Mercredi 20 Mai 2009 -- Ils portent les lourdes séquelles d’un combat qu’ils ont mené durant toute une décennie, au moment où de nombreux jeunes de leur âge croquaient la vie à pleines dents. Originaires de différentes régions du pays, ils ont fait des centaines, voire des milliers de kilomètres, pour se regrouper dimanche dernier à Alger, devant l’imposant bâtiment du ministère de la Défense et crier leur colère contre « l’humiliation » qu’ils subissent quotidiennement. Mais au lieu d’une oreille attentive, les responsables ont fait appel aux unités d’intervention de la police pour les évacuer de force, dès la tombée de la nuit, loin des regards indiscrets des milliers d’automobilistes qui empruntaient le boulevard Ali Khodja durant la journée. Embarqués brutalement à bord de camions, ils ont été transportés jusqu’aux gares routières du Caroubier, pour certains, et de Tafourah, pour d’autres, pour y être déposés, avec comme consigne de ne jamais revenir sur les lieux, sous peine d’être mis en prison. Mais ils ont décidé de se retrouver tous au square Port Saïd pour poursuivre leur action de protestation jusqu’à ce qu’ils arrachent leurs droits. Farouk Guettaf, qui parle au nom des 3 500 appelés blessés lors de leur service nationale, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, raconte les larmes aux yeux comment l’Etat algérien « récompense » ceux qui ont défendu au prix de leur vie la République. « Nous avons accompli notre devoir national. Nous sommes les moudjahidine de notre époque, tout comme ceux qui ont défendu le pays contre les colonisateurs. Nous ne sommes ni des victimes de la tragédie ni des victimes du terrorisme. Nous étions au front contre un ennemi qui n’était même pas identifié. C’était notre devoir et nous l’avons accompli, au moment où beaucoup, planqués à l’étranger, insultaient le pays et attisaient la haine », explique Guettaf. Il exhibe une carte d’invalide délivrée par le ministère de la Défense nationale à tous les appelés blessés lors des opérations de lutte contre le terrorisme. « J’ai une invalidité de 95% pour laquelle je perçois une rente de 2 880 DA, et ceux qui ont une invalidité égale ou inférieure à 60% perçoivent 1 700 DA. Pour les blessures, jusqu’en 2008, lorsque nous étions rattachés au service des wilayas, nous percevions une pension comprise entre 1 500 et 9 000 DA, revue à la hausse depuis que nous avons été rattachés à la caisse militaire. Elle est passée à une somme comprise entre 11 000 DA et 22 000 DA, selon le grade de l’appelé. Par contre, si les victimes de blessures décèdent, leurs ayants droit ne peuvent percevoir que la rente d’invalidité, comprise entre 1 700 et 2 880 DA. Nous voulons que nos familles soient à l’abri des besoins. Pourquoi l’Etat verse 1,9 million de dinars de capital de décès à la famille d’un terroriste abattu s’il est marié et 1,2 million de dinars lorsqu’il est célibataire, alors que nous qui avons affronté ces gens dans les maquis, ils ne nous donnent que des miettes », crie en colère Guettaf.
