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Thread: Les émigrés

  1. #1
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    Les émigrés


    Jeudi 5 Juillet 2007 -- Ils arrivent. Ce n’est pas encore le rush de la mi-juillet à la mi-août, mais les premières fournées commencent à fouler le sol natal. Aéroports et ports sont à l’heure des arrivées de notre communauté à l’étranger. Tout est prêt pour accueillir cette population qui, chaque année, est au rendez-vous pour des retrouvailles d’été dans sa patrie d’origine.

    Seront-ils aussi nombreux que l’année dernière ? Oui, selon les réservations à destination de l’Algérie qui affichent complet, malgré une offre nettement plus grande que par le passé. Les pavillons étrangers, de retour en Algérie, se frottent les mains et les compagnies nationales ont fait des efforts pour ne pas rester en rade d’une féroce concurrence. La cadence des roulements d’Air Algérie sur les aéroports européens s’accélère.

    Sa toute nouvelle liaison avec l’outre-Atlantique, le Canada, est surbookée depuis son inauguration en juin dernier. Les débarcadères des ports s’apprêtent également à vivre des rythmes infernaux. Aux arrivées, ça compte les bagages et les enfants, ça discute, ça négocie, ça vocifère et ça rigole. Finalement, la fatigue du voyage s’estompe, direction la résidence d’été : hôtel, bungalow et village natal. Retrouvailles avec la famille, les amis, les derniers potins familiaux et les cadeaux qu’on n’oublie jamais, même si l’on trouve de tout en Algérie. Les bagages défaits, le stress disparaît.

    Alors, pendant un mois, on pourra se faire plaisir, loin des vicissitudes du pays d’adoption. Refaire le monde avec les cousins et cousines, manger de délicieux plats du terroir, visiter le pays, sortir, se retrouver au milieu des siens, se ressourcer et surtout frimer et faire des envieux… Les célibataires de là-bas sont mitonnés, chouchoutés, couvés. Sait-on jamais, ils pourraient retourner là-bas avec une moitié d’ici.

    Le charme des vacances au bled, c’est cela pour les émigrés. Un voyage qui permet aussi pour beaucoup d’entre eux de prendre le pouls d’un pays qui bouge. Si les Algériens vivant à l’étranger privilégient toujours les vacances au pays et les retrouvailles en famille, ils sont de plus en plus nombreux à chercher autre chose. Selon des discussions avec des vacanciers émigrés, le désir premier de tous est, avant tout, de prendre des vacances comme les autochtones de leur pays d’adoption et, pour les jeunes, prendre leur revanche sur les concitoyens de là-bas en s’éclatant à fond la caisse dans des plaisirs qui leur sont interdits là-bas, la plage, les boîtes, les achats…

    Quels rapports au pays natal ?

    Le budget moyen de ces vacanciers, hors transport, est de près de 2 000 euros. La nouvelle génération privilégie les hôtels et les bungalows, contrairement à leurs parents qui préfèrent les vacances affectives dans le village natal, près des racines familiales. La preuve que le rapport au pays change. Leurs exigences sont un véritable gisement qui ne demande qu’à être exploité. Les jeunes voyagent encore en famille, mais préfèrent largement la mer au pays profond de leurs parents.

    Les plus riches ont leurs propres résidences d’été. Les moins nantis louent au bord de l’eau un bungalow, un appartement ou un gîte, au grand dam de la classe moyenne locale pour qui émigré égale nouveau riche d’ici et le tout égale flambée des locations et des prestations de services. Les autres, de moins en moins nombreux, vont au bled. Mais, comme les familles de là-bas ont éclaté comme celles d’ici, il n’y a que les vieux qui séjournent à la campagne. Si jusqu’aux années 1990, les émigrés arrivaient avec la famille au grand complet, aujourd’hui, cette époque est révolue.

    La famille ne débarque plus en groupe. Arrivés à l’adolescence, les émigrés ne veulent plus venir en famille. S’ils sont autonomes financièrement, ils préfèrent plutôt séjourner dans leur pays d’origine avec des amis ou en couple. Et puis, cette façon de voyager en solo les exempte du rituel de leurs parents, le pèlerinage chez les siens avec les cadeaux à distribuer à tout le monde. Aujourd’hui, l’image de l’émigré avec un véhicule plein à craquer, qui lui a longtemps collé à la peau, a disparu.

