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  1. #1
    Guest 123 is offline Registered User
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    Colloque international sur le médicament de phytothérapie et les plantes médicinales:

    Dimanche 18 mars 2007 -- Elaborer la pharmacopée nationale des plantes médicinales traditionnelles en Algérie, soit le recueil officiel et légal de 4 125 plantes vasculaires inventoriées sur 123 familles botaniques, cataloguer toutes les drogues utilisées, potentiellement toxiques, informer, sensibiliser et éduquer la population quant à l’usage des plantes, et prévoir une formation en phytothérapie, tels sont les recommandations du Symposium international sur le médicament de phytothérapie et les plantes médicinales, organisé hier à l’université des sciences islamiques Emir-Abdelkader de Constantine, par le département de pharmacie de la faculté de médecine.

    Ce rendez-vous, le premier du genre, a réuni d’éminents spécialistes venus de France, du Maroc, d’Egypte, d’Allemagne, ainsi que plusieurs médecins algériens venant notamment de la ville hôte, de Batna, de Béjaïa et de Sétif. Les communications, au nombre de 80, portent sur trois axes, à commencer par l’utilisation et la gestion durable des ressources floristiques, l’ethnopharmacologie à la phytothérapie rationnelle, et la pharmacologie et la toxicologie.

    Les intervenants se sont penchés sur les enjeux d’une démarche concrète au niveau de la région euro- méditerranéenne, productrice de plantes aromatiques et médicinales, ainsi que la stratégie de conservation et de domestication et la valorisation des plantes, avec une intervention du Dr Ghemouri, de l’université de Tizi Ouzou, sur l’exploration ethnobotanique des plantes médicinales en Kabylie.

    Le deuxième axe a été consacré au rôle de l’ethnopharmacologie dans la médecine moderne, assorti des résultats d’un sondage sur le diabète sucré, l’hypertension artérielle et la phytothérapie, présentés par le Dr Chinar du CHU de Batna.

    Aussi, l’utilisation des plantes médicinales en médecine vétérinaire était présente avec l’intervention du Pr Gérard Keck, de l’Ecole nationale vétérinaire de Lyon. Quant au troisième volet, il a été consacré à la sécurité des produits de santé naturelle, communication du Dr Mérad d’Alger ainsi qu’à la qualité et la standardisation des phyto-médicaments, une intervention du Dr Lobstein de la faculté de pharmacie de Strasbourg.

    Le colloque sur les médicaments de phytothérapie et les plantes médicinales, dont le fait marquant est la présentation de plusieurs conférences en langue anglaise, a aussi abrité au hall de l’université des sciences islamiques de multiples affiches portant sur la présentation d’un lexique des plantes toxiques fréquemment rencontrées en Algérie, les plantes toxiques utilisées en médecine traditionnelle, le pouvoir antioxydant de quelques plantes médicinales, des œuvres de l’université Mira de Béjaïa, du centre antipoison d’Alger, et du département de pharmacie de l’université Mentouri.

    A signaler que l’instante organisatrice a inclus dans son programme deux jours de visites touristiques et culturelles pour les participants.


  2. #2
    Guest 123 is offline Registered User
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    Mardi 20 mars 2007 -- Si le Maroc a été conscient de la nécessité et de l’utilité d’un partenariat avec les pays européens en matière de phytothérapie et ce pour exploiter au mieux et dans des normes internationales les 4 300 plantes médicinales répertoriées, l’Algérie et l’Egypte sont encore au stade embryonnaire et beaucoup d’efforts restent encore à fournir, d’autant plus que ces deux pays disposent d’un véritable gisement de plantes susceptibles d’être utilisées dans la fabrication des médicaments.

    Ce sont là les conclusions à retenir au terme de la troisième et dernière journée du 1er symposium international sur le médicament de phytothérapie et les plantes, tenu à Constantine les 17, 18 et 19 du mois en cours, et ce à l’initiative du département de pharmacie de la faculté de médecine.

    Ainsi donc, le Pr Badiaâ Lyoussi, de l’université Mohamed Ben Abdallah de Fes au Maroc atteste qu’au niveau de son pays les choses commencent à bouger. «On a effectué beaucoup de recherches scientifiques sur les plantes médicinales en partenariat avec des scientifiques italiens et allemands», a-t-il déclaré.

    Et d’ajouter : «Moi-même j’ai fait des expertises du genre au profit de sociétés étrangères, et les résultats étaient plus qu’encourageants.» Cela avant de certifier qu’il était nécessaire d’utiliser les nouvelles technologies devant assurer la description botanique de toute plante médicinale, son usage pharmacologique, son usage familier et officiel ainsi que son taux de toxicité.

    A cet effet, une banque de donnée sur des centaines de plantes a été créée. Remontant le temps, Mme Lyoussi nous a appris que ce sont des pratiques ancestrales et un facteur commun à tous les pays arabo-musulmans. «J’ai tenu à préciser cela au docteur Lobstein, qui a évoqué la tradition allemande dans ce domaine, et les remèdes de nos ancêtres continuent à avoir de la popularité», affirmait-elle.

    S’agissant de la coopération maghrébine, le professeur, tout enthousiaste, nous a confié que «le partenariat maghrébin est nécessaire si on veut canaliser la phytothérapie. Nous avons une spécificité au Maghreb quant à nos plantes, car les mêmes herbes ont poussé dans une atmosphère écologique différente, ce qui rend leur principe actif plus intéressant d’un pays à l’autre».

