Jeudi 30 Avril 2009 -- Il est difficile ou quasiment impossible d’imaginer le moindre événement sans gâteaux. Que dire alors des mariages, des fêtes de l’Aïd et autres ! Les sucreries traditionnelles représentent des éléments incontournables lors de toute célébration. En effet, de plus en plus de femmes algériennes se sont tournées vers un véritable «professionnalisme» dans la préparation et la commercialisation des gâteaux traditionnels. Le phénomène tend à se généraliser dans différentes régions du pays et commence sérieusement à «contaminer» les ménages. Auparavant, les femmes algériennes avaient tendance à préparer leurs gâteaux chez elles. Ainsi, et à chaque occasion, les femmes se rassemblaient dans l’une des maisons, et ce pour créer et préparer plusieurs sortes de gâteaux traditionnels. De nos jours, tout cela a changé, et les femmes ont de plus en plus recours à la commande de gâteaux traditionnels. Qu’importe le prix. Cependant, les femmes qui passent commande le font souvent pour des raisons tout à fait pratiques. «Je n’ai pas le temps. Déjà qu’entre le travail, les enfants et les repas, je n’arrive pas à m’en sortir, alors s’il faut encore préparer les gâteaux de l’Aïd !» s’exclame Malika, fonctionnaire dans une société publique. Elle n’est pas la seule à avoir cette réponse.
Par ailleurs, le commerce des gâteaux n’est pas à la portée de toutes les bourses, faute de temps mais également de moyens. En témoignent les prix affichés par pièce cédée entre 30 et 50 DA. Nora, la quarantaine, enseignante, assume pleinement son choix «de ne pas pétrir la pâte de l’Aïd». «J’ai toujours eu l’habitude de préparer les gâteaux pour l’Aïd même quand je travaillais. Mais depuis que j’habite avec mon mari, seuls, j’ai décidé de me rapprocher des pâtissières traditionnelles pour plus de facilité», souligne notre interlocutrice. Certaines sont tout à fait contre cette nouvelle pratique. «La femme algérienne est censée être au top de la préparation des gâteaux. Ces femmes qui commandent des gâteaux même pour l’Aïd ! Vraiment, ce sont des bras cassés ! Elles se cachent derrière le travail», s’indigne, déçue, Samira, ex- enseignante à l’université d’Alger, actuellement femme au foyer.»Il n’y a pas mieux que de les faire soi-même, ça fait plaisir quand même», poursuit-elle. Quant à Fatiha, 45 ans, fonctionnaire dans une banque, elle avoue : «Je comprends que, dans le temps, les femmes avaient envie de cuisiner toute la journée et de préparer de délicieux gâteaux. Elles ne travaillaient pas et les hommes étaient tenus de faire les courses. Il ne restait aux mères de famille qu’à préparer de bons gâteaux traditionnels, et ce pour les différentes occasions.» Et d’ajouter avec une pointe de nostalgie : «La situation a bien changé, hélas ! La femme n’a pas le temps pour ça, surtout quand il s’agit de grandes quantités.»
En revanche, il y’a ceux qui accusent certaines personnes ayant contribué à l’émergence de ce phénomène. «Ce sont des gens qui veulent montrer à leur environnement une certaine richesse extérieure», estime Samir, avant d’ajouter : «Les prix pratiqués sont exorbitants. Je préfère mieux le makrout taâ laâjouz que ces pièces qui fondent dans la bouche avant même d’être mâchées.» Justement, à propos des tarifs appliqués, les prix ont connu une constante augmentation par rapport aux exigences du marché, comme tient à l’expliquer Samah. «J’ai commencé à prendre des commandes à 30 DA la pièce, mais avec la hausse du prix des matières de base, le sucre et surtout l’huile, la pièce est cédée à 45 DA cette année», signale cette halwadjia qui travaille chez elle à la maison. Spécialisée dans les gâteaux traditionnels, comme le makrout ellouz, dziriet et autres, son champ d’action ne se limite pas simplement aux fêtes de mariages mais s’étend au reste de l’année.«On travaille presque toute l’année quand on nous sollicite pour les circoncisions, les mariages, les occasions religieuses et les naissances. Pour vous dire, on ne chôme pas, El-hamdoulillah».
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30th April 2009 02:00 #1
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Lynda Louifi :
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16th September 2009 21:42 #2
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September 16, 2009 -- The sale of traditional cakes for Eid has become big business in Algeria, where many working women no longer have time to make these holiday delicacies. It seems a world away from the times when women would gather to make the honey cakes essential for celebrating Eid Al-Fitr in Algeria. These days, many women who have to balance jobs and family responsibilities prefer to buy the traditional sweet cakes straight from the shops. "Ramadan has been exhausting," said Fadhéla, who works in a state-run company. "With work, the children, and the obligation to prepare a giant meal for iftar every day, there's no time left to make cakes for Eid."
Cakes are priced differently according to their type. Almond cakes are much more expensive than Western-style pastries. The price of a cake varies from 35 to 50 dinars each. "These cakes require painstaking work. You can't sell them at the same price as other pastries," said Mourad, a pastry chef in the Rue Meissonier in Algiers. "And you have to remember how the price of raw materials, particularly sugar and oil, has gone up." Mourad explains that demand for traditional cakes reaches an "unrivalled" peak starting the 27th day of the month of Ramadan.
Other women turn to the cottage industry of "rolling-pin experts" to make the cakes for Eid. Fouzia, a housewife, produces "homemade cakes" for those who do not have the time. "I've always had a gift for traditional cake-making;. I said to myself, why not make the most of it and earn a bit of money, what with the cost of living being so high," she said. She turns out cakes more cheaply than the shops do, at 25 dinars each, and asks customers to provide the ingredients needed to make them. Fouzia says she works "all year round", and bakes honey cakes for circumcisions, weddings, religious celebrations and baptisms.
Other women still follow tradition and insist on making their own Eid cakes. "Even if my cakes aren't up to the standard of those you can buy in the shops, I still like to make my own," said Nouria, a retired civil servant. "Making cakes is part of the celebrations for the Eid festival. I can't imagine a feast without my cakes."
Hamid, 40, has fond memories of the scents of orange flower water and toasted almonds, which used to permeate his childhood home. "I'd love for my children to breathe in this special atmosphere so that they could pass on the same experiences to the generations to come," he said, recalling the aroma of baking cakes. He said that he begs his wife not to buy cakes from the shops.
Hadj Brahim, a baker in the Hussein Dey district of Algiers, remembers when children would bring trays of cakes to cook in his oven. "We were always being asked by housewives to bake their homemade cakes. These days, people prefer to make them at home, or just order them in," he said sadly. Brahim said that even the types of cakes favoured by customers have changed over the years. In the old days, he said, the fashionable cakes were halwet el tabâa, halwa lambout, al-ghribia and al-kâak. But for today's housewife, it has to be "cravats", "fans", "hats" or "princesses".







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