Mardi 27 Mai 2008 -- Ils sont d’Alger, de Annaba, de Guelma, de Constantine, de Skikda, d’El Tarf, de Souk Ahras… à s’échanger l’adresse du site internet officiel de recrutement de la Légion étrangère. D’un simple clic, le rêve s’entame et s’installe dans les esprits à la lecture de l’offre présentée pour le recrutement dans ce corps militaire sans qu’aucune condition, hormis physique, ne soit exigée, y compris celle inhérente au niveau d’instruction. « Quelles que soient votre origine, votre religion, votre nationalité. Quels que soient vos diplômes et niveau scolaire. Quelle que soit votre situation familiale ou professionnelle, la Légion étrangère vous offre une nouvelle chance pour une nouvelle vie », peuvent lire les jeunes Algériens sur le site d’accueil de la Légion étrangère.
C’est la juste mesure d’autant plus qu’ils seront blanchis et nourris comme légionnaires, jusqu’au grade de caporal inclus, soit 2 à 4 ans. Pour eux, c’est un palliatif des risques que représente la tentative souvent périlleuse des harraga. Aucun obstacle donc à franchir si ce n’est celui du visa. Là encore, une facilité tacite est de mise. Il suffit de présenter un dossier dans lequel le candidat affiche l’ambition d’être sous le drapeau de la Légion française, être programmé au test, avoir plus de 17 ans et moins de 40 ans et un billet aller-retour (le retour est prévu en cas de non-admission) et le tour est joué. Muni d’un visa, les jeunes candidats iront subir les épreuves dans l’un des deux centres de présélection d’Aubagne ou de Paris.
Pour « les chanceux », ils iront rejoindre l’un des onze régiments comptant globalement 7 700 hommes engagés dans les rangs de la Légion étrangère et issus de 136 nationalités dont celles représentant les pays du Maghreb. Après formation selon la spécialité, les recrues seront affectées dans différents pays marqués par des conflits militaires tels le Kosovo, la République de Côte d’Ivoire, l’Indonésie, l’Afghanistan, la République de Centrafrique, le Liban, le Tchad ou Haïti avec un salaire de départ de 1 043 euros. Les plus veinards assureront des missions intérieures telles que celles de Vigipirate, d’assistance aux populations sinistrées,etc.
« J’ai été à Aubagne pour y subir le test de logique ne faisant appel à aucune connaissance scolaire, une visite médicale approfondie, des épreuves sportives, des entretiens de motivation et de sécurité ainsi que des tests de personnalité. Malheureusement, je n’étais pas concluant sur le plan physique, car je présentais une défaillance cardiaque que je viens de découvrir. Mon frère moins âgé que moi a, quant à lui, été retenu. Autant d’ailleurs que plusieurs Algériens et Marocains qui ont subi des épreuves concluantes. Ils sont plusieurs dizaines de jeunes candidats qui se disent être des diplômés, mais en chômage. D’ailleurs, je leur souhaite une bonne chance », avouera R. Mohamed, un jeune de 35 ans, habitant la cité populaire Didouche Mourad de Annaba. Cependant, leur mission n’est pas une sinécure. Les jeunes Algériens courent un risque mortel tant qu’ils auront à servir la France là où elle est présente, notamment dans ses anciennes colonies.
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27th May 2008 10:17 #1
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De jeunes algériens découvrent le nouvel Eldorado
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27th May 2008 10:21 #2
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Mardi 27 Mai 2008 -- « Quelles que soient votre origine, votre religion, votre nationalité, quels que soient vos diplômes et niveau scolaire, quelles que soient votre situation familiale ou professionnelle, la Légion étrangère vous offre une nouvelle chance pour une nouvelle vie... Venez rejoindre les 7 699 cadres et légionnaires issus de 136 pays différents dont la France pour bâtir un avenir d’exception où ‘‘honneur’’ et ‘‘fidélité’’ sont des valeurs fondamentales. »
Cette annonce sur le site internet de la Légion étrangère attire des candidats des quatre coins du monde, l’Algérie comprise. Pourquoi cet attrait ? Il y a 50 ans les demandes provenaient essentiellement d’Europe. Avec le développement des moyens de communication et des technologies, notamment internet, l’origine géographique des demandes s’est élargie, provenant de 136 pays. Il a été enregistré en 2007 un million de connexions sur le site de la Légion étrangère et 40 000 échanges de courriels. 6 200 candidats toutes nationalités confondues se sont présentés dans les différents postes de recrutement implantés sur le territoire français sur lesquels 4 000 sont arrivés au centre de sélection d’Aubagne (près de Marseille) et un millier a été finalement immatriculé et incorporé.