    Ainsi, d’après Mme Lyoussi, la sauge marocaine peut avoir les meilleurs principes actifs utilisés dans la médication, alors qu’en Algérie le laurier est meilleur. «C’est une richesse rare dans les autres régions, d’où le besoin et la revendication de réunir nos efforts et de produire des médicaments dérivés des plantes à bas prix et au profit de la population», a-t-elle conclu.

    Côté égyptien, le Pr Aïda Elazzouny du Centre national de recherches du Caire nous a avoué que même si la médication à travers les plantes est largement utilisée et que les herboristes ont des notoriétés semblables à des médecins, la régularisation du domaine est encore au point mort, et ce en dépit des «multiples colloques et rendez-vous tenus en Egypte sur la phytothérapie».

    Le Dr Elsayed Aboutabl de l’université du Caire a, quant à lui, attiré l’attention sur un fait que les botanistes ont soulevé, celui relatif à la disparition d’un bon nombre de plantes connues par leur qualité phytothérapeutique : «L’extension urbanistique et le déracinement de la plante à la cueillette ont conduit à une extinction de plusieurs genres connus sur les bords de Nil, mais aussi dans le désert du Sinaï».

    Et d’ajouter : «Dans l’attente d’un plan national de protection des plantes qui sont en voie d’extinction, en Egypte, on essaye de sauver ce qu’on peut et dans la possibilité de nos moyens. On crée les facteurs environnementaux d’une plante et on tente de la replanter à l’intérieur d’un site.» A la question relative au comment les spécialistes créent le déclic pour que la phytothérapie dans le monde arabe soit boostée, le même docteur nous répond : «A travers ces colloques et ces rencontres on essaye d’attirer l’attention des départements de la recherche scientifique dans les pays arabes, seules instances susceptibles de faire bouger les choses dans le bon sens.» Dans cette optique, le Dr Aboutabl atteste que le financement des études, des analyses et des multiples visites sur les sites connus par leurs plantes médicinales n’est pas une chose donnée : «Cela demande des investissements, mais aussi un travail soutenu, régi par des rapports périodiques prouvant le bon déroulement du projet.

    Là, on peut aboutir à toute une industrie de médecine basée sur des plantes locales, combinant l’efficacité et un prix étudié.» Des propos largement partagés avec le Dr Merad de la faculté de médecine d’Alger, qui a estimé que la monographie des plantes comportant les données générales botaniques constitue un premier pas vers une bonne exploitation et un bon usage.

    Le Dr Merad a aussi attiré l’attention sur la nécessité de dispenser des formations en phytothérapie : «C’est encore inexistant en Algérie, alors que dans les autres pays maghrébins, un DEA en phytothérapie figure parmi les spécialités qu’offre la filière pharmacologique.»


  3. #3
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    Samedi 6 Mars 2010 -- L’Union mondiale pour la nature, ou UICN, qui a initié une action au Maghreb, appelée «Programme de biodiversité en Afrique du Nord», révèle que «la plupart des plantes en danger et menacées en Algérie ont des propriétés médicales». Et d’ajouter qu’il y a une augmentation de la demande en remèdes d’herboristerie. En effet, souligne cette ONG internationale, beaucoup de communautés rurales comptent presque exclusivement sur les plantes médicinales pour soigner les maladies. La population urbaine revenant à des remèdes de plantes médicinales augmente car les médicaments modernes sont devenus de plus en plus chers ces dernières années. De plus, les herboristes ont de plus en plus de mal à satisfaire la demande locale pour les plantes médicinales alors qu’il y a un grand marché international, ce qui pose de sérieuses menaces sur la flore locale et sur la santé des écosystèmes. Selon l’étude, des chargements de plantes médicinales sont déracinés sans aucun contrôle et transportés à travers la frontière vers le Niger ou ailleurs. «L’Algérie souffrant d’érosion, la perte de chaque plante déracinée augmente la menace de dégradation de la terre».

    Les principaux sites du programme financé par l’UICN en Algérie sont situés dans wilaya de Batna, les Aurès et dans le jardin de l’Agence nationale de la nature à Alger. Ils ont été mis en place par l’Agence nationale pour la conservation de la nature, en étroite collaboration avec le mouvement écologique algérien, avec M. Tawfik en tant que coordinateur national. Le point fort du programme porte sur la reproduction et la multiplication des plantes médicinales pour promouvoir leur conservation et leur utilisation durables. À cette fin, le nombre et les types de plantes de la région de Batna ont été identifiés et classifiés. Des pépinières ont été créées sur les deux sites pour expérimenter la reproduction et la culture des plantes médicinales. Une banque de graines a été installée. Une session de formation a été organisée pour les cultivateurs sur les techniques d’inventaire, de récolte et de multiplication des plantes médicinales ainsi que sur les principes d’extraction des huiles. Des projets pilotes ont été mis en place dans trois fermes dirigées par des femmes pour la culture de plantes médicinales à une relativement grande échelle. Chaque bénéficiaire s’est engagé à cultiver des plantes médicinales sur 800 m2 de sa principale terre arable. La récolte entière est vendue à un herboriste local déjà identifié. Ceci a permis de promouvoir la prise de conscience, le développement rural, le pouvoir des femmes et l’amélioration des conditions de vie.

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