    Les transferts d’argent ont également changé de destination. Si l’argent de la première génération était tourné vers la consommation alimentaire et vestimentaire, celui de leurs enfants va vers l’acquisition d’un bien mobilier dans leur pays d’origine, d’une affaire et d’un investissement. Ils ne le cachent pas : c’est plus facile de fructifier son argent en Algérie. Les émigrés d’aujourd’hui prennent ainsi leur revanche. Leurs parents sont partis pour des raisons économiques, mais eux reviennent pour “vacancer”, vivre comme des “princes” au bled, en affichant sa réussite par l’aspect matériel le plus ostentatoire, rivaliser avec les riches d’ici.

    D’où ce besoin de montrer à travers leur consommation que leur exil outre-Méditerranée a un sens, que leur niveau de vie est bien plus élevé que celui de ceux qui sont restés. Ces vacanciers ne sont pourtant plus admirés avec émerveillement, comme au début. Ils font partie du paysage durant l’été, et basta. Il n’y a plus que les harragas à s’enivrer de leurs histoires et fadaises sur là-bas où, n’arrêtent-ils pas de ressasser, ils vivent bien !

    Leurs arrivées et départs ne drainent plus les foules, ils sont perçus comme des touristes qu’il faut faire casquer, d’autant qu’ils dépensent sans compter. Beaucoup de localités maritimes, à l’image de Béjaïa, les attendent chaque été car leur arrivée n’est pas que synonyme de retrouvailles et de joie, mais surtout de profits conséquents. Évidemment, les émigrés ne sont pas tous riches, mais le temps où le franc valait un dinar est révolu. Chaque été, ils sont presque un million d’Algériens établis en France, en Belgique, en Suisse, en Grande-Bretagne, en Italie, en Espagne et au Canada à débarquer dans les ports et aéroports.

    Ce gisement ne demande qu’à être fructifié. Le temps de forger un vrai pont avec le pays d’origine presse d’autant que dans leur pays d’accueil, nos émigrés n’arrêtent pas de clamer leurs origines. C’est le moment de penser pour eux à un “tourisme aux racines”. Un de nos voisins a expérimenté le “tourisme solidarité” par lequel de jeunes émigrés découvrent leurs origines via un réseau d’associations et de coopératives dans le pays profond.

    Ce type de voyage est en lui-même, de l’avis de tous ceux qui l’ont pratiqué, un grand moment de convivialité et d’osmose entre des populations de même souche. Et, ainsi, se constitueront là-bas de solides lobbys pro-Algérie, comme l’ont fait les Irlandais, les Italiens et les Grecs aux États-Unis.


  2. #2
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    Mercredi 12 mars 2008 -- Les émigrés qui rentrent en Algérie sont généralement des hommes, chefs de famille de plus de 40 ans Ils ont vécu à l’étranger plus de 10 ans. Les moins de 31 ans représentent 22,3% de l’échantillon des migrants de retour en Algérie. Ils reviennent souvent par « contrainte » au pays. Une fois en Algérie, beaucoup d’entre eux n’arrivent pas à se réadapter à la vie au « bled ».

    C’est peut-être l’un des plus grands paradoxes que connaît notre pays : au moment où des dizaines de harraga cherchent à quitter le pays au péril de leur vie, de nombreux émigrés algériens choisissent de faire le chemin inverse. Lors d’un atelier sur l’immigration organisé hier à l’université de Bouzaréah, des sociologues et des chercheurs ont tenté de disséquer la question des mouvements migratoires en Algérie.

    Mohamed Saib Musette, sociologue, a axé son intervention sur les émigrés qui reviennent au pays. Dans l’enquête que nous avons réalisée pour le compte du Mirem, il apparaît que même des personnes qui ont passé plus de 50 ans à l’étranger reviennent au pays », a-t-il indiqué. A leur retour, les émigrés changent de statut. Ils passent ainsi du stade de salarié à celui d’entrepreneur. « Il est important d’indiquer que les migrants de retour sont d’un grand apport pour le pays », souligne M. Musette.

