Jeudi 28 Juin 2007 -- Le Syndicat national des praticiens spécialistes de santé publique (SNPSSP) organise, depuis hier, ses deuxièmes journées médico-chirurgicales à la Cité des sciences d’Alger. “En plus de nos activités syndicales, nous tenons des journées scientifiques pour permettre aux médecins spécialistes ou non de pouvoir se former et ainsi se familiariser avec les nouvelles techniques chirurgicales et médicales”, déclare le Dr Yousfi, président du syndicat. Les thèmes retenus pour cette manifestation portent essentiellement sur les maladies inflammatoires de l’intestin, l’antibiothérapie et ses dangers, l’hypertension artérielle, la prise en charge des polytraumatisés et enfin une table ronde sur la santé bucco-dentaire.

À ce propos, les participants ont débattu sur les risques de résistance des microbes, et ce, à cause de prescriptions abusives d’antibiotiques. “Les infections, qui touchent les enfants, ont en général pour cause des virus contre lesquels les antibiotiques n’ont aucun effet, alors pourquoi en prescrire. Par ailleurs, de telles prescriptions peuvent conduire à une résistance, ce qui obligera les médecins à recourir à des antibiotiques plus développés et coûtant très cher. À cause des prescriptions des antibiotiques de manière automatique, les laboratoires pharmaceutiques ne cessent de faire des recherches pour trouver à chaque fois des produits plus évolués ; les anciens perdant de leur efficacité”, tient à préciser le Dr Ouaret Djamel, chirurgien à l’hôpital Mustapha-Pacha et membre du bureau national du SNPSSP.

Ce même praticien rappelle qu’avant toute prescription, il faut un diagnostic précis ; il attire l’attention des parents sur les méfaits de l’automédication, notamment pour les enfants. Le deuxième thème, à savoir les maladies inflammatoires de l’intestin, a suscité l’intérêt des congressistes, car il s’agit de pathologies très courantes en Algérie.

La maladie de Chrohn est une pathologie chronique dont l’évolution se fait par des poussées. Même si la prise en charge des patients atteints par cette maladie nécessite un suivi permanent, un nombre important de patients ne respecte pas les rendez-vous chez le médecin. Quand bien même il s’agirait d’une maladie chronique, la Cnas refuse toujours de la prendre en charge à 100%, et les patients obligés de porter des poches doivent payer de leurs deniers 20% du prix d’achat. Les rectocolites (inflammation du rectum) sont très douloureuses et, plus grave encore, elles peuvent évoluer vers des cancers si elles ne sont pas traitées à temps.

Quant à la prise en charge des polytraumatisés, les médecins spécialistes préconisent la disponibilité d’un plateau technique spécifique dans les pavillons des urgences où ces accidentés doivent être pris en charge par des équipes médicales multidisciplinaires. “Il est temps de moderniser les pavillons des urgences pour notamment permettre une bonne prise en charge des polytraumatisés”, regrette le Dr Ouaret qui déplore, par ailleurs, l’inexistence d’urgentistes spécialisés car cette discipline n’est pas encore enseignée dans nos universités. Les participants réitèrent le respect des règles d’hygiène alimentaire et le respect des prescriptions par les malades hypertendus.

Les responsables du SNPSSP tiennent à rappeler que leur syndicat organise des journées scientifiques à travers tout le territoire national pour permettre aux médecins de l’intérieur du pays de se former eux aussi. Ils promettent, par ailleurs, d’autres cycles de formation.