Émigration aux Etats-Unis et au Canada :
Les Algériens à la conquête du rêve américain
Enquête réalisée par Fatma Haouari
Mardi 2 janvier 2008 -- Des milliers d’Algériens de tout âge, profession ou statut social se sont inscrits à la loterie pour l’émigration aux Etats-Unis. Organisée chaque année à la même date, elle offre pas moins de 50 000 visas permanents. Cette année et contrairement aux précédentes, il y a eu une ruée et une affluence record sur les sites internet pour l’accession à la citoyenneté américaine. Si beaucoup d’Algériens ne croient plus en leur pays, ils croient volontiers au rêve américain. Mais comme le rêve est parfois synonyme d’illusions, il y a ceux qui en profitent pour en faire un fonds de commerce. Des cybercafés, flairant la bonne affaire, ont durant deux mois (octobre et novembre derniers) ramassé de l’argent à la pelle, en proposant l’inscription à la loterie moyennant un pécule variant entre 300 et 500 DA alors que celle-ci est gratuite puisqu’il suffit d’un simple clic sur le bon site, c'est-à-dire le site officiel américain pour être sur la liste des millions de postulants à la grande messe américaine.
En effet, lors de notre virée dans les rues d’Alger, de grandes affiches ont attiré notre attention. Exposées sur les devantures et parfois collées à proximité de nombreux cybercafés de la capitale, elles étaient ornées de dessins, représentant la statue de la Liberté et le drapeau américain. Elles portaient une inscription dans laquelle, on pouvait lire ce qui suit : «Vous désirez émigrer aux Etats-Unis, inscrivez-vous dès maintenant à la DV lotery 2008». On y présente également un formulaire à remplir et une case pour la photographie du participant. Renseignement pris, nous apprenons que ces cybercafés se substituent aux services consulaires des Etats-Unis sans être inquiétés, poussant l’outrecuidance jusqu’à affirmer qu’ils ont l’aval de l’ambassade américaine à Alger pour cette activité fort lucrative ! Chose qui semble dénuée de tout fondement voire illogique.
Pour quelle raison l’ambassade des Etats-Unis se décrédibiliserait-elle en s’associant à une escroquerie aussi mesquine ? Bien entendu, les citoyens n’y ont vu aucune anomalie. Leur seul souci est de prendre le large à la conquête du nouveau monde quitte à se faire arnaquer et délester de leur argent. Pour donner de l’authenticité à leur entreprise vénale, ces cybercafés délivrent des reçus de paiement. C’est ce que nous dira ce jeune rencontré fin novembre à la sortie d’un cybercafé situé à la rue Didouche Mourad et que nous avons accosté : «Je viens de m’inscrire à la loterie, nous dira-t-il. On m’a donné un formulaire à remplir contre la modique somme de 300 DA. On m’a dit de revenir demain pour le reçu».
«Pourquoi tu payes alors que l’inscription est gratuite ?» demandons-nous «Ah bon ! Elle est gratuite ? Je ne savais pas. En tout cas, ce qui m’intéresse, c’est de faire partie de ceux qui vont se tailler de ce bled. Y en a que pour les gouvernants et leurs enfants. J’ai trente ans. Je n’ai pas de travail. Pas de logement. Si je reste ici, je suis sûr qu’à quarante ans, je serai toujours dans la même situation. Makane oualou ! Eux (les américains), ils ont tout !». C’est un scénario qui va se répéter toute la journée à raison de 100 à 200 inscriptions par jour selon le gérant d’un cybercafé que nous avons interrogé. Ces opérations vont durer jusqu’à 22 heures. Un simple calcul mental peut nous conforter sur l’énorme profit engendré par un tel bizness.
