Lundi 24 Septembre 2007 -- La moitié des enfants de Bentalha souffrent encore de traumatismes, dix ans après le massacre terroriste perpétré dans cette localité située à une vingtaine de kilomètres au sud-est d’Alger, révèle une étude psychologique rendue publique hier.
Une évaluation prospective de 413 enfants, aujourd’hui adolescents, suivis pendant dix ans au Centre de soins psychologiques de Bentalha a fait ressortir que 51% d’entre eux présentent toujours un “syndrome de stress post-traumatique” (PTSD, sigle anglais de post traumatic syndrom disorder).
Cette étude a été présentée lors du 3e séminaire national sur les enfants traumatisés par la violence, organisé par la Fondation nationale pour la promotion de la santé et le développement de la recherche (Forem). “Il s’agit de la première étude en Algérie, et en Afrique, sur le suivi à long terme des enfants traumatisés par la violence”, a assuré le président de la Forem, le Pr Mustapha Khiati.
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24th September 2007 15:34 #1
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PTSD : La moitié des enfants de Bentalha encore traumatisés
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24th September 2007 17:18 #2
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Lundi 24 septembre 2007 -- Seulement 5 % des enfants traumatisés durant la tragédie nationale ont reçu des soins psycho-médicaux par les dix centres de soins répartis à travers le pays, relevant de la Fondation pour la promotion de la santé et le développement de la recherche (FOREM).
C’est ce qu’a indiqué le président de la FOREM, Mostapha Khiati, en marge des travaux du troisième colloque portant sur les enfants traumatisés par la violence durant la tragédie nationale, qui a eu lieu hier au centre de soins psychologiques de Bentalha (Alger) qui existe depuis 10 ans.
Deux types d’enquête ont été menés, en effet, par la FOREM, l’une portant sur l’évaluation prospective de 413 adolescents suivis pendant 10 ans, et l’autre sur l’évaluation psychologique de 120 adultes traumatisés. A noter que les deux évaluations ont touché les personnes résidentes dans les environs de Bentalha.
Les principaux points de comparaison entre les deux groupes d’adolescents (261 suivis, soit 63,2 %, et 152 non suivis, soit 36,8 %) résident essentiellement dans l’appréciation des données concernant l’impact de l’événement traumatique à long terme sur des enfants victimes devenus adolescents aujourd’hui.
Pour la première évaluation, l’échantillon de la FOREM a porté sur un groupe de 413 adolescents, dont 213 sont des garçons et 200 des filles. L’âge moyen est de 15 ans et 54 % d’entre eux fréquentent l’école. 73 % de ces adolescents ont vécu leur traumatisme entre les années 1995 et 2000.
Les principales causes du traumatisme sont dans 39 % des cas dues à la peur des terroristes, 28 % au décès du père et 26 % à l’assassinat du père. Pour ce qui est du niveau socioéconomique de cette frange, les enquêteurs de la FOREM précisent qu’il est à peine moyen, puisque 91 %, soit 374 adolescents, ne satisfont leurs besoins que grâce au programme de Kafil mis en place la FOREM.
On signale que 62 % sont orphelins du père et 8,7 % de la mère. Parmi ceux dont les parents sont vivants, 19,6 % des pères sont sans profession et 78 % des mères le sont aussi. L’avis de ces jeunes adolescents sur la prise en charge au niveau du centre démontre que 98 % trouvent que cette prise en charge est nécessaire et 89 % jugent le rôle du centre très important dans la reconstruction de leur personnalité.
Au moins 211 adolescents, soit 51 %, présentent toujours les signes de stress. L’appréciation de l’estime montre que 24 % ont une mauvaise estime de soi et 31 % ont un score moyen. La conclusion de la FOREM démontre ainsi que le devenir de ces jeunes a pu être amélioré grâce à une prise en charge longue, «multidisciplinaire et perspicace».
