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  1. #1
    Al-khiyal is online now Super Moderator
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    Le jeune Yacine retrouvé mort dans un puits


    Jeudi 24 mai 2007 -- Les yeux cernés, le regard absent, vêtue d’une djellaba et d’un foulard de couleur verte, une couleur qui incarne l’espoir, celui de revoir un jour le petit Yacine, Mme Bouchelouh incarne la mère touchée dans sa chair. Taciturne, elle a du mal à évoquer ce qui s’est passé ce 2 mai. Elle regarde ses deux filles, âgées respectivement de 18 mois et 7 ans. Elle préfère parler du chagrin des sœurs de Yacine plutôt que du sien.

    La plus grande pleure à chaque fois qu’elle croise dans la maison, les effets de son frère. La plus jeune crie “ya” et cherche désespérément son frère dans tous les coins de la demeure. Chez les Bouchelouh, l’atmosphère est lourde. Épaulée par ses proches, la maman de Yacine, épuisée par tant de semaines d’attente est à l’affût de la moindre nouvelle. Malheureusement, aucune ne parvient. Les appels à témoins lancés à travers les journaux, la télévision et la radio n’ont toujours pas abouti. Pis encore, des personnes indélicates profitent de la situation pour mener la famille sur de fausses pistes. Des plaisantins appellent régulièrement pour dire que Yacine a été vu.

    Ils donnent de faux espoirs à la famille et ravivent la douleur qui, depuis ce fatidique 2 mai, ne fait que s’accentuer. Taraudée par un indescriptible sentiment de culpabilité, la maman ne trouve aucune explication rationnelle au drame que sa famille vit. Yacine avait pour habitude de s’amuser au bas de l’immeuble même si sa mère émet toujours des réserves avant de le laisser descendre. Ce jour-là, il jouait au ballon. A un moment, il est remonté à la maison, a jeté son ballon dans le couloir pour redescendre en courant. Sa mère a tenté de le rattraper en vain. Elle s’est par la suite dirigée vers le balcon pour l’appeler. Le petit n’était plus là. C’est à ce moment qu’elle décide de descendre le récupérer. Elle ignorait qu’à cet instant son fils avait déjà disparu. Elle a fouillé la cité, regardé dans tous les endroits ou il joue d’habitude, demandé aux grands et aux petits s’ils avaient vu Yacine. Tous n’ont rien remarqué de suspect.

    Depuis, la cité des 224 Logements de Bordj-El-Kiffan est plongée dans l’émoi. Son portrait est placardé dans tous les quartiers d’Alger. Sa disparition a beaucoup ému, entraînant une mobilisation jamais égalée et un élan de solidarité exemplaire. Le regard si expressif de Yacine, son visage angélique ne laissent pas indifférents et en dépit du temps qui passe, l’espoir reste permis. La famille Bouchelouh en appelle au bon sens, guette la moindre nouvelle, s’accroche à toute information susceptible d’aider à retrouver Yacine. Deux numéros de téléphone (092 15 00 17 et 078 52 39 03) sont mis à la disposition de toute personne désirant donner la moindre information.


  2. #2
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    Algerians are concerned about the number of children abducted, and the kidnapping of Yacine Bouchelouh has captured the attention of parents throughout the country. Official statistics show the disappearance of 841 children since 2001, ranging in age from 4 to 16.

    Recent abduction cases reported in the media have panicked Algerian families, particularly since last month, when Yacine Bouchelouh was abducted in front of his own home in the Bordj El Kiffan district of eastern Algiers. The police have been unable to solve the mystery of the missing child despite a massive search and investigation operation. Yacine’s story turned into a national issue after his parents stepped up their search and issued pleas to citizens and even the kidnappers.

    Yacine’s mother has appeared twice on "Everything Is Possible", a television segment devoted to searching missing children, pleading with the kidnappers to release him and stressing she would give them anything they want.

    The family also posted pictures of the abducted child in public squares, on major streets, at the entrance to shops, on the pages of most newspapers and on the official website of the Algerian police, in hopes of attaining any information.

    Official figures for 2000 show on month with 28 kidnappings reported. In 2002, 117 children were kidnapped, 71 of them girls. The number of abductees rose to 168 children in 2004. Algerian police have already recorded 41 kidnappings of children during the first four months of this year.