Cela dénote également du désarroi des Algériens et notamment des jeunes qui n’ont en tête qu’une seule idée : s’exiler très loin de leur pays. La distance ne semble nullement les effrayer bien que beaucoup préféreraient traverser la Méditerranée au lieu de l’océan Atlantique. L’Amérique du Nord n’est certes pas la porte à côté mais c’est la seule ouverture pour le moment après que l’Europe ait blindé ses portes sauf pour une minorité triée sur le volet. Qu’est-ce qui pousse les Algériens à avoir cette obsession de partir ou doit-on dire de «fuir» ? Bien qu’aucun rapport gouvernemental ou étude sociologique n’aient disséqué le phénomène, il reste que ce problème qui touche toutes les strates de la société et pas uniquement les pauvres comme on pourrait le croire, s’aggrave au fil des jours. Il trouve son explication dans le manque de débouchés, l’injustice sociale, le climat de pessimisme ambiant, l’incertitude et la défiance vis-à-vis des dirigeants.
La quête de l’émigration reste néanmoins onéreuse et peut souvent aboutir à des déceptions. Il suffit de surfer sur le net pour constater le nombre effarant de sites qui proposent des loteries de la «Green Card» (Carte verte). On prend le soin bien entendu de vous expliquer que l’inscription est gratuite mais que vous devez payer pour les services professionnels qu’ils vous rendent et pour l’expertise telles la vérification des informations, la correction de données incorrectes ou invalides, l’assistance multilingue et la soumission de bulletins. On vous promet même de vous délivrer des billets gratuits et de vous aider à trouver un job une fois chez l’Oncle Sam. Un attrape-nigaud qui fait le bonheur de ses concepteurs car les sommes qu’on fera payer aux intéressés dépassent l’entendement.
Quant aux bureaux de consulting qui traitent les dossiers d’émigration au Canada, peuvent-ils parfois s’avérer être un circuit d’escroqueries organisées. On se souvient du scandale de trafic de visas rendu public au mois de juin dernier dont ont été victimes des centaines d’Algériens. On a révélé que de tels circuits ne peuvent activer qu’avec la complicité de certains représentants diplomatiques. Pour ceux qui consultent les bureaux d’avocats, il faut s’assurer, que ce bureau appartient à un ordre professionnel de juristes canadiens d’une province ou d’un territoire, de la Société canadienne des consultants en immigration (SCCI) ou de la Chambre des notaires du Québec.
Le responsable au département de la Citoyenneté et immigration (CIC) précise qu’«aucun autre représentant ne peut imposer des frais pour une demande ou dans toute affaire, devant le ministre, l’agent ou devant la Commission de l’immigration et du statut de réfugié, que ce soit au Canada ou à l’étranger». Le CIC affirme également que le fait d’engager un représentant pour les questions d’immigration ne signifie aucunement que la demande recevra une attention spéciale.
Par ailleurs, ce qu’il faut savoir c’est que la majorité des conditions qui fonce tête baissée pour s’inscrire au programme de visas d'immigration aux Etats-Unis ne sait pas que celui-ci n’est pas le seul fait du hasard. Il obéit à un certain nombre de paramètres et tend à être plus ciblé. Cette année, l’étau se resserre sur certaines professions. Ce serait peine perdue de croire que tout le monde peut décrocher le sésame. Vingt-quatre activités professionnelles sont jugées non qualifiantes. Les chômeurs et les diplômés sans expérience sont écartés de la course.
A signaler que les candidats initialement sélectionnés seront informés directement par le Kentucky Consular Center (KCC). Le fait d'être choisi ne garantit pas systématiquement l'obtention du visa. Pour ce faire, un postulant doit justifier d’un baccalauréat et avoir deux ans d'expérience dans une profession qui ne figure pas dans la liste ci-dessous. Selon les responsables consulaires américains, les professions qualifiantes exigent un haut degré de management. La qualification pour le visa est déterminée au moment de l'entretien avec l'officier consulaire qui se réfère au site web du ministère du Travail américain pour déterminer si les candidats sans bac sont qualifiés selon leur expérience ou non...
