Binationaux
Des Algériens après tout
De nationalité algérienne jusqu’à l’âge de 30 ans, Hichem a acquis la nationalité française il y a sept ans environ. Ainsi, depuis fin 2000, il est Franco-Algérien. Un binational. Une situation qu’il n’a jamais souhaitée, mais qui s’est imposée à lui, comme il tient à préciser. Des Hichem binationaux, il en existe par dizaines de milliers. En majorité des Franco-Algériens, mais également des Algériens qui ont d’autres nationalités : américaine, espagnole, italienne, britannique, syrienne, marocaine, égyptienne…

Comme Hichem, ils ne voudront certainement jamais être amenés à choisir entre l’une des deux nationalités. “La première c’est mon identité, mes tripes, mes états d’âme : la seconde me permet d’être un citoyen du monde, de ne pas être obligé de demander un visa pour bon nombre de destinations et elle m’ouvre des perspectives nettement plus avantageuses sur le plan personnel”, rappelle sèchement notre interlocuteur avant de nous raconter son histoire.

Ingénieur en génie civil de l’université de Bab-Ezzouar (USTHB) en 1992, Hichem traîne “pendant au moins deux ans, sans trouver de boulot”. Il faut dire que la fermeture des entreprises publiques du bâtiment et la situation politico-sécuritaire de l’époque ne permettaient pas d’autres débouchés que le chômage. Hichem décide d’aller continuer ses études en France. Après un DEA, puis un autre diplôme dans “une super-spécialité” dans son domaine, il décide de s’inscrire dans une grande école dont le diplôme, obtenu au bout d’une année d’études, “a une notoriété internationale”. Ces études, Hichem a pu les payer en faisant de petits boulots.

Diplômé, Hichem se rend compte que les diplômes, même obtenus dans une grande école, ne permettent pas de trouver un travail stable et bien rémunéré. Avec sa gueule et son nom d’arabe, il a du mal à trouver un emploi en équivalence avec ses compétences. “On me proposait des salaires nettement inférieurs à ceux qu’on proposait à d’autres étudiant(e)s de ma promo dont j’étais pourtant major”, tient-il à préciser.

Il a dû d’abord régler sa situation en se mariant avec une franco-marocaine. “Ce n’était pas un mariage à blanc juste pour obtenir mes papiers ou pour ne pas devoir louvoyer pour obtenir un titre de séjour d’une année supplémentaire”, rassure-t-il. La preuve, le couple dure depuis 1997. Hichem est papa de deux enfants, un garçon et une fille.

Voyant que le statut d’étranger, même en situation régulière, ne lui permettait pas d’obtenir un “bon” poste, il décide de demander la nationalité française qu’il acquiert en un temps record. Depuis, il travaille pour une entreprise privée de son secteur, en qualité de “responsable régional” dans l’Hexagone.

Les Débats