    Most missing children cases were reported in major cities, with the highest concentration in Algiers, Oran and Annaba.

    Some Algerians attribute the trend of child abductions to criminal networks trafficking in human organs, while others feel the disappearances are sexually motivated.

    In an effort to dispel hovering doubts about the appearance of networks trafficking human organs, security agencies denied the existence of such networks following Yacine’s abduction, noting that at present no organ trafficking operation had been recorded and the existence of such networks had not been discovered or reported.

    Police officer Kheira Messaoudene, head of the Childhood Protection Office at the Police Directorate, said cases of missing children are not only attributable to kidnapping. Rather, there are children who resort to running away from their families for social reasons. She added that in "most cases" children are kidnapped to settle scores with the family and that often the kidnappers are family members. She speculated that Yacine might have been abducted by a family "out of curiosity".

    Statements by security officials fail to assuage parents. Last year, 86 missing children were found dead.

    Hayat, mother of a 9-year-old girl, told Magharebia she no longer lets her child go to school unaccompanied. She picks her up every day from school. Algiers resident Mouloud said that Yacine's case made him stop his only girl from playing in their building's courtyard.

    In comments on local radio regarding the decline in public safety in recent years, former Prime Minister Ahmed Ouyahia called for increased severity in sentencing convicted kidnappers, even including the death penalty. Algeria has historically reserved the death penalty for treason or other "violations of state security".


  3. #3
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    Samedi 16 juin 2007 -- Un statu quo insupportable. Qu’elle soit bonne ou mauvaise, aucune nouvelle n’est venue «meubler » l’énigme de la disparition de l’angélique Yacine. Le même climat lourd règne à la cité où le petit a été vu pour la dernière fois. Un groupe d’adolescents s’ombrage d’un soleil au zénith. Tout en se donnant l’air distrait, ces jeunes épient la moindre manœuvre du véhicule conduit par notre chauffeur Noureddine. Louable geste a fortiori que c’est le manque d’attention a fait qu’aucune piste sérieuse n’ait été employée pour retrouver la trace de Yacine.

    «C’est au deuxième étage la porte de gauche», nous indique un vieil homme. Difficile de rester détaché comme le dictent les règles du métier. Même Noureddine semblait être gêné lorsqu’il fallait frapper à la porte en bois du domicile Bouchelouh. Des cris d’enfants fusent de l’intérieur. La vie semble avoir repris son droit. Loin s’en faut ? La mère de Yacine entrebâille la porte. La tête recouverte d’un foulard gris. Visage inexpressif, mais une étincelle maternelle jaillit de ses yeux en proie aux cernes. D’aucuns imaginent que cette maman voit en chacun une lueur d’espoir. Nous avons beau exhiber notre carte professionnelle et expliquer l’objet de notre visite, elle paraissait insensible à la ritournelle débitée par les journalistes venus aux nouvelles. Elle se remet de son énième désillusion. «Mon mari n’est pas là, revenez plus tard… mais attendez SVP.»

    La porte s’ouvre, les cris d’enfants sont de plus en plus audibles. Un jeune homme d’environ 30 ans vient à notre rencontre. Un tapis de prière coincé entre les aisselles, il nous lance un regard tout aussi hagard. «Il n’y a pas de nouveau, si cela était le cas on vous l’aurait fait savoir. Si vous voulez parler avec le père de Yacine revenez plus tard. Il est parti accomplir la prière du vendredi.» Ayant fait leur ce drame familial, des âmes charitables montrent une forme de solidarité propre. Il y aurait même eu des personnes qui se sont proposées de payer la rançon quelle que soit sa valeur, si toutefois une demande de rançon il y aura. En attendant, la famille Bouchelouh reste suspendue à la moindre sonnerie de téléphone. L’espoir est intact. Deux numéros (092 15 00 17 et 078 52 39 03) sont mis à la disposition de toute personne désirant donner la moindre information.