On relève, toutefois, que la thérapie doit être poursuivie pour des résultats plus efficients à long terme. En ce qui concerne l’évaluation des 120 adultes traumatisés dont 97 % sont des femmes, sur la pathologie du stress post traumatique, on fait ressortir que la prévalence de cette maladie est estimée de 1 à 9 % sur la population générale.
Ces chiffres augmentent considérablement en Algérie. La FOREM précise, à cet égard, que le ministère de la Santé a enregistré en 2006 une prévalence dépassant les 20 % dans les wilayas les plus fortement touchées, à l’image de Médéa et de Saïda.
Par ailleurs, la FOREM confirme que pour la majorité de l’échantillon étudié, 68 % des sujets sont âgés entre 35 et 55 ans, 85 % sont sans travail. Quelque 46 % des sujets âgés entre 36 et 55 sont toujours atteints de stress. 83 % de l’échantillon étudié souffrent toujours des conséquences du traumatisme et sont sans travail.
Pour la comparaison entre les personnes atteintes de stress et celles qui en sont indemnes, les résultats démontrent que 80 % adoptent de mauvaises stratégies d’ajustement. 73 % ont une orientation interne : elles attribuent ce qui leur arrive à des causes qui les concernent, ce qui renvoie à une forme de culpabilité ; 38 % ont un niveau d’estime de soi bas, d’où le regard négatif qu’ils portent sur leur personne.
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24th September 2007 19:03 #3
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Lundi 24 Septembre 2007 -- Des vies disloquées une nuit d'horreur, des esprits marqués pour toujours par des actes d'une extrême sauvagerie. Un massacre qui reste dans les mémoires, comme tous ceux qui ont été commis dans le pays. Dix ans depuis cette nuit funeste à Bentalha qui a laissé des rescapés livrés à une existence marquée par la folie. Hier, la Fondation nationale pour la promotion de la santé et le développement, FOREM, a commémoré le dixième anniversaire de la tragédie en organisant le 3ème séminaire sur les enfants traumatisés par la violence. Le but était de faire un bilan de 10 ans de prise en charge médico-psychologique.
Une prise en charge assurée au sein du centre créé à Bentalha par la FOREM quelques mois après cette terrible tragédie.
L'idée, selon M. Mekki, un des responsables de cette organisation, était de permettre à ces victimes que la mort a épargnées, notamment les enfants, d'exprimer leurs souffrances psychiques et de leur apporter un soutien psychologique. Une tâche de longue haleine où le rôle des psychologues a été d'effacer les images atroces enfouies dans les mémoires. Le travail du centre de soins psychologiques de Bentalha a porté sur un groupe de 413 adolescents suivis depuis 10 ans, dont 213 garçons et 200 filles. Il ressort que 73% de ces adolescents ont vécu leur traumatisme entre 1995 et 2000, dont les principales causes se rapportent, dans 39% des cas, à des actes terroristes et 26% à l'assassinat du père.
Du point de vue socio-économique, 91%, soit 374 adolescents, vivent grâce au programme de «kafil el yatim» mis en place par la FOREM. Il ressort également que 51%, soit 211 adolescents, présentent toujours un PTSD (syndrome de stress post-traumato-psychologique). «Près de la moitié souffrent encore malgré la prise en charge», reconnaît le professeur Khiati, président de la FOREM, avant d'ajouter : «Nous remarquons que les adolescents ont mieux supporté le drame alors qu'ils sont plus exposés au PTSD, tandis que les adultes souffrent plus, notamment par rapport à l'estime de soi. D'ailleurs, il y a eu beaucoup de cas de suicide.»
Pour le professeur Khiati, cette difficulté à dépasser le traumatisme est peut-être liée à l'inactivité puisque, dit-il, «90% de la population exposée qui constitue notre échantillon n'ont pas d'activité. D'ailleurs, il faut remarquer que la plupart de ces personnes vivent de l'aide apportée par notre programme "kafil el yatim"».
Il reste que le travail de prise en charge se poursuit, comme l'a souligné M. Mekki. Notons que d'autres structures du même genre ont été érigées à Remka (Relizane), Aïn-Defla et Tiaret qui ont été touchées par une violence meurtrière.