Les terroristes préférés aux héros d’hier
Il exprime sa crainte de voir les familles de ces jeunes appelés « demander à manger » dans la rue, du fait de la situation « déplorable » dans laquelle elles se trouvent. « Nous voulons que ces pensions de la honte soient revues par respect au sacrifice de ces milliers de jeunes. L’Etat nous a oubliés. Il s’occupe uniquement de ceux qui ont mis le pays à genoux. Le ministère de la Solidarité a versé plus de 4 milliards de dinars à la Cnas, pour assurer le paiement des salaires des terroristes qui ont perdu leur poste de travail, quand ils étaient au maquis, et nous qui avons donné notre vie au pays, sommes contraints d’aller mendier pour nourrir nos familles. Nous ne pouvons pas travailler du fait de nos blessures », déclare un autre jeune blessé par balle. Très ému, et surtout pris de colère, il enlève la prothèse qui remplace sa jambe droite en disant : « Je ne suis pas parti sur un coup de tête au maquis à la recherche des terroristes. J’ai répondu à l’ordre d’appel de l’ANP pour accomplir mon devoir national. J’étais sous la responsabilité de l’ANP et c’est à elle aujourd’hui de nous prendre en charge comme elle le fait avec les autres contractuels et assimilés. Nous au moins nous sommes vivants et donc capables de nous battre pour nos droits. Il y a des milliers de jeunes qui sont morts dans les opérations antiterroristes et dont les familles n’ont même pas de quoi manger », raconte d’une voix entrecoupée de sanglots le jeune homme avant d’être interrompu par un de ses anciens compagnons : « Nous étions 25 appelés à Jijel, en 1994, et nous sommes seulement deux survivants, handicapés à vie », dit-il. Un autre réplique : « Les 22 qui étaient avec moi à Jebel Labiodh sont tous morts dans la même opération. Ils n’ont pas eu la chance de se marier et d’avoir des enfants comme tous ces terroristes qui tuaient et qui aujourd’hui sont devenus des privilégiés. Avez-vous vu à quel point les victimes et les martyrs du devoir national sont considérés ailleurs ? Rien ne se fait sans eux. Chez nous, ils sont humiliés à chaque instant et les traîtres honorés à chaque tournant. En début de cette semaine, quatre appelés ont été tués dans le cadre de la lutte contre le terrorisme à l’est du pays et la liste reste ouverte. Jusqu’à quand l’Etat algérien tournera-t-il le dos à ses enfants les plus dévoués ? » Des histoires de ce genre sont nombreuses, révèle Guettaf, qui annonce que l’action de protestation qu’il mène ne s’arrêtera pas tant que les droits de ceux qui ont défendu le pays ne sont pas préservés. Le rassemblement au square Port Saïd va se poursuivre et une grève de la faim sera entamée dès aujourd’hui. Hier, Guettaf, au nom de ses compagnons, a chargé Nourreddine Aït Hamouda, député du RCD, de remettre au Premier ministre aujourd’hui une lettre l’appelant à « honorer ses engagements » relatifs à la prise en charge des victimes du devoir national. Dans ce combat, seuls le RCD, le Parti des travailleurs et quelques officiers de l’ANP, qui ont connu les affres du terrain durant la décennie rouge, lui ont assuré leur solidarité.
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20th May 2009 00:04 #15
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Salima Tlemçani :
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26th May 2009 01:56 #16
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28th May 2009 00:03 #17
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Jeudi 28 Mai 2009 -- Les jeunes nés entre 1977 et 1987 devront bénéficier des mesures de dispense du Service national. L’opération de délivrance des cartes de dispense a débuté le 23 mai en cours et devrait se poursuivre jusqu’à la fin juillet au niveau de tous les bureaux de recrutement. L’opération de régularisation des jeunes nés en 1987 a, elle aussi, débuté le 23 mai en cours.Ces opérations, pour rappel, entrent dans le cadre du processus de professionnalisation de l’Armée nationale populaire entamé depuis plusieurs années, et qui visent, à terme, de doter le pays d’une armée de professionnels, avec de nouveaux attributs et de nouvelles missions.
Le Service national, toujours obligatoire selon la loi en vigueur, devrait, peu à peu, céder la place à une nouvelle forme de recrutement de jeunes dans des domaines bien précis. Il est vrai que la conjoncture actuelle, notamment la persistance de la menace terroriste, exige un renforcement des effectifs de l’armée en vue d’y faire face, mais il est vrai aussi que le Service national, tel que conçu au lendemain de l’indépendance et durant toute l’ère socialiste, n’a plus lieu d’être. Le pays étant composé d’une majorité écrasante de jeunes, l’institution militaire ne peut les prendre en charge convenablement, avec tout ce que cela suppose comme dépenses, infrastructures et programmes de formation. Le Service national ne fait plus de grands projets, comme la transsaharienne, le barrage vert ou les villages agricoles. Les besoins de la professionnalisation de l’armée font que celle-ci s’oriente beaucoup plus vers des contrats à durée déterminée destinés à pourvoir l’institution en hommes de métier.