    Les moins de 31 ans représentent 22,3% de l’échantillon des migrants de retour en Algérie. Ils reviennent souvent par « contrainte » au pays. Mohamed Saib Musette estime que « l’âge est un facteur important dans la décision de retour. Près de 14% sont revenus au pays à l’âge de 65 ans et plus ». Curieusement, peu de femmes (à peine 13% contre 86% d’hommes) choisissent de revenir au « bled ».

    En clair, les émigrés qui rentrent en Algérie ont généralement plus de 40 ans (74%), ce sont des hommes (90%) et des chefs de famille (78%), de niveau d’instruction plutôt primaire ou moins (67%), qui sont au chômage (89%), avec un revenu de la famille qui dépasse les 30 000 DA/mois. La quasi-totalité des familles interrogées viennent de France (79%). Elles ont vécu à l’étranger plus de 10 ans (73%).

    Selon les dires de M. Musette, il y a deux types d’émigrés de retour : ceux qui ont décidé de regagner le pays et ceux qui ont été contraints de le faire. Parmi ceux qui ont choisi de retourner en Algérie, il y a d’abord les nostalgiques (20,8%), ceux qui n’ont pas réussi à s’acclimater dans leur pays d’accueil, les retraités (11,7%), ainsi que la réalisation de projets (6%).

    Dans la grille des motifs des émigrés forcés au retour, il y a surtout les expulsions (37%), les contraintes familiales (28%), ainsi que la perte de l’emploi (22%). « Alors qu’il y a une accélération des expulsions de Maghrébins en Europe, il est à signaler qu’il y a une faible proportion de Maghrébins par rapport à l’ensemble des émigrants étrangers (…). Selon les données dont nous disposons, les Marocains ont été les plus exposés aux expulsions, suivis des Tunisiens, puis des Algériens (35%) », a affirmé hier M. Musette.

    Les émigrés de retour se plaignent généralement des difficultés de réadaptation (surtout pour les émigrés contraints au retour), des bas niveaux de salaires ainsi que de l’insuffisance du système de santé. Aussi certains d’entre eux nourrissent-ils encore le rêve d’aller dans leur pays d’accueil. Il s’agit de 50% de ceux qui ont été contraints de revenir et 30% des émigrés qui sont revenus de leur propre gré.

    Au chapitre des familles des émigrés, beaucoup d’entre elles continuent de croire que leurs proches émigrés reviendront pour s’installer définitivement au pays (45%), tandis que d’autres ont perdu tout espoir de voir leurs parents revenir (16%). Dans l’un de leurs rapports, les experts du Conseil national économique et social (Cnes) parlent d’« abandon du mythe du retour » et réaffirment que « le retour et les transferts d’argent relèvent de mythes et de mirages ».

  3. #3
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    Jeudi 3 juillet 2008 -- Près de 900.000 Algériens vivant à l'étranger sont attendus en Algérie pour la saison estivale 2008, a indiqué mercredi à Alger le ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Communauté nationale à l'étranger, Djamel Ould Abbès.

    "Dix neuf espaces d'accueil et d'accompagnement ont été aménagés au niveau des ports et aéroports pour accueillir 900.000 Algériens établis à l'étranger durant la saison estivale 2008", a précisé M. Ould Abbès lors de l'installation d'un comité national chargé de préparer l'accueil des immigrés. Un programme d'un montant de 100 millions de DA (1 million d'euros) intitulé "bienvenue au pays" sera lancé à partir du 5 juillet, a ajouté le ministre.

    L'objectif de ce programme est "d'accueillir dans de bonnes conditions de convivialité les ressortissants algériens à leur arrivée et lors de leur séjour dans le pays, et faciliter leurs démarches administratives et douanières dans les ports, aéroports et aux frontières terrestres", a précisé M. Ould Abbès.