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25th September 2007 00:43 #4
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26th September 2007 22:06 #5
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Salima Tlemçani :
Mercredi 26 septembre 2007 -- Dix ans après la tragédie de Bentalha, les séquelles du traumatisme sont encore plus persistantes, notamment chez les personnes les plus vulnérables comme les enfants.
Lors du colloque sur le bilan des activités du centre de soins psychologiques de Bentalha, organisé par la Forem, les spécialistes de la santé mentale tirent la sonnette d’alarme. Le diagnostic du traumatisme psychologique engendré par la violence est grave. Pour eux, l’exposition directe à la violence engendre un sentiment d’impuissance et de peur qui perturbe son comportement, son développement puis son jugement intérieur. Sur l’enfant, les conséquences sont très lourdes : attitude autistique variable, repli sur soi, déprime, baisse du rendement scolaire, relations sociales difficiles, comportements violent et agressif.
L’enquête réalisée par la Forem, sur un échantillon de 400 enfants âgés de 10-14 ans, scolarisés à Bentalha (160 filles et 240 garçons) et ayant été pris en charge par le centre de soins psychologiques de ce quartier, montre que 277 d’entre eux, soit 69,25%, ont eu un choc, une perte de connaissance ou un coma, 123 autres, soit 30,75%, ont présenté des traumatismes divers, une atteinte sensorielle ou une insensibilité à la douleur. Sur ce même échantillon, 229 (57,25%) ont été surpris ou victimes de frayeur, de peur ou de désarroi, 58 (14,50%) ont ressenti un sentiment d’impuissance et d’abandon, 56 (14%) une détresse, une désorientation ou ont l’impression de faire un mauvais rêve, 57 (14,25%) vivent un sentiment de dépersonnalisation ou d’automatisme. Chez 283 enfants (70,75 %), le stress post-traumatique peut être qualifié de grave et ils sont 117 seulement, soit 29,25%, à avoir un trauma faible.
Les spécialistes signalent que 55% des enfants, soit 220 enfants, ont été témoins d’actes de violence ou de meurtres, ont découvert des cadavres ou des blessés ou reçu de mauvaises nouvelles. 22,% d’entre eux, soit 90 enfants, ont assisté à des accrochages, à des bombardements, à des attentats, à une prise d’otages ou à des actes de sévices ou de tortures. Le même taux d’enfants a été victime d’agression, de tentative de meurtre, de vol sous la menace, d’enlèvement ou de viol.
Leur examen par les psychologues a montré qu’au moins une fois par semaine, ils font des cauchemars, ont des frayeur, inquiétude, anxiété, vécu d’abandon, vécu de rêve, des perturbations qui s’accompagnent de pâleur ou de vertiges. Ils présentent également un sentiment d’inquiétude et d’insécurité, ont des difficultés de concentration et sont rapidement épuisés par l’effort. Les crises de larmes sont fréquentes chez eux, et leur sommeil très léger et leurs relations sociales sont marquées par une attitude d’agressivité et/ou revendicative.
Le suivi psychologique de ces enfants a permis de constater que 47,36% des enfants, soit 180, ont connu des améliorations des performances scolaires, 26,31% ont été orientés vers des formations professionnelles, 15,78%, soit 60, ont connu un échec scolaire et 10,52%, soit 40, ont abandonné la thérapie pour verser dans la délinquance et la toxicomanie. Les spécialistes estiment à 70% les enfants concernés par l’étude qui revivent leur traumatisme en pensée ou en cauchemar presque chaque jour, 65% affirment sursauter au moindre bruit, 65% ont des excès de sueur, 67% ont la gorge serrée, 62,50% affirment être toujours en alerte à guetter des dangers possibles, 45% ont des difficultés à dormir, 71,50% ressentent une grande fatigue physique et intellectuelle, 64% ne sont plus intéressés par les loisirs, 64% ont l’impression que leur avenir est incertain, 51,50% se méfient des étrangers et les évitent et 51,25% sont irritables.
