Jeudi 17 janvier 2008 -- Même si les médecins considèrent l’avortement comme un acte non professionnel et immoral, contraire à la déontologie, beaucoup de cliniques en Algérie pratiquent l’interruption volontaire de grossesse, car elles y voient une source de profit facile et rapide.
C’est ce que nous avons pu constater dans une clinique de maladies gynécologiques située au centre d’Alger, où nous avons parlé, secrètement, avec une jeune-fille âgée de 21 ans, nommée Samia, enceinte de manière illégitime, et venue se faire avorter pour 35 000 dinars. Elle essaye au début de cacher sa peur, mais après quelques mots échangés, elle se relaxe un peu pour nous raconter son histoire dramatique qui a commencé par une relation « innocente » avec un homme, avant de se terminer par une grossesse illégitime.
L’atmosphère à l’intérieur de la salle est angoissante, surtout lorsque l’on examine attentivement les vieux meubles, le sol crasseux, en plus de l’exigüité de la salle qui ne peut contenir que neuf chaises collées au mur et une table sur laquelle ont été jetées de vielles revues médicales et de vieux journaux. A cet instant, entre l’infirmière dont la tenue ne diffère pas beaucoup de celle de la femme de ménage. Elle parle ouvertement avec Samia. Après un court instant, la femme médecin apparaît. Elle commence son travail avec une rapidité étonnante, alors que nous continuions de scruter ce qui se passe autour de nous dans la salle d’attente.
De temps en temps, l’infirmière vient demander à une femme de l’accompagner vers la salle d’opération interdite aux amies, obligées de rester dans la salle d’attente. Il est également défendu aux femmes entrant dans la salle d’opération d’échanger quelques mots avec celles qui sortent. En un mot, les choses se déroulent selon les règles auxquelles doivent se soumettre les femmes : se faire avorter puis se débarrasser du « déshonneur », ou bien se faire expulser violemment de la clinique et en assumer les conséquences.
80 000 avortements contre 775 000 grossesses par an en Algérie
Le sous-lieutenant, Belhadj Djelloul Samira, du commandement de la gendarmerie, a révélé qu’au moins 80 000 cas d’avortement ont été enregistrés, contre 775 000 naissances naturelles par an, au niveau national. Le sous-lieutenant a indiqué dans un entretien à El Khabar : « sur 100 cas de naissance, 10,5 % sont des avortements, dont 11,3 % dans le milieu urbain et 9,9 % dans le milieu rural, ce qui indique que le phénomène se propage aussi bien dans les villes que dans les compagnes ».
Il n’y a pas de statistiques officielles ou de chiffres concernant l’avortement des femmes enceintes en dehors du mariage, mais l’enquête révèle le décès de 78 femmes l’année dernière en huit mois, après s’être fait avorter chez des obstétriciennes ou des médecins non qualifiés. Durant la même période, 21 cas d’avortements ont été enregistrés, avec une moyenne de 3 opérations par mois.
Selon l’avocate Fatma Zahra Ben Brahem :
« Il y a un vide juridique concernant l’avortement »
L’avocate Fatma Zahra Ben Brahem a révélé dans un entretien à El Khabar : « Il y a un vide juridique qui constitue un obstacle à l’application des articles du nouveau code de la famille ainsi que le code pénal ». Par ailleurs, l’avocate a classé les raisons de l’avortement en deux catégories, les raisons légitimes et les raisons illégitimes.
Cheikh Othman Bedjadi :
« Sept points permettent l’avortement »
Par ailleurs, Cheikh Othman Bedjadi a énuméré les sept points qui rendent l’avortement licite : la malformation du feotus, l’indigence du père de famille, la détérioration du lait de la mère ou son incapacité à avorter, l’exigüité du logement, le risque sur la santé de la mère, l’envie de se débarrasser d’un enfant illégitime et enfin le cas d’un viol, avec cependant la nécessité d’une fatwa dans chaque situation.