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2nd January 2008 03:52 #1
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Les Algériens à la conquête du rêve américain
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2nd January 2008 03:55 #2
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Le Canada, l'eldorado des intellectuels
On dénombre plus de 50 000 Algériens installés au Canada, concentrés principalement dans la région de Montréal. Ils sont pour la plupart un exemple de réussite sociale et professionnelle. Ce qui constitue un motif d’émulation pour des milliers de nationaux qui aspirent à élire domicile dans ce grand pays connu pour son froid légendaire. Mais si les procédures pour l’immigration aux Etats-Unis sont souples, celles pour le Canada sont drastiques. Il faut une volonté de fer et une patience à toute épreuve car le traitement des dossiers est très long et peut durer des années, sans oublier que les postulants devront racler le fond de leur tiroir s’ils veulent devenir citoyens canadiens. Les frais qu’une telle démarche requiert sont exorbitants. De quoi décourager plus d’un !
Néanmoins, pour les plus coriaces, deux formules leur sont proposées. Ils ont le choix entre une demande adressée via internet au département de la citoyenneté et immigration ou alors faire appel à un consultant qui prendra en charge leur dossier. Il est à signaler que toutes les demandes de résidence permanente et temporaire sont traitées à Paris. Les requérants peuvent déposer leurs demandes de résidence à l'ambassade du Canada à Alger. Cette dernière encaisse les frais de visa estimés à 490 dollars et transmet ensuite les demandes à l'ambassade du Canada à Paris.
Cette situation a fait que ces deux dernières années, on a de plus en plus recours à des bureaux d’avocats dont le nombre est en hausse tant le filon est porteur. Nous nous sommes rendus dans l’un de ces bureaux, appelé «Centre canadien d’immigration» dirigé par M.Brahim Khelafi. On est lundi. Il est 12h 30 mn. Quelques personnes attendent devant la porte de ce bureau fermé pour la pause déjeuner. On profite de ce temps creux pour papoter sur le palier pour certains, tandis que d’autres, plus réservés, sont adossés au mur. L’inquiétude et l’impatience se lisent dans leurs yeux. Nous avons rendez-vous avec le directeur de cette société de consulting.
Nous profitons de l’occasion pour discuter avec les personnes présentes. Kahina est kabyle, d’un abord débonnaire, elle vient de Tizi-Ouzou. Actuellement étudiante à l’institut des langues étrangères de Bouzaréah, elle a 22 ans et semble déterminée à prendre son avenir en main. Elle nous a fait part de son ambition de s’installer au Canada. «Je veux poursuivre mes études dans ce pays. C’est un voisin qui m’a parlé de ce bureau. Je viens m’informer de ce qu’il faut pour émigrer». Définitivement ? A cette question, elle répond sans hésitation «si j’y vais ce n’est pas pour revenir. Après les études, je chercherai un travail et je m’installerai là-bas ! Je ferai venir mes parents, mes frères et sœurs, mes cousins. Tout le monde quoi ! (Rire)».
Idem pour Nadjib, qui a fait le chemin depuis Sétif pour prendre connaissance des formalités d’immigration au Canada. Il est diplômé en génie civil. «J’ai trente ans nous explique-t-il, je suis au chômage. J’ai fait quelques petits boulots par-ci par-là mais rien de sérieux. Je vais tenter ma chance ailleurs. Après tout, ceux qui sont partis ont bien réussi à l’étranger. Il n’ y a pas de raison que cela ne m’arrive pas». C’est le même état d’esprit dont sont imprégnés ceux que nous avons interrogés.
M. Khelafi affirme que son cabinet est le plus ancien. Il nous a expliqué qu’ «ayant été moi-même émigré au Canada, j’ai été confronté à d’innombrables embûches, j’ai décidé d’ouvrir ce bureau à Alger pour que les Algériens désireux d’émigrer au Canada puissent les éviter». Il révèle que si on veut réussir son émigration et surtout son intégration, il faut éluder certains pièges comme le fait de présenter le même CV aux différents employeurs. Il exhorte les requérants algériens de visas permanents qui ont des diplômes universitaires d’accepter de perdre leur statut. «S’ils sont ingénieurs, dit-il, ils doivent se contenter d’être techniciens. Les premières années sont les plus difficiles avoue-t-il. Il ne faut pas croire que c’est une sinécure. Ils devront compter sur leurs bras et sur leur savoir-faire s’ils veulent avoir leur place au soleil».