  4. #4
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    Nabila Afroun :


    Dimanche 13 Juillet 2008 -- Stabilité du pays, relance économique, diminution de la violence islamiste, amélioration des conditions d’accueil… Jamais les Algériens de l’étranger n’ont eu autant de raisons de rentrer au pays pour les vacances. Et ils ne s’en privent pas. Très majoritairement établis en France, les Algériens d’outre-mer se heurtent pourtant à d’énormes difficultés pour trouver une place dans les dizaines d’appareils qui assurent les liaisons avec les huit aéroports internationaux que compte l’Algérie. Le ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Communauté nationale à l'étranger, M. Djamel Ould-Abbès, estime recevoir près de 900 000 vacanciers pour cette saison. Rien que pour la journée de lundi, près de 35 000 émigrés ont été recensés par les compagnies aériennes desservant la capitale à partir de Paris, Lyon, Marseille. Air Algérie, la compagnie nationale, se taille la part du lion sur ce marché, mais deux autres compagnies, Air France et Aigle Azur, font également le plein de voyageurs.

    Il est 11h, en ce 7 juillet. L’aéroport international Houari-Boumediene ne désemplit pas. Des groupes se forment devant les écrans indiquant l’arrivée des vols. À quelques minutes d’intervalle, deux grands avions archicombles vont se poser sur la piste. Ils ramènent les estivants parisiens qui vont passer leurs vacances “au bled”. Après plus d’une demi-heure de formalité au niveau de la Police des frontières et la récupération des bagages, ils sortent enfin. Les chariots bourrés de bagages, les bras surchargés de cadeaux, la frénésie des émigrés algériens est légendaire. Un sourire éclaire le visage de Samia. Elle est arrivée enfin. “Je l’ai eu ce foutu billet d’avion !” Combien de fois a-t-elle franchi la porte de l’agence de voyages ? Combien de fois en est-elle ressortie bredouille ? Cela fait des mois qu’elle rêve de ses vacances en Algérie, alors que son époux et ses deux enfants sont déjà à Alger depuis dix jours. Elle est restée bloquée à cause des dates qui ne l’arrangeaient pas. Elle jubile à l’idée de retrouver sa mère et ses frères qui vivent en Kabylie et revoir son village natal. Pourtant, la partie n’est pas encore gagnée. Son billet en poche, elle devra de nouveau pointer au siège d’Air Algérie pour confirmer son retour où elle embarquera pour Paris. La corvée en reviendra à son époux.

    “Nous avons travaillé toute l’année pour pouvoir nous payer ces vacances. Cela nous a coûté 2 700 euros rien que pour les billets. Sans parler de la réservation faite au mois d’avril et les longues files d’attente à l’agence de la compagnie nationale à Paris et la non-satisfaction des dates de retour. Nous rentrons le 2 septembre à la maison et les enfants vont rater deux jours de cours”, explique Nadjema. Originaire de Draâ El-Mizan, elle va passer la totalité de ses vacances dans son village natal avec quelques virées en mer à Béjaïa ou encore Azeffoun. Tous les témoignages recueillis sur le tas se rejoignent : le blocus sur les réservations exercé par la compagnie, la cherté des billets d’avion, les retards enregistrés lors des départs… “Alors que les autres compagnies permettent d’acheter les billets n’importe quand, Air Algérie exerce un blocus jusqu’au mois de juin pour les vacances d’été”, se plaint Assia. Elle ne nie pas que de grands efforts ont été faits pour améliorer la qualité de la prestation de services mais, selon elle, il faut en faire encore, notamment sur la gestion de la billetterie et les tarifs.

    La compagnie nationale a enregistré, ce lundi-là, des retards sur certains vols en provenance de Paris, Damas et Dubaï qui se sont répercutés sur les voyageurs qui devaient effectuer des correspondances sur des vols domestiques. En effet, il s’agit de quelques familles qui ont raté leurs vols sur Oran et Constantine. La compagnie Air Algérie les a pris en charge jusqu'à leur embarquement sur d’autres avions. Les charges de ce retard sont, évidemment, aux frais de la compagnie aérienne. Au-delà de tout cela, les chefs d’escale de plusieurs compagnies aériennes, rencontrés à l’aéroport, expliquent que les retards ne dépendent pas des compagnies mais également de la tour de contrôle, d’autorisation de vol et du trafic aérien. Ils se plaignent également des voyageurs non ponctuels lors des embarquements, d’ailleurs ils appréhendent le retour des congés au mois d’août qui coïncide avec les départs vers omra.

