », poursuit le texte. Ni Eutelsat ni les autorités algériennes n’ont réagi aux affirmations contenues dans le communiqué de Radio Kalima.
Selon un journaliste de Radio Kalima qui a requis l’anonymat, les problèmes ont débuté « le 16 mars dernier». La raison ? « Je ne peux vous dire exactement les raisons, mais les autorités refusent les pensées libres », s’est-il contenté de répondre. Selon le même journaliste, il n’y a pas que Radio Kalima qui est visée. Un autre site « Rachad », qui émet depuis Londres, connaît une situation similaire. « Il y’a une volonté manifeste de ne pas tolérer des voix discordantes », a estimé notre source.







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