Vendredi 22 Mai 2009 -- Kidnapping sur le chemin de l’école, fugue avec un amoureux majeur ou par crainte des punitions parentales… Les mineurs demeurent sujets aux disparitions qu’elles soient forcées ou volontaires. Des témoignages de proches d’enfants disparus, bouleversés par ce drame, recueillis à l’occasion de la Journée des enfants disparus ce 25 mai, donnent froid dans le dos.
Un enfant de deux ans a été arraché des bras de sa mère dans la localité d’Ahnif (30 km à l’est de Bouira) par une « mendiante » appartenant à un groupe de « ravisseuses » ayant fait d’autres tentatives de kidnapping. Un autre enfant de sept ans a été enlevé par le même groupe et mis dans un sac mais les cris de l’enfant terrorisé ont vite attiré l’attention des passants qui l’ont sauvé des griffes des kidnappeuses. Ces drames s’ajoutent à une longue liste d’histoires relevant d’une imagination « hitchcockienne » dans un théâtre où le sort tragique est particulièrement réservé aux mineurs. L’autre manifestation de disparition de cette frange sensible se traduit par les fugues motivées par plusieurs raisons. « La plupart des enfants qui fuguent le font en période des résultats d’examens, par crainte de la réaction de leurs parents face à leurs mauvaises notes », explique l’officier de police Kheira Messaoudène, chef du bureau de protection de l’enfance de la police. En souvenir d’Etan Patz, petit garçon de 6 ans, enlevé à New York le 25 mai 1979, qui ne fut jamais retrouvé, le 25 mai fut proclamé en 1983 Journée des enfants disparus par le président américain, Ronald Reagan. En 1986, le Canada décide de commémorer cette journée en lui donnant une dimension internationale.
Aujourd’hui, les enfants sont exposés à toute forme d’agression, y compris les enlèvements. Ils continuent à faire l’objet de proies des ravisseurs, pédophiles où tout simplement des individus sans scrupules qui utilisent des enfants à des fins de vengeance ou de règlements de comptes. « Mon neveu M. A., 17ans, a déjà fait l’objet d’un kidnapping, sur une route généralement fréquentée, par trois hommes âgés entre 25 à 30 ans. Il a été mis dans une voiture de force et emmené dans un endroit désertique. Heureusement, il a pu s’enfuir et regagner le domicile familial au bout de quelques heures sans traces d’agression, mais dans un état psychologique effarant », raconte Djamel M., avant d’ajouter : « Les malfrats n’ont pas essayé de cacher leur visage ni appelé les proches de M. A. pour une éventuelle demande de rançon, c’est ce qui n’écarte pas la piste d’un enlèvement pour assouvir leurs besognes bestiales où, plus grave encore, pour un trafic d’organe. » Afin de chasser l’idée récurrente concernant l’apparition de réseaux de trafic d’organes humains, les services de sécurité démentent l’existence de tels réseaux : « Nous n’avons jamais identifié ou démantelé un réseau de trafic d’organes en Algérie. C’est un commerce très délicat et qui demande beaucoup de moyens et de connaissances. Ces rumeurs ne font que terroriser les citoyens et donner des idées diaboliques à des gens peu scrupuleux », précise Mme Messaoudène. L’officier estime que les statistiques cachent souvent « un chiffre impossible à déterminer », car bon nombre de déclarations de disparition sont suivies d’une cessation de recherche. Souvent, les parents retrouvent leurs enfants, mais ne les signalent pas aux services de police. La majorité des disparitions de mineurs recensées en Algérie relève en fait de fugues : « Les mineurs sont souvent tentés par des fugues pour plusieurs raisons, échec scolaire, abus sexuels par un membre de la famille ou un étranger, divorce des parents, mal vie, etc.