Il y a lieu de rappeler que des dispenses ont été accordées par le passé au profit de larges catégories de jeunes, dont la plus importante opération remonte à 1999, au lendemain de l’arrivée au pouvoir de Abdelaziz Bouteflika et qui avait soulagé un bon nombre de cadres dont la carrière était suspendue au fameux sésame de l’armée. De même que l’obligation faite, par le passé, aux employeurs, d’exiger la position vis-à-vis du Service national, pour tout recrutement, a été levée. Pour l’opération qui a démarré ce 23 mai, il est à noter que celle-ci se déroulera en quatre étapes. La première concernera les jeunes nés entre janvier et mars, la seconde ceux nés entre avril et juin, la troisième ceux nés entre juillet et septembre et, enfin, la dernière touchera ceux nés entre octobre et décembre. Les jeunes concernés par ces mesures peuvent toujours se rapprocher des bureaux de recrutement pour de plus amples informations.
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17th June 2009 00:30 #18
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Mercredi 17 Juin 2009 -- Le ministère de la défense rassure les militaires handicapés dans la lutte contre le terrorisme. Ils bénéficieront des compensations, du retard, non payé, des primes sociales. Les familles des militaires victimes du terrorisme auront aussi leurs droits. Fakouf F. déclare à El Khabar, au nom des militaires et des soldats invalides, que des responsables du ministère de la défense lui ont annoncé que des crédits ont été prévus dans le cadre de la loi de finance complémentaire. Elle sera présentée au conseil des ministres à la fin du mois. La même source nous a confirmés que ces militaires et leurs familles auront tout leurs dus, avant l’automne 2009, dès l’approbation de la loi de finance complémentaire par la parlement. Quelques jours auparavant, des militaires et leurs familles se sont rassemblés au niveau des sièges du parlement et du ministère de la défense. Le premier ministre, Ouyahia, présente officiellement ses excuses, et s’engage à régulariser leurs situations dans un délai ne dépassant pas les trois mois. Houria /A, déclare, au nom des familles de militaires, victimes du terrorisme, que des responsables de la cellules centrale, chargée de l’applications des mesures de la concorde, au niveau du ministère de la défense, ont annoncé à certaines familles, qui n’ont pas eu leurs droits depuis 2006, que cette situation sera réglée. Elle a ajouté que les familles ignorent le procédé de dédommagement, mais sont certaines que le ministère de la défense exécutera les mesures de la loi sur la concorde, notamment l’alinéa relatif au dédommagement des militaires, victime du terrorisme, et la loi de l’employeur militaire ». Elle nous annonce que les familles ont été convoquées par les services du ministère de la défense, afin de compléter les dossiers de compensations.
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29th July 2009 18:59 #19
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Rafik Tadjer :
Mercredi 29 Juillet 2009 -- La mobilisation des appelés du service national a fini par payer. Les militaires appelés ayant subi pendant leur période de service national, de maintien ou de rappel, des dommages corporels dans le cadre de mission de lutte contre le terrorisme percevront une pension de l'Etat. La mesure est contenue dans la Loi de finances complémentaires (LFC) pour 2009. Les militaires qui ont participé à des opérations de maintien de l'ordre bénéficieront également d'une retraire mensuelle. La pension sera calculée sur la base des émoluments et grades correspondants ayant servi d'assiette de calcul à la pension mensuelle, selon le même texte. Des ex-appelés du service national ont manifesté à plusieurs reprises devant le ministère de la Défense nationale à Alger pour réclamer une pension pour leur participation aux opérations anti-terroristes depuis le début des violences en 1992.