«Le Canada, ajoute-t-il exige pour les trois premiers mois une autonomie financière». Il faut au moins avoir sur soi avant de fouler le sol canadien l’équivalent de 700 000 DA qu’il faut multiplier par deux ou trois si c’est un couple avec ou sans enfants. Le Canada utilise le système de pointage. Plus on a de points, plus on a de chances d’être retenu. Quant aux délais de traitement des demandes de visas permanents, elles peuvent s’étaler jusqu’à trois ans. Enfin M. Khelafi conseille aux Algériens tentés par l’aventure «d’apprendre l’anglais qui reste le plus grand handicap des Algériens qui croient que le Canada se limite au Québec alors que les autres régions offrent plus de possibilités».
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Jennifer Mc Alpine, vice-consul à l’ambassade des Etats-Unis :
"Nous n'avons mandaté ni les cybercafés, ni les sites non officiels"
Le vice-consul près l’ambassade des Etats-Unis, Mlle Jennifer Mc Alpine est formelle, l’entité qu’elle représente n’a pas donné «l’autorisation aux gérants des cybercafés d’inscrire les Algériens pour la DV loterie 2008. Nous n’avons mandaté, ni les cybercafés, ni les sites non officiels ». Elle affirme que depuis que «le programme des 50 000 visas a été lancé, seul le département de l’émigration est habilité à recueillir les inscriptions qui sont gratuites sur le site officiel des Etats-Unis. Nous avons effectivement eu vent de cette activité des cybercafés mais nous ne la cautionnons pas. Notre but est de permettre à ceux qui veulent émigrer aux Etats- Unis de profiter de la loterie. C’est dans la pure tradition du rêve américain vu que notre pays a été construit par des émigrants. Nous cherchons à travers la DV loterie à créer une diversité culturelle et sociale pour enrichir notre nation».
Elle ajoute que le visa est payant. Il coûte 755 dollars. Elle nous apprend que plusieurs pays ont été écartés de la course pour avoir bénéficier d’un nombre excessif de visas permanents. Ce qui augmente les chances de ceux qui sont retenus. Quant au billet d’avion, il est à la charge du postulant. Les heureux gagnants seront connus au mois de juillet de la prochaine année. Elle assure que les demandes des Algériens sont en hausse et que ces derniers croient au rêve américain d’après sa propre expérience. Elle révèle que les critères de sélection consistent à disposer d’un baccalauréat et deux années d’expérience. Les lettres de recommandation sont souvent nécessaires. Un dossier médical et un casier judiciaire sont également exigés non sans ajouter que ceux qui présentent des documents falsifiés sont immédiatement disqualifiés ». Le prochain rendez-vous de DV loterie est donné pour octobre 2008.
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L'émigration par les chiffres
6 millions de personnes à travers le monde ont participé à la DV loterie en 2006. En Afrique, les citoyens de 50 pays ont pu s'inscrire à la loterie de Visas 2007. Le Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique, recense le plus de gagnants (9 800). Viennent ensuite l'Egypte avec 7 200, l'Ethiopie avec près de 6 900. L’Algérie vient après le Maroc avec 1 926. Il faut savoir qu’aucun pays ne peut recevoir annuellement plus de 7% des visas disponibles, soit 3 500 visas. Le Canada accueille en moyenne 220 778 immigrants et réfugiés par année.
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Liste des professions exclues du programme d'immigration aux Etats-Unis
Electricien - Plombier - Menuisier - Secrétaire - Courtier - Coiffeur - Esthéticienne - Mécanicien - Opérateur de machine - Soudeur/Chaudronnier - Fermier/Travailleur agriculteur - Technicien - Infirmier - Maçon - Commerçant/Aide commerçant/Vendeur/Caissier - Cuisinier/Boulanger/Serveur - Ouvrier - Chauffeur - Agent de sécurité - Informaticien Assistant de classe - Styliste - Photographe - Sans profession.