    En dépit de tout cela, la saison estivale de cette année a accusé un certain retard et une baisse d’arrivées de nos compatriotes installés à l’étranger, comparé aux deux dernières années. Ils relient cette baisse à la cherté de leur séjour dans leur pays. Les dépenses du congé leur coûtent pas moins de 3 500 euros y compris les billets d’avion. Pour ceux qui viennent par bateau, ils ne dépensent pas autant, mais cela reste quand même, selon eux, toujours aussi coûteux de rentrer au pays.

  5. #5
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    Mardi 15 juillet 2008 -- Plus de 4 000 émigrés nationaux établis à l’étranger, principalement en France, ont fait escale au port de Béjaïa depuis le début de la saison estivale, officiellement lancée le 17 juin, date coïncidant avec l’accostage d’un premier car-ferry El-Djazair-II avec à son bord quelque 1 400 passagers et plus de 350 véhicules. Cinq escales ont été effectuées par l’Entreprise nationale de transport maritime de voyageurs et la Société nationale Corse Méditerranée qui ont transporté en moyenne 1 400 passagers et 350 à 400 véhicules, a-t-on appris de la direction de l’entreprise portuaire de Béjaïa. Le record est attendu pour la prochaine navette entre Marseille et Béjaïa, qui s’annonce «fort chargée», a-t-on estimé. Ces flux inattendus n’ont pas été sans générer, à l’origine, quelques difficultés de transit aux voyageurs, dont certains ont subi «péniblement» l’épreuve de l’attente au moment des formalités. Le problème résidait en fait, a-t-on expliqué, «dans l’introduction d’un nouveau logiciel inhérent au titre de passage en douane dont la mise en œuvre a suscité des contretemps aux premières escales, mais qui a fini par rentrer dans l’ordre», a-t-on rassuré. «Des brigades de douaniers montent désormais à bord des car-ferries pour y assurer toutes les formalités. La fluidité de passage au niveau de la gare maritime s’en est ressentie avec des délais d’attente réduits à leur portion congrue», a ajouté M. Achour, directeur d’exploitation de l’EPB qui a mis en avant l’amélioration des conditions d’accueil au niveau de cette structure, grâce à la mise en place de plusieurs commodités, entre autres la climatisation, un point d’eau, un système d’information et de nombreuses hôtesses d’accueil. Initialement, les prévisions d’arrivée au port pendant la saison estivale qui s’étale jusqu’au 3 octobre étaient établies à 32 000 voyageurs mais, au vu du trafic déjà enregistré, d’aucuns s’attendent à un accroissement nettement important.

  6. #6
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    Mercredi 13 Août 2008 -- Au moins 400 enfants issus de la communauté nationale vivant à l’étranger, y compris des descendants de déportés vers le Moyen-Orient lors de l’occupation française de l’Algérie, sont retournés hier sur la terre de leurs ancêtres pour des vacances offertes par l’Etat.

    Cent enfants venus de Syrie et du Liban sont arrivés hier à Alger sur invitation du ministère de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Communauté nationale à l’étranger. Ils rejoindront 60 enfants d’origine algérienne déjà arrivés lundi dernier d’Egypte. Quelque 80 autres enfants vivant au Maroc sont attendus aujourd’hui tandis que ceux venus de Tunisie s’apprêtent à quitter le territoire national. Le groupe arrivé hier s’est rendu à Tipasa pour un séjour de trois semaines sur la plage Bleue.

    Au programme de ces vacances, figurent notamment des visites de sites historiques et culturels de la région. M. Djamel Ould Abbas, ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Communauté nationale à l’étranger, a affirmé à cette occasion que ce séjour, pris en charge par son département ministériel avec le concours d’Air Algérie et de Sonatrach, «se veut un trait d’union entre la communauté nationale à l’étranger et le pays».

    «L’organisation de ces séjours estivaux vise à jeter les ponts entre la communauté nationale et la patrie pour permettre à la majorité de ces nationaux vivant à l’étranger de mieux connaître le pays», a-t-il souligné. De son côté, la secrétaire nationale de l’Union nationale des femmes algériennes chargée des relations avec les pays arabes, Mme Fatima Tayeb, qui accompagne la délégation venue de Syrie, a indiqué que ces enfants, qui visitent le pays pour la première fois, sont les petits-enfants de Cheikh El-Mokrani et de cheikh El-Haddad.