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18th January 2008 00:01 #1
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35 000 dinars pour un avortement sans douleur
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19th January 2008 13:22 #2
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Samedi 19 janvier 2008 -- Une pratique illégale vient d'être stoppée grâce à la vigilance des éléments de la police judiciaire de la sûreté de la wilaya de Tlemcen. En effet, un médecin gynécologue, une jeune étudiante et un chauffeur de bus viennent d'être arrêtés, le 16 janvier dernier, pour avortement illégal.
Selon le commissaire de la police judiciaire, M. Hassane Sidhoum, l'affaire remonte au début du mois courant, lorsque les éléments de la police judiciaire de Tlemcen ont été informés qu'une jeune étudiante, âgée de 23 ans, originaire de Maghnia, a été admise au CHU de Tlemcen dans un état critique, et ce suite à une interruption volontaire de sa grossesse chez un médecin privé. En poussant leurs investigations, les agents chargés de l'enquête ont pu dévoiler les péripéties de cet acte criminel, en découvrant le cabinet du médecin à la cité des Cerisiers à Tlemcen, où le mis en cause s'occupait d'avortements contre des sommes allant jusqu'à 30.000 dinars.
Les mêmes sources ont révélé que la jeune étudiante a en effet subi, le 4 novembre dernier, une première tentative d'avortement par injection, puis une deuxième le 12 janvier en avalant un comprimé de type Cytotec dans la clinique citée. Elle aurait, selon ses affirmations, était informée de l'existence de cette clinique par un médecin pratiquant à Tlemcen.
Par ailleurs, les éléments de la police judiciaire, accompagnés des représentants du conseil de déontologie des médecins, ont effectué une perquisition sur ordre du procureur au cabinet en question, où ils ont découvert une quantité de médicament Cytotec, des ordonnances et des certificats médicaux prouvant l'activité du médecin mis en cause, et ce malgré une décision d'interdiction de trois années prise à son encontre pour le même motif d'avortement illégal.
Présentés devant le procureur de la République près le tribunal de Tlemcen, les trois mis en cause ont été placés sous mandat de dépôt.
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23rd January 2008 13:34 #3
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Mercredi 23 janvier 2008 -- Une rencontre régionale sur «l'avortement à risque et son impact sur la santé des femmes» sera organisée, aujourd'hui, par l'association algérienne pour la planification familiale au Centre de recherches et d'information documentaire des sciences sociales et humaines (CRIDSSH). Des universitaires, des chercheurs et des représentants d'institutions nationales, des médias, du mouvement associatif local, des adhérents de l'association et des cadres de la santé des wilayas d'Aïn Témouchent, Mostaganem, Oran, Relizane, Sidi Bel-Abbès et Tlemcen prendront part à cette rencontre, organisée en étroite collaboration avec le CRIDSSH.
Plusieurs thèmes seront au menu de cette journée, à savoir: l'approche et l'action de l'association autour de la problématique en question, la présentation de l'approche religieuse par un représentant du ministère des Affaires religieuses et l'examen de son impact sur la santé, notamment, sa place dans la mortalité et la morbidité maternelle et le traitement préconisé en matière de prévention.
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24th January 2008 19:15 #4
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Jeudi 24 janvier 2008 -- Au moins 24% des avortements provoqués sont illégaux, pratiqués sur des mères célibataires clandestinement et dans des conditions lamentables, ce qui augmente les risques de certaines maladies et peuvent être à l'origine de la stérilité de la femme. Ce genre d'avortement reste une cause majeure de décès et de handicap, notamment pour les adolescentes.
Considéré comme un tabou, il n'existe pas en Algérie de données ou des statistiques sur le phénomène. Cependant, et selon des sources qui ont préféré garder l'anonymat, 78 avortements ont été enregistrés à Oran durant les huit derniers mois, dont 21 illégaux. L'enquête réalisée par le ministère de la Santé en 2002 fait ressortir que le taux d'avortement est de 113 pour mille naissances vivantes en milieu urbain et 99 pour 1.000 naissances en milieu rural. Cette fréquence élevée des avortements traduit la faiblesse de l'impact des activités liées à la surveillance de la grossesse, la planification de la fécondité et l'éducation sexuelle. L'enquête ne distingue pas entre les avortements spontanés et ceux provoqués.
