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  1. #8
    Al-khiyal is online now Super Moderator
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    Dimanche 9 Mars 2008 -- Le nombre de pathologies mentales gagne du terrain. Et lorsqu'on se risque à quantifier les moyens, on s'aperçoit très vite que la psychiatrie est " l'orpheline " du secteur de la santé. Aucune infrastructure n'existe, excepté un cabinet d'auscultation au niveau d'une polyclinique à Médéa, alors que les normes internationales admises sont de 1 lit d'urgence pour 10 000 habitants, et de 1 lit pour 1000 habitants. S'y greffe également le déficit chronique en spécialistes puisque l'on dénombre 4 à 5 psychiatres pour une population de 900 000 habitants. Une voie royale pour beaucoup de charlatans, de plus en plus sollicités pour "traiter" les psychopathes, névrosés et sujets perturbés.

    Au prix de beaucoup de difficultés, nous avons réussi à assister à une séance de rokia. Le taleb, après avoir plongé le malade dans une sorte d'hypnose, en récitant des versets coraniques précis, se met en communication avec un djin pour l'obliger à quitter le corps malade. Si ce dernier se réveille soulagé, on attribue le résultat à la science du taleb. Si au contraire le mal persiste, le taleb prépare des amulettes, recommande le sacrifice d'une volaille, voire d'un bouc, car le sang provenant de cette offrande est considéré comme devant être bu par le "djin" qui s'éloigne par la suite du malade.

    De l'avis d'un psychiatre "le taleb connaît le discours populaire et comprend la symbolique qu'il véhicule, surtout lorsqu'il s'agit de dépression nerveuse. Il donne un sens à l'inquiétude du malade en le déculpabilisant par le djin. Mais lorsqu'il s'agit de pathologie névrotique comme la schizophrénie, le taleb est totalement désarmé". Même si la "rokia" est recommandée dans des situations bien précises, il n'en demeure pas moins que beaucoup de talebs ont amassé des fortunes colossales à l'ombre d'un pur charlatanisme. La misère (au temporel et au spirituel), les traumatismes de la longue nuit terroriste, les horizons plombés, le déficit en communication. Voilà les " djins " à exorciser...

  2. #9
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    Samedi 24 Mai 2008 -- La saignée, connue sous le nom de hidjama, en menace plus d’un dans la région de Tlemcen, qui a vu cette activité prendre de l’ampleur. Les médecins n’ont pas manqué de souligner que les personnes qui subissent cette saignée sont «naïves», et que le temps des miracles et des mouadjizate est passé. Ne répondant à une aucune norme hygiénique, ce charlatanisme qui vise à absorber, aspirer, ou extraire du sang est devenu, malheureusement, une tradition curative et, faute de contrôle, une médecine comme par le passé lointain. Elle consiste à soulager le patient du mauvais sang agglutiné au dos entravant la circulation, et cela peut engendrer de nombreuses maladies. Interrogée, une personne qui pratique cette «médecine illégale» nous signale que le Prophète (QSSSL) l’a recommandée aux musulmans. Certes, mais les progrès de la science ont démontré que cette saignée est la source de plusieurs maladies, suite à l’utilisation d’une lame non stérilisée ou d’une ventouse mal conçue.

    D’ailleurs, des professeurs rencontrés en marge d’une journée scientifique ont déclaré qu’il s’agit d’une activité qui met en danger la santé des citoyens, et peut provoquer plusieurs maladies. «Si elle aboutit à des résultats époustouflants dans la guérison de nombreuses maladies incurables comme le cancer, la paralysie, la migraine, l’hémophilie, les maladies cardio-vasculaires, la stérilité, l’impotence et l’incapacité de procréer, l’asthme, le rhumatisme et les maladies ophtalmiques, alors pourquoi le monde se donne du mal à investir des millions de dollars dans la recherche des remèdes contre ces maladies ?» se demandent-ils. Dans ce sillage, un médecin ironisa en disant que, si le mécanisme consiste à faire sucer du sang, et le mal s’en ira, alors pourquoi existons-nous et pourquoi avons-nous perdu notre temps à étudier ? D’ailleurs, lors d’une rencontre scientifique, le dr Mohamed Bekkat Berkani n’a pas manqué d’interpeller tous les acteurs sur le danger du charlatanisme et de la hijama, devenus un phénomène qui a pris des proportions alarmantes dans la société algérienne.