  4. #4
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    Plus d’un mois et demi après sa mystérieuse disparition, Yacine Bouchelouh, 4 ans, a été retrouvé dans un état de décomposition avancée, dans un puits situé à 200 mètres de la maison parentale. La découverte du corps n’a été rendue possible que grâce au concours d’un particulier qui a mis à la disposition des services de sécurité un chien spécialisé dans le pistage à froid. Pourquoi la police n’a-t-elle pas eu recours aux brigades canines dès la disparition de l’enfant ? Pourquoi les recherches effectuées sont-elles restées sans résultat ? Depuis quand le petit se trouvait-il dans le puits ? Autant de questions restées, hier, sans réponses:

    Mercredi 20 juin 2007 -- Il était 17h lorsque le cadavre du petit Yacine a été transporté dans un cercueil vers la morgue par les éléments des pompes funèbres sous le regard impuissant de ses proches, de voisins et jeunes camarades de jeu. L’expertise légale qui sera effectuée permettra de déterminer les circonstances exactes de sa mort. C’est aux alentours de 13h que les recherches ont débuté. Après avoir longtemps reniflé des effets vestimentaires du petit Yacine, le chien Pif a ratissé les alentours de la cité Soummam pour se diriger finalement vers un champ situé à 200 m de la demeure des Bouchelouh. Arrivé au niveau du puits, il a donné l’alerte : il ne subsistait alors aucun doute. Un cadavre s’y trouvait. C’est le père du petit qui a reconnu son fils grâce aux effets vestimentaires qu’il portait le jour de sa disparition.

    Rapidement, les services de la police ont quadrillé le périmètre avant que les éléments de la police scientifique n’entrent en jeu. Ils ont passé au peigne fin les alentours de l’exploitation agricole en insistant sur une petite baraque en parpaing dans laquelle étaient entreposés un matelas et des couvertures. Le petit y était-il séquestré ? Qui fréquentait les lieux ? Selon les voisins, la baraque appartiendrait à l’exploitant des terres qui aurait été entendu par la police. Est-ce possible que le petit se soit aventuré dans les champs ? Non, répondent les voisins qui affirment qu’à l’époque de sa disparition, le chemin qui y mène était en chantier et que les enfants n’avaient pas l’habitude d’y faire un terrain de jeu.

    Dans une ambiance des plus tendues, les éléments de la police scientifique ont récolté des échantillons de cheveux pour les tests ADN, refusant de livrer la moindre information sur les circonstances de la découverte. Même mutisme du côté de la Protection civile et de la police. Plus prolixe, le maire de la commune de Oued Koreich affirme que pour venir en aide au père de Yacine, employé au sein de sa commune, il avait fait appel à Rachid, le maître du chien renifleur qui avait déjà fait ses preuves lors des inondations de Bab-El-Oued et le séisme de Boumerdès. Il s’agit d’une initiative personnelle à laquelle se sont associés par la suite les services de sécurité et qui a permis de mettre un terme à des recherches infructueuses qui durent depuis le 2 mai dernier.

    Venus réconforter la famille, voisins et proches n’ont pas caché leur mécontentement quant au déroulement des opérations de recherche effectuées auparavant. Comment se fait-il que le corps n’ait pas été découvert plus tôt ? Les propriétaires du champ n’ont-ils rien vu ? Autant de questions auxquelles l’enquête et les médecins légistes répondront. En attendant, la douleur des Bouchelouh est incommensurable. Très digne dans la douleur, le père de Yacine, bouleversé par la découverte, n’avait qu’un seul souci : trouver la formule la moins choquante pour annoncer la triste nouvelle à sa femme qui, en fin de journée, ignorait tout de la tragédie qui se jouait à 200 mètres de chez elle…


  5. #5
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    Mercredi 20 Juin 2007 -- Tout le monde se rappellera du visage angélique du petit Bouchelouh Yacine, dont l’affiche de disparition a hanté la ville d’Alger. Malheureusement, l’enfant, à peine âgé de quatre printemps, a été retrouvé, hier, mort au fond d’un puits, à 200 mètres de son domicile familial, situé au quartier 224-Logements de la cité Bordj El-Kiffan.

    Pas de grillons. Pas d’aboiements de chien. Pas de cris d’enfant. Plus d’espoir. Un silence de mort. Il ne reste rien que quelques chuchotements des voisins qui sont venus présenter leurs condoléances à la famille Bouchelouh. “Désolé vous ne pouvez pas voir la famille. Ils ne sont pas capables de recevoir la presse. Tentez de nous comprendre et respectez notre silence. Aujourd’hui, c’est trop dur. Revenez demain, peut-être on pourra vous dire quelque chose”, déclare un parent de la famille en nous refusant l’accès à l’étage du domicile.