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5th June 2008 11:16 #3
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Jeudi 5 juin 2008 -- Près de 2.000 Algériens ont obtenu le droit de s’installer aux Etats-Unis en 2008 grâce à la loterie organisée chaque année par le département d’Etat américain qui ouvre la porte de l’immigration à plus de 80.000 personnes dans le monde. Selon les résultats par pays de la loterie 2008, ils sont 1.926 Algériens a avoir été acceptés pour rejoindre les Etats-Unis sur un total de demandeurs ayant frôlé les 120.000. Il s’agit de la plus forte proportion d’Algériens ayant été sélectionnés dans le tirage au sort de l’année 2008, soit environ le double de ceux ayant été reçus en 2007.
Dans la loterie ANS, l’année dernière, seulement 912 Algériens avaient obtenu le ticket d’entrée aux Etats-Unis tandis qu’en 2006, ils étaient 1.377 dont les candidatures d’immigration ont été acceptées. Depuis le lancement de la loterie et la publication des résultats en 1998, c’est la première fois aussi que l’Algérie s’adjuge le plus grand quota suite à la décision prise par les services d’immigration américains de porter à 82.000 le nombre des cartes vertes réservées aux candidats à l’immigration dans la loterie de 2008.
Auparavant, les Etats-Unis avaient fixé un quota mondial à 55.000 candidats en provenance de 175 pays avant de décider de l’augmenter compte tenu du fait que de nombreux candidats retenus pour la carte verte n’ont pas rejoint les Etats-Unis principalement pour des raisons financières. Bien que les services d’immigration offrent un billet gratuit à un candidat par pays sélectionné au hasard, il reste que les frais d’immigration aux Etats-Unis pour un jeune Algérien sont extrêmement onéreux avec une moyenne établie d’environ 60 millions en billetterie, change, frais d’installation et diverses autres dépenses.
Les résultats de la loterie 2008 montrent que les Algériens sont troisièmes dans le monde arabe derrière le Maroc (5.017) l’Egypte (4.392) suivis du Soudan (1.147), de la Tunisie (150), de la Syrie (94), de la Libye (88) et de la Mauritanie. Au moins 120.000 Algériens avaient postulé via Internet pour la loterie 2008 et autant pour celle de 2009 dont les résultats seront rendus publics d’ici à juillet prochain alors que les visas seront délivrés à partir du 30 septembre 2008.
Les services d’immigration américains ont fait savoir que plus de 2,5 millions de candidatures ont été rejetées pour le programme de 2008. La loterie est devenue l’un des rendez-vous les plus attendus annuellement par les Algériens étant donné qu’elle constitue le moyen légal d’immigration.
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23rd June 2008 23:37 #4
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Selim Meziane :
Lundi 23 Juin 2008 -- De passage au Canada il y a quelques mois, Jacques Attali a provoqué un mini tollé lors d’une conférence sur l’avenir de ce pays. « Le Canada s’américanise et sans le Québec, il ne se distinguerait en rien des États-Unis », diagnostiquait l’ancien conseiller de feu François Mitterrand. Autrement dit : le Canada, c’est l’Amérique sous-titrée en français. Et on pourrait ajouter : plus l’Assurance maladie, moins les armes en vente libre… et Paris Hilton.
La patrie du hockey et de l’érable a beau faire rêver le (tiers) monde, elle souffre, il est vrai, d’un handicap : son déficit d’identité, ce qui en fait un pays sans âme, une sorte d’arrière-cour des USA. Les Canadiens avouent d’ailleurs eux-mêmes avoir du mal à identifier leurs valeurs communes. Et ils reconnaissent que leur Histoire manque singulièrement de héros et de grandes épopées guerrières.
Fondé par les Français, puis conquis par les Britanniques, le Canada s’est, comme les États-Unis, construit au détriment des indiens. Mais à l’inverse de son voisin, il est resté fidèle à la Couronne Britannique, faisant ainsi l’économie d’une guerre d’indépendance et même, luxe suprême, d’une guerre civile ouverte. Le principal « miracle » du Canada consiste d’ailleurs à avoir réussi à faire cohabiter les vainqueurs et les vaincus de la colonisation, sans passer par l’étape d’un génocide à la rwandaise.