10 à 15 Algériens incorporés par an
A ce jour, 5% des légionnaires engagés sont originaires du monde arabe, en général, plus particulièrement du Maghreb. Les Algériens en représentent entre 1 et 1,5% et les Marocains, légèrement plus, 1,7%. En termes de chiffres, les Algériens représentent un total d’une centaine d’engagés sur les 7 700 légionnaires qui composent la Légion étrangère. Le nombre d’Algériens qui se présentent chaque année au centre de sélection d’Aubagne est stable et n’a donc pas connu de poussée significative récente, nous indique-t-on de source autorisée. Entre 10 et 15 sont recrutés annuellement. Ces chiffres ne concernent que les Algériens venus directement d’Algérie, ne sont pas comptabilisés les Français d’origine algérienne ou qui vivent en France avec un titre de séjour. Il y a autant de motivations qu’il y a de légionnaires, dit-on. Toutefois les principales motivations seraient : « Le mythe qui entoure la Légion étrangère », « l’aventure », « le désir de changer de vie », « une déception sentimentale », « pour obtenir la nationalité française », « pour des considérations financières ». Durant ses premières années jusqu’au grade de caporal inclus (soit 2 à 4 ans), le légionnaire est habillé, nourri et logé gratuitement. Son salaire de départ est de 1 043 euros. Un légionnaire étranger peut demander la naturalisation française au bout de trois ans de service. Le légionnaire qui ne souhaite pas opter pour la nationalité française peut conserver son statut étranger et peut tout autant rester en France à l’issue de son contrat, dès lors qu’il est en possession d’une carte de résident. La moyenne d’âge des engagés est de 23 ans et 6 mois. « Toute la difficulté est d’homogénéiser tous ces hommes porteurs de cultures, de langues, de religions différentes. C’est un vrai challenge. A la Légion étrangère ils sont appelés à servir des valeurs intemporelles et universelles », nous dit-on. La connaissance de la langue française n’est pas un critère de sélection, puisque 70% des candidats retenus ne parlent pas français, toutefois l’apprentissage du français est inclus dans tout leur parcours de formation. Le critère de sélection essentiel c’est surtout la réussite aux tests psychotechniques qui font appel à la logique et à l’intelligence du candidat.
Une sélection pointue
Dans la vie quotidienne du légionnaire, concernant la pratique et les mœurs religieuses, il n’y a pas de mesures particulières. Les mêmes règles s’imposent à tous. La pratique religieuse reste d’ordre strictement personnel et privé. Le parcours du candidat se compose de deux phases : la sélection, très pointue, qui dure entre 2 à 3 semaines, puis la formation qui s’étend sur 4 mois. La présélection qui suit la phase d’information du candidat sur le recrutement se compose d’un entretien de motivation, d’une visite médicale initiale et de la signature du contrat d’engagement de cinq ans. La sélection proprement dite se compose de tests psychotechniques, d’une visite médicale approfondie, de tests sportifs, d’entretiens de motivation et de sécurité, de tests de personnalité (complémentaires des tests psychotechniques). Le candidat retenu par la commission d’engagement se voit remettre son contrat d’engagement de cinq ans et est incorporé. Son instruction se déroule au 4e Régiment étranger.
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27th May 2008 10:26 #3
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Mardi 27 Mai 2008 -- L’histoire de la Légion étrangère est étroitement liée à l’Empire français et à ses campagnes coloniales, en commençant par l’Algérie. La conquête coloniale de l’Algérie venait de commencer et l’armée française avait besoin d’un appoint de troupe. C’est ainsi que la Légion étrangère est créée le 9 mars 1831 par le roi Louis-Philippe. Elle se forme à partir de soldats de métier, sans emploi après les guerres impériales, et de révolutionnaires venus de l’Europe entière qui ont trouvé refuge en France. Pour faciliter le recrutement des étrangers qui ont quitté précipitamment leur pays et n’ont plus de pièces d’état civil, le législateur français autorise les engagements sur simple déclaration d’identité. La loi du 9 mars 1831 (entérinée par décret d’application le 10 mars) pose ainsi les deux principes essentiels qui fondent, encore aujourd’hui, la particularité de la Légion : le service à titre étranger et la possibilité de servir sous identité déclarée. Les premiers légionnaires débarquent en Algérie en août 1831. Le 27 avril 1832, ils sont devant Maison carrée (El Harrach). Ils construiront la ville coloniale de Sidi Bel Abbès en 1843 qui deviendra la capitale de la Légion jusqu’à l’indépendance de l’Algérie. Le 16 décembre 1835, moins de six mois après l’avoir cédée au gouvernement espagnol pour soutenir la reine Isabelle II dans sa lutte contre la rébellion carliste, Louis Philippe décide la création d’une nouvelle Légion étrangère. En 1840, la légion se scinde en deux régiments. La nouvelle légion participe à la conquête coloniale de Constantine (1837), Jijel (1839), Miliana (1840), Zaâtcha (1849), Icheriden (1857). La Légion étrangère reviendra en Algérie en novembre 1954 où elle participera à la guerre aux côtés des autres corps de l’armée française jusqu’à l’indépendance de l’Algérie.