    Il est 17h, le cercueil scellé du petit enfant vient de sortir du domicile familial pour une expertise de la médecine légale.

    Le cadavre du jeune Yacine disparu le 2 mai dernier a été retrouvé hier vers 13h20 par un particulier doté d’un chien renifleur.

    “J’ai été contacté par le président de l’APC de Oued Koriche, qui est l’ami de M. Bouchelouh, et il m’a raconté l’histoire du petit Yacine disparu depuis 45 jours. Tout de suite, j’ai répondu à l’appel, je me suis absenté aujourd’hui pour reprendre les recherches avec mon chien PIF”, déclare M. Rachid Sabri.

    Selon notre interlocuteur, les recherches ont débuté vers 10h du matin avec le célèbre PIF, chien de race, berger-allemand, (connu pour avoir sauvé des vies humaines lors du tremblement de terre de Boumerdès de 2003 et de la catastrophe de Bab El-Oued). “Avant de procéder à la recherche, nous avons fait renifler au chien les vêtements du petit Yacine afin qu’il s’imprègne de l’odeur du petit, puis nous avons ratissé tous le quartier”, raconte notre interlocuteur. Le chien a été suivi par son maître et quelques voisins. “Arrivé au domaine Ouzani, PIF s’est dirigé directement vers le puits et s’est mis à aboyer comme s’il avait reniflé quelque chose. Ils ont retrouvé le gosse au fond du puits et ils ont appelé la Protection civile et la Police scientifique”, raconte le cousin germain du petit yacine. Selon les voisins, l’enfant avait des blessures sur le visage et sur tout le corps.

    Accompagné du voisin Nordine, nous nous sommes déplacés sur les lieux du crime. Nous avons marché presque une centaine de mètres pour arriver au dit domaine.

    Après avoir traversé une clôture de roseaux au milieu des terrains perdus de l’ancienne coopérative agricole, nous avons retrouvé le puits. Bizarre, il est 17h30, aucune trace du passage de la police.

    Le cordon de sécurité n’existe même pas autour du lieu du crime. “Ce puits existe depuis plusieurs année, il était là avant l’Indépendance, aucun accident n’a eu lieu ici. Nous avons interdit aux enfants de jouer dans ce domaine, d’ailleurs ils ne s’aventurent jamais car c’est trop loin, en plus, ils savent qu’il y a toujours quelqu’un”, déclare un membre du domaine. Avant de préciser qu’il y a trois jour nous avons fait marcher la pompe à eau et il n’y avait rien. “Si l’enfant était là nous l’aurions découvert et il y aurait même l’odeur de décomposition du corps. Il y a quelques mois, un mouton est tombé dans le puits et lorsque nous avons fait marcher la pompe, nous avons senti l’odeur et il y avait même du sang. Je crois que le cadavre a été déposé hier ou avant-hier, car c’est les seules journées où nous n’avions pas fait marcher la pompe du puits”, suppose notre interlocuteur. Juste à côté du puits, se trouve une petite cabane abandonnée qui sert à déposer le matériel des fellahs du domaine. “Ce n’est pas possible, le petit n’était pas dans cette cabane. On aurait senti ou entendu quelque chose”, ajoute-il.

    Dans son quartier, les voisins sont formels : le petit Yacine a été tué puis jeté dans le puits. “Nous avons ratissé tout le quartier pendant un mois. Nous avons mené nos recherches jusqu’au Lido et la plage des Tamaris. Moi-même je me suis déplacé dans cet endroit, il n’y avait aucune trace du petit Yacine. C’est un kidnapping suivi d’un meurtre”, tranche Nordine.

    Les habitants du quartier dénoncent, par ailleurs, l’insécurité qui règne dans ce quartier.

    “Depuis l’ouverture de cette nouvelle route, le quartier est devenu dangereux. Chaque soir, le quartier devient un lieu de rencontres pour dealers, drogués, voleurs…. La police devrait enquêter dans ce sens”, s’indignent-ils. À défaut de version officielle de la part de la police, le silence a laissé place à toute supposition et spéculation.