Le multiculturalisme officiel de ce pays de 30 millions d’habitants découle un peu de son admirable aptitude à maîtriser les tensions internes - aidé en cela par un climat polaire qui rend difficile toute forme de contestation. Mais avec près de 300.000 nouveaux immigrants par an, le visage du pays change vite, surtout que les fraîchement installés s’appellent plus souvent Chang, Sing ou Abdallah, que William ou François. Conséquence : un Canadien sur cinq n’a pour langue maternelle ni l’anglais, ni le français, les deux langues officiellement officielles...
Depuis quelques années, des voix s’élèvent, surtout à droite et au Québec, pour mettre en doute la capacité du pays à intégrer ces cohortes de Chang, Sing et Abdallah… Une disposition législative adoptée le 11 juin par la Chambre des Communes pourrait les rassurer. Le ministère de l’immigration n’est désormais plus tenu de traiter les demandes par ordre d’arrivée. Ottawa jure qu’il ne s’agit pas de trier les candidats selon leur origine, mais de tenir compte des besoins du marché de l’emploi, surtout que plus de 900.000 demandes sont en souffrance. Ne préjugeons pas des intentions des Conservateurs, au pouvoir depuis 2006. Mais il faudra tout de même scruter attentivement les prochains chiffres de Statistiques Canada sur l’origine ethnique des immigrants. Histoire de voir si ce changement a nui ou pas aux Chang, Sing et Abdallah…
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9th August 2008 20:43 #5
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Yasmine Djaber :
Samedi 9 aout 2008 -- Les Algériens sont-ils devenus indésirables au Québec ? En 2007, la province francophone du Canada a accueilli 3 414 nouveaux immigrants algériens, selon des statistiques officielles rendues publiques aujourd’hui par le ministère de l’immigration. L’Algérie occupe ainsi la troisième position derrière le Maroc, avec 3 612 nouveaux candidats reçus et la France qui comptabilise 3 467 ressortissants admis. Au total, 45 221 nouveaux immigrants issus de pays francophones ont été admis au Québec en 2007.
Le nombre d’Algériens acceptés au Québec ressort en forte baisse de près de 31% par rapport à l’année 2006. En 2006, ils étaient en effet près de 5 000 Algériens à avoir légalement rejoint le Québec pour y vivre, soit 10,3 % du mouvement total. Ils étaient en tête devant les Français (7,2 %) et les Marocains (6,8 %). Au 1er trimestre 2008, le recul de l’Algérie s’est confirmé. Il s’est même accentué : les Algériens arrivent en 4ème position des nouveaux immigrants, derrière les Marocains, les Chinois et les Français.
Pourtant, depuis au moins dix ans, les Algériens étaient en tête des immigrants admis au Québec. Sur les 292 278 immigrants étrangers admis entre 1997 à 2006 et résidant encore au Québec en janvier 2008, les Algériens occupent la première place avec 18 865, soit 9,9 %, suivis des Français (15 566, soit 8,1 %) et des Marocains (15 440, soit 8,1 %). Mais la situation pourrait ne pas durer.
Selon une source diplomatique occidentale au Québec interrogée par toutsurlalgerie.com, ce recul des Algériens était prévisible. L’Algérie est en effet considérée comme pays à «risque terroriste» et des tensions ont même fait leur apparition entre les Etats-Unis et le Canda concernant l’accueil d’immigrants issus de pays jugés à risque pour la sécurité des Américains.
Depuis le début de l’année 2007, les Américains ont même instauré, pour la première fois, l’obligation pour les ressortissants canadiens de présenter un passeport pour pénétrer sur le sol américain. Une décision directement liée à la politique migratoire du Québec, jugée dangereuse par Washington. Et en 2007, lors d’un entretien à Paris avec le président français Nicolas Sarkozy, le Premier ministre du Canada aurait déclaré qu’il redoutait que des citoyens canadiens issus de l’immigration se lancent des actions terroristes aux Etats-Unis. « C’est ma hantise », aurait-il déclaré en privé au président français, selon la même source. Depuis, le gouvernement du Québec a pris plusieurs mesures pour réduire fortement le nombre d’immigrants algériens admis sur son sol dans les prochaines années.
