Mardi 6 Avril 2010 -- Le rose est associé à la beauté, à la fragilité et à la délicatesse. Une fillette habillée de rose est comparable à la fleur et c’est pour cette raison que, depuis toujours, on associe cette couleur à la fille. Le bleu est un signe de force, les hommes partant en mer devaist faire face aux vagues. Hélas, ce n’est plus le cas de nos jours. Le rose pour la fille, le bleu pour le garçon. Une règle vestimentaire, pour le moins universelle, mais qui tend à disparaître, y compris en Algérie. De nos jours, on croise plus d’un dans les rues, portant un pull-over rose clair ou rose bonbon. La transgression à la règle ne gêne absolument pas les gens concernés. Ironie du sort, ce sont les femmes qui s’indignent le plus de cette mode foncièrement féminisante. Pourquoi ce changement ? Une jeune femme de 30 ans, instruite et émancipée, dit que ce virage coïncide avec le matraquage non-stop d’une société outrancière de consommation. «Je crois que la nature est aujourd’hui savamment pensée et décidée dans les laboratoires de la confection internationale et relayée par les médias. On veut imposer à l’homme, ou à la femme, ce qui relevait de l’impensable il y a quelques années. C’est grave», souligne notre interlocutrice à propos du passage au rose d’une bonne partie de nos jeunes hommes. Et de marteler : «La télévision est pour beaucoup dans ces changements de mœurs.»
Une autre jeune femme, professeur d’anglais, qui a passé le plus clair de son enfance en Grande-Bretagne, essaie de son côté d’expliquer ce soudain changement dans les mœurs vestimentaires de la jeunesse algérienne, notamment des jeunes hommes. «On veut s’affirmer selon le vœu des concepteurs de cette nouvelle mode. Autrement dit, les garçons veulent ressembler aux filles en recourant aux produits de beauté, boucles d’oreille et autres objets de coquetterie. Il y a un changement indéniable qui semble prendre la vitesse de la lumière. C’est dangereux», s’inquiète-t-elle. Il faut dire que ce phénomène n’aurait pas connu une telle avancée sans les médias, en particulier la télévision. Les chaînes satellitaires sont pointées du doigt par ceux qui n’ont pas peur d’être taxés de «puristes ou de nostalgiques conservateurs». «La publicité a rendu fous nos garçons et filles. J’accuse surtout les télés arabes. Il n’y a rien d’innocent à diffuser des clips où les chanteurs et chanteuses sont presque nus», s’écrie un spécialiste de l’audiovisuel. Une dame professeur à l’université n’oublie pas de souligner que les mœurs ont reçu un sacré coup depuis la création d’une presse «spécialisée» en Algérie. «Certaines revues ont recours aux services des Européens dont le but évident est de faire un maximum de dégâts à la société. Elles font tout pour imposer des standards étrangers à notre société, notamment dans la façon de se vêtir tant pour les garçons que pour les filles. Ces publications devraient être rappelées à l’ordre ou carrément interdites car elles portent atteinte aux bonnes mœurs», nous indique notre interlocutrice.
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6th April 2010 00:22 #1
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Lynda Louifi :







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