    Leurs familles représentent 80 % des familles algériennes vivant en Syrie, a-t-elle dit, précisant que l’intérêt que «nous leurs portons émane de notre souci d’établir un lien étroit entre eux et l’Algérie et de leur permettre d’en garder le précieux souvenir». L’intervenante fera remarquer que les enfants venus de Syrie et du Liban ont montré un grand intérêt pour le pays. Un autre accompagnateur de la délégation a sollicité le ministre de la Solidarité nationale à l’effet d’organiser des séjours similaires au profit des personnes âgées de la communauté nationale vivant dans ces deux pays.

    On estime à 46 000 le nombre d’Algériens déportés ou exilés vers le Moyen-Orient suite à l’invasion coloniale française en Algérie en 1830 puis la révolte d’El-Mokrani en 1871 sans compter ceux déportés en Nouvelle-Calédonie. Actuellement, ils seraient quelque 600 milles descendants d’Algériens au Proche-Orient et quelque 20 000 en Nouvelle-Calédonie.

  7. #7
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    Nabila Saïdoun :


    Mercredi 27 Août 2008 -- C’est la fin des vacances en Algérie marquée par un retour contraignant fait de longues heures d’attente au niveau de la gare maritime du port d’Alger. Il est 15h30 à bord du car-ferry algérien “Tarik-Ibn-Zyad”. Ilyes, 7 ans à peine, fait partie des 1 300 passagers qui prendront le large à partir de 18h en direction de Marseille. C’est la fin des vacances en Algérie marquée par un retour contraignant fait de longues heures d’attente au niveau de la gare maritime du port d’Alger. Ilyes n’en a cure, il repart la tête bien pleine de souvenirs emportés notamment de sa visite à Yemma Gouraya, à Béjaïa. “J’ai vu des singes et j’ai même réussi à les approcher d’assez près pour leur donner à manger”, raconte-t-il tout joyeux, ravi de sa première visite en Algérie. Sa sœur Kahina, son aînée de trois années, n’en est pas moins heureuse et relate ses vacances avec beaucoup d’enthousiasme sans omettre une miette de son précieux voyage à bord d’un bateau. C’est la première fois que Kahina est tellement pressée d’aller raconter à ses petites camarades qu’elle doit retrouver à l’école dès le 2 septembre prochain. C’est la rentrée des classes en France, et c’est ce qui motive les parents à décider du retour, à regret, en dépassant souvent la date fixée initialement sur le billet. “Mes parents ont insisté pour que je reste plus longtemps pour ne pas rater le mariage d’une cousine, et je n’ai pas pu refuser sachant pertinemment que j’allais rencontrer des problèmes pour rentrer. Mais je m’assume, je me contente d’un fauteuil même si j’ai payé pour une cabine”, nous confie une passagère accompagnée de ses trois enfants.

    Ils sont nombreux aussi à ne pas respecter la date du retour, mais très peu à se montrer aussi raisonnables. “Souvent, ils acceptent ce qui leur est proposé à défaut, mais une fois à bord ils exigent de nous ce que nous devons réserver en priorité à ceux qui respectent les dates”, nous a déclaré un responsable à bord pour expliquer les scandales produits sans embarras par certains mécontents. La réception du bateau est prise d’assaut par les passagers entre satisfaits et mécontents déjà excédés par les tracas des formalités qui, selon eux, n’en finissent pas. “Je suis venue de Sétif et je suis au port avec cinq enfants depuis 6h du matin. La gare maritime est dépourvue de commodités et je n’ai même pas trouvé que donner à manger à mes enfants. Ensuite, c’était le cafouillage au niveau du traitement des voitures qui prend des heures interminables”, se plaint cette mère de famille, qui malgré tout, reprendra le bateau l’année prochaine. “Je préfère voyager sur un bateau algérien. Je me sens encore en Algérie et je suis plus à l’aise”, confie-t-elle, avec une pointe de nostalgie pour ces vacances finies sur un goût d’inachevé.