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6th September 2008 19:00 #6
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Samedi 6 Septembre 2008 -- Conscients que la France n’est plus cette terre d’accueil par excellence, les jeunes Algériens mettent aujourd’hui le cap sur le Nord : le Canada notamment. Vivre et travailler sous des cieux… «cléments» est le rêve de milliers de jeunes Algériens. Dans cette quête du paradis perdu, certains sont prêts à braver le danger, d’autres, tels des caméléons, préfèrent s’adapter à la situation. C’est le cas de ces jeunes qui suivent des formations professionnelles dites «porteuses» d’opportunité d’embauche à l’étranger.
Diplômés de l’université ou de la formation professionnelle, ils sont de plus en plus nombreux à s’inscrire dans des écoles de formations, notamment privées, pour acquérir des connaissances dans des domaines recherchés, et par conséquent s’assurer un permis de travail dans le pays d’accueil. Ce pays du nord de la planète a besoin de main-d’œuvre diplômé. Et cela, les Algériens l’ont bien compris. Même si les cours n’ont pas encore commencé, l’affluence est importante au niveau de cette école privée de pâtisserie et de gastronomie à Kouba.
La fin justifie… l’ambition
Si certains veulent apprendre ce métier pour le fun, d’autres sont plus pragmatiques. «Je suis licencié en histoire. Cette spécialité ne me servira absolument à rien au Canada. J’ai appris que les cuisiniers et les secrétaires sont demandés là-bas. Je veux mettre toutes les chances de mon côté», nous a déclaré un jeune de 24 ans sur un ton convaincu. Entre secrétaire et cuisinier, son choix semble être fait.
Décidemment, le Canada se présente comme étant la nouvelle terre d’accueil pour ces jeunes. «La France offre peut-être le travail et les études, mais c’est éphémère, vu les difficultés qui vont crescendo pour le renouvellement de la carte de séjour, et les nouvelles circulaires contrôlant de plus près le monde des études et du travail des étrangers et prévoyant de sévères sanctions contre les tricheurs.»
Le Québec a besoin de peupler ses terres et a fortiori par des immigrés diplômés et francophones. La procédure ne dépasse pas 12 mois et le fameux visa à vie est délivré au candidat après un entretien. Le dépôt d’un dossier et le paiement des frais d’études avoisinent les 2 000 euros. L’information sur les emplois recherchés au Canada circule telle une traînée de poudre. Le mot d’ordre est donné. Certaines écoles sont prises d’assaut.
La directrice d’une école privée de bureautique à Hassiba-Ben Bouali est catégorique. «La majorité écrasante des jeune stagiaires s’inscrivent pour préparer leur départ à l’étranger, notamment au Canada. Le secrétariat enregistre une affluence record. Ils veulent partir avec un diplôme dans leur bagage.» Toutefois, notre interlocutrice s’est déclarée dans l’incapacité de nous fournir des données chiffrées sur ce sujet. «Nous délivrons les diplômes à la fin du cursus, après nous ne sommes plus responsables.» Le pays du Caribou et du sirop d’érable compte plus de 43 000 Algériens légalement installés, selon les chiffres officiels.
Que veut le Canada ?
A ce sujet, les responsables de Général ICS (Immigration Canada Service) affirment que «nous recherchons avant tout des personnes capables de s´adapter à notre environnement de travail. La main-d’œuvre étant rare ici au Canada, nous avons ouvert notre marché au reste du monde afin de permettre aux jeunes diplômés d´autres pays qui sont sans emploi fixe de pouvoir toucher à la réalité».
Concernant le profil recherché, il a été signalé : «Aujourd´hui, nous sommes à la recherche de personnels expérimentés en particulier en audit d´entreprise, contrôle de gestion, expertise comptable, gestion des ressources humaines, montage de projet marketing, marketing, communication, droit des affaires, commerce international, production agricole, agro-industrie, transformation des aliments, management de qualité, connaissance dans les normes de qualité, transport et logique, secrétariat, secrétariat bilingue, secrétariat informatisé, opérateur bancaire, financements de projets, assurance, brevets, licences, propriétés intellectuelle, hôtellerie, restauration, ingénierie, informatique, service public, agronomie.»