Pour sensibiliser la population sur les avortements à risque, une rencontre sous-régionale a été organisée, hier, par l'Association algérienne pour la planification familiale au CRIDSSH. Animée par le professeur Chafi, cette rencontre a été l'occasion pour donner un aperçu sur les différents types d'avortements, à savoir l'avortement spontané qui ne présente pas de grands risques sur la santé des femmes, l'interruption thérapeutique de grossesse, en cas de danger sur la santé de la mère et/ou en cas de malformations du foetus, qui représente 24% des avortements, et l'avortement illégal qui lui aussi représente 24%. Concernant les complications, ce sont la mort subite, la stérilité et/ou les lésions, dira le professeur Chafi, qui ajoute qu'il n'y a aucune méthode ou produit qui provoque l'avortement sans risque.
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26th January 2008 02:27 #5
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Jeudi 24 janvier 2008 -- L’avortement est un grand risque pour la santé de la mère. Il peut être à l’origine de la stérilité chez la femme, mais il est une cause majeure de décès et de handicap pour beaucoup de femmes. Les adolescentes sont principalement concernées.
En Algérie, l’Association pour la planification familiale fait état de l’inexistence de données sur le phénomène. «Et si elles existent, elles ne sont pas disponibles», atteste-t-on. La proportion de femmes ayant eu recours à l’avortement est identique en milieux urbain et rural. Proportion qui est, en revanche, faible parmi les femmes dont le niveau d’instruction est élevé. La seule enquête qui a été réalisée en ce sens remonte à 2002. Elle a été établie par l’Office national des statistiques pour le compte du ministère de la Santé et financée par la Ligue arabe.
Ainsi, lit-on dans le document en notre possession, 22% des femmes avaient avorté au moins une fois en 1992.
La fréquence augmente avec l’âge. Elle passe à 23% pour les femmes, dont l’âge se situe entre 30 à 39 ans et 40-49 ans. C’est pour ces raisons qu’une rencontre placée sous le thème «L’avortement à haut risque» a été organisée, hier, conjointement par le Centre de recherche de l’information documentaire, l’Association algérienne pour la planification familiale et l’Université d’Oran.
Une rencontre pour la sensibilisation et dont le but est de mettre en exergue l’importance qu’il y a d’endiguer le phénomène considéré.
Les difficultés économiques actuelles que rencontrent les ménages algériens auront des influences sur le comportement des couples. Ce qui pourrait avoir pour conséquence le recours à l’avortement comme moyen de régulation des naissances.
L’évolution des moeurs et les changements de comportement peuvent avoir une incidence sur l’augmentation du nombre d’avortements, notamment ceux à haut risque.
D’autant que la législation algérienne, à l’instar de celle de tous les pays musulmans, à l’exception de la Tunisie, et conformément à la loi islamique, n’autorise que l’interruption thérapeutique de grossesse.
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26th January 2008 03:54 #6
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26th May 2008 08:20 #7
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Lundi 26 Mai 2008 -- Trois personnes, dont deux femmes, viennent d’être arrêtées par les éléments de la police judiciaire pour « avortement illégal », suite à une plainte d’une jeune femme. Celle-ci s’est présentée au commissariat pour dénoncer un homme qui lui a fait subir cet acte dangereux au domicile de deux femmes de la région. Aussitôt après, les trois accusés ont été appréhendés par les services de police et déférés à la justice. Ils ont tous été écroués par le magistrat, tandis que la victime a été placée sous contrôle judiciaire pour avoir « accepté cette pratique frauduleuse et nuisible à sa santé ».







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