  6. #6
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    Fifty days after he went missing, the body of four-year-old Yacine Bouchelouh was discovered Tuesday (June 19th) in an abandoned well 200 metres from his home in Borj El Keifan, east of Algiers. Two divers from the Tamentfoust marine authority brought the body up from a depth of 23 metres around 2:45 pm. Initial examinations did not reveal any signs of torture or assault, but authorities are not ruling out the possibility of foul play and will continue to investigate whether the boy fell into the well or was placed there by someone else. Bouchelouh went missing on May 2nd and was believed to have been kidnapped. His family intensified the search for him by posting his photo throughout the capital in streets, stores and schools. Local and national print press and television also issued appeals for the boy's safe return. The body was discovered after a police dog followed the scent of the boy's shoes to the disused well and barked incessantly into the abyss. Bouchelouh's parents identified the body and have received an outpouring of public support.


  7. #7
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    Jeudi 21 juin 2007 -- Le petit Yacine Bouchelouh a été inhumé hier en fin d’après-midi au cimetière d’El-Alia. Une énorme foule, compacte et silencieuse, a accompagné le jeune garçon à sa dernière demeure. Sur certaines voitures du long cortège funèbre étaient collés des portraits du jeune garçon au visage angélique. Ceux ayant été placardés durant sa disparition dans les rues de la capitale. Désormais, Yacine Bouchelouh reposera au carré 79 réservé aux enfants du cimetière d’El- Alia. Sa famille pourra commencer à faire son deuil et apaiser sa douleur.

    «Hamdoullah ki lkinah (Dieu merci, nous l’avons retrouvé)», nous dira avec beaucoup de dignité Mouloud son oncle rencontré quelques heures plus tôt devant le domicile mortuaire à la cité Soummam au quartier Sorecal. Une cité qui a été plongée dans une ambiance lourde, empreinte d’une grande émotion au lendemain de la découverte macabre du corps sans vie du jeune Yacine après 46 jours de disparition. «Nous ne comprenons toujours pas pourquoi les enquêteurs de la police n’ont pas pensé à fouiller l’endroit où a été retrouvé Yacine ?» s’interroge Mouloud. Avant de poursuivre : «Nous avons cherché partout, mais nous n’avons pas osé, par pudeur, nous approcher du puits croyant que le lieu est habité.»

    Des questions auxquelles seule l’enquête en cours peut apporter des réponses plausibles. «Comment un enfant de 4 ans peut s’aventurer seul dans un endroit pareil ?», «pourquoi n’a-t-on pas fait appel à la brigade canine de la police qu’on nous montre à la télévision, pour les opérations de recherches dans ces endroits difficiles d’accès ?» se demandent les habitants du quartier.

    Du fait de sa discrétion, le puits servant à l’irrigation de l’exploitation agricole commune adjacente était connu pour être fréquenté par les dealers et les drogués. Des canettes de bière, des bouteilles de vin et autres détritus jonchent le sol de ce lieu glauque et malfamé au milieu des roseaux donnant froid dans le dos.

    Les enfants du quartier dont Oussama, Chemssedine et Sid-Ali, les copains de jeu de Yacine affirment «ne s’y être jamais aventurés». L’un d’eux est le dernier à avoir vu Yacine vivant. «Je jouais avec Yacine le jour de sa disparition. Nous étions devant la porte de notre immeuble. Je suis monté récupérer des pinces à linge et en redescendant je ne l’ai pas retrouvé », raconte-t-il d’une voix basse, visiblement choqué par ce qui est arrivé à son ami.

    Hier encore, les enquêteurs de la police poursuivaient leur enquête avec les travailleurs de l’exploitation agricole où a été retrouvé le corps de Yacine. Un véhicule de la police faisait des rondes incessantes dès les premières heures de la journée.

    «Je ne reconnais plus Youcef. Depuis la disparition de son enfant, il a perdu énormément de poids», témoigne un ami de la famille venu présenter ses condoléances. Comme lui, ils étaient très nombreux, hommes, femmes, amis, proches, voisins et anonymes à affluer vers le domicile mortuaire pour apporter leur soutien à la famille de Yacine. Youcef, les yeux hagards, les traits fatigués par 46 interminables jours d’attente, continuait de recevoir les condoléances suite à la terrible épreuve qui a frappé sa famille. Une épreuve qu’il affrontera avec beaucoup de courage et de dignité. Courage et dignité qu’il gardera jusqu’au moment de la mise en terre de la dépouille de son enfant que Dieu ait son âme et l’accueille en Son Vaste Paradis.


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