Une autre enquête axée sur la nature du traumatisme a touché 426 enfants scolarisés, dont 198 filles et 228 garçons, habitant dans la région des Eucalyptus, de Baraki et de Sidi Moussa montre que 16,90% des enfants qui avaient un âge compris entre 6 et 10 ans ont été victimes d’attentats, 15,96% ont vu des cadavres à proximité de leur domicile ou sur le chemin de leur école, 14% ont entendu de mauvaises nouvelles qui les ont affectés : perte d’un parent, d’un camarade de jeu ou d’école, 12,67% ont failli être tués : ils ont échappé à l’explosion d’une bombe, 9,38% ont entendu des explosions de bombes, 8% ont assisté à des agressions à l’intérieur ou à l’extérieur de leur domicile, 8% ont assisté à des accrochages et 4,2% ont vu des personnes blessées. Leur suivi a permis de constater que 54,46%, soit 232 cas, présentent des traumatismes, dont 18,30% graves.
Les conséquences de ce traumatisme se résument à 64% des cas au sentiment d’un avenir incertain, 50% au désintéressement des loisirs, 51% à la crainte des personnes étrangères, 51,50% à l’irritation permanente, 62% à la peur continuelle du danger, 45% aux perturbations du sommeil et dans 71,50% des cas au sentiment d’une grande fatigue physique et intellectuelle. Sur 2013 des quartiers d’El Harrach, Bourouba, Eucalyptus, Alger-Centre, Rouiba et Dar El Beïda, la même enquête a révélé que 24,13% des enfants se sont trouvés sur les lieux du drame au moment de sa survenue, 23,89% ont été traumatisés par la vue répétée de scènes de violence ou de scènes macabres à la télévision et 14,57% ont présenté une phobie après que des camarades ou des parents leur ont raconté le déroulement de scènes de violence.
Dix ans après, 34,43% affirment se sentir mieux, 39,59% disent être toujours affectés, 15,97% ont des relations médiocres ou mauvaises avec leurs camarades, 20,37% se sentent incompris, 10,53% ne se sentent pas protégés. A travers ces chiffres inquiétants, les spécialistes se sont demandés quels adultes seront demains ces milliers d’enfants qui souffrent en silence et qui n’ont pas eu la chance de bénéficier d’une réparation psychologique. Pour ce qui est des conséquences de la violence sur les adultes, sur un échantillon de 120 personnes, 47% présentent un traumatisme psychologique, dû dans 86% à la perte d’un mari. Sur les 120 personnes suivies, 83% souffrent toujours de ce traumatisme. En outre, 38% des cas ont une estime de soi très basse et 64% estiment que leur avenir est incertain.
Pour l’ensemble des enquêtes réalisées avec l’aide de la Forem, la fréquence du traumatisme est légèrement plus élevée chez les jeunes, dans 51% des cas, contre 47% pour les enfants, mais les adultes souffrent plus (niveau d’estime de soi bas pour 38% des cas contre 24% chez les adolescents). De ce fait, les spécialistes appellent à une politique de prise en charge psychologique au niveau de toutes les régions du pays, notamment celles qui ont été le plus confrontées au terrorisme. Pour eux, les dix années de violences extrêmes ont provoqué des dégâts importants en matière de traumatisme psychologique, et de ce fait, il est nécessaire que la réparation se fasse le plus tôt possible afin de préserver l’avenir de plusieurs générations.
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16th January 2008 11:16 #6
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30th April 2008 17:05 #7
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PTSD : La moitié des enfants de Bentalha encore traumatisés
Mercredi 30 Avril 2008 -- «Nous n’avons pas de données précises sur la prise en charge des enfants victimes du terrorisme.» Cette étonnante, frustrante et révoltante déclaration émane d’un responsable au ministère de la Solidarité nationale.