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2nd September 2009 00:06 #20
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Mercredi 2 Septembre 2009 -- Le gouvernement vient de clore définitivement le dossier des réservistes, appelés pendant la décennie noire, pour combattre le terrorisme, la majorité a été victime de blessures graves, allant jusqu’à l’amputation d’une jambe ou bien d’un bras. Ainsi, le ministère de la défense vient de résoudre l’un des dossiers en suspens, résultant de la tragédie nationale. Dans ce cadre, les réservistes appelés par l’armée, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, dont le nombre est estimé à 3 500, ont reçu, hier, officiellement, les décisions de pension de retraite militaire, mettant fin ainsi, à plusieurs années de marginalisation. Ils ont bénéficié de leur première pension de retraite militaire, après tant d’années de revendication. À relever que la majorité se retrouve dans l’incapacité d’exercer une activité, vue la gravité des blessures. M. Farouk Guetaf, le porte parole des réservistes de l’ANP, a déclaré à El Khabar, que les autorités ont finalement tenu les promesses, faites en mai dernier, ajoutant dans le même sillage, que des problèmes liés à la sécurité sociale et les droits leur garantissant l’accès aux soins ont été réglés aussi. Par ailleurs, le même interlocuteur a indiqué que le ministère de la défense nationale a instruit ses services sociaux et financiers, pour procéder au paiement des rappels des dernières années, avant la fin du mois sacré de Ramadhan. Les 3 500 réservistes de l’armée ont exprimé leur satisfaction, car le gouvernement a pris en considération leurs revendications. Pour rappel, lesdits réservistes ont organisé un sit-in devant le ministère de la défense nationale, le 17 mai dernier. Ce qui a fait réagir le premier ministre, Ahmed Ouyahia, qui a promis de régulariser leur situation d’une manière définitive.
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17th October 2009 00:07 #21
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Samedi 17 Octobre 2009 -- Les éléments du service national victimes de préjudices corporels dans le cadre de la lutte contre le terrorisme bénéficient d'une couverture sociale à travers leur prise en charge, ainsi que leurs proches, dans tous les domaines, a annoncé la revue El Djeïch dans son dernier numéro. Cette couverture sociale englobe “le suivi médical, la gratuité des soins et même le transfert vers des hôpitaux étrangers des cas qui ne peuvent pas être traités en Algérie”, précise le colonel Saïd Chalabi, directeur de la Caisse militaire des retraites (CMR), cité par la revue mensuelle de l'Armée nationale populaire. Elle est également assurée à la faveur de la création de centres de convalescence au niveau des 1re, 2e et 5e Régions militaires pour les blessés, ajoute-t-il. D'autres mesures sont prévues également dans ce cadre, à l'instar de la gratuité du transport, la mobilisation des moyens favorisant leur réinsertion dans la vie sociale et professionnelle en les accompagnant dans leurs démarches pour l'obtention de crédits destinés à la création de petites entreprises ou le montage de projets professionnels et commerciaux. Les grands blessés peuvent bénéficier d'aides financières, indique le directeur de la CMR. Il a, en outre, cité la pension d'invalidité, à la charge du ministère de la Défense nationale (MDN), conformément au code des retraites militaires, concernant, précise-t-il, les catégories de victimes de préjudices corporels ou psychologiques qui va être revue, enrichie et amendée, particulièrement la somme allouée, outre la pension mensuelle versée par la caisse qui va être révisée et portée à un taux minimal de 60% suivant la grille indiciaire des salaires des personnels militaires en activité. Le directeur de la CMR rappelle la proposition du MDN d'octroyer une pension de retraite aux catégories concernées, qui a été retenue dans la loi de finances complémentaire pour 2009, adoptée en juillet dernier. “La date de prise d'effet (de la pension) est fixée à la date de radiation sans que celle-ci soit antérieure au 1er janvier 1992”, explique-t-il, ajoutant que la caisse “exécute la nouvelle mesure dès son entrée en vigueur, en versant les salaires et les arriérés aux bénéficiaires”. Par ailleurs, la pension de retraite “sera reversée aux ayants droit directement après le décès du bénéficiaire”, signale le colonel Chalabi, annonçant que “le taux de la pension de retraite a été porté à 90% du salaire”. Évoquant l'indemnisation des éléments du service national et des réservistes victimes du terrorisme, il fait savoir que c'est le MDN qui aura la charge de la gestion des dossiers y afférents à la place du Fonds d'indemnisation des victimes du terrorisme (Fivat). “Quant aux bénéficiaires des pensions mensuelles et qui sont décédés avant le transfert de leur dossier au Fivat, leurs ayants droit peuvent se rapprocher de la Caisse militaire des retraites pour percevoir leurs droits à la pension de réversion, conformément aux nouvelles dispositions légales”, précise-t-il. Enfin, il estime que “ces mesures sont venues combler un vide juridique”, soulignant qu'elles “garantissent les droits des éléments du service national durant l'accomplissement de leur devoir, soit en tant qu'appelés, soit en tant que maintenus après la durée légale de service ou en tant que rappelés”.




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