En revanche, quand les parents se présentent aux services de sécurité pour signaler la disparition de leur progéniture, ils disent “mon enfant a été enlevé” et souvent, il s’avère que l’enfant a quitté la maison de son propre gré », précise l’officier. « Nous avons même des cas où des enfants ont monté tout un scénario en déchirant leurs vêtements et en se mutilant à l’aide de couteau pour faire croire à leurs parents qu’ils ont été enlevés. » S. S. a fait vivre à ses proches une frayeur inoubliable, en disparaissant pendant cinq jours, suite à de piètres résultats scolaires : « Mon fils a fugué pour une autre ville, car il craignait ma réaction quant à son “mauvais bulletin”, la gendarmerie l’a vite retrouvé sur le chemin de sa mésaventure, mais le souvenir restera indélébile et l’angoisse que nous avons vécue, pendant des nuits entières, sa mère a refusé de dormir dans sa chambre, elle préférait passer des nuits blanches dans la cour de la maison, attendant notre fils », confie le père, qui a retrouvé son fils sain et sauf, après une fugue contrairement à des centaines de parents qui sont toujours à la recherche de leurs enfants. Par ailleurs, la plupart des cas de disparition enregistrés par les services de police ont eu lieu à des heures où un enfant ne devrait pas être dehors. À ce sujet, Mme Messaoudène n’hésite pas à incomber aux parents une part de responsabilité dans les cas de disparition, en particulier, les enlèvements : « Il est urgent de sensibiliser les citoyens, notamment les parents, sur une plus grande vigilance. »
En chiffres
2007 : 787 cas de disparition dont 527 cas de fugue.
2008 : 897 cas de disparition dont 371 cas de fugue.
Depuis début 2009 : 57 cas de détournement de mineurs dont 42 filles.
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22nd May 2009 01:00 #1
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Lamia Tagzout :
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22nd May 2009 04:36 #2
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Lamia Tagzout, Vendredi 22 Mai 2009 :
Qu’est-ce qui se passe dans la tête des parents quand leur enfant disparaît ?
La disparition d’un enfant est un événement traumatisant pour les parents. Le choc du drame bouleverse toute la famille. Un état de psychose s’empare des parents qui se retrouvent assaillis par des doutes terribles et la peur de ne jamais revoir leur enfant. L’état de choc est souvent indescriptible. Terreur, sentiment de culpabilité, désespoir, abattement sont autant de sentiments générés par la perte de l’enfant. Un véritable calvaire est la vie que mènent les parents. Ces derniers ont besoin de soutien moral dans leur détresse, un soutien qui est parfois utile de rechercher chez les personnes vivant la même condition.
Peut-on faire le deuil d’un enfant disparu ?
Il est difficile de parler de deuil dans le cas des parents d’enfants disparus. Ces derniers souffrent le martyre et vivent dans l’espoir de retrouver leur enfant. Ils ne réalisent jamais, même des années après que leur enfant est mort. Cette idée nourrit l’espoir qu’ils ont et renforce leur conviction de retrouver leur enfant un jour. Le deuil, aussi dur soit-il, ne sera envisageable que quand une trace tangible certifiant la mort de l’enfant est découverte.
Comment doit-on se comporter avec son enfant, après une fugue, un kidnapping ?
D’abord, il faut savoir que l’état psychologique dans lequel se trouve un enfant qui a fugué est différent de celui qui a été enlevé. Dans le premier cas, l’enfant est parti de son plein gré. Dans le second, il a été forcé. Cependant, ce qu’il faut savoir c’est que l’intervention psychologique est importante dans les deux cas. La fugue est l’expression d’un mal être quand elle n’annonce pas la présence d’un désordre mental ou comportemental chez la personne. Dans le cas du kidnapping, il faut prendre en considération la période que l’enfant a vécue loin de sa famille, ce qu’il a dû subir. L’épreuve est traumatisante en elle-même. Ajouter à cela si l’enfant a été victime de sévices moraux, sexuels ou physiques. Le kidnapping perturbe l’équilibre psychologique de l’enfant tout comme la fugue, d’où l’importance de l’intervention psychologique. Les parents ont aussi un rôle capital à jouer : celui d’être attentifs à tout ce que vit leur enfant.
