La grande gloire de B. Hamza l'intrépide


L'information est tombée hier vers le tard: le manipulateur des lycéens algériens est un dénommé
B. Hamza signataire d'un tract bizarre sous le sigle d'une bizarre « Organisation Nationale des Etudiants ». « Nous ignorons qui est B. Hamza mais... » a dit Benbouzid, le ministre de l'Education, dont le nom commence lui aussi par la même initiale. B. Hamza est donc identifié mais reste inconnu. Depuis l'antiquité et pour longtemps. Pour rappel seulement, la Révolution algérienne a connu trois grand B avant de connaître la géographie du BTS (Batna - Tébessa - Souk Ahras).
Pour le défunt Boumediène, le B. Hamza était le B de Benbella qu'il a démis de ses fonctions avant de le mettre en prison. La condamnation avait été, par ailleurs, précédée et suivie de la condamnation et de l'exil d'un autre B, Boudiaf qui ne s'appelait pas Hamza mais qui avait le malheur de porter un B comme initiale. La fin du règne de Chadli (lui aussi un B sous la forme d'un Bendjedid), le B pris un autre nom et échu sur la tête de Belloucif, un autre B qui paya à la place de B. Hamza resté introuvable. Et si Belloucif est « tombé », B. Hamza continua, quant à lui, de vivre et de sévir. Durant dix ans et même condamné à douze ans de prison, le B a fait l'actualité en faisant le chaos. Il s'appellera Benhadj, un autre B qui manipula les foules et leur religion, tout en étant manipulé lui-même selon une certaine thèse. Relâché et réduit à un simple civil sans droits civils, Benhadj purgea sa peine et le rôle du B sera repris par un autre B : Benflis, un autre homme algérien qui avait l'avenir devant lui avant de l'avoir derrière lui. B. Benflis sera donc le nouveau B. Hamza et le payera cher de sa peau. Réduit à rien après avoir été presque tout, il sera exilé dans son pays et enfermé dans son va-et-vient entre la mosquée et son domicile. B. Hamza a-t-il donc été vaincu ? Un peu, par autre B, celui de Bouteflika mais l'histoire du B. Hamza ne finira pas là. Elle se poursuivra avec cette seconde lettre l'alphabet qui fait de lui le second homme de l'Algérie, capable de lever des foules, de gripper la relance, de gonfler les prix, de stopper l'approvisionnement et de menacer la stabilité. B. Hamza sera un nom collé même à des gens dont le nom ne commence pas par B et qui ne se sont jamais appelé Hamza même dans l'intimité profonde du sommeil et de l'affection clandestine. Hier, et selon nos confrères, B. Hamza a été brièvement Ben Berka, l'intellectuel tunisien contestataire interdit de visite en Algérie par solidarité de régimes entre l'Algérie et la Tunisie, elle aussi gouvernée par un B, Ben Ali, détrôneur de Bourguiba. B. Hamza n'étant donc pas une personne mais un statut, un rôle pour une fonction. Benchicou, le directeur d'un journal algérien devenu virtuel, a lui aussi revendiqué l'identité de B. Hamza. 90% des Algériens portent un nom qui commence par un B mais cela n'enlève rien au mystère ni à l'épopée. B. Hamza est toujours là : cette fois-ci derrière la grève des lycéens mais pas seulement. Son identité est floue mais reste très pratique : tour à tour un homme peut être considéré comme un détracteur de B. Hamza ou être confondu avec lui, selon les rumeurs et les manipulations. Certains grands B de l'Algérie, de Belkheir à Bouaza peuvent en témoigner. Il reste encore que B. Hamza n'est pas seulement une recette algérienne. Au Maroc, on tué un B. Hamza sous le nom de Benbarka par exemple. A l'ONU B. Hamza peut par exemple s'appeler, depuis sa malchanceuse décision d'une enquête parallèle, Ban Ki-moon. B. Hamza peut être internationalisé sous le nom de Bush ou mondialisé sous le sigle de Ben Laden. C'est dire que le B gouverne le monde et l'explique mieux que le réel. D'où l'explication par B. Hamza pour expliquer ce qui se passe chez nous.
La grande gloire de B. Hamza l'intrépide

et... Belloumi biensûr