Comment peut-on, à ce point, marginaliser cette frange très sensible de la société, et permettre sa mise à l’écart sans lui garantir un suivi régulier et pointilleux. En Occident, des campagnes médiatiques très agressives sont menées pour sensibiliser les parents afin de ne pas laisser leurs enfants regarder les programmes violents à la télévision, lesquels provoquent chez ces êtres fragiles des réactions agressives. Que doit-on faire pour ces gamins qui ont vécu des atrocités ?
«Il y avait quatre centres spécialisés pour les accueillir. Cela fait quelques années, les enfants victimes du terrorisme sont maintenant des jeunes hommes. D’ailleurs, je crois savoir qu’un de ces centresa été converti en foyer pour orphelins.
Cela dit, ces enfants bénéficient en priorité des aides sociales, comme le trousseau scolaire, l’accès aux camps de vacances, etc., et pour ceux qui en ont besoin d’un suivi psychologique», poursuit le responsable. Ce dernier, pour justifier le manque de données sur le suivi de ces enfants, explique que la politique du ministère était de favoriser leur prise en charge par leurs proches parents. «Il est préférable qu’ils évoluent auprès de leurs proches : oncles, tantes… »
Mais, en l’absence de données chiffrées, de transparence et de visibilité, il est impossible de connaître la réalité du terrain. En dehors de l’enveloppe consacrée par le ministère à l’indemnisation des familles victimes de la tragédie nationale, 15 milliards de dinars, entre 2005 et 2007, (pour ce qui est des enveloppes, les chiffres sont toujours présents ?!), le reste est complètement opaque.
Combien d’enfants ont enduré l’indescriptible ? Devant l’inexistence de données officielles, les voies de la spéculation sont grandes ouvertes. Selon une étude psychologique sur les enfants victimes du terrorisme, réalisée en 2006 par le Dr Oukaci Lounis, maître de conférences à l’université de Constantine, ils seraient plus de 40 000 à l’échelle nationale. Un chiffre effarant. Une tragédie d’une telle ampleur ne mérite-t-elle pas une attention particulière des pouvoirs publics ?
Pourquoi n’a-t-on pas créé une structure spécialisée pour la prise en charge de ce pan entier de la société ? Il s’agit presque d’une génération entière. «Un suivi psychologique est assuré pour ceux qui en ont besoin», disait le responsable du ministère de la Solidarité. Pourtant, il est évident que tout enfant ou adulte ayant vécu une situation dramatique doit avoir un suivi psychologique des années durant. Ils ont tous besoin d’une assistance matérielle, psychologique, et pourquoi pas de la reconnaissance de la part de toute la société. Ils sont des martyrs vivants. La société entière doit les prendre sous son aile protectrice et bienveillante. Sinon, le pire est à craindre.
Toujours selon l’étude susmentionnée, sur un échantillon d’enfants victimes de la tragédie nationale, «quatre concepts caractérisent leur personnalité : l’angoisse de la mort, 100%, l’angoisse d’un avenir sans lendemain, 85%, l’envie de se venger, 75%, et la haine envers la société, 100%». La recherche concernait également un certain nombre d’enfants âgés entre 8 et 13 ans en 2006. Les enfants d’hier sont les hommes de demain. Même si, il faut le reconnaître, il y a des mouvements associatifs qui s’escriment à leur offrir un suivi régulier et une prise en charge selon leurs capacités, rien ne prouve que les responsables aient pris connaissance du danger de ce phénomène.
Si les harraga, les femmes battues, les enfants abandonnés ou nés sous X, la délinquance juvénile et la consommation de la drogue (loin de minimiser l’importance de ces fléaux) sont des thèmes de conférences récurrents, qui font aussitôt la une des quotidiens nationaux, il n’est pas tolérable d’oublier ces enfants traumatisés.
En conclusion, le Dr Oukaci écrit : «Ces enfants demandent de l’aide, et que [leur énergie destructrice] soit transformée en une [énergie constructive.] A bon entendeur…







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