Pour la concrétisation de ce rêve, deux formules sont proposées. Envoyer un message électronique au département de la citoyenneté et de l’immigration ou payer les services d’un bureau de consulting. Rencontrée dans l’un de ces bureaux, Djamila, étudiante en sociologie, s’est confiée : «Je veux partir au Canada pour poursuivre mes études. En parallèle, je suis une formation en secrétariat. De cette façon, j’aurai plus de chance de trouver un emploi.» L’objectif de ces bureaux est d’éviter «les embûches aux personnes voulant émigrer au Canada». Cependant, certains sacrifices doivent être faits. «Les ingénieurs algériens doivent accepter le poste de technicien.»
Le Canada utilise le système de pointage. «Plus on a de points, plus on a de chances d’être retenu. Quant aux délais de traitement des demandes de visas permanents, elles peuvent s’étaler jusqu’à trois ans.» Avant de tenter l’aventure, il est conseillé à ces jeunes «d’apprendre ou de perfectionner l’anglais qui reste le plus grand handicap des Algériens qui croient que le Canada se limite au Québec alors que les autres régions offrent plus de possibilités».
Gare à l’arnaque !
Par ailleurs, il est important de signaler que l’ambassade du Canada à Alger a mis en garde, à plusieurs reprises, les jeunes algériens désirant émigrer au Canada, contre des «agents non agréés» et des sites illégaux sur Internet qui offrent des services de visa «fictifs». Pour plus de sécurité, les autorités consulaires canadiennes invitent les postulants algériens à l’immigration à consulter le site Web officiel de l’ambassade du Canada. Aussi, il est à noter que l’année dernière, 3 500 visas de tourisme et 1 500 visas d’immigration ont été délivrés par l’ambassade du Canada à Alger. Quelque 50 000 Algériens sont installés aujourd’hui au Canada, principalement au Québec.
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1st November 2008 20:45 #7
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Samedi 1 Novembre 2008 -- «50 000 Algériens installés au Canada ont obtenu la citoyenneté canadienne», nous a déclaré Dubois André, délégué commercial principal et conseiller commercial à l’ambassade du Canada en Algérie. «Le nombre de visas octroyés aux Algériens, dans le cadre de l’immigration, entre autres, pourrait augmenter», ajoute-t-il. Evoquant la communauté canadienne en Algérie, il lance qu’«il y a des centaines, peut être des milliers de Canadiens en Algérie, dont ceux qui travaillent dans des sociétés internationales ou canadiennes». «Le constructeur canadien Bombardier postulera pour la vente de 16 avions de moyenne portée à Air Algérie», nous dit-il, d’autre part, dans le cadre de la soumission à l’avis d’appel d’offres lancé par Air Algérie. Il s’agit d’avions pouvant parcourir des milliers de kilomètres qui peuvent être utilisés dans des lignes intérieures et pour le bassin méditerranéen. «Le constructeur Bombardier a déjà vendu une série d’avions pour Air Algérie et Tassili Airlines, filiale de Sonatrach», rappelle-t-il. D’autre part, et pour ce qui est du contrat pour la réalisation des études et l’exécution des prestations de suivi et de contrôle et de coordination du projet de construction de la nouvelle ville de Hassi Messaoud, Dubois André estime que «les choses sont en bonne voie» pour la société canadienne SNC-Lavalin, soumissionnaire. Il se félicite des bonnes relations et du partenariat entre l’Algérie et le Canada. «L’Algérie est le premier partenaire du Canada au Maghreb arabe et au Moyen-Orient. Le Canada importe pour 5 milliards de dollars de pétrole et de gaz algériens», ajoute-t-il. «Le Canada est prêt à coopérer avec l’Algérie dans plusieurs domaines, dont l’ingénieering, la réalisation de routes, d’autoroutes virtuelles, de grands travaux, de barrages, l’eau et l’exploration de pétrole et de gaz». «Nous sommes contents de l’installation de CEDROM SNI (à travers la filiale algérienne CADOC, spécialisée dans les bases de données, entre autres) en Algérie», ajoute-t-il, par ailleurs.







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