    Le dr Bekkat a tenu à préciser que les charlatans sont connus, mais qui doit réagir ? Cela explique, selon le conférencier, que le charlatanisme est une maladie qui ronge notre société comme un cancer. Elle en détruit les sommets. Les conséquences sont autrement tragiques que celles qui peuvent provenir de quelques marginaux des sciences parallèles, lesquels sont traités de charlatans par ceux-là mêmes qui propagent ce virus. «Démontrez-moi scientifiquement que la hijama peut guérir, et on enseignera cette science dans nos universités», notera–t-il. En effet, pratiquée par des barbus, en majorité illettrés, la saignée est devenue un commerce florissant dans la région. Les naïfs et les crédules croient toujours aux miracles que peut générer cette tradition, qui date de plusieurs siècles. Qu’a-t-elle apporté ? Rien. Autrement, si elle guérit le cancer, comment peut-on expliquer ces pertes humaines détruites par cette pratique ?

  3. #10
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    Samedi 7 juin 2008 -- Depuis la dernière et discrète visite de l’émir Ben Zayed, d’Abou Dhabi, à Relizane, cette wilaya est en passe de devenir le pôle convoité par les membres de la famille royale pour se procurer des séances de médecine traditionnelle, la Roqia, que pratique le jeune électronicien devenu désormais, par la force des choses, Cheikh Abou Muslim. Ainsi, les deux héritiers déjà sur place, Jihad Ali Sayed Ali Salah et Hamza Ali Sayed Ali Salah, seront rejoints à partir de la semaine prochaine par leur 3ème frère à la tête d’une délégation forte de 47 personnes. La saga de ces visites de personnalités étrangères ne fait que commencer. L’ex-président de la République Chadli Bendjedid, Mouloud Hamrouche et bien avant la fille de l’actuel chef du gouvernement, ont tous sollicité cette pratique. Est aussi attendue la star footballistique Allemande Karl Heinz Ruminigue, en compagnie du préfet de Berlin, dont le raqi a soulagé ou libéré la petite sœur de Ruminigue de l’emprise de « Djin ». Ils ont tous été soignés par le cheikh. Cependant, alors que leur ville enregistre ce massif « pèlerinage » des personnalités et autres célébrités mondiales, les Relizanais accrochés, comme tous les Algériens, à la chaîne satellitaire « El Hakika » ont tenu à apporter des témoignages fracassants contre l’autre cheikh de la Roqia, Mohamed Hachémi en l’occurrence. « Je garde toujours des séquelles de traumatisme suite au coups de gifles dont je fus l’objet pour me libérer du « Djin » qui m’habitait », évoque Jihad qui s’est rendu avec son frère chez Hachémi. Proposant ses mixtures (khaltas) supposées guérir toutes les maladies du siècle, dont le Sida et le Cancer, à 2000 euros, le propriétaire de la chaîne satellitaire est un expulsé de l’Arabie Saoudite, trois fois incarcéré aux émirats et surtout interdit de pratiquer la médecine, ont affirmé des émiratis. En Algérie, ils sont pas moins de 50 familles, dont 7 Relizanaises, qui projettent de le poursuivre en justice. Les deux cas de Relizane, B. D. et L N., décédés après avoir pris des mixtures payées au prix fort, soit respectivement 800 000 et 500 000 DA, sont plus qu’édifiants. Des émirs d’Abou Dhabi semblent décidés à acheter une vieille bâtisse à Relizane pour l’édification d’un siège pour l’association « Bacha’ir echiffa », que dirige Abou Muslim.

  4. #11
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    Lundi 22 Septembre 2008 -- Comble de l’ironie. Un « raqui », guérisseur exorciste, qui s’autoproclame Dr Sababou, a déposé plainte contre le journal El Watan, et la comparution d’une journaliste et du directeur est programmée pour aujourd’hui au tribunal d’Alger. Le guérisseur a estimé que le reportage réalisé par la journaliste il y a plus de 4 ans lui a porté préjudice, du fait qu’il le présentait comme « raqui » et non comme médecin. Or, il s’agit bien d’un « raqui » non reconnu par le conseil de l’Ordre des médecins et qui de surcroît délivre une ordonnance avec comme traitement, « une Saïda et du miel » et touche 500 DA la consultation. Sommes-nous vraiment en l’an 2008 ?

  5. #12
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    December 18, 2008 -- Reporters Without Borders calls on the authorities to withdraw a criminal libel prosecution against the Algiers-based daily El Watan over a 2004 article accusing a “raqui” (faith healer and exorcist) of being a charlatan. A prosecutor requested a two-month prison sentence for the newspaper’s editor, Omar Belhouchet, and one of his reporters, Salima Tlemçani, when they appeared before a court in the Algiers district of Sidi M’hammed today to answer the charge. The faith healer who brought the original libel suit did not turn up for the hearing. The verdict is to be issued on 22 December.