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26th May 2009 17:30 #3
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Djazia Safta :
Mardi 26 Mai 2009 -- “La Forem est pour le maintien de la peine capitale pour les kidnappeurs qui tuent leurs victimes”, assure Khiati Mostefa, président de la Fondation nationale pour la promotion et le développement de la recherche (Forem), que nous avons contacté hier à l’occasion de la Journée internationale des enfants disparus. Le monde a fêté hier la Journée internationale des enfants disparus. L’Algérie n’est pas en reste du monde, elle aussi est touchée par ce fléau méconnu, et très peu répandu. Dans la société algérienne, le phénomène d’enlèvement d’enfants prend des proportions alarmantes. Ce nouveau type de crime se “démocratise” en Algérie et commence à susciter une véritable psychose au sein de la population. M. Khiati dira que “nous n’avons aucun chiffre pour le 1er semestre 2009. Mais si on se réfère aux données de la presse, le nombre d’enfants portés disparus en ce début d’année ne dépasse pas une dizaine de cas”. Et d’ajouter : “Pour 2008, le nombre de disparus est de 87 enfants.” Ce chiffre atteste la régression du nombre d’enfants disparus, sachant qu’en 2007, 187 enfants ont été kidnappés. Nombreux sont les cas d’enfants disparus retrouvés morts dans la majorité des cas. Alors de nos jours, la vigilance est de mise, du moment que nos bambins risquent de rencontrer sur leur chemin de l’école, ou en allant faire du sport ou tout simplement en jouant, une personne malintentionnée. Il suffit d’une fraction de seconde pour qu’un drame arrive, qu’une vie soit perdue et une famille déchirée. Rappelons dans ce sens que les statistiques officielles font état de la disparition de 841 enfants, âgés de 4 à 16 ans, depuis 2001. Les chiffres officiels de l’an 2000 faisaient état de 28 cas d’enlèvement pour un seul mois. En 2002, 117 enfants ont été kidnappés, dont 71 filles. Le nombre d’enfants disparus s’élève à 168 en 2004. En 2006, 108 enfants ont été enlevés et 18 tués par leurs ravisseurs.
Selon le président de la Forem, si le taux d’enfants disparus a diminué, cela est essentiellement dû à la médiatisation et la sensibilisation des parents, qui ont pris conscience de la situation et surveillent davantage leurs petits. “Si les kidnappeurs sévissaient en toute liberté, cela était dû au manque de vigilance et au laisser-aller des parents”, convient le Pr Khiati. À cet effet, il a rappelé l’histoire du petit Yacine disparu en 2007 à Bordj El-Kiffan, vers 14h au moment où il jouait dehors. Âgé de 4 ans, il avait été retrouvé mort au fond d’un puits. Son histoire avait provoqué un profond émoi au sein de la population. D’après notre interlocuteur, la vigilance des services de sécurité est la deuxième raison qui fait qu’il y a moins d’enfants disparus. “Les services de sécurité ont pris conscience de la gravité de la situation. Cela se traduit par la rapidité de leurs interventions. Dès qu’un cas de disparition est signalé, les services de sécurité n’attendent plus 24 heures comme autrefois pour intervenir, maintenant ils agissent de façon immédiate. Car les expériences américaine et occidentale ont démontré que les deux premières heures après la signalisation d’une disparition sont déterminantes”. M. Khiati trouve que la présence en grand nombre de barrages de contrôle rend la fuite des receleurs difficile. Néanmoins, notre interlocuteur a fait savoir que “le kidnapping ne se fait plus de manière individuelle, mais que c’est devenu un acte de bande organisée”. Car selon ses propos, “aujourd’hui, il est difficile de travailler en solitaire”.







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