    La visite familiale s’installe comme un rite sacré. Baume au cœur de ce séjour de détente, bain de soleil et pour certains, l’occasion de se recueillir sur la tombe des parents et autres proches. Pour d’autres, c’est carrément joindre l’utile à l’agréable en profitant des vacances agrémentées de petites affaires bien rentables. Quelques petits cadeaux pour la famille tronqués contre de réels achats entre électroménager, tapis, banquettes, costumes de marque et autres vêtements, matelas, etc. C’est le commerce à l’inverse de ce qui se faisait auparavant. “Passer des vacances en Algérie nous revient très cher heureusement que nous sommes accueillis par la famille. Alors, on se débrouille comme on peut”, nous dit un passager accompagné de sa femme et de ses deux enfants rencontrés hier à bord du bateau “Tarik-Ibn-Ziad”, consacré le plus souvent par l’Entreprise nationale de transport maritime de voyageurs (ENTMV) pour les traversées Alger-Marseille-Alger. Vingt heures de traversée souvent pénibles pour l’équipage de gérer plus de 1 300 passagers avec plus de 450 véhicules. C’est l’équivalent d’une petite commune qu’il faut contenter à tout prix. “L’été, c’est la haute saison et c’est normal que nous ayons à gérer plus de monde. En général, la venue des vacanciers se passe sans encombres. À partir du 10 août et jusqu’au 5 septembre, c’est full speed car c’est le retour massif qui exige de nous mobilisation et vigilance”, nous a déclaré M. Amir, le commandant de bord qui doit assurer la traversée. Celui-ci autant que son équipage sont carrément sur le pied de guerre.

    Le bateau grouille de monde et M. Khiar, commissaire au bord, veille au bon grain. 16h tapantes, l’état-major se réunit. Le responsable du précontrôle à terre arrive pour un point de la situation. “Notre organisation l’exige et il existe toujours des petits réajustements à faire avant notre départ prévu pour 18h au plus tard. Le temps, pour nous, a un coût et c’est pour cela qu’il nous est impératif d’être rapides et efficaces”, continue à expliquer M. Khiar, rejoint par le médecin de bord. Ce dernier n’a pas le temps de nous saluer que déjà il est accosté par un passager aux traits tirés. Il est vite pris en charge, alors que le bateau n’a même pas encore largué ses amarres. “Les passagers qui viennent nous voir pour soigner le mal de mer sont très peu nombreux, mais toute autre pathologie est prise en charge et je vous assure que les cas ne manquent pas”, a-t-il affirmé, rapportant au passage qu’au cours d’une traversée effectuée cet été, une dame a failli accoucher à bord.

    Les passagers commencent à s’impatienter. L’attente se fait trop longue. Environ 17h et des voitures continuent à avancer lentement pour embarquer. Les différents ponts du bateau grouillent de monde. Les bambins gesticulent dans tous les sens. On se croirait être prêts à partir pour une croisière. L’animation à bord est prévue pour occuper les passagers, il en a été ainsi durant tout l’été comme programmé par les responsables de l’ENTV qui n’ont pas manqué de communiquer aussi, à travers les médias et des spots radiophoniques, pour sensibiliser les passagers à respecter les dates prévues sur leurs billets pour ne rencontrer aucun désagrément. “Nous faisons tout notre possible pour offrir des prestations de qualité à nos clients et honorer le pavillon national”, nous a déclaré M. Ahcène Grairia, P-DG de l’ENTMV rencontré sur les lieux.

    Peu de temps nous sépare de l’heure du départ et l’effervescence à bord du car-ferry est à son comble. Des familles entières désertent leurs fauteuils pour s’entasser dans les couloirs des différents ponts. L’équipage se montre très tolérant et semble maîtriser la situation. C’est une bonne saison pour l’ENTMV qui aspire au renforcement de sa flotte pour augmenter ses capacités. Les Algériens sont de plus en plus enclins à voyager par bateau à plus forte raison que les tarifs des billets restent très abordables. “Il nous arrive de venir en visite en Algérie deux à trois fois par an grâce au prix des billets proposés par l’ENTMV qui pratique des tarifs promotionnels en basse saison. C’est une aubaine pour nous”, assure un habitué du “Tarik” depuis sa mise à l’eau il y a déjà plusieurs années. La clientèle se diversifie de plus en plus et nous retrouvons des passagers de France, de Belgique, de Suède, du Royaume-Uni, d’Irlande, du Bénélux, etc. qui se mêlent à la clientèle nationale qui pour l’ENTMV est aussi importante.

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