  6. #13
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    Lundi 22 decembre 2008 -- Le directeur de la publication du quotidien El Watan et une journaliste de ce quotidien, Salima Tlemçani, ont été condamnés aujourd'hui à trois (3) mois de prison ferme dans l'affaire les opposant à un « raqui » (guérisseur-exorciste) exerçant à la rue Hassiba Benbouali (ex-Belcourt), dit docteur Sababou, selon un communiqué du journal.

    Lors du procès qui s'est déroulé le 15 décembre dernier, en l'absence du plaignant, le procureur avait requis une peine de deux mois de prison ferme. La présidente du tribunal a décidé de rajouter un mois de prison à la peine demandé par le représentant du ministère public, selon El Watan.

  7. #14
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    Mardi 23 Décembre 2008 -- Gravissime et surprenant ! Le tribunal correctionnel de Sidi M’hamed près la cour d’Alger a rendu hier son verdict dans le procès opposant un « raqui » (guérisseur-exorciste), dit docteur Sabadou, exerçant à la rue Hassiba Ben Bouali (ex-Belcourt), à la journaliste Salima Tlemçani et au directeur d’El Watan, Omar Belhouchet. Ainsi, après délibération suite à l’audience qui s’est tenue le 15 décembre, le tribunal en question a condamné les deux journalistes d’El Watan à une peine de trois mois de prison ferme et une amende de 50 000 DA chacun. Un verdict suite auquel les deux journalistes ont décidé de faire appel.

    À rappeler que lors du procès qui s’est déroulé le 15 décembre, en l’absence du plaignant, le procureur avait requis une peine de deux mois de prison ferme. Hier, à la surprise générale, ce réquisitoire a été même aggravé par la présidente du tribunal. Cette dernière a en effet décidé d’une peine plus lourde : trois mois de prison ferme. Une condamnation qui a surpris plus d’un. L’avocat des deux journalistes, maître Khaled Bourayou, se dit « étonné et surpris » par cette décision hors du commun. « Elle m’étonne dans la mesure où elle vient sanctionner les faits établis à l’encontre d’un médecin qui pratique le charlatanisme en recourant à des procédés que la loi ne prévoit pas et qui ne sont pas conformes à la thérapie moderne. Elle me surprend, car il appartient à la justice de veiller au bon fonctionnement de la société à travers l’application des lois et règlements », a-t-il dit.

    Maître Khaled Bourayou ajoutera : « Il importe d’éviter que la justice soit manipulée, qu’elle devienne la source de la légalisation du charlatanisme et l’homologation des pratiques illégales. » À ses yeux, « la justice, par ces décisions, ne doit pas légaliser, homologuer ou valider tout ce qui est contraire à la loi ». Maître Khaled Bourayou a estimé que « dans cette affaire, le journal a dénoncé à l’appui de faits réels une pratique illégale. Le journal a fait son travail professionnellement ». Il rappelle que « la partie civile absente au débat avait souligné, dans sa plainte, qu’elle a été diffamée, elle et l’Islam ». Ainsi, conclut-il, « avec cette décision, la partie civile est assurée dans l’exercice du charlatanisme ». Lors du procès, Omar Belhouchet, interrogé sur le contenu l’article incriminé, avait notamment indiqué que « c’est un reportage qui ne comporte aucune diffamation. La journaliste, qui est allée voir la personne en question dans son cabinet, a constaté que celle-ci ne pratiquait pas la médecine mais plutôt le charlatanisme ».

    Pour sa part, l’auteur de l’article, en l’occurrence la journaliste Salima Tlemçani, avait estimé qu’elle n’a fait que son travail.« Sur la plaque qui orne la porte de son cabinet médical, il est écrit " Médecin spécialiste des maladies des femmes et des enfants" (…). Mais une fois à l’intérieur, il m’a récité des versets coraniques en me disant que la cause de mon mal tenait du fait que j’étais habitée par le diable. À la fin il m’a remis une ordonnance dans laquelle il me recommandait de l’eau minérale, du miel et de l’huile d’olive. Une fois sortie, je l’ai appelé au téléphone pour lui signaler qu’il pratiquait dans son cabinet la roquia et non la médecine. Dans l’article qui a paru, j’ai pris le soin de reproduire sa réponse, de même d’ailleurs que l’avis du conseil de l’Ordre des médecins qui a tenu à dénoncer cette pratique en faisant remarquer que Sabadou n’était pas enregistré dans le fichier des médecins exerçant à Alger. » Dans l’une de ses réponses, la mise en cause avait également précisé : « J’ai écrit qu’il s’agit d’un médecin pratiquant le charlatanisme et non la médecine. Aucun médecin de ce nom n’a délivré une ordonnance avec de l’huile d’olive, du miel et de l’eau minérale pour guérir une migraine. »

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