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27th May 2008 10:30 #4
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Mardi 27 Mai 2008 -- Troupe combattante interarmes encadrée par des officiers français, la Légion étrangère est composée de sous-officiers et de militaires du rang servant à titre étranger. Tous sont liés au service par un contrat d’engagement : ils souscrivent le premier en qualité de simple légionnaire. En 2007, la Légion étrangère compte environ 7 700 hommes : 400 officiers, 1 700 sous-officiers et 5 600 légionnaires. Elle se compose de 11 régiments dont huit régiments de « combat » sur lesquels cinq régiments sont stationnés en métropole : le 1er Régiment étranger de cavalerie (1° REC), le 1er Régiment étranger de génie (1° REG), le 2e Régiment étranger de génie (2° REG) , le 2e Régiment étranger d’infanterie (2° REI), le 2e Régiment étranger de parachutistes (2° REP). Les trois autres formations sont stationnées hors métropole : le 3e Régiment étranger d’infanterie (3° REI) en Guyane, la 13e Demi-brigade de Légion étrangère (13° DBLE) à Djibouti et le Détachement de la Légion étrangère à Mayotte. La Légion étrangère s’est engagée dans des opérations extérieures de maintien ou de rétablissement de la paix et d’interposition, de contrôle des populations… (Liban, Bosnie, Macédoine, Kosovo, Somalie, République centrafricaine, Afghanistan…).
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7th July 2008 18:17 #5
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Lundi 7 juillet 2008 -- Au moins 21 harraga qui ont pu rejoindre clandestinement les îles italiennes de Sardaigne et de Lampedusa, en avril et mai derniers, sont arrivés à s’engager dans le corps militaire de la Légion étrangère, dont le quartier général est basé à Marseille. Ces harraga, originaires d’Annaba, d’El-Tarf et de Jijel, avaient téléphoné et écrit à leurs familles pour les informer qu’ils suivaient des stages d’entraînement militaire en France, après avoir quitté clandestinement le territoire italien pour se rendre à Marseille. L’un des parents d’un clandestin, F. S., a déclaré au Jeune indépendant : «Mon fils m’a appelé le 2 juillet dernier pour me dire qu’il s’était engagé, ainsi que quelques jeunes d’Annaba, d’El-Tarf et de Jijel, dans la Légion étrangère». Selon notre interlocuteur, les engagés «ont signé chacun un contrat de cinq ans avec un salaire de départ de 1 043 euros par mois». La même source ajoute que selon son fils, ce ne sont pas moins de 21 harraga algériens sur une cinquantaine qui ont été sélectionnés et enrôlés dans le corps de la Légion étrangère. Même son de cloche de K. T., sœur d’un clandestin, résidant dans la cité populaire de Sidi Salem : «Mon frère Bachir m’a appelé sur mon portable pour m’informer qu’il se portait bien et qu’il s’était engagé dans la Légion étrangère.» K.T. nous apprend également que son voisin Salim, qui se trouve actuellement dans un camp d’entraînement, avec son frère, avait envoyé à sa famille une lettre accompagnée d’une photo de lui en tenue militaire».
La Légion étrangère est un corps militaire français qui n’a rien à voir avec l’armée régulière. Dans la Légion étrangère, on recrute sans distinction de race, de religion, de nationalité. Actuellement, elle compte un effectif de 7 699 officiers et légionnaires issus de 136 pays. Les conditions d’enrôlement portent surtout sur les aptitudes physiques et l’engagement à servir en tous lieux. Ce corps militaire recrute généralement des hommes de la tranche d’âge des 17 - 40 ans. La sélection des futurs légionnaires se fait à Aubagne, près de Marseille. Aucun engagement n’est possible hors du territoire français. Un légionnaire, une fois enrôlé, perçoit un salaire mensuel de départ de 1043 euros et est logé et nourri gratuitement. Un légionnaire peut garder l’anonymat et peut demander à être naturalisé français au bout de trois ans de service. La naturalisation est généralement accordée, sous réserve de n’avoir eu aucun problème avec la justice. Le légionnaire qui ne souhaite pas opter pour la nationalité française peut conserver son statut d’étranger et tout autant rester légalement en France à l’issue de son contrat.







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